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B^ DESCRIPTION GÉOLOGIQUE
DE
L'ÎLE D'AMBON
PAR
R. 13. ]VC. VBUBBEK
Docteur es sciences.
(Edition française du Jaarboeli van \\eX IVIijnwezen in NeJerlandsch
Oost-Indië, Tome XXXIV, 1905, partie scientifique).
BATAVIA
IMPRIMERIE DE L'ÉTAT
1905.
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i^
DESCRIPTION GÉOLOGIQUE
DE
L'ÎLE D'AMBON
PAR
R. D. ]VC. VBRBEBK
Docteur es sciences.
(Edition française du Jaarboek van het Mijnwezen in Nederlandsch
Oost-Indië, Tome XXXIV, 1905) partie scientifique).
BA TA VIA
IMPRIMERIE DE L'ÉTAT
1905.
Ge
DESCRIPTION GÉOLOGIQUE
DE
L'ILE TD'J^1^:B OJST
PAR
R. D. M. VERBEEK
Docteur es sciences.
PRÉFACE.
Un premier rapport sur mes recherches dans la partie orientale de
l'Archipel des Indes Néerlandaises a paru dans le „Jaarboek vanhet Mijn-
wezen in Nederlandsch Oost-Indië", Tome XXIX, 1900, pp. 1—29, sous le
titre „Geologische beschrijving van de Banda-eilanden".
Je présente ici mon 2^ rapport, relatif à l'île d'Ambon. Pour des causes
diverses, la publication en a été quelque peu retardée. Mais ce retard a
été plutôt avantageux; car d'abord j'ai été à même de faire usage des
données que m'a fournies l'analyse des roches, que j'ai pu recueillir dans
les autres îles des Moluques; et d'autre part, j'ai eu l'occasion, en 1904,
de visiter encore une fois Ambon, pour compléter mes recherches de 1898
et de 1899.
Je travaille à présent à un 3^ rapport, que je nommerai, pour abréger
„rapport sur les Moluques". Il comprendra des notes géologiques sur 250
îles environ, grandes et petites, situées entre Célèbes et la Nouvelle-
Guinée, appartenant en majeure partie aux résidences Ternate, Timor et
Amboina, et pour une faible part à la résidence Menado et au Gouverne-
ment de Célèbes.
Le Gouvernement a eu la bienveillance de décider que les deux derniers
rapports seraient publiés en deux langues, en hollandais et en français.
Il m'est agréable d'exprimer ici ma gratitude à toutes les personnes qui,
à des titres divers, m'ont prêté leur concours pour l'exploration de l'île
d'Ambon et pour la rédaction du rapport
Tout d'abord: à mon collègue M. Koperberg, pour la part qu'il a eue
dans l'exploration de Hitou;
au lieutenant-colonel J. A. B. Masthoff, médecin en chef de l'armée
à Ambon, qui a pris pour moi des photographies donnant une image fidèle
des dévastations, produites au chef-lieu par le tremblement de terre de 1898;
VI PREFACE.
à M. A. VAN Wetering, assistant-résident et secrétaire de la résidence
Amboina, pour les données qu'il m'a fournies sur la population et les
divisions politiques d'Ambon; l'ancien résident d'Ambon, M. J. van Olden-
BORGH, qui m'a communiqué aussi des renseignements sur la même
matière, n'est malheureusement plus en vie;
à M. Paulus Najoan, maître de dessin à l'école normale pour instituteurs
indigènes à Ambon, qui m'a fourni des photographies de Leitimor et du
Salahoutou.
Puis, à toutes les autorités (régents, wijkmeesters et gezaghebbers) de
la population d'Ambon, pour le concours qu'ils m'ont prêté dans le relève-
ment de l'île et pour l'hospitalité qu'ils ont accordée à moi et à mon
personnel; je citerai surtout, pour Hitou, M.M. Mattheus Josephus
Eduard Patty, régent d'Alang et deNousaniwi; Radja Adam Nukuhehe
régent de Saïd; Jan Pieter Willem Hehuwat, régent de Tawiri et de
Hatiwi besar; pour Leitimor, M.M. Jacobus Frederik Tupenalay, régent
de Halong; Rudolf Pieter de Queljo, régent deKilang; Jacobus Petrus
Tisera, régent de Ouri mèsèng; Jacobus Muskita, wijkmeester de Mahija.
JoNAS Maspetella, gezaghobbor de Routoung.
Dans l'élaboration de mon rapport, j'ai reçu l'appui de diverses per-
sonnes. Je dois de la reconnaissance principalement:
à mon vieil ami, le Professeur Clemens Winkler à Freiberg en Saxe,
qui ne peut plus agréer l'expression de ma gratitude car, par malheur,
la mort nous l'a enlevé; c'est sous sa direction et plus tard sous celle de
son obligeant successeur, le Professeur 0. Brunck, qu'ont été effectuées,
au laboratoire de l'Académie des mines à Freiberg, diverses analyses
chimiques de roches d'Ambon.
Ensuite: à mes anciens collègues le Professeur S. J. Vermaes à Delft
et le Dr. F. Beijerinck à la Haye, également pour des analyses chimi-
ques de roches;
au Professeur P. Kley à Delft, pour différentes recherches microchimi-
ques sur les éléments de roches d'Ambon;
à M. P. Huffnagel Pz., ingénieur des mines à Rotterdam, pour la
détermination de quelques minéraux.
Puis encore: au lieutenant de vaisseau F. Smit, commandant de la
canonnière „Ceram" de la Marine Royale Néerlandaise, stationnée à Ambon,
pour la détermination de la direction astronomique de la hampe du
pavillon au fort Nieuw- Victoria vers l'arbre isolé situé au sommet du
Gounoung Kerbau. Cette direction fut évaluée à 48' 31' 50'' ouest; et
comme, d'après nos mesures, la direction magnétique est de 51° 10' ouest.
PRÉFACE. VII
il s'ensuit qu'en 1904 la déclinaison de l'aiguille aimantée, ou l'angle
formé par les méridiens magnétique et astronomique, était pour Ambon,
de 2" 38' à l'est;
au capitaine du génie F. W. P. Cligneït à Ambon, qui m'a prêté
assistance pour recueillir, par pétardement, une grande quantité d'échan-
tillons d'un calcaire dur, fossilifère, de la vallée de la Batou gantoung;
à M. C. A. EcKSTEiN, directeur de l'Institut topographiquo à la Haye,
pour les soins tout particuliers qu'il a fait apporter par son personnel
dans la reproduction des cartes.
Enfin, aux Professeurs F. Ziekel à Leipzig, H. Rosenbusch à Heidelberg
et A. OsANN à Fribourg e. Br., pour l'analyse de quelques-unes de mes
préparations microscopiques de roches;
et aux Professeurs G. Boehm à Fribourg e. Br. et 0. Boettger à
Francfort s. 1. M., pour leur détermination et leur description des fossiles
d'Ambon.
A tous mes collaborateurs mes remerciements les plus sincères.
Les titres et les légendes explicatives des cartes, profils et dessins
annexés à ce rapport sont en hollandais, car ces annexes n'ont été im-
primés qu'une seule fois. On en trouvera la traduction française après la
table, à la page xvii.
Dans le texte français on a conservé pour les noms l'orthographe hollan-
daise; cependant la voyelle composée oe, qui se prononce comme ou en
français, a été remplacée par cette dernière: c'est ainsi que Goenoeng a
été écrit ici Gounoung.
La Haye, le 30 Novembre 1905.
Dr. R. D. M. VERBEEK.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Préface v
Table ix
Liste des cartes, profils, dessins et planches. ...... xvii
Errata xxiii
A. INTRODUCTION. Position, cartes, nouveaux relèvements . 1 et 2
B. TOPOGRAPHIE DE LEITIMOR 3 à 11
Forme, direction, longueur et largeur 3
Sommets, terrasses 4
Bassins 4
Rivières 5
Canal de Paso 7
Négories et kampongs de bourgeois 7
Routes 10
Végétation 10
Panorama 10
a TOPOGRAPHIE DE HITOU 12 à 22
Forme, direction, longueur et largeur 12
Montagnes 12
Bassins 16
Rivières 17
Pluies à Ambon 19
Iles près d'Ambon 20
Négories et kampongs de bourgeois 20
Végétation 21
Panoramas 22
Superficie d'Ambon (Leitimor, Hitou et petites îles) . 22
D. BIBLIOGRAPHIE 28 à 42
Liste des mémoires 23 à 27
Résumé des principaux mémoires 27 à 42
E. GÉOLOGIE DE LEITIMOR 43 à 162
I. Péridotite et Serpentine 43 à 71
Terrains de péridotite 43
Age de la péridotite à Ambon 45
., .. „ „ .. Céram 48
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Age de la péridotite à Java . . 48
„ „ „ „ du sud-est de Bornéo 51
„ „ „ „ à la côte ouest de Sumatra ... 53
„ „ „ „ au midi de l'Europe 54
„ „ „ „ en Indo-Chine 54
„ „ „ „ ,, Amérique méridionale ... 55
„ „ , „ „ Californie 55
„ „ „ „ du Nord de la Grèce ..... 56
„ „ „ „ dans la presqu'île de San-Francisco 56
„ „ „ llierzolite au midi de la France 57
Age du gabbro, de la serpentine et de la diabase à
olivine en Suisse 57
Age de la serpentine en Italie 57
Description des roches . 59
(no3. 75, 34, 35, 36, 38, 80, 81, 83, 85, 85a, 206, 207, 87,
107, 6, 62, 49, 40, 41, 41a, 53, 54, 186, 52, 55, 58,
59a, &,c (roche de contact), 71, 187, 184, 180, 7).
Analyses chimiques de la péridotite n". 7 et de la
roche de contact n». 59a 69
II. Diabase 71 à 73
Description des roches 71
(no8. 204, 204a, 202, 195, 100, 63).
III. Roches granitiques 73 à 85
Age - 74
Terrains granitiques 74
Description des roches 78
(nos. 37, 37a, 42, 43, 57, 60, 61, 79, 70, 77, 76, 78, 106,
178, 179, 181, 182, 71a, 716, 1, 88).
Analyse chemique du porphyre quartzifère n°. 1 . . 85
IV. Le terrain gréseux 85 à 100
Terrains gréseux 85
Composition 86
Disposition 87
Epaisseur 90
Age de la formation 91
Rapport du Professeur G. Boehm 92
Description des roches 97
(nos. ^84), (86), (188), 72, 73, 74, 82, (205), 201, 203, 203a,
219, 220, 221, 222).
V. Roches eruptives récentes 100 à 129
Age 101
Présence de la cordiérite et du grenat dans les Ambonites 101
„ „ „ „ dans les roches de Cabo de Gâta 102
„ „ „ „ „ „ „ des Maremmes
de la Toscane . 102
» » » n » n „ de la Hongrie . 102
TABLE DES MATIÈRES. XI
Pages.
Présence de hi cordiéritc dans dos roches de Lipari . . 102
„ „ „ „ n y V de l'Afrique
méridionale . 102
„ ;, „ „ „ ,. du Nord de
Célèbes. . . 102
„ „ „ „ „ „ du Japon . .103
Mélaphyres avec croûte vitreuse d'Ambon et de l'ouest
de Java 103
Age crétacé des Ambonites 105
Méso-andésites, méso-liparites et niéso-dacitcs .... 108
Divisions des Ambonites 109
Schéma des Ambonites 110
Description des terrains 110
a. Liparite à caractère de porphyre quartzifère (n^ 191). 111
b. Andésite à hronzite et andésite à quartz et hronzite (n" 196) 1 13
c. Ajidésite à hornblende 113
d. Andésite à mica et andésite à quartz et mica .... 114
Terrain au sud d'Amahousou (n"s. 104, 177). . . .114
Mamelon à l'ouest de Ualong (nos. 208, 208', 208**) .115
Terrain au sud de Halerou (nos. 193, (200a)) . . .119
e. Boches vitreuses {nos. 192. 194, h)0, {199)) 122
f. Mélaphyre et verre 123
Terrain près de Léleri (n«. 200) 123
Terrain au cap Nousaniwi (nos. 99, 103, 101, 102, (102*) ) 124
VI. SÉDIMENTS TERTIAIRES JEUNES ET QUATERNAIRES . . . 129 à 162
Difficulté d'établir une séparation entre les dépôts
tertiaires supérieurs et quaternaires 129
Distribution 130
Altitude. 130
Mode de formation et composition des divers terrains . 132
Conglomérats 182
Graviers meubles 132
Calcaires 133
Petit lac „Tëlaga radja" 134
Le „Batou sémbajang" . 134
Le „Batou pintou" 138
La grotte „Liang ékang" 138
Disposition des couches calcaires entre SilalietLatou halat 141
„ „ „ ,, au mont Batou kapal . 141
„ „ „ „ aux petites cimes A et B 142
„ au G. Nona 142
Direction et inclinaison des deux couches calcaires
supérieures au sommet du G. Nona 143
Soulèvements périodiques 145
Séparation entre les dépôts tertiaires supérieurs (plio-
cènes) et quaternaires 146
Xn TABLE DES MATIERES.
Pages.
Absence de calcaire corallien contre le G. Horiel. . . 147
Les couches calcaires de Leitimor sont faiblement plissées 150
Çà et là il s'est produit aussi une immersion .... 150
Disposition des jeunes sédiments de l'ouest vers l'est
et du nord vers le sud 151
Description des roches 153
(nos. 98, 8, 56, 97, 96, 95, 50, 51, 49&, 49a, 39, 183, 94,
44, 189, 82a, 197, 198, 33, 5, 105).
VII. Sédiments novaires 158 à 162
Terrains; les plaines 158
Fossiles 160
Rapport du Professeur 0. Boettgee ........ 160
F. GEOLOaiE DE HITOU 168 à 267
I. PÉRIDOTITE, GABBRO ET SERPENTINE 164 à 167
Terrains 164
Péridotite et gabbro de Houamoual (n"». 27, 28, 29) . . 164
Description des roches 165
(n"s. 123, 9, 129, 133, 134, 136, 145, 151).
II. DiABASE 167 à 177
Terrains 167
Description des roches 168
Massif du Salahoutou (n"8. 65, 66, 68, 166) 168
Waï Loi (nos. 19g, 19/c) 169
Transitions de la péridotite et du gabbro aux diabases
cristallines 171
Le Touna 171
Routes de Hila et de Saïd au sommet du Toima. . 171
Cime avancée Wav^ani . ... ....... 171
Sous-sol du Touna 173
(Roches n"8. 18, 18a, 18&, 152) 174
La Waï Elah, en amont de Lima (n'. 147) 175
Waï Soulah et Tëlaga Lana (nos. 142, 143, IU\ ... 175
Waï Alang lama ou Waloh (nO. 131) 176
Waï Sekawiri (Waï Elah ou Ajêr bèsar) (n'. 121) . . 177
Waï Lawa à Tawiri (n°. 111) 177
III. Roches granitiques 177 à 181
Terrains 177
Description des roches . . 178
(nos. 10, 11, 127, 19/î, 64, 67).
Analyse chimique du porphyre quartzifère n^. (34 . . 181
IV. Terrain gréseux 181 à 183
Terrains 181
Description des roches 182
(nos. 122, 128, 130, 132).
TABLE DES MATIÈRES. XIII
Pages.
Les roches éruptives récentes 183 à 249
Terrains 183
Description des roches 184
a. Liparite (et dacite) à caractère de porphyre quartzifère 184
Route de Waô à la cime orientale du Salahoutou . 184
Cascade Embouang dans la rivière Taïsouï . . . .185
Versant sud-est du Gg. Kadera 185
Le Tëlaga Namang 185
Le terrain quaternaire entre la Waï Reuw et la
Waï Mamina 185
Alentours de ]a source d'hydrogène sulfuré à l'ouest
du Télaga*'Birou, à Souli . 185
Waï Tomol 185
Cimes du Salahoutou 186
Contreforts du Salahoutou 186
(Roches n^s. 161, 69, 164, 170, 159, 158) 187
b. Andésite à bronzite et andésite quartzifère à bronzite 190
Description des terrains de Hitou par l'ingénieur des
mines Koperberg 190
Le massif du Salalioutou 190
Route de Roumah tiga à Hitou lama 192
Route de Hitou lama à Saïd 192
Côte sud de Hitou, à l'ouest de Roumah tiga . . . 193
Route de Waï Laâ à la cime du Gounoung Kerbau 194
La deuxième route à travers Hitou ; route de Batou
loubang à Hila 196
La Waï Lawa, en amont de Tawiri 197
Excursion au Gounoung Loumou-loumou 197
Excursion de van den Bos au Loumou-loumou . . 199
Côte sud de Hitou, à l'ouest de Tawiri jusqu'à LiJiboï.
Batou bédiri, Batou douwa 199
Grotte Liang liawat 200
Hatou Poroh 200
Excursion de Liliboï au Gg. Latoua • 201
Zone côtière depuis Liliboï jusqu'à Alang .... 202
Mélaphyre à Tandjoung Tapi 202
Côte ouest de Hitou 203
Watou lajar ou Hatou Gèledihoe ....... 204
Iles près d'Asiloulou 204
Excursion dans la Waï Soula. Têlaga Lana .... 204
Grotte Metila 205
Excursion de Lima au Gg. Latoua 205
Le Gounoung Touna 207
Le terrain entre le Touna et le Loumou-loumou . 208
Le Têlaga Radja 208
La Wai Ela, à l'est de Saïd . 211
XrV TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
La Waï Loi 211
Mode de formation des roches éruptives récentes et
des brèches et conglomérats qui les accompagnent 211
(Roches nos. 31, 174, 153, 116, 115, 120, 14, 15, 16,
17a, 17, 152a, 18d, 18e, 19, 19a, 196, 19c, 19d, 19e, 19/") 213
c. Andésite à hornblende (nos (19), 138, 167) 222
d. Andésite à mica et andésite quartzifère à mica . . . 224
(nos. 162, 163, 172, 173, 214, 30, 215, 210,45,2,3,107a,
1075, 108a, 108a»>i8, 114, 124, 126, 140, 18c, ISf).
e. Roches vitreuses des andésites et des dacites .... 229
(nos. 160, 165, 168, 169, 171, 216, 48, 48', 21, 21bis, 22,
217, 107c, 154, 113, 119, 148, 18^).
f. Mélaphyre et verre 234
(nos. 218, 1086, 108&', 108c, 108d, 108, 109, 110, 112,
125, 150, 149, 146, 12 (partie a, &, c, d), 12bis).
Composition chimique des Ambonites 241
(nos. 164, 191, 16, 21, 101, 102, 102*, 103, 108d).
Teneur en acide silicique des nos. 125, 218, 69 . . . 249
VI. DÉPÔTS TERTIAIEES SUPÉRIEURS ET QUATERNAIRES . . . 249 à 262
Répartition 249
Altitude 250
Calcaire corallien sur la route de Hatiwi besar (Batou
loubang) à Hitou lama 250
Disposition des couches sur la route de Roumah tiga
à Hitou lama 250
Stratification discordante de deux espèces de calcaire . 252
Eboulement à Wakal 258
Calcaire corallien du Gounoung Bri 253
Plis synclinaux des couches de calcaire corallien. . . 254
Calcaire corallien entre Roumah tiga, Souli en Tial. . 255
Conglomérats à Tëngah tëngah et sur le rocher Batou
anjout 255
Terrasses calcaires dans la partie orientale de Hitou . 255
Iles près d'Asiloulou; Poulou Pombo 256
Composition . , 256
Direction et inclinaison 257
Epaisseur de la formation 258
Description de quelques roches . . . . 258
(nos. (217\ (218), 13, 139, 117, 118, (119), 111, 46, 47,
212, 211, 175, 176, 209, 32, 4, 135, 137, 141, 20).
VIL DÉPÔTS NOVAiRES 262 à 267
Plaines 262
Sources thermales ... 263
Analyse chimique de deux sources thermales à Toulehou 264
Petits lacs et sources à Souli 266
Description des roches 267
(nos. 155, 156, 157, 213, (17)).
TABLE DES MATIÈRES. XV
Pages.
G. LA BAIE D'AMBON 268 à 272
Anciennes dôterm initions des profondeurs 268
Nouveaux sondages 269
Profils transversaux de la baie d'Ambon 269
Grande faille au sud de File d'Ambon 270
Failles le long des côtes de l'île tout entière .... 270
Age de ces failles 271
Profil longitudinal de la baie d'Ambon 272
H. GÉOLOGIE TECTONIQUE 273 à 277
La mer de Banda formée par plusieurs effondrements . 273
Crevasses périphériques 273
Fond de la mer de Banda 274
Faille entre Ambon et Céram 275
Crevasses radiales 276
Eruption de mélaphyre, de liparite et d'andésite, après
la formation des crevasses et après les effondrements,
en majeure partie sous la mer 277
Pas de baisse du niveau de la mer, mais soulèvement
et plissement faible de la croûte terrestre .... 277
K. TREMBLEMENTS DE TERRE À AMBON 278 à 323
Deux sortes de tremblements de terre 278
Direction du choc déterminé par les objets renversés . 279
„ „ „ „ „ bruits et par les
oscillations d'objets librement suspendus 279
Tremblements de terre volcaniques; mouvement. . 279
„ „ „ tectoniques; mouvement . . 279
Mouvements rotatoires 280
Liste des tremblements de terre et de mer observés à Ambon 281
Les tremblements de terre à Ambon et à Banda sont
rarement simultanés 289
Les commotions violentes ne se sont fait sentir que dans
l'une de ces deux îles 289
Les années de secousses nombreuses ne concordent pas
pour ces deux îles 290
Tremblement de terre de 1644 290
1671 291
1673 292
1674 292
1687 296
1754 297
1835 299
Grand tremblement de terre de 1898. . . 300
Date et heure de cette commotion . 300
Bruits souterrains ^^
Communications des témoins oculaires incomplètes. . 300
XVI TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
Kégion de la plus forte dévastation 301
„ „ faible dévastation 301
„ où il n'y eut pas de dégâts 301
I. La première région 301
Causes du tremblement de terre 301
La commotion est tectonique 301
1. Ambon 303
Plan, avec les bâtiments dévastés ...... 303
Choc principal et chocs secondaires 304
Oscillations des lampes à la gr.inde église protestante 305
Monument Kôhleii ... 306
Déplacement de canons 309
Secousses verticales 310
Pilier dans le local du club 312
Victimes de ce tremblement de terre . .... 314
Les malheurs sont causés par les bâtiments en _2Jier7'e 315
Dommages pécuniaires aux édifices particuliers . 316
Déplacement du siège de l'administration de la
résidence d'Ambon non à souhaiter 316
2. Zone entre Ambon et la côte du sud 317
3. Côte sud de Hitou, entre Kemiri et Poka . . 318
4. Intérieur de Hitou, entre Nipa et Wakal . . . .319
5. Côte nord de Hitou à Wakal 319
IL Lad euxiè me région 319
6 Côte nord de Hitou (domaine sismique II) 319
7. Côte sud de Hitou (domaine sismique III) 320
8. Côte nord de Leitimor (domaine sismisque IV) . . .321
III. Latroisièmerégion. 322
IV. Localités en dehors de l'île d'Ambon où
le tremblement de terre a été ressenti 323
Résultats 323
LISTE
DES 4 CARTES ET DES FEUILLES-
ANNEXES (EN PORTEFEUILLE).
Carte n^. I. Carte géologique d'Ambon, à l'échelle 1 : 100000 (Une feuille).
Carte n». II. Carte géologique de Leitiraor, à l'échelle 1 : 20000 (5 feuilles
et titre).
Carte n». III. Carte géologique de la cime du Gounoung Nona, échelle 1 : 10000
(Une feuille).
Carte n». IV. Carte d'Ambon, avec l'indication des bassins, des parties
atteintes par le tremblement de terre du 6 janvier 1898 et
des profondeurs de la baie d'Ambon, à l'échelle de 1 : 100000
(Une feuille).
Annexe I, comprenant les figures 1, 2, 2a et 3 (profils géologiques).
„ II, „ „ „ 4, 5, 6, 7, 8^, 85, 8(7et8Z)(prof. géol.)
„ III, „ „ „ 9 à 13, 13a et 14 à 22.
» IV, „ „ „ 23 à 53.
V, „ „ „ 54 à 56.
„ VT, „ „ „ 57 à 66.
Les figures 67 à 75 ont été intercalées dans le texte.
Liste des profils, dessins et planches (figg. 1 à 75).
Annexe I.
Fig. 1. Profil géologique, suivant une ligne brisée, depuis Këlapa douwa
(près de Halong) par le G. Api angous, la Waï Warsia et Halerou
vers Touv^i sapo. Échelle horizontale 1 : 20000; échelle verticale
1 : 20000 et 1 : 5000.
Fig. 2. Profil géologique, suivant une ligne brisée, d'Ambon à la chaîne
gréseuse au-dessus de Koutoung, par le G. Batou medja. Soja di
atas, le G. Sirimau et le G. Horiel. Échelle horizontale 1 : 20000;
échelle verticale 1 : 20000 et 1 : 5000.
Fig. 2a. Limite de la serpentine et du grès à la grand' route d'Ambon à
Routoung. Échelle horizontale 1 : 20000; échelle verticale 1 : 5000.
Fig. 3. Profil géologique, suivant une ligne brisée, de Waï Nitou (près
d'Ambon) à Tandjoung Hati ari, en passant par le G. Nona.
Échelle horizontale 1 ; 20000; échelle verticale 1 : 20000 et 1 : 5000.
XVni LISTE DES PROFILS ET DESSINS.
Annexe II.
Fig 4. Profil géologique, suivant une ligne brisée, de Tandjoung Nousaniwi
vers la petite cime calcaire 5, par le G. Batou kapal et la cime A
(fig. 3). Échelle horizontale 1 : 20000; échelle verticale 1 : 20000
et 1:5000.
Fig. 5. Profil géologique, allant de la baie Labouhan Radja, près Silali,
vers Latou halat, à peu près du nord au sud. Échelle horizontale
1 : 20000; échelle verticale 1 : 5000.
Fig. 6. Coupe des couches calcaires en arrière de Halong, perpendicu-
lairement à la direction des couches. Échelle horizontale 1 : 20000;
échelle verticale 1 : 5000. En teintes géologiques.
Fig. 7. Partie A B de la fig. 6. Échelle horizontale et verticale 1 : 5000.
Teintes géologiques.
Fig. 8^. Route de Roumah tiga à Hitou lama. Teintes géologiques. Échelle
1 : 20000. Nouveau relèvement. Lignes d'altitude à des distances
verticales de 10 m.
Fig. SB. Profil de cette route, du sud au nord. Échelles horizontale et
verticale 1 : 20000. Teintes géologiques.
Fig. 8(7. Le même profil. Échelle horizontale 1:20000; échelle verticale
1 : 5000. Teintes géologiques.
Fig. 8D. Coupe des couches suivant la ligne ^ S de la fig. 8^, de l'ouest
à l'est. Échelle verticale 1 : 5000. Teintes géologiques.
Annexe III.
Fig. 9. Profil de la baie d'Ambon, entre Sahourou (Hitou) et Ambon.
(Leitimor). Échelle horizontale 1 : 20000; échelle verticale 1 : 20000
et 1 : 5000.
Fig. 10. Profil de la baie d'Ambon, entre Batou loubang (Hitou) et Tg
Benteng (Leitimor). Échelle horizontale 1 : 20000 ; échelle verti
kale 1 : 20000 et 1 : 5000.
Fig. 11. Profil longitudinal de la baie d'Ambon, par la ligne de plus grande-
profondeur. De la faille près du cap Nousaniwi vers Paso, parla
baie d'Ambon et la baie Intérieure. Échelle horizontale 1 : 100000;
échelle verticale 1 : 100000 et 1 : 25000.
Tandjoung Seri, à la côte sud de Leitimor. Esquisse. Échelle
1 : 2000 environ.
Mur de granité, avec restes de roche de contact. Esquisse.
Tandjoung Seri (Leitimor).
13a. Filons de granitite dans la péridotite. Esquisse. Projection hori-
zontale. Tandjoung Seri (Leitimor).
Vue de Tandjoung Hati ari (Leitimor) prise du nord-est. Esquisse.
Le Gounoung Eri Samau, avec les terrasses qui y sont appliquées
au sud jusqu'à la Labouhan Roupang (Leitimor), vu de l'est.
Esquisse.
Fig. 16. La chaîne à l'ouest de Seri (Leitimor), vue de l'est, près Tandjoung
Noukinarou. Esquisse.
Fig.
12.
Fig.
13.
Fig.
13a
Fig.
14.
Fig.
15.
LISTE DE DESSINS. XIX
Fig. 17. Mélaphyre à Tandjoung Nousaniwi (Leitimor). Esquisse.
Fig 18. Mélaphyre (avec croûtes vitreuses) à Tg. Nousaniwi (Leitimor).
Esquisse.
Figg 19 à 21. Mélaphyre avec séparations sphériques et croûtes vitreuses,
au nord-est de Tg. Nousaniwi (Leitimor). Esquisse.
Fig. 22. Couches quaternaires de sable et de cailloux roulés, à l'est du
Gounoung Karang pandjang, sur la route d'Ambon à Routoung
(Leitimor). Esquisse.
Annexe IV.
Fig. 23. Disposition des couches de calcaire corallien en 3 étages sur du
granité, à l'ouest de la Labouhan Roupang (Leitimor). Esquisse.
Fig. 24. Bloc calcaire détaché au dessus de Touwl sapo (Leitimor). Esquisse.
Fig. 25. Terrasses adossées à la chaîne en arrière d'Amahousou (Leitimor).
Esquisse prise de la baie d'Ambon, à peu près du nord.
Fig. 26. Panorama des massifs du Latoua, du Loumou loumou, du AValawaâ
et du Touna (Hitou), vus du sommet du G. Kerbau, à 478 m.
d'altitude.
Fig 27. Panorama des massifs du Latoua, du Kadera et du Loumou-
loumou (Hitou) vus d'un point au-dessus de Batou loubang,
à 181 m. d'altitude.
Le massif du Loumou loumou (Hitou), vu de la terrasse en
arrière de Laha, à 67 m. d'altitude.
Le Walawaà et le Touna (Hitou), vus de la cime XVII (751 m.
d'altitude) de la chaîne du Loumou loumou.
Panorama du massif du Salahoutou (Hitou), vu du G. Kerbau,
à 478 m. d'altitude.
Les cimes du Loumou loumou, vues d'Ambon.
Les trois cimes du Touna, vues d'Ambon.
Les sept cimes du Salahoutou, vues d'Ambon.
Panorama du massif du Salahoutou, jusqu'au G. Kerbau, vu d'un
point sur les collines en arrière d'Ambon.
Les cimes du Salahoutou, vues d'un point au nord du kampong
Siwang, à 400 m. d'altitude environ.
Les cimes nos. i^ 2 et 5 du Salahoutou, vues du refuge au sommet
n°. 7 (985 m. d'altitude) du Salahoutou. D'après une photographie.
Eboulement de calcaire corallien et de gravier à Wakal (Hitou).
Echelles horizontale et verticale 1 : 5000.
Limite de l'andésite et de la diabase à la rive droite de la rivière
Wanii, au Gounoung Touna (Hitou),
Terrasses quaternaires de cailloux roulés à Kaïtetou (Hitou),
à la rive gauche de la Waï Loi.
Couches de cailloux roulés et amas de bois, aux bords de la
Waï Loi, à 6 m. environ au-dessus du ht de la rivière, à 4 km.
à peu près de Kaïtetou (Hitou).
Fig. 41. Roche éruptive massive affleurant dans la Waï Lawa, au-dessus
de Tawiri (Hitou).
Fig.
28.
Fig.
29.
Fig.
30.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
31.
32.
33.
34.
Fig.
35.
Fig.
36.
Fig.
37.
Fig.
38.
Fig.
39.
Fig.
40.
XX LISTE DE DESSINS.
Fig. 42. Cime du Gounoung Latoua (Hitou), vue à peu près du sud.
Fig. 43. Cime du Gounoung Latoua (Hitou), vue du nord-est, d'un point
situé à 760 m. d'altitude environ.
Fig. 44. Plan de la plus haute cime du Latoua (Hitou).
Fig. 45. Le rocher Hatou Geledihou (Batou lajar), à la côte ouest de Hitou.
Fig. 46. La grotte Mêtila, entre Asiloulou et Ouring, à la côte nord
de Hitou.
Fig. 47. Le Gounoung Houhou, au cap Houhou, à la côte nord de Hitou,
Fig. 48. La chaîne du Tomol, au cap Tomol, à la côte nord de Hitou.
Fig. 49. Masse rocheuse à l'embouchure de la rivière Moki, rive droite.
Côte nord de Hitou.
Fig. 50. Le Gounoung setan, vu du nord-est, près du cap Moki. Côte nord
de Hitou,
Fig. 51. Terrasses calcaires en arrière de Liang, adossées à la chaîne
éruptive du Lapiarouma, vues du nord-ouest, de la mer. Partie
nord-est de Hitou.
Fig. 52. Les monts calcaires Houwé et Eri wakang, entre Toulehou et
Souli, pris du nord, de la baie de Waë, à Hitou.
Fig. 53. Monument de M. Kôhlee, au cimetière d'Ambon. Echelle 1 : 100.
Annexe V.
Fig. 54. Plan d'Ambon, avec les édifices endommagés par le tremblement
de terre du 6 janvier 1898. Échelle 1 : 5000.
Fig. 55. Mur du club à Ambon, lézardé par le tremblement de terre.
Échelle 1 ; 20.
Fig. 56. Direction de 15 canons au fort Nieuw-Victoria, à Ambon, avant
et après le tremblement de terre. Échelle 1 : 100.
Annexe VI.
Fig. 57. Calcaire et serpentine à Këboutou douwour, résidence Banjoumas,
Java.
Fig. 58. Calcaire et serpentine à Watou bëlah, résidence Banjoumas, Java.
Fig. 59. Couche calcaire contournée et inclinée au Gounoung ISlona, vue
de Kouda mati (Leitimor). Esquisse.
Fig. 60. Profil du Gounoung Nona, jusqu'à la rivière Batou gadjah, àpeu
près perpendiculairement à la direction des couches calcaires
(Leitimor). Echelle horizontale 1:20000; échelle verticale 1:20000
et 1:5000.
Fig. 61. Coupe longitudinale de Leitimor, suivant une ligne brisée, sen-
siblement du S.O. au N.E. Échelle horizontale 1 : 100000; échelle
verticale 1 : 25000.
Fig. 62. Coupe longitudinale de Hitou, suivant une ligne brisée, sen-
siblement du S.O. au N.E. Échelle horizontale 1 : 100000, échelle
verticale 1 : 25000.
Fig. 63. Mélaphyre avec croûte vitreuse de Tandjoung Tapi (Hitou).
Esquisse.
LISTE DES PLANCHES. XXI
Fig. 64. Microlithe d'olivine du mélaphyro n^. 12 de Tandjoung Tapi
(Hitou). Grossissement ^^/i.
Fig. 65. Microlithes d'olivine du mélaphyre n**. 12'»s de Tandjoung Tapi
(Hitou). Grossissement ^^li.
Fig. 66. Le lac Telaga Radja à Hitou. Echelle 1 : 2000. Nouveau relève-
ment de M. J. F DE CoETE en 1904.
Figures intercalées dans le texte:
Fig. 67. Cantine militaire à Ambon, après le tremblement de terre; vue
de l'intérieur de l'île. D'après une photographie, (voir p. 807).
Fig. 68. Cantine militaire à Ambon, après le tremblement de terre; vue
prise du côté de la mer. D'après une photographie, (voir p. 307).
Fig. 69. Seize canons dans le fort Nieuw- Victoria à Ambon, après le
tremblement de terre. D'après une photographie (voir p. 310).
Fig. 70. Douze de ces canons, pris d'un autre point de vue. D'après une
photographie (voir p. 310).
Fig. 71. La „Waterpoort" du fort Nieuv^-Victoria à Ambon. D'après une
photographie (voir p. 311).
Fig. 72. Maison en bois à Wakal, après le tremblement de terre. D'après
une photographie (voir p. 319).
Fig. 73. Panorama de Leitimor; vue prise du versant du mont Kërbau.
D'après une photographie (voir p. 10).
Fig. 74. Le massif du Salahoutou; vue prise de la baie d'Ambon, entre
Ambon et le hameau de Waï Laà. D'après une photographie
(voir p. 22).
Fig. 75. Cristal de cordiérite de l'andésite à bronzite n». 19e de la rivière
Loi. Grossissement ^^/i. a. à la lumière ordinaire; b. à la lumière
polarisée (voir p. 221).
ERRATA,
Page
Ligne
20
5 , .
20
32 . .
21
24 . .
22
14—15 .
82
25 . .
32
25 . .
52
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57
6 . .
61
24 . .
69
22 . .
98
25 . .
106
14 . .
154
16 . .
209
31 . .
254
31 . .
312
2 . .
Au lieu de: Lisez:
proximité proximité
Un négorie Une négorie
bourgois bourgeois
près du passage d'eau . pendant une traversée
la première .... le premier auteur
la dernière le dernier
porhyrites porphyrites
metamorphisé .... métamorphosé
un entrelacement . . . une juxtaposition
enchevêtrées juxtaposées
le présence la présence
difîerencc différence
chrétienne de chrétiens
recueilii recueil!
doit-être doit être
metionnés mentionnés
A. INTRODUCTION,
L'île d'Ambon est située au sud de l'extrémité occidentale de la
grande île de Céram, entre 3° 29' et 3^ 48' de latitude sud et entre
127° 54' et 128° 21' de longitude orientale de Greenwich.
Les coordonnées géographiques de la hampe du pavillon au fort
Nieuw- Victoria (voir fig, 54, feuille annexe V) du chef-lieu Ambon sont
128°10'30",7 iongit E. de Gr. et 3° 41' 30" lat. S. (i)
Sur la carte n". I, dressée d'après nos nouveaux levés effectués
en 1898, l'île est figurée à l'échelle de 1 : 100 000. Cette carte fait
voir que l'île d'Ambon se compose de deux presqu'îles, qui commu-
niquent près de Paso par une bande étroite d'alluvium, élevée de
3 à 5 m. au-dessus du niveau de la mer.
Ces deux parties, dont la plus grande, celle du nord, a reçu le
nom de Hitou^ tandis que la partie sud, la plus petite, est appelée
Leitimor, formaient jusqu'à une époque relativement récente deux îles
distinctes, et c'est aussi comme telles qu'elles seront décrites ci-dessous.
Nous avons effectué en détail le levé topographique de la portion
méridionale et nous l'avons représentée sur la carte n<». II, qui con-
siste en 5 feuilles à l'échelle de 1 : 20000 avec titre. Le levé du terrain
a été fait par le topographe W. van den Bos, et je l'ai exploré
moi-même au point de vue géologique.
Je n'ai pu faire que fort peu usage de la carte de Mickler (^) ;
(1) L'ancienne donnée 128° 10' 15",15 long-it. E. de Gr. n subi deux corrections, parce que
en 1892 Makasser a été déplacée de 4'' vers l'est par rapport à Batavia ; et cette dernière
ville a elle-même subi un déplacement de 11",55 vers l'est en 1896; cela fait ensemble
une différence de 15",55.
(2) Carte d'Ambon et des environs, ainsi que des voies de communication avec les autres
parties de la presqu'île de Leitimor. Plan levé et cartographie par le capitaine d'infanterie
W. H. A. Mickler. Publiée par le Bureau topog-raphique de Batavia en 9 feuilles, k
l'échelle de 1 : 20000 (sans date).
Par décret g-ouveruemental du 23 novembre 1865 n". 10, le capitaine Mickler fut en-
voyé à Ambon, afin d'y faire quelques levés topographiques en vue de la défen-se de l'île
contre une invasion étrangère. Dans une lettre officielle du 15 avril 1SG7. Mickler
annonçait que les opérations étaient terminées; elles avaient donc duré une année environ.
1
d'abord, une petite partie seulement de Leitimor a été complètement
achevée, savoir les environs du chef-lieu; en second lieu, nous nous
sommes aperçus bien vite que les configurations des terrains n'ont
pas toujours été rendues avec exactitude et que les hauteurs des
montagnes présentaient aussi des écarts assez considérables. C'est
ainsi que, d'après nos mesures, le Gounoung Horiel a 562 m. de
hauteur, tandis que Mickler ne lui attribue qu'une altitude de 548.4 m.
C'est pour ce motif que nous avons résolu de faire des levés tout à
fait nouveaux, et en dressant notre carte nous n'avons consulté celle
de Mickler que pour quelques parties seulement, dans le tracé des
courbes de niveau.
Le Leitimor de la carte n*'. I est une copie réduite de la grande
carte en 5 feuilles.
Notre séjour à Ambon a été bien trop court pour pouvoir lever
Hitou en détail. C'est pourquoi nous n'avons eiïectué dans cette grande
île que les mesures suivantes: le contour tout entier; la route de
Roumah tiga à Hitou lama; une seconde route de Hatiwi besar (à
vrai dire du hameau Batou loubang) vers Hila; le sentier de Waï
laâ au Gounoung Kërbau; le sentier de Nania au Gounoung Eri;
la route de Souli à Toulehou et de Waë à Liang. La situation des
principaux sommets a été déterminée par des angles de relèvement,
de sorte que pour cette île aussi il a été possible de tracer les courbes
de niveau avec une précision convenable. Sur la carte n". I les lignes
d'altitude, tant pour Hitou que pour Leitimor, correspondent â des
distances verticales de 50 mètres. Sous le rapport géologique, Hitou
a été étudiée pour la plus grande partie par l'ingénieur des mines
M. KopERRERG, qui m'a été adjoint pour l'exploration d'Ambon,
et pour le reste par moi-même. Tous les échantillons de roches que
nous avons recueillis, je les ai examinés au microscope.
TOPOGRAPHIE DE LEITIMOR
(CARTES NO. I et NO. II).
Leitiraor a la forme d'un triangle irrégulier dont la base, qui a
8 km. environ de longueur, est située du côté est; le sommet du
triangle est situé à l'ouest, là où l'île se termine en une pointe, le
cap Nousaniwi (ou Nousanivé).
La longueur de l'île, dans une direction de 57° astr., est de 26.7 km. ;
la plus grande largeur, entre Gëlala et le cap Hihar, est de 10 km.
Leitimor est séparée de Hitou par les baies d'Ambon et de Bagouala,
entre lesquelles s'étend l'isthme de Paso, une bande de terre très
basse, large de plus de un kilomètre, qui relie les deux presqu'îles.
L'extrémité orientale de la baie d'Ambon est appelée «baie Intérieure»
(Binnenbaai) ; près du cap Martafons (') elle communique avec la
baie d'Ambon proprement dite par un détroit qui n'a que 500 m.
de largeur.
Leitimor est presque entièrement montagneuse; elle ne présente
que quatre plaines alluviales de quelque étendue; la première est
située dans la partie du sud-ouest, le long de la côte près de Latou
halat et d'Ajerlo; dans la seconde se trouve le chef-lieu Ambon, à
la côte nord; la troisième plaine est celle de Paso, la localité dont
il a été question plus haut; la quatrième s'étend de Routoung à
Houtoumouri, le long de la plage dans la partie sud-est de l'île.
Abstraction faite de ces plaines relativement peu étendues, les mon-
tagnes plongent partout dans la mer.
(1) D'après Valentijn, Oud- en Nieuw Oost-Indiën II, 1, bdz. 114-. une corruption de
„Martijn Alfonsus-hoek"; à la même pag-e, il donne encore à ce cap les noms de ,,Melis-"
ou „Martijn Fonso's hoek".
Les principaux sommets sont: dans la portion occidentale, étroite
de l'île, le Gounoung Kapal (229.5 m. ou 230 en nombre rond);
dans l'intérieur, plus à l'est, le G. Nona (539 et 514 m.), le
G. Sirimau (463 m.) et le G. Horiel (562 m.), le point le plus élevé
de Leitimor. Dans la partie orientale, le G. Api angous (309 m.) et
le G. Maout (334 m.). Un grand nombre d'autres cimes seront citées
plus tard, lors de la description géologique de l'île. (•)
Le terrain situé en arrière d'Ambon offre un caractère très parti-
culier: il monte très rapidement jusqu'au niveau de 80 m. au-dessus
de la mer; puis il continue à s'élever peu à peu, en croupes longues
et plates, en forme de terrasses, jusqu'au pied de la chaîne de Soja
di atas, où il atteint l'altitude de 170 m. Plus haut dans la mon-
tagne, il y a encore des terrasses, mais celles-ci sont moins apparentes.
Ces terrasses, en forme de plateau, s'étendent à partir d'Ambon,
dans une direction nord-est, jusque derrière Halong et Paso.
La ligne de partage des eaux (cartes n''^ II et IV) entre les côtes
nord et sud de Leitimor commence à l'ouest, près du cap Nousaniwi ;
de ce point elle se dirige vers le G. Kapal (altitude 229.5 m.),
descend ensuite jusqu'à 55 m. vers un point de la route de Latou
halat à Silali, pour remonter ensuite vers les hautes montagnes en
arrière d'Amahousou, en passant le G. Rousi (220 m.). Cette pre-
mière partie, avec le G. Kapal, doit donc être considérée comme
une chaîne de montagnes distincte, qui se rattache à la chaîne
d'Amahousou par le défilé de 55 m. de hauteur seulement, dont il
vient d'être question. Dans le massif montagneux d'Amahousou la
ligne de faîte atteint déjà des altitudes de 477 jusqu'à 495 m., au
G. Nona elle parvient même à 539 m. A partir de ce point elle se
dirige sensiblement vers l'est et passe par les sommets Siwang
(534 m.) et les montagnes calcaires Eri haou (361 m.) et Nanahou
(377 m.); elle prend ensuite au nord-est, par le G. Loring ouwang
(384 et 401 m.) jusqu'au G. Sirimau (463 m.); puis elle s'infléchit
de nouveau vers Test jusqu'au G. Horiel (562 m ), pour redescendre
(1) Les chiffres donnés ici et plus loin ont été déterminés après calcul de toutes
les mesures; en partie, ils présentent de petites différences avec ceux que j'ai donnés
dans mon travail „Over de g-eolog-ie van Ambon", Verh. der Kon. Ak. v. Wetenschappen.
Amsterdam, Deel VI, No. 7, 1899.
enfin le versant nord-est de cette montagne, vers un point situé à
06O.5 m. au-dessus du niveau de la mer (voir feuille 3), un peu
au-dessus du })oint où la grand' route d'Ambon à Koutoung atteint
l'altitude de 814 m. En cet endroit, la ligne de faîte se sépare en
deux branches, qui enferment le bassin de la côte orientale. L'arête
septentrionale se dirige vers Paso en passant par le G. Api angous
(309 m.) et le G. Wringin pintou (240 m.), tandis que la seconde
branche part du point susnommé (314 m.) et passe par-dessus le
G. Tjolobaï (239 m.) et le G. Kamala houhoung (248.-5), pour former
ensuite un grand coude, d'abord vers l'est, puis vers le sud et se
diriger vers le G. Patah et atteindre do là le cap Houtouraouri. La
première branche forme donc la ligne de partage des eaux entre les
côtes du nord et de l'est ; la seconde, entre les côtes du sud et de l'est.
Les principales rivières sont (carte n°. II) :
I. A la côte est:
1. La Waï (rivière) Jori, qui dé])0uchc dans la baie de Bagouala
au sud de Paso; cette rivière et la Waï Rouhou sont les
plus grandes de Leitimor; elles ont toutes doux un cours de
8 km. environ de longueur. La Jori a de nombreux afïluents,
dont les plus importants se nomment la Warsia et la Tané,
qui prennent toutes les deux leur source au versant nord-est
du G. Horiel. A l'époque des pluies (de mai à août) la
W. Jori transporte des masses d'eau prodigieuses, de telle sorte
que bien souvent la rivière ne peut être traversée. Hauf au chef-
lieu Ambon, des ponts ne se rencontrent nulle jDart dans l'île.
2. La Waï Touwi sapo, qui se jette dans la mer près de l'en-
droit de ce nom, et ({ui s'appelle Malako dans son cours
supérieur. Cette rivière descend du G. Kamala houhoung.
IL A la côte sud:
3. La Waï Sermeti, nommée Ajër besar à son embouchure; elle
se jette dans la mer à l'est d'Houtoumouri et prend aussi sa
source au G. Kamala houhoung. Le Manat en est un affluent
inférieur de droite.
4. La Waï Ihouresi^ (jui i)rend sa source au G. Horiel et coule
en direction méridionale vers la Labouhan Ihouresi ou baie
de Houkourila.
6
5. La Waï Hahila, appelée I-jang dans son cours supérieur, prend
sa source à la crête située entre Sirimau et Horiel et se jette
dans la Labouhan Hahila.
6. La Waï Hatalai, nommée Hanouan dans son cours moyen,
près de Nakou, prend sa source au G. Sirimau; toutefois, de
nombreux affluents de droite, tels que la Nahoupaman, l'Abou-
hou, la Leisisa, la Hou ri, la Karo etc. viennent du terrain
sis à l'ouest de Hatalaï et de Nakou. Elle débouche dans la
baie de Nakou (Labouhan Nakou).
7. La Waï Roupang^ qui se jette dans la Labouhan Roupang
et qui descend du G. Loring ouwang. Un des affluents supé-
rieurs se nomme Laouroung.
8. La Waï Wem% à l'ouest de Seri.
ni. A la côte nord:
9. La Waï lia., ou rivière d'Amahousou, qui charrie de grandes
masses de gravier et de pierres, venant des montagnes, com-
posées de manières très friables, situées en arrière d'Amahousou.
10. La Waï Batou gantoung, qui se jette dans la mer à l'ouest
d'Ambon. Quelques affluents ont leur source au G. Apinau
(à l'est du G. Nona); d'autres, aux monts Eri haou et Nanahou ;
d'autres encore au Loring ouwang.
Cette rivière arrose le hameau Malaman et passe à l'ouest
du kampong Kousou-kousou-sereh.
11. La Waï Batou gadjah, qui forme sensiblement la limite occi-
dentale du chef-lieu Ambon. Le cours supérieur, nommé
Sasouou, descend du G. Sirimau, dans le voisinage de Soja
di atas.
12. La Waï Tomo, qui prend aussi sa source près de Soja di atas
et du G. Sirimau et débouche dans la mer du côté est du
fort Nieuw-Victoria. Un affluent de gauche est la Waï
Tomo ketjil.
13. La Waï Batou mer ah, dont l'embouchure est près du kampong
de ce nom. Sur la route d'Ambon à Routoung on passe la
Hoka, la Kaharou et la Jalima, des affluents de cette rivière.
14. La Waï Rouhou^ près de Gëlala; une grande rivière, longue
de 8 km. environ (comme la Waï Jori) et large de 70 m.
à l'endroit où on la traverse. Les affluents lia et Waï Jouwa
descendent tous les deux du flanc septentrional du G. Horiel.
15. La Waï Rikan a son origine au G. Api angous et se jette
dans la mer près de Lateri.
Canal de Paso. L'isthme de Paso, large de 1200 m., était jadis
traversé dans toute sa largeur par un canal qui, d'après Ludeking,
fut creusé en 1725. Buddingh donne toutefois l'année 1754 comme
date de cette première percée. Ce canal s'est ensablé })ientôt à son
embouchure orientale, et fut rendu de nouveau navigable, une pre-
mière fois de 1788 à 1787, sous l'administration du Gouverneur des
Moluques R. Padbrugge; plus tard une seconde fois de 1826 à 1827.
En 1839 il était de nouveau bouché. (P. Bleeker. Reis door de
Minahassa en den Molukschen Archipel. Batavia 1856, Deel II,
bdz. 162 en 163. S. A. Buddingh. Neerlands Oost-Indië. Rotterdam
1860, Deel II, bdz. 149. E. W. A. Lûdeking. Schets van de residentie
Amboina. 's Gravenhage 1868, bdz. 6 en 7. Extrait des Bijdragen tôt
de Taal-, Land- en Volkenkunde van Ned. Indië, 3e reeks, III, 1868,
bdz. 1—272).
Actuellement il n'existe plus une communication parfaite entre la
baie Intérieure et la baie de Bagouala. Des canots peuvent arriver
de la baie Intérieure jusque dans le kampong Paso ; mais les derniers
40 à 50 m. ils sont placés sur des rouleaux pour être poussés par
voie de terre, à marée haute, jusqu'à la baie de Bagouala.
Les negories {villages indigènes), kampongs de bourgeois et hameaux de
Leitimor sont, à partir de la pointe sud-ouest:
1. Latou halat. Une négorie sous l'autorité d'un régent.
2. Nousaniwi. Une négorie sous un régent, consistant en deux
kampongs, Ajer lo et Eri. Le régent d'Alang (dans Hitou)
est en même temps régent de Nousaniwi.
3. Silali. Une négorie sous un régent, administrée à présent tempo-
rairement par le régent de Latou halat.
4. Amahousou. Une négorie sous un régent.
5. Ouri mèsèng. Une négorie sous un régent, constituée par quatre
hameaux ou petits kampongs : Kousou kousou sëreh, où
habite le régent. Malaman, Siwang et Seri (à la côte du sud).
8
6. Mahija. Un kampong de bourgeois séparé, sous l'autorité d'un
sergent chef de quartier (wijkmeester).
7. Kilang. Une négorie sous un régent.
8. Houkourila. Idem.
9. Ema. Idem.
10. Nakou. Idem.
11. Hatalaï. Idem.
12. Soja di atas. (*) Idem.
13. Soja di bawah. Une négorie sous un régent. (Fait partie du
chef- lieu Ambon).
14. Léahari. Une négorie sous un régent.
15. Routoung. Idem, administrée temporairement par un gouver-
neur (gezaghebber) pendant la minorité du jeune régent.
16. Houtoumouri. Idem. Le hameau Touwi Sapo, à la côte orien-
tale, en fait partie.
17. Paso. Idem.
18. Lateri. Un kampong de bourgeois à part, sous un sergent chef
de quartier. Le hameau Nontetou en fait partie.
19. Lata. Idem. A ce village appartient le hameau Kelapa douwa.
20. Halong. Une négorie sous un régent.
21. Hatiwi ketjil. Idem.
22. Gëlala. Grand kampong de bourgeois séparé, sous l'autorité
d'un sergent chef de quartier.
23. Batou merah. Une négorie mahométane, sous un régent.
24. Ambon. Chef-lieu de la résidence d'Amboine et siège du gou-
vernement. La partie orientale est appelée Mardika; à
côté est située la négorie déjà citée Soja di bawah;
plus au sud se trouve le kampong Batou medja; la
portion du sud-ouest, où demeure le résident, est
nommée Batou Gadjjah. A l'ouest d'Ambon sont situés
les hameaux Ajer Wolanda, Wai Nitou (où une source
limpide jaillit du calcaire) et Kouda mati.
(1) L'arbre aux canaris (amandier) de Soja di atas, déjà cité par Valentijn (Oud en
Nieuw Oostindië II, 1, bdz. 117). qui doit être âgé à présent de 400 ans au moins, est
encore toujours en vie; tous les ans il donne encore en abondance des fruits d'une excel-
lente qualité.
9
Les négories sous un régent que nous venons de citer, ainsi que
les kampongs de bourgeois séparés, administrés par un sergent chef
de quartier, sont des négories et kampongs chrétiens, sous l'autorité
de chefs indépendants. Toutes les négories mahométanes sont aussi
placées sous des chefs indépendants. (*)
(1) Au sujet de la différence entre les négories chrétiennes et les kampongs de bourgeois,
j'ai reçu des communications détaillées tant de la part de l'ancien-résident d'Amboiue
J. VAN Oldenborgh, maintenant décédé, que de l'assistant -résident A. van Wetkhing,
secrétaire de la résidence. J'en rapporte ici les plus importantes.
Une négorie chrétienne sous un radja (rajah) ou régent est toujours un village habité
par la population primitive du pays. C'est à elle qu'appartient le sol ; elle paie des imi)ôts,
fait des services de quart (kwarto-diensten), etc.
Les kampongs de bourgeois sous un sergent chef de quartier sont des colonies de
bourgeois, d'anciens „mardijkers"\ les descendants d'étrangers qui, durant les premières
années de la Compagnie des Indies orientales, se sont rendus utiles en combattant pour
elle, ont embrassé le christianisme et ont été libérés pour cette raison à tout jamais de
tout impôt et du service de quart, mais sont restés astreints au service de garde (schut-
terij). Dans l'Indisch Staatsblad de 1886, N". 136, figure un „Reglement voor de schutterijen
in de residentie Amboina" (Règlement pour les corps de garde dans la résidence d'Am-
boine). L'article 2 de ce règlement désigne ceux (jui font partie de la garde, l'article 4-
ceux qui sont libérés personnellement de ce service; ces derniers doivent, d'après l'article 5,
payer une certaine contribution. Cette contribution est recouvrée par les sergents chefs
de quartier, qui ne sont pas rétribués pour cette fonction, mais sont indemnisés pour leurs
frais de voyage, lorsqu'ils viennent déposer à Ambon les contributions qu'ils ont encais-
sées. Les frais pour les moyens de transport s'élèvent à peu près à 8 pet. des sommes
encaissées. S'il arrive que dans un kampong de bourgeois demeurent des Binoungkounais,
lesquels doivent payer l'impôt personnel, le sergent chef de quartier recouvre aussi cet
impôt et reçoit alors 8 pet. de salaire. Ces sergents n'ont d'ailleurs pas d'autres revenus.
Les rajahs des négories chrétiennes et musulmanes n'ont pas non plus de revenus
fixes. Ils reçoivent 8 pet. des impôts recouvrés par eux, dont 2/.j sont pour le régent et
i/s pour tous les kapala's-soa (chefs subalternes) ensemble; ils reçoivent de plus une
indemnité pour la privation des deniers de l'hassil et du pitis, depuis la suppression du
monopole des girofles; et en outre, tous les ans, une gratification en linges; ces deux
derniers revenus sont de peu d'importance. Enfin ils ont droit aux services de quart.
Ces derniers ne sont pas des services de garde; les hommes, désignés à cet effet, le plus
souvent au nombre de quatre par régent, peuvent être employés par ce dernier pour des
services domestiques ou des travaux agricoles; c'est ainsi qu'on leur fait arranger le
jardin, battre du sago etc. Les femmes des régents (njoras) ont également droit aux services
de 2 à 4 jeunes filles de leur ressort, pour se faire aider à la cuisine ou aux travaux de
couture. Les services de quart sont la principale source des revenus des régents. Déjà
à diverses reprises on a proposé de supprimer ces divers revenus et de les remplacer par
un traitement fixe ; mais jusqu'à ce jour ces tentatives ont échoué, à cause des dépenses
que ce changement entraînerait pour l'état. (Voir aussi G-. W. W. C. Baron van Hokvell,
Ambon en meer bepaaldelijk de Oeliasers. Dordrecht 1875, pp. 24 à 28, où il est question
des revenus des régents et des kapala's-soa, des services de quart, etc.; et p. 38, où il
est traité de l'impôt prélevé sur les habitants d'Ambon. Cet impôt a été réglé ultérieure-
ment par l'Indisch Staatsblad de 1891. No. 4-5; et dans l'Indisch Staatsblad de 1892,
No. 82, figurent des dispositions relatives aux bourgeois de la résidence d'Amboine).
10
Routes. La plupart des endroits nommés plus haut sont reliés par
des voies de communication que l'on appelle des routes, mais qui
ne sont que des sentiers mal tracés, mal entretenus, à fortes pentes,
sans ponts sur les rivières, de sorte qu'ils sont impraticables aux
chevaux; c'est probablement pour cette raison que les chevaux de
selle font totalement défaut à Ambon; s'ils étaient introduits, ils ne
seraient d'aucun usage dans l'état actuel des routes. Aussi à Ambon
les transports s'effectuent-ils exclusivement à pied ; ou bien, si la
route est assez large, par des chaises à porteurs reposant sur de
longues tiges de bambou et portées par 8 à 12 personnes. C'est un
mode de transport désagréable, car il faut souvent quitter la chaise
aux fortes pentes. Les habitants d'Ambon ont toutefois acquis dans
le maniement de ces chaises une grande habileté, de sorte que tout
nouveau venu est surpris de les voir gravir avec une telle masse
de hautes montagnes, telles que le Gounoung Nona, dont ils atteignent
le sommet, à l'altitude de 500 m., d'Ambon en quelques heures.
Végétation. Une grande portion de Leitimor, principalement les
parties orientale et centrale de l'île, est recouverte de forêts épaisses ;
là où les bois font défaut, il faut attribuer cette absence, sans excep-
tion, à l'arrangement de petits jardins par les Binoungkounais, habi-
tants de la petite île Binoungkou, située près de Célèbes, au sud-est
de Bouton; les Binoungkounais séjournent temporairement à Ambon et
s'y livrent surtout à la culture des légumes et des fruits. Pour leurs
jardins, ils choisissent de préférence un sol calcarifère où les frag-
ments de calcaire sont mélangés à du gravier et des matières éruptives ;
pour l'aménagement du jardin ils abattent la haute futaie. Mais, comme
ce sol n'est pas particulièrement fertile, les jardiniers déménagent
assez fréquemment et par là les bois épais disparaissent lentement
mais sûrement. Dans les jardins abandonnés ne croît plus que l'herbe
alang-alang que l'on nomme «kousou-kousou» à Ambon.
Panorama. La fig. 73 donne un panorama général de Leitimor,
obtenu au moyen de quatre photographies faites par Paulus Najoan,
professeur de dessin à l'école normale pour instituteurs indigènes à
Ambon. La vue est prise d'un point situé à 100 m. environ au-dessus
11
du niveau de la mer, sur le sentier qui conduit du hameau Waï laâ
au Gounoung Kërbau. On voit de gauche à droite les points suivants :
tout à fait à gauche les montagnes (calcaires Eriwakang et Houwe
dans Hitou ; puis la montagne près de Halérou et la chaîne gréseuse
en arrière de Halong, qui culmine par le G. Api angous ; la montagne
plate de serpentine Horiel, la montagne granitique Sirimau, la cime
de péridotite Loring ouwang et le mont calcaire Nanahou. Plus à
l'ouest les monts Siwang et Nona, la chaîne derrière Amahousou et
le mont Kapal. Au premier plan, également de gauche à droite:
la pointe près de l'embouchure de la Waï Lela, à l'ouest de Roumah
tiga (le cap Martafons est situé derrière cette pointe et n'est pas
visible); les terrasses plates, qui s'étendent de Halong jusque derrière
Ambon et son entaillées profondément par les quatre rivières Batou
merah, Tomo, Batou gadjah et Batou gantoung; puis le chef-lieu
Ambon avec quelques bateaux à vapeur amarrés dans la rade; plus
à l'ouest encore, les hangars à charbon, le cap Benteng, le village
d'Amahousou, le cap Batou anjout et le cap Nousaniwi.
L'échelle étant un peu trop réduite, le caractère fortement acci-
denté du massif montagneux de Leitimor n'est pas bien rendu dans
ce panorama. Mais on n'a pas pu trouver un point plus rapproché,
offrant une bonne vue d'ensemble de toute l'île.
C. TOPOGRAPHIE DE HITOU.
(CARTE N^ I.)
Hitou est beaucoup jjlus grande que Leitimor; l'axe longitudinal,
dans la direction de 62° astr., est long de 52.7 km.; la largeur est
de 12 àl5kra. dans la portion occidentale, de 6.6 km. seulement
au centre, entre Hitou lama et Hounout, et de 12 à 17 km. dans la
partie orientale.
De même que Leitimor, Hitou est montagneuse pour la plus grande
partie; ou ne trouve des plaines alluviales de quelque étendue que
près de Laha, entre Roumah tiga et Poka, près de Paso et entre
Toulehou et Waë; puis encore, en bandes plus ou moins larges, en
divers endroits le long de la côte.
Les montagnes de Hitou sont situées principalement dans l'ouest et
dans l'est de l'île ; la partie centrale est beaucoup plus basse et pré-
sente de nombreuses croupes plates, étagées en terrasses, tout comme
le terrain en arrière d'Ambon.
Les montagnes de l'ouest appartiennent à deux groupes, que l'on
peut appeler le massif du Latoua et le massif du Loumou-loumou.
Les monts de l'est appartiennent presque tous au grand massif du
Salahoutou.
1. Massif du Latoua.
Le plus haut point de ce groupe de montagnes est le Latoua lui-
même, haut de 882 m.; il est en même temps le sommet le plus
élevé de tout l'ouest de Hitou. Du Latoua partent dans toutes les
directions des contreforts en forme de rayons, qui se prolongent
jusqu'aux rivages sud, ouest et nord de l'île.
Sur ces arêtes se trouvent les cimes suivantes. Au sud du Latoua,
le Hita kapal (830 m.), le Sapak aja (718 m.) et l'Isirpei (550 m.);
du Sapak aja se détachej dans une direction sud-est, une arête
13
qui passe par le Hatou lalikoul (650 m.) et se dirige vers Alang;
une seconde arête se dirige au sud-ouest vers Wakasihou et Larik6,
en passant par le Tita oulou (550 m.)- Du Hita kapal une arête
portant le G. Lana (500 m.) descend vers la côte occidentale au nord
de Lariké, et une autre, portant le G. Taïnan (500 m.) vers Asiloulou.
Sur le versant nord du G. Lana se trouve un petit lac insignifiant,
le Tolaga Lana, à l'altitude de 415 m. Au nord du Latoua, une arête
s'étend par dessus le dôme du Tili (838 m.), le Sëribou éwan (710 m.)
et le Héna kastétou (617 m.) vers Lima. Au sud-est du Latoua on
trouve encore le sommet Ou})a (467 m.), au-dessus de Liliboï et de
Hatou. Ce grand massif montagneux se rattache au second grand
terrain de montagnes de l'ouest de Hitou par une longue arête, ([ui
s'étend du Latoua dans une direction nord-est, et porte les sommets
Hatou koï (750 m.) et Walé ateh (755 m.).
2. Le massif du Loumou-loumou.
Ce groupe de montagnes consiste en trois dos ou chaînes, qui
portent les noms de Loumou-loumou, Walawaâ et Touna; la crête
de tantôt, qui vient du Latoua et passe par le Walé ateh, rencontre
ce groupe juste au point de recontre du Walawafi, dirigé du nord
au sud, avec le Loumou-loumou qui s'étend de l'ouest à l'est.
Cette dernière montagne présente diverses éminences, (jui toutefois
ne diffèrent pas considérablement en altitude, de sorte (juc, vue à
distance, elle apparaît comme un dos plat. La cime extrême occi-
dentale a 742 m. d'altitude, les deux suivantes, respectivement 751 m.
et 782 m. ; ces trois sommets forment le Loumou-loumou proprement
dit. Le sommet cité en dernier lieu est appelé G. Oulou kadera par
les habitants de Tawiri, tandis que ceux de Saïd l'appellent G. Kadera.
Cependant le vrai G. Kadera est situé plus au sud et n'a (qu'une altitude
de 607 m. (voir carte n". I). Vient ensuite, séparée de la précédente par
une dépression de 707 m., la montagne désignée sur notre carte par
le nom Loumou-loumou, et qu'on nomme communément G. Setan;
elle a deux sommets, de 748 et 741 m. D'ici la chaîne descend,
d'abord dans une direction nord-est par le sommet pointu Koukou-
san (657 m.), puis vers le nord jusqu'à la colline Pransana (64 m.)
près de Hila. Au nord du Loumou-loumou proprement dit (occidental)
u
se trouve une arête qui présente deux sommets, de 694 et 635 m.,
et s'étend de l'ouest à l'est. Entre cette arête et le Loumou-loumou,
on trouve un petit lac, le Telaga Radja, à 619 m. d'altitude, entouré
de montagnes et qui, de tous les lagons d'Ambon, donne seul
l'impression d'un ancien lac de cratère. L'eau en est fraîche et
potable. Une seconde mare existe au versant sud du Loumou-loumou,
à proximité d'un des affluents supérieurs de la rivière de Tawiri,
ou Waï Lawa, à 497 m. au-dessus du niveau de la mer; c'est le
Telaga Bounga.
Du Loumou-loumou descendent vers le sud des contreforts, sur
lesquels se trouvent le G. Kadera (607 m.) et la montagne allongée
le G. Këhouli, au-dessus de Tawiri.
La seconde chaîne, le Walawaà, se rattache à l'extrémité occiden-
tale du Loumou-loumou; mais sa direction est du sud au nord et
elle présente plusieurs sommets qui diffèrent peu en altitude; ce
dos est donc également plat. Le plus haut point est à 828 m.
d'altitude; l'extrémité septentrionale est appelée Hatou Sëliin.
Entre ce Hatou Seliin et la troisième chaîne, le Touna, existe une
selle de 623 m. de hauteur. Le Touna est un dos étroit à 3 sommets,
de 804, 861 et 875 m. d'altitude ; celui du nord-est est le plus élevé.
A l'ouest et à l'est, cette montagne est très escarpée et inaccessible
à sa partie supérieure ; on atteint le plus facilement la cime par une
arête qui part d'un point de la route de Hila à Saïd, du côté nord
de la montagne, et va directement au sommet le plus élevé. Un
second sentier, au versant ouest de la montagne, conduit d'abord
de Saïd vers le petit défilé de 623 m. dont il vient d'être question;
il s'infléchit ensuite à l'est, vers un petit affluent de la Waï Loi,
la Waï Touna; et de ce point, à 505 m. d'altitude, on peut, par une
arête excessivement escarpée, avec des déclivités de 30° et plus,
atteindre, du côté sud de la montagne, le sommet du milieu (861 m.)
et puis la cime la plus élevée (875 m.). Par suite de l'état avancé
de désagrégation du sol et de la couche épaisse de mousse qui le
recouvre, ainsi que par la végétation abondante, on ne peut pour
ainsi dire rien apercevoir des roches qui constituent la partie supé-
rieure de cette montagne ; et il en est de même de beaucoup d'autres
montagnes de Hiton.
16
Les arêtes Touna et Walawaâ bornent du côté ouest, et le Lournou-
loumou au sud et à l'est, une vallée allongée, où coule la Waï
Loi, laquelle débouche près de Kaïtetou dans un large lit de
cailloux roulés.
3. Groupe du Salahoutou.
La troisième chaîne de Hitou est située dans la moitié orientale
de l'île et forme le groupe du Salahoutou. A proprement parler, ce
n'est qu'une seule montagne, qui culmine en deux sommets, les
deux Salahoutou (1027 et 1024 m.), situés l'un â côté de l'autre, et
qui envoie dans toutes les directions de nombreux contreforts avec
divers sommets de moindre importance disséminés au loin. A l'est
des deux cimes les plus élevées il s'en trouve une autre, plus basse,
do 989 m. d'altitude; puis une seconde, plus à l'est, de 985 m.,
séparée de la première par un ravin très profond, qu'on peut atteindre
de Waë (ou Waé) et dont on jouit d'une vue magnifi(iue sur Hitou
et Leitimor tout entières. Les échancrures du Latoua et le dôme du
Tili, dans l'ouest de Hitou, sont à reconnaître distinctement à une
distance de 36 km. ; il en est de même du Loumou-loumou. Par
contre, vu de ce point, le Touna est caché en grande partie par les
plus hautes cimes du Salahoutou, situées plus avant. Par un temps
clair, on aperçoit distinctement le chef-lieu Ambon, ainsi que l'île
d'Haroukou et une partie de Céram. L'ascension à partir de Waë,
par un sentier abrupt et désagréable d'ailleurs, est donc bien
rémunérée par ce panorama; mais sur ces arêtes on ne voit pas
plus de roches que sur le Touna. Celles-ci ne sont à découvert que
dans le lit des rivières. Par les flancs escarpés de la partie supé-
rieure, les deux plus hautes cimes du Salahoutou passent pour
inaccessibles.
On peut voir sur la carte n°. I la situation des arêtes et des
principaux sommets qui appartiennent au Salahoutou.
A l'est, au sud de Liang, se trouve le Lapia rouma (511 m.); au
Nord le Houla pokoul ^714 m.) et le mont très escarpé et pointu
G. Setan (567 m.); ce dernier n'est pas loin de la côte. A l'ouest,
le Sipil (560 m.). Au sud-ouest, le mont allongé Ama (424 m.) et le
Sësoui (508 m.) près de Hitou lama; l'Eri (465 m.), au-dessus de
16
Nania, et le Lalahouhou (600 m.). Au sud, le Kadera (741 m.); au
versant oriental de cette montagne il y a un petit lac, le Tëlaga
Namang (à 371 m. d'altitude).
4. Les monts calcaires de Hitou orientale.
A proximité du rivage oriental s'élèvent trois montagnes calcaires
plates, séparées du Salahoutou, qui est formé de roches éruptives;
la première de ces montagnes, au sud-est de Liang, près du cap
Batou item, a 213 m. d'altitude; les deux autres sont situées entre
Toulehou et Souli, l'Eri wakang (263 m.) à l'ouest et le Houwé
(348 m.) à l'est. Dans le terrain bas à l'ouest de la première montagne
se trouvent divers lagons et sources d'hydrogène sulfuré, tels que le
Tëlaga Birou et le Tëlaga Tihou.
5. Hitou centrale.
La portion de Hitou entre le Loumou-loumou et les contreforts
occidentaux, Sësoui et Eri, du Salahoutou, je la désignerai sous le
nom de Hitou centrale. Aucun point n'atteint ici une hauteur de
500 m.; les crêtes montagneuses s'élèvent rapidement à partir de la
côte, jusqu'à 100 m.; puis, en forme de terrasses, jusqu'à 250 et 450 m.
d'altitude. Vu du sud, le G. Kërbau (478 m.) fait l'effet d'un sommet
isolé, mais il n'est que l'extrémité méridionale, quelque peu sur-
élevée, d'une longue croupe plate de 400 m. de hauteur. Au nord-
ouest du G. Kërbau se trouve le G. Damar (469 m.); un peu
plus au nord, le plateau Damar (440 à 450 m.); sur ce plateau
passe un mauvais sentier qui mène de Hatiwi besar (Batou loubang)
à Hila.
Les deux pointes G. Maspaït (217 m.) et G. Pohon pisang (')
(283 m.), sur la route de Roumah tiga à Hitou lama, ne sont nullement
des cimes aiguës, mais des parties peu proéminentes d'arêtes où
passe la route.
Le caractère de plateau qu'affecte cette partie centrale de l'île de
Hitou est surtout bien reconnaissable de l'est, p. ex. de la baie de
Bagouala.
La ligne de partage des eaux (cartes nos. I et IV) entre les côtes
(1) Appelé aussi G. Këbon pisang et G-. Tanah tjoupak.
17
nord et sud de Hitou commence au G. Hita kapal. De ce point i)artent
deux arêtes, l'une passant par le G. Lana vers la pointe nord-ouest
de Hitou près d'Asiloulou, et une autre par le G. Tita oulou vers
le cap Tomoltetou, pointe sud-ouest de Hitou, au sud de Wakasihou.
Ces dos enferment le bassin de la côte occidentale. Du Hita kapal
(830 m.), la ligne de faîte entre les côtes nord et sud se dirige par
le Latoua, le Hatoukoï, le Waleateh et les sommets du Louraou-
loumou vers le plateau Damar (441 m.); puis elle descend conti-
nuellement vers le G. Pohon pisang ou Tanah tjoupak (283 m.), sur
la route de Roumah tiga à Hitou lama. Ensuite, la ligne monte vers
le G. Sësoui (508 m.), et descend jusqu'à un point du sentier de Mamala
à Nëgri-lama (393 m.); et puis elle s'élève constamment vers les plus
hauts sommets du Salahoutou (1024 et 1027 m.\ Ici elle se partage
entre deux arêtes; la branche du nord décrit une grande courbe
vers la petite cime (à panorama) au-dessus de Waë (985 m.) et
puis par le G. Lapiaiouma (511 m.) vers la pointe nord-est de
Hitou, appelée Tandjoung Honimoa, tandis que la branche du
sud se dirige par dessus les monts Kadera (741 m.), Eri wakang
(263 m.) et Houwé (348 m.) vers Tandjoung Tial, la pointe sud-
est de Hitou. Ces deux lignes enferment le bassin de la côte
orientale.
Les rivières principales sont (carte n». I).
I. A la côte ouest:
1. La Waï Larike, qui prend sa source au Hita Kapal et se
jette dans la mer près de Lariké.
n. A la côte nord:
2. La Waï Soula^ ou rivière d'Asiloulou, qui descend du
G. Lana. Près de l'une des branches supérieures se trouve
le petit lac Telaga Lana.
3. La Waï Siah, ou rivière d'Ouring, ayant ses sources au
G. Tili et au G. Latoua.
4. La Waï Ela, ou rivière de Lima, qui vient également des
monts Tili et Latoua.
5. La Waï Ile, descendant du Waleateh.
6. La Waï Walaivaà, et
7. La Waï Boujang, descendant toutes deux du Walawaii.
2
18
8. La Waï Houloun^ venant aussi du Walawaâ, reçoit toutes
les eaux du flanc occidental du G. Tonna et se jette dans
la mer à l'ouest de Saïd.
9. La Waï Loi, une grande rivière, ayant son origine au
Loumou-loumou et qui reçoit en même temps toute l'eau
du versant oriental du G. Touna. Dans le milieu de son
cours, la différence de niveau de l'eau à l'époque des
pluies et en temps de sécheresse est de 5 m. au moins.
Non loin de l'une des sources est situé le lagon Telaga
Radja (619 m.)
10. La Waï Wakahouli, et
11. La Waï Tomo, venant du plateau Damar.
12. La Waï Ela, dénomination qui revient fréquemment, et
qui signifie «grande rivière», entre Hitou mèsèng et
Mamala. Cette rivière et les suivantes jusqu'au n\ 18 ont
toutes leur source au Salahoutou.
13. La Waï Nitounahai, près du Gounoung Setan.
III. A la côte est:
14. La Waï Taisoui, venant de la petite cime (985 m.) du
Salahoutou au-dessus de Waë; débouche dans la baie de
Waë au sud de cet endroit.
15. La Waï Routoung, avec ses affluents Mamina et Reuw,
qui vient de l'intérieur du Salahoutou. A proximité du
cours supérieur de la W. Reuw, sur le versant est du
G. Kadera, se trouve le petit lac Telaga Namang.
lY. A la côte sud:
16. La Waï Jari besar, entre Souli et Paso.
17. La Waï Tonahitou, près de Negri lama.
18 La Waï Lela, à l'ouest de Roumah tiga, avec son affluent
de gauche la Maspaït (d'après Valentltn une altération
de Modjopaït, laquelle dénomination proviendrait de
Javanais qui étaient jadis fixés ici). La rivière principale
vient du plateau près de la cime Pohon pisang, la Maspaït
d'un contrefort (408 m.) du Sësouï. C'est la dernière rivière
qui descend du massif du Salahoutou.
19. La Waï Ami, près du hameau Nipa.
19
20. La Waï Laà, au flanc ouest du Gounoung Kdrban.
21. La Waï Piah besar^ près de Lata.
22. La Waï Witi.
23. La Waï Lawa^ près de Tawiri, une grande rivière venant
du Loumou-loumou. Près d'un des afïluonts se trouve le
lagon Tëlaga Bounga.
24. La Waï Sêkoula, encore une grande rivière, descendant du
Loumou-loumou et du Waleateh. Se jette dans la mer
près de Hatourou.
25. La Waï Hatou, près de Hatou, venant du Latoua et du
Hatoukoï.
26. La Waï Sekawiri, près de Liliboï; vient du Hita kapal.
27. La Waï Alang lama, à l'ouest d'Aiang, venant du Sapakaj a.
Chute des 'pluies. Bien qu'aucune de ces rivières n'ait un bassin
plus long de 8 ou tout au plus 9 km., à l'époque des pluies elles
transportent des masses d'eau énormes.
Cela provient de ce qu'à Ambon la chute des pluies est particulière-
ment forte du mois de mai jusqu'au mois d'août, ainsi que le fait
voir le tableau ci-dessous, qui donne, d'après l'Observatoire Royal
magnétique et météorologique de Batavia, la moyenne des 23 dernières
années (1879 à 1901).
Nombre des jours de pluie.
>
'H
'S
t-5
'B
t-5
-M
o
S .
m
CD
O
%6
II
ce
Oh
14.8
18.6
15.4
18.8
22.8
■24.6
23.1
21.4 15.5
14.7
10.5
14.2
208.9
Nombre de mm. d'eau tombée.
>
VCD
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ci
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1-5
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'B
■4J
O
<
CD O)
2
1
o
o
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d
et
ce
Ph
152
117
184
290
536
644
624
437
250
188
112
146
8625
20
De ces 3625 mm., il en tombe 2241 rien que dans les mois plu-
vieux de mai à août, donc environ les ^/g ; dans les autres mois il
n'en tombe que Vj.
Iles. Trois îles, Nousa Laïn, Nousa Hatala et Nousa Ela (') sont
situées à proxinité de la pointe nord-ouest de Hitou, non loind'Asi-
loulou. On les réunit aussi sous le nom Nousa Tëlou (les 3 îles).
Une quatrième île, Poulou Pombo, se trouve à l'est de Hitou, entre
cette île et Haroukou; elle est plate et basse. Les îles près d'Asi-
loulou ne sont pas hautes non plus, et sont constituées en majeure
partie par des bancs de corail soulevés.
La mer, qui entoure l'île d'Ambon, est partout très profonde ; seule
la baie de Bagouala cache beaucoup de récifs coralliens, à petite
distance au dessous de la surface à marée basse. Les grandes profon-
deurs commencent ici près de la ligne qui joint le cap Houtoumouri
au cap Tial.
Les négories^ kampongs et hameaux de Hitou sont, à partir du côté
opposé à Ambon:
1. Roumah tiga. Une négorie sous un régent, comprenant les deux
hameaux Pohon mangga et Kousou-kousou.
2. Nipa. Un kampong de bourgeois à part sous un sergent chef
de quartier.
3. Hatiwi besar. Une négorie sous un régent ; le régent de Tawiri
est en même temps régent de Hatiwi bësar. Le hameau
Lata et puis les dousouns (champs ou jardins avec quelques
maisons, donc aussi de petits hameaux) Kemiri, Sahourou,
Touhoulerou, Waï laâ, Batou koubour et Batou loubang
en font partie.
4. Tawiri. Une négorie sous un régent.
5. Laha. Une négorie mahométane sous un régent.
6. Hatourou. Un kampong de bourgeois séparé, sous un sergent
chef de quartier.
7. Hatou. Un négorie sous un régent. Le hameau Léké en fait partie.
(1) Nommées Djambou, Tëng-ah et Bësar sur les cartes marines. D'après les renseigne-
ments de A. VAN Wrtering, secrétaire de la résidence Ambon, Hatala ou Tëng-ah
signifie moyen, et Ela ou Bësar grand. Laïn veut dire que l'île a apparu en échange
d'un autre morceau de terrain ; le nom de Djambou n'est pas connu de la population.
Les îles Lain et Hatala font partie de la nég-orie Asiloulou; Ela appartient à Ouring-.
21
8. Liliboï. Une négorie sous un régent.
9. Alang. Une grande négorie sous un régent.
10. Wakasihou. Une négorie mahométane sous un régent.
11. Lariké. Idem.
12. Asiloulou. Idem.
13. Ouring. Idem.
14. Lima. Idem.
15. Saïd.(') Idem.
16. Kaïtetou. Idem.
17. Hila. Une négorie mahométane sous un régent. (Mais il y a
aussi une communauté chrétienne avec église.)
18. Wakal. Idem.
19. Hitou lama. Une négorie mahométane sous un régent.
20. Hitou mèsèng. Idem.
21. Mamala. Idem.
22. Morela. Idem.
23. Liang. Idem.
24. Waë. Une négorie sous un régent.
25. Toulehou. Une négorie mahométane sous un régent.
26. Tëngah tëngah. Idem.
27. Tial islam. Idem.
28. Tial christen. Une négorie sous un régent.
29. Souli. Idem.
30. Nëgri lama. Un kampong de bourgois à part, sous un sergent
chef de quartier.
31. Nania. Idem.
32. Waï herou. Idem. Le hameau Waï napou y appartient.
33. Hounout. Idem. Avec le hameau Dourian patah.
34. Poka. Idem.
Tous les villages sont situés à la côte; l'intérieur de l'île est
totalement inhabité; on n'y trouve que quelques sentiers et par ci
par là une petite maison.
Végétation. Hitou est presque tout entière couverte de forêts épaisses;
ce n'est que le long de la route de Roumah tiga à Hitou lama que
(1) S'écrit aussi Seit et même Cheit.
22
l'on a aménagé quelques jardins et que le bois a été abattu sur une
faible étendue.
Panoramas. La feuille annexe IV avec les croquis tigg. 2G à 86,
qui représentent, vus de divers points, les massifs du Latoua, du
Loumou-loumou, du Walawaà, du Touna et du Salahoutou, donne
une idée des formes des montagnes de Hitou. Vus du chef-lieu Ambon,
les sommets du Loumou-loumou, du Touna et du Salahoutou se
présentent comme l'indiquent les figg. 31 à 33. On m'accordera volon-
tiers que ces montagnes présentent un tout autre caractère que les
cônes volcaniques de Java et de Sumatra; seul le Salahoutou, vu
d'un point situé à proximité du kampong Siwang, a quelque peu
l'apparence d'un ancien volcan, dont la cime a disparu par efion-
drement et par érosion (fig. 35). Avec les figg. 33 et 35 il faudra
comparer la fig. 74, faite d'après un cliché, pris par P. Najoan, près
du passage d'eau d'Ambon au hameau Waï Laâ. Bien que figurés
à une petite échelle, les 7 sommets sont très nettement visibles.
Superficie d'' Ambon. D'après la détermination planimétrique de nos
nouvelles cartes, l'étendue en surface est:
pour Hitou . . 613.00 km^.;
y> Leitimor. . 148.19 » ;
« les 4 îles (') 1.14 » ;
762 33
Ensemble . . . 762.33 kml, ou ^^ ^^^^ — 13.845
lieues géographiques carrées, ce qui est à peu près le tiers de la
superficie de la province de Groningue en Hollande.
(1) Lain 0.2'J, Hatala 0.155, Ela 0.517 et Ponibo 0.18 kin'^.: ensemble 1.14.2 km^^.
D. BIBLIOGRAPHIE
relative a la g'éolog'ie et la topographie
d'A-inboii.
1. G. E. RuMPHius. D'Amboinsche Rariteitkamer. Amsterdam 1705.
2. F. Valentijn. Oud en Nieuw Oost-Indiën. Dordtrecht en Amster-
dam. Deel II, 1724.
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Hoop en Batavia naar Semarang etc. Leyden 1797, Deel I,
p. 250.
4. M. Labillardière (1792) Relation du voyage à la recherche
de la Pérouse. Tome I. Paris, An VIII. Edition in-4".
pp. 305, 309, 316, 317, 324. Edition in-8«. pp. 303, 306,
314, 315, 322.
5. C. G. C. Reinwardt. (1821) Over de vuurbergen in den Indischen
Archipel. Magazijn van Wetenschappen, Kunsten en Lette-
ren, Deel V, Amsterdam 1826, blz. 78.
©. C. G. C. Reinwardt. (1821) Reis naar het Oostelijk gedeelte
van den Indischen Archipel in het jaar 1821. Kon. Instituut
voor Taal-, Land- en Volkenkunde van Nederl. Indië te
Delft. Ouvrages séparés. Amsterdam 1858, pp. 426 à 435.
7* L J. DuPERREij. (1823). Voyage autour du monde sur la cor-
vette 4a Coquille» 1822 — 1825. Zoologie par l\ Lesson et
Garnot. Paris 1828, pp. 376, 377.
8. P. Lesson. Voyage autour du monde sur la corvette -«la Coquille»
C) Les dates entre crochets indiquent l'année dans laquelle les divers auteurs ont visité
Ambon.
24
(Trésor historique et littéraire) Bruxelles 1839. Tome m
pp. 153, 154, 164, 165.
9. S. MÛLLER. (1828). Reizen en onderzoekingen in den Indischen
Archipel. Verhandelingen der natuurkundige commissie
Leyden 1839 — 1844. Publié aussi séparément par le Kon.
Instituut voor de Taal-, Land- en Volkenkunde van Ned.-
Indië, Deel II, 1857.
10. J. B. HoMBRON. Les montagnes d'Amboine. Revue de l'Orient.
Bulletin de la Société Orientale, V, Paris 1843, p. 421.
11. F. Epp. Geneeskundig-topographische schetsen van Amboina.
Natuur- en Geneeskundig Archief, I, Batavia 1844, bdz. 285.
12. F. Epp. Schilderungen aus Hollândisch-Ost-Indien. Heidelberg
1852, S. 262.
13. F. JuNGHUHN. Java (édition allemande) II, 3ter Abschnitt 1853,
S. 837.
14. C. A. Bensen. Topographische beschrijving van het eiland Am-
boina. Geneeskundig Tijdschrift voor Ned.-Indië, III,
Batavia 1855, bdz. 294—314.
15- P. Bleeker. Reis door de Minahassa en den Molukschen Archipel
in 1855, Deel II, Batavia 1856.
16, W. A. DuvELAAR VAN Campen. Minérale bronnen van Amboina.
Natuurk. Tijdschrift van Ned.-Indië, Deel XX, 1859—
1860, bdz. 209.
ly. S. A. BuDDiNGH. Neerlands Oost Indië, Rotterdam 1860, Deel II,
bdz. 149.
18. A. R. Wallace. On the physical geography of the Malay Archi-
pelago. Journ. of the R. Geogr. Society XXXIII, 1863,
p. 222 etc.
19. S. A. Bleekrode Jr. Scheikundig onderzoek van twee minérale
wateren, afkomstig uit w arme bronnen te Toelehoe (Eiland
Ambon) Natuurk. Tijdschrift van Ned.-Indië, Deel XXVIU
1865, bdz. 215—223.
•ao. N. A. T. Arriëns. (1865). De Wawanie. Tijdschr. van Ned. Indië.
Deel XXIX, 1867, bdz. 462.
31. E. W. A. LûDEKiNG. Schets van de residentie Amboina. Bijdragen
tôt de Taal-, Land- en Volkenkunde van Ned.-Indië,
25
3de reeks, III, 1868, bdz. 1 — 272. Publié aussi séparément,
La Haye 1868.
22. A. R. Walla.ce. The Malay Archipelago I, London 1869, p.
460 — 461. Traduit par P. J. Veth, sous le titre -«Insulinde»,
Amsterdam 1870—1871.
23. L. E. Gerdessen. Een pleziertochtje in Indië. Tijdschrift van
Ned.-Indië, 1871, I, bdz. 375-382.
24. R. EvERWiJN. Marmer op het eiland Amboina. Jaarboek van
het Mijnwezen in N. O.-Indië, 1874, I, bdz. 172.
25. Th. Studer. (1875). Die Forschungreise S. M. S. Gazelle in den
Jahren 1874—1876. Band III. Zoologie und Géologie.
Berlin 1889, S. 216—318.
2«. F. S. A. DE Clercq. Eenige aanteekeningen over de Ambonsche
eilanden. Tijdschrift v. h. Kon. Ned Aardr. Genootschap,
1876, I, bdz. 242 — 246. Avec carte, et carton du chef-lieu
Ambon.
2^, F. Schneider. Geologische Uebersicht ùber den Holliindisch-
Indischen Archipel. Jahrb. d. k. k. geol. Reichsanstalt,
XXVI. Wien 1876, S. 131.
2S. F. Schneider. Geographische verspreiding der minérale bron-
nen in den Indischen Archipel. Tijdschrift v. h. Kon.
Ned. Aardr. Genootschap, Bijblad N". 7, bdz. 12, Amster-
dam 1881.
29. K. Martin. Neue Fundpunkte von Tertiârgesteinen im Indischen
Archipel. Sammlungen des geol. Reichsmuseums in Leiden.
Série I, Band I, 1882, S. 154—158.
30. H. 0. FoRBES. A naturalisas wandering in the Eastern Archipel-
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31. J. G. F. Riedel. De sluik- en kroesharige rassen tusschen
Selebes en Papua. 's Gravenhage 1886, bdz. 29 e. v.
32. K. Martin. Ueber eine Reise in den Molukken etc. Verhandl.
der Gesellschaft fur Erdkunde zu Berlin 1894, S. 506—521.
33. K. Martin. Reisen in den Molukken. Eine Schilderung von
Land und Leuten. 1894, S. 1—24.
34. J. L. C. Schroeder van der Kolk. Mikroskopische Studien ùber
Gesteine aus den Molukken. L Gesteine von Ambon und
26
den Uliassern. Sammlungen des geol. Reichsmuseums in
Leiden, Série I, Band V, 1896, S. 70—126.
Reproduit dans Jaarboek van het Mijnwezen in Ned.
O.-Indië, XXIV, 1895, Wet. Ged. II, bdz. 1—57.
35. J. L. C. ScHROEDER VAN DER KoLK. Beitràge zur Kentniss der
Gesteine aus den Molukken. I. Gesteine von Ambon und den
Uliassern. Neues Jahrbuch f. Minéralogie, 1896, I, S. 152.
36. R. Semon. Im australischen Busch und an den Kùsten des
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augmentée par R. van Eck. Deel II, 1898, blz. 441—443.
39. A. WiCHMANN. Der Wawani auf Amboina und seine angeblichen
Ausbrûche. Tijdscbr. v. h. Kon. Ned. Aardr. Genootschap.
Deel XV, 1898, bdz. 1—20 en 200—218; Deel XVI, 1899,
bdz. 109—142.
40. K. Martin. Einige Worte iiber den Wawani sowie ûber Spalten-
bildungen und Strandverschiebungen in den Molukken.
Tijdschr. v. h. K. N. Aardr. Genootschap. Deel XVI, 1899,
bdz. 709—742.
41. R. D. M. Verbeek. Kort verslag over de aardbeving te Ambon
op 6 Januari 1898. Annexe au Javasche Courant du
20 janvier 1899, NO. 6. Batavia.
42. R. D. M. Verbeek. Over de géologie van Ambon (I). Verhand.
der K. Akad. van Wetensch. 2de Sectie. Deel VI, 1899,
NO. 7. Amsterdam.
43. R. D. M. Verbeek. Over de géologie van Ambon (II) Verh. der
K. Akad. van Wetensch. 2de sectie. Deel VII, 1900, NO. 5.
Amsterdam.
44. R. D. M. Verbeek. Voorloopig verslag over eene geologische
reis door het Oostelijk gedeelte van den Indischen Archipel
in 1899. Avec une carte. Annexe au Javasche Courant du
17 août 1900, N«. 66. Batavia.
4d. J. VAN Baren. Beschrijving van het schiereiland Leitimor volgens
07
W. MiCKLEK. Tijdschr v. h. K. N. Aardr. Genootschap.
Deel XVIII, 1901, bdz. 678-687.
4L€. A. WiCHMANN. Het aandeel van Rumphius in het mineralogisch
en geologisch onderzoek van den Indischen Archipel.
Rumphius-Gedenkboek. Haarlem 1902, Ijdz. 137 — 164.
47. R. Martin. Reisen in den Molukken. Geologischer Theil, 2t«^
Lieferung. Nachtrag zu Ambon und den Uliasscrn. 1902,
S. 99—103.
4». G. BoEHM. Weiteres aus den Molukken. Zeitschr. d.d. geol.
Gesellschaft. Band 54, 1902, S. 74.
49, K. Martin. Reisen in den Molukken, Geologischer Theil, 3te
Lieferung. Buru etc. 1903, S. 249 u. If.
50. A WicHMANN. Over den Wawani. 3e Bulletin der Nieuw Guinea-
Expeditie. 1903, bdz. 7.
des principaux de ces mémoires.
L'exploration géologique des possessions Néerlandaises des Indes
orientales par l'Administration des mines a eu lieu presque exclu-
sivement, dans ces 35 dernières années, dans la partie occidentale
de l'Archipel et principalement dans les îles de Sumatra, Java, Bangka,
Billiton, Bornéo et Célèbes septentrionale.
Si ces îles venaient les premières en ligne de compte pour de
nouvelles recherches, Sumatra le devait à la découverte de riches
couches de houille dans la résidence des Padangsche Bovenlanden
en l'année 1868; Java, à l'existence de couches de houille dans le
sud de la résidence Bantam et à l'espoir de rencontrer encore ailleurs
des couches exploitables, principalement dans les Régences de Préan-
ger; Bangka et Billiton, à leur richesse en minerai d'étain ; Bornéo, à
l'existence de couches de houille exploitables, et à la découverte
28
d'or, de platine et de diamants; le Nord de Célèbes, à la présence
d'or et de minerais de cuivre.
On ne connaissait dans la partie orientale de l'Archipel ni houille
ni minerais de quelque importance, de sorte qu'il n'y avait, pour
le gouvernement, aucune raison spéciale pour faire explorer cette
partie géologiquement, surtout que les recherches effectuées à l'île
de Timor, par l'ingénieur des mines Jonker en 1872, pour découvrir
des mines de cuivre, avaient donné un résultat négatif. Du reste, vu
le nombre fort restreint d'ingénieurs des mines, disponibles pour
l'exploration géologique, on a dû naturellement se borner à la partie
principale, et celle-ci était incontestablement la portion occidentale,
au point de vue pratique de l'exploitation de minéraux.
Toutefois, la découverte vraiment très importante de couches de
formation triasique et de pétrifications jurassiques (lias, dogger et
probablement aussi du jura supérieur), faite à Rôti par Wichmann (i) en
1889, a démontré clairement qu'une exploration géologique de la
partie orientale, c'est-à-dire principalement des îles qui entourent la
mer de Banda, donnerait des résultats scientifiques très intéressants.
Bientôt après, des fragments roulés de calcaire à halobies (trias) furent
trouvés à Timor par ten Kate (^)
Vint ensuite, en 1892, la découverte d'aptychus et de bélemnites,
dans des fragments roulés de calcaire de Bourou, par Martin (^)
qui les tint pour jurassiques. Et bientôt après, en 1895 et 1896, on
reconnut que l'intérieur de Bornéo occidentale renfermait également
des couches jurassiques, tant lias que jura supérieur ; cela résultait de
l'examen et de la description, par Martin (*) (qui crut d'abord
(1889) que les pétrifications appartenaient à la période crétacée)
Vogel (^) et Krause (®) , des fossiles recueillis par les ingénieurs
(1) WiCHMANK. „Bericht iiber eine im Jahre 1888—1889 ausgefuhrte Keise nach dem
Indischen Archipel". Tijdschr. v. h. K. Ned. Aardr. Gen. 1892, bdz. 261, 276, 277.
(2) Wichmann. „Id. id." 1892 blz. 255. H. F. C. ten Kate. „Verslag eener reis door
de TimorgToep en Polynésie". Tijdschr. v. h. K. Ned. Aardr. Gen. 189é bdz. 363.
(3) „E,eisen in den Molukken. Eine Schilderung- von Land und Leuten". Leiden 1894.
S. 369. Anmerkung 1.
(*) „Sainmlungen des geol. Reichsmuseums zu Leiden". IV 1890. S. 198—208. „Id." V
1895. S. 29—34.. „Id." V 1898. S. 253—256.
(5) „Sammlungen etc." V 1896 S. 127—153. „Id." VI 1900 S. 40—76.
(6) „Sammlungen etc." V 1896 S. 154—168.
des mines van Schelle et Wîng Easton, et pour une petite partie
par le Dr. J. Bosscha. En 1897, Bullen Newton {') y ajouta
un calcaire jurassique (oolithique moyen) de Serawak. P]t comme le
terrain jurassique avait déjà été signalé depuis 1870 dans l'Australie
occidentale par Moore(^) et en 1889 dans la Nouvelle Guinée
Britannique par Etheridge (^), il y avait lieu de s'attendre à ren-
contrer le terrain jurassique, aussi bien que le terrain triasique,
dans les différentes îles qui entourent la mer de Banda.
Une circonstance tout à fait particulière, le grand tremblement de
terre qui se produisit aux premiers jours de l'année 1898, a été
le motif d'une exploration géologique de l'île d'Ambon, pour con-
stater un déplacement éventuel du chef-lieu Ambon.
Cette exploration me fut confiée dès mon retour d'Europe ; et cette
mission eut pour conséquence une expédition étendue à travers tout
l'Archipel oriental en 1899, de sorte que j'eus encore l'occasion,
avant mon départ définitif pour l'Europe, de fouler et d'explorer ce
terrain extraordinairement intéressant
Dans les mémoires cités plus haut nos. i à 3ff, on trouve tout ce
qui était connu de la géologie d'Ambon avant mon arrivée dans
cette île; c'est fort peu de chose et très incohérent, en partie même
inexact.
1. RuMPHTUS, l'observateur consciencieux dans un domaine varié,
signale à Ambon du soufre, de la pyrite, du quartz, du sable ferru-
gineux, du spath calcaire, de la serpentine, de l'argile ainsi que de
grandes coquilles fossiles (tridacnes) dans la montagne. Il n'y a pas
longtemps, Wichmann (mémoire n". 46) a publié un ensemble de
ses observations dans le Rumphius-Gedenkboek.
2, Valentyn est la source pour les rapports relatifs à d'anciens
tremblements de terre à Ambon. Toutefois, le rapport sur la com-
motion du 17 février 1674 est attribué à Rumphius.
4. Labillardière signale le premier l'existence à Ambon ^'un
granité composé de quartz, de mica et de schorl (?) noir en petites
aiguilles (1. c. p. 309 «un beau granit d'un grain fin»»). Il ne parle
(1) „A jurassic lamellibranch from Sarawak". Geol. Mag-azine 1897, p. 407 — 4-15.
(2) „Quart. Journ. Geol. Society" XXVI 1870. p. 1—3 and 236— 2G1.
(3) „Records of the Geol. Survey of New-South Wales" I 18S9, p. 172—179".
30
pas de feldspath. Il a trouvé aussi de la stéatite (probablement de
la serpentine), du grès dur, des schistes argileux tendres, gris clair,
et du calcaire d'une grande pureté, jusqu'à l'altitude de 300 m. Et
le tout à Leitimor. A la côte sud de Hitou il a rencontré sous les
galets de la plage "des laves très poreuses, mais trop lourdes pour
flotter •■. Il parle aussi d'un tremblement de terre qui aurait eu lieu
à Ambon 12 années avant son arrivée en 1792, donc en 1780.
6. Reinwardt fait mention de calcaire corallien recouvert d'une
terre argileuse, dans les collines en arrière d' Ambon; de fragments
roulés de grès, de quartz et de schistes dans les contreforts, tandis
que la haute montagne serait composée de basalte. A Leitimor il
visita la grotte «Bat ou lobang >• (une mauvaise planche en accompagne
la description) et le village Soja di atas. A Hitou, il suivit la côte
du nord, depuis Hitou lama jusqu'à Ceit (Saïd) et gravit la mon-
tagne Ateti ou Wawani au sud-est de Saïd (il est écrit sud-ouest,
mais ce sera bien là une erreur, car dans ces régions il n'existe
qu'un seul gisement de soufre) jusqu'à la soufrière, et il dit que
cette montagne est constituée par du porphyre basaltique. De plus,
il a trouvé au littoral, près de Hila, des fragments de jaspe, d'agate
et de calcédoine.
y. Lesson est le second auteur qui parle de granité à Ambon. Il
a trouvé en outre des schistes tendres, à 700 pieds d'altitude, du
calcaire et de l'argile rouge. A Ambon, au-dessus de Routoung, les
schistes gisent réellement à la hauteur indiquée, les grès même plus
haut encore, mais je ne crois pas qu'il ait visité cet endroit.
S, Dans un travail publié séparément, à Bruxelles en 1839,
Lesson ne donne que 300 pieds pour la hauteur du gisement des
schistes, et il y fait mention d'un tremblement de terre à Ambon,
le 19 octobre 1823.
9, MuLLER a fait examiner les roches qu'il a recueillies par le
professeur von Leonhard à Heidelberg, lequel a déterminé: du
granité, de la serpentine, du conglomérat de frottement, du porphyre
feldspathique (entre autres de Batou merah), des roches trachytiques
à pâte gris clair, enfermant des cristaux de tourmaline bleue, du
feldspath et du mica. La tourmaline bleue sera sans doute de la
cordiérite, de sorte que ces roches sont évidemment nos Ambonites.
81
Ensuite VON Lp:onhard signale encore «de jeunes roches calcaires et
de l'argile commune». La partie inférieure du calcaire, (jui repose
sur de la serpentine ou sur du gravier roule de serpentine, renferme
toujours beaucoup de particules de serpentine, et forme une jeune
ophicalce; c'est à cette roche (ju'appartient le «conglomérat de
frottement» cité tantôt.
Nous avons ainsi nommé sinon toutes, du moins les principales
roches d'Ambon, auxquelles les explorateurs qui ont suivi n'ont
pour ainsi dire rien ajouté.
lO. HoMBRON prétend que du calcaire existe dans le nord et le
nord-est de Hitou, à une altitude de 200 à 300 m. au-dessus de la
mer et reposant sur du basalte ; mais cette dernière assertion est fausse.
11 et IS. Epp cite du calcaire corallien et du trachyte ; 14 Bensen,
du trachyte, du basalte et de l'obsidienne, ainsi que du calcaire
corallien. 13 Junghuhn ne donne pas d'observations personnelles,
mais nomme seulement les roches déterminées par Leonhard.
Les mémoires 15 de Bleeker, 21 de Ludeking, 27 et 38 de
Schneider et 31 de Riedel ont de l'importance dans un autre
domaine, mais peuvent être laissés de côté au point de vue géologi-
que, car ces écrits montrent clairement que leurs auteurs n'avaient
pas la moindre notion de géologie. Lorsque Bleeker p. ex. écrit
Le. II p. 57: «Lors de ce soulèvement (savoir de Hitou et Leitimor, V.)
le calcaire corallien fut poussé au travers du grès et jeté de côté»,
un pareil non sens ne vaut certes pas la critique.
Les données de Wallace (18 et 22) sont aussi de minime impor-
tance pour la géologie ; il cite du basalte et de la lave, des fragments
roulés de roches volcaniques, de l'argile et du calcaire corallien; il
tient le Wawani pour un volcan encore actif, bien qu'il n'ait pas
visité lui-même cette montagne.
23. Gerdessen a fait l'ascension du Salahoutou, notamment du
sommet qu'on peut atteindre de Waë et de Toulehou et qui, d'après
nos mesures, a une altitude de 985 m. Toutefois d'autres cimes sont
plus élevées; les deux plus hautes, qui sont inaccessibles, ou qui
du moins sont considérées comme telles, atteignent les altitudes de
1024 et de 1027 m. Bleeker a donné 1200 m. pour la hauteur de
cette montagne; Forsten 1221, Riedel 1225, Martin même 1300 m.
Dans son exploration, Gerdessen n'a pas trouvé de roches compactes,
mais uniquement de l'argile grasse jaune.
25. Studer rapporte de la plage de Hitou, en face du chef-lieu
Ambon, «des galets de roches volcaniques, entre autres de trachyte
quartzifère de teinte claire» ; plus avant dans l'intérieur, il a trouvé
«un conglomérat, avec fragments roulés de trachyte quartzifère
dans une masse tufFeuse.» Les données qu'il fournit au sujet de
Leitimor sont fort peu nombreuses. «'Au sud de la ville, le sol
consiste en un sable rouge jaunâtre, dans lequel gisent des blocs
de granité et de calcaire noir Plus au sud, on trouve un
grès rouge altéré, consistant en grains de quartz dans un ciment
calcarifère Je n'ai pas trouvé de granité sur place, ni de
calcaire Selon S. Muller le granité doit former la base du
massif montagneux d'Ambon et être partiellement couvert par la
serpentine ...... A Vj^ heure environ au sud de la ville d'Am-
boine existe la grotte à stalactites Batou lobang .... L'entrée
est une large ouverture, dans un plateau étroit adossé contre la
montagne plus élevée. L'accès est fourni par un puits de 18 m. (?)
environ de profondeur, qui pénètre obliquement dans le sol, et dans
lequel une échelle en bambou permet d'atteindre le fond de la
grotte. Celle-ci s'étend horizontalement à une distance de 300 pas
environ, dans la direction nord-sud. Elle consiste en 3 cavités, de
plus de hauteur d'homme ; dans la 2e et la 3e le sol est recouvert d'eau «».
30 FoRBEs et 30 Semon ont observé diverses terrasses de calcaire
corallien superposées ; la première près de Tengah-tëngah, la dernière
près de Souli.
29. Martin a examiné des calcaires et le '.conglomérat de frotte-
ment» dont il a été question plus haut, provenant de la collection
MÛLLER (Macklot), et il est arrivé à ce résultat que les deux roches
ne sont pas plus âgées que le tertiaire.
3ffo En 1891 Martin a visité lui-même Ambon, mais très rapide-
ment. Dans Leitimor il n'a fait qu'une excursion de 6 jours (du 5
au 10 décembre) et une autre dans Hitou, aussi de 6 jours (du 13
au 18 décembre); comme il ne suivait pas, autant qu'il le pouvait,
les lits des rivières, mais qu'il prenait toujours les routes ordinaires,
il n'y a j^as lieu de s'étonner qu'il n'ait pas vu grand' chose. Lorsque
3â
plus tard, après une visite aux îles Ouliasser, à Céram et à Bourou, il
revint à Ambon, il était trop malade pour y faire de plus amples
recherches. Les roches qu'il a recueillies furent examinées au micros-
cope et décrites par Schroeder van der Kolk (34 et 35); c'est
là certes un résultat important du voyage de Martin à travers
Ambon. Ainsi que je l'ai fait observer ailleurs (voir mémoire n^. AS),
en beaucoup de points je ne suis pas d'accord avec l'aperçu géolo-
gique que Martin rédigea après l'examen de ses roches d' Ambon
par VAN DER KOLK.
La péridotite, il la tint d'abord pour archéenne et plus âgée que
le granité. Cette détermination d'âge était conforme à ce que l'on
avait appris au sujet de la présence de la péridotite sur l'île voisine
de Céram (mémoire 3î, p. 21). Plus tard cependant on s'est aperçu
que cette détermination était loin d'être sûre et ne reposait à vrai
dire sur aucune base solide (mémoire n». 4=?, pp. 145, 148, 149), parce
que le gisement n'est pas clair «infolge des Fehlens brauchbarer Auf-
schlûsse» (1. c. p. 148). A présent, il déclare que la péridotite est
plus jeune que le granité, mais cela pour l'unique raison que, sui-
vant Verbeek, il en est ainsi à Ambon (n". 4Lf, p. 145); ce motif ne
peut pas être considéré comme une preuve concluante, car à cette
époque n'avaient encore paru que quelques courts rsn^ports préliminaires
sur mes recherches à Ambon, rédigés avant que ces recherches fussent
définitivement terminées. Il persiste à regarder les péridotites comme
des roches éruptives très anciennes, appartenant aux schistes cristallins,
toutefois avec cette restriction, que probablement les péridotites de
Céram ne sont pas toutes du même âge (1. c. p. 149). Et à la même
page 149, à la note 2, il entrevoit même la possibilité que les péri-
dotites fussent plus jeunes que les grès, ainsi que le croyait Verbeek ;
elles seraient notamment crétacées, ce qui serait naturellement en
contradiction formelle avec son opinion de tantôt, que ce seraient
des roches très anciennes. On voit par là que sa détermination de
l'âge de la péridotite de Céram et d'Ambon n'est qu'une détermina-
tion en l'air, comme je viens de le dire.
Lorsque Martin exposa ces vues, j'étais déjà, pour des consi-
dérations diverses, revenu de mon idée, que les péridotites de la
partie orientale de l'Archipel Indien seraient du même âge que celles
3
de Java, lesquelles je persiste à rattacher au terrain crétacé. Mais je
ne puis nullement accorder qu'il résulterait de mon profil fig. 3,
mémoire 41, que la péridotite d'Ambon serait, non pas plus jeune,
mais plus ancienne que les grès. Cette assertion, émise par Martin
à deux reprises (Tijdschr. v. h. K. N. Aardr. Genootschap, XVI,
1899, bdz. 656; et le mémoire n". 4L7, S. 149, Anmerkung2) est tou-
jours restée pour moi une parfaite énigme. Voici ce qui en est.
Dans le profil en question, j'ai figuré les grès à l'est du Horiel, en
couches inclinées adossées à la péridotite. Pourquoi, — toujours d'après
le profil, — cette roche éruptive n'aurait-elle donc pas pu percer
les grès et être plus jeune que ceux-ci? Si les grès avaient été
dessinés en une situation parfaitement horizontale sur la péridotite,
il y aurait eu un argument en faveur de l'âge plus jeune des sédi-
ments; mais à présent il n'y en a pas. Mon profil ne donne pas
une réponse définitive à la question de l'âge relatif de la péridotite
et du grès.
Nous parlerons plus loin de l'âge effectif de la péridotite d'Ambon ;
je puis heureusement arriver à présent avec des preuves convaincantes.
On peut expliquer comment il se fait que Martin n'ait pas
rencontré, à l'état de roche massive, le mélaphyre parmi les roches
jeunes et la diabase parmi les anciennes. Sa route ne l'a pas
conduit par les endroits où ces roches se présentent. Mais on ne
comprend pas bien qu'il n'ait pas remarqué les belles terrasses que
l'on observe sur la route d'Ambon à Soja di atas, et que d'autre
part il n'ait pas observé, que celles-ci consistent essentiellement en
matériaux meubles (avec calcaire corallien). Du moins, il ne parle
nulle part des formes topographiques si remarquables le long de
cette route ('); et il ressort de sa description géologique (n°. 3*, p. 66),
qu'il regarde le sol rouge comme un produit local de désagrégation de
(1) Le seul endroit, où Martin parle d'une structure en forme de terrasses près
d'Ambon, se trouve dans son mémoire 87, p, 10: „Sùdwestlich (?) von der Stadt steig-t
aber das Land terrassenartig- an, wie man vom Gipfel des Batoe merah (?) aus sehen kann".
Les cimes plates des monts Batou merah, Karang pandjang-, Batou medja et Batou gadjah
ne sont toutefois rien d'autre que des portions d'une seul et même terrasse ou plateau,
séparées par des ravins profonds, et elles sont toutes situées au nord-est. à Test et au
sud-est d'Ambon, et non au sud-ouest. Peut être a-t-il en vue la petite colline entre le
Batou g-adjah et Waï Nitou, à moins qu'il n'ait écrit par erreur „sûdwestlich" au lieu de
„sudô3tlich" ? „Batou merah" devra d'ailleurs être „Batou medja".
86
roches éruptives sous-jacentes, et non comme des matériaux sédimen-
taires plus jeunes qui recouvrent horizontalement les roches plus
anciennes, et entre lesquels s'interpose aussi un peu de calcaire
corallien, à 106 m. d'altitude. D'après Martin, la direction des
grès et des schistes argileux serait, dans ce sentier, de 45°; selon
moi, elle est en partie de 140°.
Le gneiss n'affleure nulle part dans toute l'île d'Ambon ; cependant,
suivant Martin (3y, p. 21), cette roche existerait sur la route de
Routoung à Ambon, à l'ouest de Waë Hila (Waï lia). Mais cela
n'est guère possible, car on est déjà là en terrain quaternaire, où
l'on a pu tout au plus rencontrer un fragment de cette roche, ou
d'un granité schisteux ('). La même chose peut se dire de la diabase,
à mi-chemin d'Ambon à Soja di atas; il ne peut y avoir eu là
encore qu'un fragment interposé dans les couches quaternaires.
Les observations de Martin à Hitou sont également fort in-
complètes. Ainsi, sur la route de Roumah tiga à Hitou lama il n'a
de nouveau pas remarqué que le sol est constitué partout par des
matériaux incohérents à côté de calcaire corallien. Du côté sud de
la ligne de partage des eaux il y a observé quelques terrasses, qu'il
nomme «« Brandungsterrassen :• .
La route de Hitou lama par Hila jusqu'au pied du Touna s'étend
presque tout entière sur des matériaux très jeunes, quaternaires et
novaires, où n'apparaît qu'en quelques points seulement une roche
compacte. Aussi, la représentation de la partie de la côte nord
de Hitou, entre Hitou lama et Hila, sur la carte I de Martin
(mémoire n«. 3î), et entre Saïd, Hitou et Liang sur sa carte synopti-
que ni, d'après laquelle la roche éruptive se rapprocherait de
très près du littoral, est-elle absolument fautive. La roche com-
pacte se trouve partout assez haut et loin dans l'intérieur, et elle
est recouverte, jusqu'à une altitude considérable, de matériaux
quaternaires meubles — conglomérats, brèches, sable — et du cal-
caire corallien. Ce n'est que dans le lit des rivières que la roche
(1) La présence de g-neiss à Ambon a été rétractée par Martin (49, p. 249). Mais
que pense-t-il des gros blocs roulés de schiste micacé de la Wai lia (37, p. 21), dont il
ne dit plus rien? Le schiste micacé, pas plus que le gneiss, ne se présente pas à Ambon.
11 veut parler probablement de granités riches en quartz, tant soit peu schisteux.
36
éruptive, tant l'ancienne que la jeune, est parfois visible, les matéri-
aux meubles ayant été entraînés par les eaux; et aussi en quelques
points de la côte.
Il a fait l'ascension du Touna ou Wawani du côté du nord et il
a déclaré que cette montagne était un volcan encore actif.
Dans son mémoire n*^. 39, Wichmann est parti en guerre contre
cette assertion; et il a fait voir qu'il n'a jamais été question d'une
éruption en 1674, comme on a cru le voir dans le récit original, qui
est attribué à Rumphius, mais seulement d'un tremblement de terre,
accompagné d'éboulements du sol dans la montagne, qui ont occa-
sionné l'obstruction des rivières, et ont donné lieu plus tard à des
torrents de boue, quand les eaux ont percé les digues. En même
temps il y a eu une commotion dans la mer. Même dans la suite
le Touna n'a jamais eu d'éruption; si cette montagne a eu la
réputation d'être encore en activité, il faut l'attribuer à une fausse-
interprétation du rapport sur l'événement de 1674, jointe à cette
circonstance qu'au versant occidental de la montagne il se dégage
de l'hydrogène sulfuré et qu'il s'y dépose un peu de soufre.
Martin s'est défendu à ce sujet (mémoire n». 40), en disant
que le récit de Rumphius était peu clair et lui avait donné cette idée
fausse, que le volcan avait été actif encore en 1674. Il me semble
que Martin, lorsqu'il était sur le sommet le plus élevé, — et
celui-ci il l'a atteint réellement, bien que ce soit à tort révoqué en
doute par Wichmann (39) — , aurait dû s'apercevoir que cette
montagne ne pouvait en aucune façon ap23artenir aux volcans actifs,
et que par suite le récit d'une éruption antérieure, si tant est que
ce récit existât, devait être nécessairement erroné. D'ailleurs, le récit
de Rumphius n'est pas obscur, et en le lisant attentivement il est
impossible d'en déduire une éruption. (')
Après la démonstration de Wichmann (39) et les recherches
de Verbeek à Ambon (41 et 42), Martin a modifié son opinion
que le Touna ou Wawani serait un volcan actif; à présent il considère
(1) C'est ainsi que Kotô, entre autres, à la lecture du travail vfi. 87 de Martin,
est arrivé à la conclusion, que les événements de 1674< devaient être attribués ^;rc/?/^nTWf«^
à des tremblements de terre. (B. Kotô. On the géologie structure of the Malayan
Archipelago. Journal of the Collège of Science. ïôkyd 1899, p. 97).
37
cette montagne comme une ruine volcanique d'âge tertiaire-inférieur
(mémoire éO, p. 723.)
34 et 35. Un mot seulement sur la description microscopique,
généralement très bonne, des roches d'Ambon j^ar Schroedek van
DER KOLK.
Parmi les granités, il décrit en détail deux échantillons (34, pp.
80 et 81), savoir le n". 6 de Batou merah, qui doit être selon Martin
(37j p. 69, note) le n". 9 de Batou medja, sur la route d'Ambon à
Soja di atas; et le n^. 10, à peu près du même endroit, mais
d'un peu plus loin, sur la limite des grès. Dans la dernière roche,
il est signalé à côté de quartz, plagioclase et biotite une grande
quantité d'amphibole. Comme en 1898 je n'avais trouvé à Ambon
aucun granité à hornblende, j'ai visité l'endroit en question une
seconde fois en 1899, et en deux points de son affleurement fort
restreint (le granité n'est à découvert, sur la route d'Ambon à Soja
di atas, que sur une longueur de 50 m.) j'ai recueilli des échantillons
de cette roche. L'examen microscopique fit voir que c'étaient tous
deux des granitites ordinaires, sans aucune trace de hornblende.
En 1904 j'ai été pour la troisième fois, à la même place, à la
recherche de granités à hornblende, mais encore en vain. Le morceau
recueilli par Martin est donc probablement une sécrétion basique
hornblendifère de la granitite, qui ne se présente que rarement et a été
trouvée par hasard; il n'existe certainement pas à l'état de roche
de quelque étendue.
Le nom du lieu de provenance de ces granités, «Batou medjah»»,
n'est pas exact, car la montagne plate de ce nom, de 140 m. de
hauteur, se trouve plus au nord-est, entre les rivières Tomo këtjil et
Tomo (voir feuille 2 de notre carte II).
Les péridotites d'Ambon sont rangées par Schroeder van der Kolk
(34, p. 84) en partie parmi les picrites à amphibole. Je pense que
cela n'est pas exact, parce que, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer
auparavant (42, p. 8), l'amphibole est toujours secondaire dans ces
roches, qu'elle a pris naissance aux dépens de la diallage, et ne se
présente pas uniquement comme une ouralite finement fibreuse, mais
même à l'état de petits prismes compactes de hornblende, d'actinolite
etc. Bien qu'il ne le mentionne nulle part d'une manière formelle,
38
ScHROEDER VAN DER KoLK Semble 86 rallier à cette manière de voir ;
du moins, il décrit plus tard les péridotites de Céram comme des
roches à olivine et pyroxène ou olivine et diallage; il ne trouve de
l'amphibole que dans un seul échantillon (n". 403) et notamment sous
forme d'actinolite, donc probablement secondaire (Sammlungen des
geol. Reichsmuseums in Leiden, Ser. I, Band VI, 1899, S. 13 — 17).
4:1, 42, 4:3, 44. En 1898 j'opérais à Ambon du 14 mars au
23 juillet (sauf une excursion à Amahei en Céram du 27 au 30 avril),
assisté par l'ingénieur des mines M. Koperberg, le topographe
W. VAN DEN Bos et l'inspecteur de l^e classe de l'administration
des mines J. F. de Corte; mais une violente inflammation de
l'articulation du genou ne permit à ce dernier de faire qu'une petite
partie de son service. Nous avons travaillé alors dans des circonstances très
défavorables, car notre exploration eut lieu précisément pendant les
mois des fortes pluies ; il est vrai qu'en- ce qui concerne notre santé
nous n'en avons nullement soufiert, bien que nous fussions très souvent
trempés jusqu'aux os; mais les violentes averses furent néanmoins
très gênantes dans l'examen des terrains et dans les levés, et le fond des
vallées de quelques rivières ne put être exploré suffisamment à cause
de la hauteur des eaux. Il vint s'y ajouter, spécialement pour Ambon,
les inconvénients d'une végétation dense existant presque partout,
et d'une épaisse couverture de mousse sur les montagnes tant soit
peu élevées.
En 1899, dans mon voyage à travers les Moluques, j'ai abordé encore
une fois à Ambon, pour commencer de cet endroit mon excursion
dans les îles appartenant à la résidence d'Amboine. J'ai pu faire
alors, du 26 mars au 2 avril, encore quelques excursions à Ambon,
pour compléter mon exploration de 1898, entre autres dans la vallée
de la Waï Loï, parce qu'à cette époque il faisait encore très sec à
Ambon et que le niveau des rivières était particulièrement bas.
Dans les mémoires 41, 42 et 43 on trouve quelques courtes notes
préliminaires sur mes recherches à Ambon, et dans le n°. 44, sur la
position des calcaires coralliens soulevés.
Tout en rédigeant le rapport géologique détaillé que l'on trouvera
dans les pages suivantes, il me devint de plus en plus évident que
la péridotite, que j'avais considérée jusqu'alors comme du même âge
39
que la roche correspondante de Java, — en partie par l'absence de
coupes de terrain d'une netteté suffisante, et en partie aussi parce
qu'il me paraissait invraisemblable que dans l'Archipel des Indes
Néerlandaises existassent des péridotites d'âges différents, de sorte
que j'étais imbu de l'idée que toutes les péridotites de l'Inde étaient
d'âge récent — , devait appartenir à une époque plus ancienne, c'est-
à-dire antérieure à celle de notre grès. C'est pourquoi je n'ai redouté
ni les difficultés ni les frais d'un voyage de Hollande à Ambon,
pour visiter derechef cette île aux mois d'avril et de mai de l'année
1904, non seulement afin de tirer parfaitement au clair la question
dont il s'agit, mais encore pour explorer quelques points de Hitou,
que je n'avais pu visiter en 1898 à cause du temps éminemment
défavorable. En effet, Hitou avait bien été reconnue au point de vue
géologique, mais elle n'avait pas été examinée complètement sous ce
rapport, parce que cette opération ne pouvait avoir lieu qu'après
le levé topographique détaillé de cette presqu'île. La durée de ce levé
avait été évaluée à un an environ et celle du relèvement géologique
subséquent à environ 8 mois ; et le temps et les moyens nécessaires à
ces opérations faisaient défaut. Il est donc évident qu'il reste encore
beaucoup à faire à Hitou sous le rapport géologique.
Ce que j'ai communiqué dans mes mémoires 41, 42 et 43 sur Vâge de
la péridotite et de son produit de transformation, la serpentine, est erroné.
Une seconde modification a été apportée dans la dénomination d'une
partie des roches éruptives jeunes, mais non à la détermination de
leur âge; ce changement est donc de peu d'importance.
Dans mon mémoire 42, j'ai fait voir que les roches éruptives jeunes
d' Ambon présentent des différences notables avec les roches éruptives
tertiaires de Java, Sumatra et Bornéo, connues jusqu'ici; tandis qu'un
certain groupe, savoir un mélaphyre à croûtes vitreuses d' Ambon,
correspond parfaitement, au point de vue pétrographique, à un même
mélaphyre de Java occidental, laquelle roche appartient, avec les
diabases qui l'accompagnent, à la période crétacée. J'en ai tiré cette con-
clusion que les roches éruptives d' Ambon seraient également crétacées
et j'ai proposé pour ces roches «où sont combinées d'une manière
remarquable certaines propriétés des roches éruptives jeunes cà d'autres
appartenant aux roches anciennes^ (42, p. 19), le nom ud'Ambonites»,
40
Me tenant à l'habitude encore usuelle, mais qui de nos jours ne
mérite plus d'être recommandée, de dénommer les roches pré-tertiaires
autrement que les roches correspondantes tertiaires ou d'âge plus
récent encore, je les ai appelées des -'porphyrites» ; et comme elles
contiennent essentiellement du pyroxène rhombique^ j'ai été obligé
de les appeler des «porphyrites noritiques»-. Or, ce mot a été im-
proprement choisi, en tant qu'il rappelle immédiatement les norites
et par suite les gabbros, auxquels les Ambonites n'appartiennent
certainement pas; mais une fois que je conservais l'usage dont je
viens de parler, il me fallait bien les nommer des porphyrites,
puisqu'il n'existe pas de qualification spéciale pour des roches
éruptives crétacées. J'ai déjà fait remarquer (42, p. 19) que ces roches
présentent plus de ressemblance avec les roches tertiaires qu'avec
celles des terrains carbonifère et triasique; c'est naturel d'ailleurs,
puisque par leur âge elles se rapprochent davantage des premières.
Une difficulté du même genre s'est présentée à Java pour certaines
roches éruptives éocènes; je continuais à les classer parmi les
andésites, tout en y ajoutant l'observation «à habitus ancien»^ Si
j'avais à les décrire encore une fois, je les appellerais tout simple-
ment, malgré leur âge tertiaire, des diorites et des diabases, aux-
quelles elles correspondent parfaitement au point de vue pétro-
graphique.
On voit donc que, de même qu'en Amérique et en tant d'autres
. régions, dans l'Archipel des Indes Néerlandaises aussi la distinction
entre roches éruptives anciennes et récentes, d'après leur caractère
pétrographique seul, n'est guère possible; et de plus que la limite
entre les deux groupes ne tombe nullement à l'origine de la période
tertiaire, parce que des roches à caractère ancien apparaissent encore
dans l'éocene et que parfois des roches à caractère jeune se présen-
tent déjà à des époques plus anciennes.
Il est donc plus que temps de laisser tomber ces doubles dénomi-
nations pour une même roche ; et les savants qui font autorité dans
le domaine pétrographique sont depuis longtemps de cet avis. Si on
lit p. ex. ce que Rosenbusch dit de «l'âge des roches éruptives»,
dans ses Elemente der Gesteinslehre 1901 pp. 61 à 63, on reconnaît
clairement qu'une distinction pétrographique entre des roches éruptives
41
jeunes et anciennes n'existe pas dans beaucoup de cas; du moins,
il est impossible d'établir une séparation. Aussi longtemps qu'on
n'avait qu'à distinguer (principalement en Allemagne) entre roches
éruptives permiennes et plus anciennes encore d'une part et roches
tertiaires et plus jeunes d'autre part, la distinction était aisée et
l'emploi de deux noms pour les roches correspondantes était pratique.
Mais depuis cette époque on a trouvé nombre de roches éruptives
qui, pour l'âge, se placent entre le permien et le tertiaire et qui
correspondent, sous le rapport pétrographique, en partie aux produits
anciens, en partie aux produits plus récents. On n'a pas introduit
de noms particuliers pour ces roches, p. ex. pour les roches éruptives
triasiques et crétacées, et il serait donc pratique de ne donner qu'un
seul nom à toutes les roches éruptives analogues, quelle que soit la
formation à laquelle elles appartiennent. C'est ce qu'on a fait déjà
pour certaines roches, sans que personne y ait trouvé à redire ; pour
d'autres, il n'en fut pas encore ainsi. C'est ainsi qu'on parle de
granité, de peridotite, de gabbro et de serpentine dans tous les ter-
rains ; mais tel n'est pas le cas pour les porphyrites et les andésites,
et pour le mélaphyre et le basalte pas davantage ; à ces dénominations
s'attache encore toujours l'idée d'âge (pré-tertiaire d'une part, tertiaire
et plus jeune d'autre part); et certes il faudra encore du temps avant
qu'on n'ait introduit la nomenclature simplifiée pour les roches
éruptives d'âges les plus divers.
Mais si la différence des noms pour des roches analogues anciennes
et récentes a beaucoup perdu de sa valeur, la détermination de Vâge
des roches éruptives demeure naturellement une question d'une grande
importance géologique. A mon avis, les roches éruptives jeunes
d'Ambon sont crétacées, sinon toutes, au moins en majeure partie ;
parmi elles il s'en trouve qui, tant sous le rapport macroscopique
qu'au point de vue microscopique, ressemblent à des mélaphyres et
à des porphyres quartzifères ou kératophyres, tandis que d'autres
présentent plus d'analogie avec des dacites tertiaires ou des andésites
quartzifères. Ce sont précisément ces dernières qui ont été examinées
par ScHROEDER VAN DER KoLK, et décritcs sous des noms de jeunes
roches; or je puis me rallier à ces dénominations, parce que les
roches examinées présentent plus d'analogie avec les dacites et les
4^
andésites déjà connues qu'avec les porphyrites noritiques. Pour bien
faire ressortir l'âge mésozoïque, on pourrait parler de méso-dacites etc.,
ainsi que l'a fait Al. Lagorio pour ses roches éruptives crétacées
de la Crimée, au sud de Sébastopol (Vergleichend petrographische
Studien ûber die massigen Gesteine der Krym, Dorpat). Les groupes
basiques et les plus acides de mes Ambonites n'ont pas été décrits
par ScHROEDER VAN DER KoLK, Car ils font défaut dans la collection
de Martin. Je conserve toujours le nom de raélaphyre pour le
groupe basique, parce que les roches de ce groupe présentent le
caractère d'anciennes roches, et ont peu d'analogie avec nos basaltes
tertiaires de l'Inde. On pourrait encore les nommer des méso-mélaphyres.
E. GEOLOGIE DE LEITIMOR.
(CARTE N». II).
Comme la partie méridionale, la plus petite d'Ambon a été levée
topographiquement et explorée géologiquement avec beaucoup plus
de précision que la presqu'île du nord, Hitou, qui est beaucoup plus
grande, ces deux parties seront décrites séparément, bien que leur
constitution géologique concorde parfaitement.
On rencontre à Ambon les formations suivantes:
1. Péridotite.
2. Diabase.
3. Granité.
4. Grès.
5. Roches éruptives jeunes.
6. Sédiments tertiaires supérieurs et quaternaires.
7. Sédiments novaires.
I. Péridotite et Serpentine.
La roche la plus ancienne de Leitimor, c'est la péridotite, et non
le granité comme je le pensais jadis; des roches plus anciennes
encore, telles que le schiste micacé et le gneiss, qui sont très répandus
dans l'île voisine de Céram, ne viennent au jour nulle part à Ambon.
La plus haute montagne de Leitimor, le Horiel (562 m.) consiste
en une roche éruptive basique, vert sombre, qui s'étend vers le sud
jusqu'à la côte méridionale, de Labouhan Ihouresi jusque près de
Lça hari, et vers le nord jusqu'à la Waï lia (affluent supérieur de
la Waï Rouhou), où celle-ci coupe la route d'Ambon à Routoung.
A l'est, ce massif confine au grès; à l'ouest, au granité du Sirimau.
La pointe sud-ouest de la baie Ihouresi, que l'on appelle Tandjoung
Haour, consiste aussi en péridotite, de même que le premier îlot à
proximité de ce cap; mais le second îlot, situé plus loin dans la
44
mer, se compose en haut de granité, sous lequel, à en juger d'après
l'apparence sombre de la roche, git de la péridotite; par suite des
forts brisants, il fut impossible d'atteindre en chaloupe cet îlot, de
sorte que je ne pus m'assurer si le granité y a pénétré la péridotite
sous forme de filon, comme au cap Seri.
Le deuxième grand massif de péridotite est celui du mont Nona,
au sud-ouest d'Ambon; il s'étend à l'ouest jusque près d'Amahousou,
au nord jusqu'à la vallée de la rivière Batou-gantoung ; à l'est,
jusqu'au-dessus de Malaraan; et au sud, jusqu'à la côte du sud, près
de Seri. Les cimes Nona, Siwang, Apinau, Halinoung, Batougouling,
Kramat et Amahkora appartiennent à ce domaine ; mais la roche
ferme n'affleure pas partout, car en nombre de points elle est recou-
verte par des matériaux meubles et du calcaire corallien.
Entre ces deux grands terrains de péridotite se trouvent deux
montagnes de la même roche, tout à fait isolées au milieu du
domaine du granité; ce sont le Loring ouwang à l'est de Kousou-
kousou sereh et PEri samau près de Mahija. Comme il n'était pas
impossible que ces deux montagnes fussent reliées, et formassent
une seule large arête, je suis descendu de l'église de Mahija dans
la vallée de la rivière Laouroung, profonde de plus de 100 m., du
côté nord de l'Eri samau, et j'ai constaté qu'il n'y avait pas de
liaison entre ces deux montagnes, mais que du granité était inter-
posé entre les deux. Au nord de Mahija et au sud-ouest du Loring
ouwang émerge encore du granité environnant un petit sommet de
péridotite, peut-être mis à découvert par érosion du granité.
Un cinquième massif de péridotite est situé plus à l'ouest; il
commence près de la rivière Wemi, s'étend le long du littoral
jusqu'au Tandjoung Hati ari, un cap que la mer a percé en tunnel
en deux points (fig. 14, annexe IIE), et se dirige à l'ouest par le
Gounoung Rousi vers la vallée de la Waï Jowang; il s'élève à
346 m. d'altitude ; mais, à son tour, il est recouvert eu grande partie
par des matériaux meubles et du calcaire corallien.
Le sixième et dernier terrain de péridotite existe à l'extrémité
occidentale de Leitimor, au versant nord du mont Kapal; mais à
cause du terrain qui le recouvre, il est visible seulement en une
bande étroite le long de la côte. Le cap Batou Kapal en fait partie.
46
Age de la peridotite.
Cette roche éruptive vient, il est vrai, en contact avec la diabase,
le granité et le grès en beaucoup de points, mais, i)ar suite de la
forte altération des roches et de la densité de la végétation, le contact
immédiat n'est visible nulle part avec une netteté suffisante. En un
point seulement, le rapport de la peridotite et du granité peut s'ob-
server avec une netteté parfaite, notamment près du cap Seri à la
côte du sud.
Tandjoung Seri, à 600 m. à l'est du kampong Seri, se termine
en 3 pointes de granité A, B, C (fig. 12, annexe III), qui se
succèdent dans une direction de 95° et émergent de la mer en parois
escarpées et lisses, bien que peu élevées ('). Entre ces points existent
deux anses I et II, dans lesquelles la peridotite se montre en très
gros fragments; il est probable que jadis elle remplissait totalement
ces anses. Au contact du granité, la peridotite est totalement méta-
morphisée et transformée en une roche dure, à grain fin, de la
nature de la cornéenne; surtout à ces endroits-là où des filons de
granité ont pénétré dans la peridotite, p. ex. en a. En certains points,
où la peridotite recouvrant la paroi de granité a été enlevée par les
eaux, sont restés suspendus çà et là des restes de la roche dure de
contact, qui donnent l'impression d'inclusions (fig. 13). A un examen
plus précis, on remarque toutefois que ces parties ne pénètrent pas
profondément dans le granité, mais que, pour ainsi dire, elles y
adhèrent tout simplement ; ce ne sont donc nullement des inclusions,
mais des restants de la roche de contact, érodée pour la plus grande
partie. La roche qui existe exclusivement à la limite de la peridotite
et du granité, je ne l'ai trouvée nulle part plus épaisse que de '/j m.
(1) Ces parois lisses sont couvertes, jusqu'à 3 ou 3 m. au-dessus du niveau de la mer,
de milliers de coquilles vivants, très petits, qui, d'après la détermination du Prof.
O. BoETTGER de Francfort, appartiennent aux 4 espèces suivantes:
1. Litorina [Tectarms) trochoides Grray; très nombreux.
3. Litorina undulata Gray.
3. mérita constata Chem.
4. Nerita plicata L.
La première espèce existe en nombreux exemplaires; les trois autres ne sont représentées
que par quelques exemplaires seulement. Ces org-atiismes vivent dans ce qu'on nomme
„la zone de reflux", entre les hautes et les basses eaux; parfois aussi plus haut, de sorte
que dans ce cas ils ne reçoivent que les éclaboussures des brisants.
4ë
Un des plus gros fragments, adhérant au grand bloc de péridotite
en a, fig. 12, est long de l'/a à 2 m. et présente 2 petits filons
de granité, dont a a 3 et 6 5 à 6 cm. d'épaisseur (fig. 13a); le dernier
s'amincit vers le sud (1^2 cm.) et se ramifie ensuite.en c ; la branche
étroite n'a que 5 mm. d'épaisseur. Les deux cordons a et 6 semblent
se réunir plus loin (voir fig. 13a) ; mais ce point est soustrait à la
vue par un conglomérat quaternaire grossier, qui s'élève jusqu'à
5 à 6 m. au-dessus de la mer ; et il en est de même du point où
les filons de granité se raccordent au massif granitique environnant.
Ce conglomérat quaternaire, ou plutôt cette brèche, se compose de
fragments anguleux et arrondis de péridotite, de granité, de la roche
de contact, avec et sans filons de granité (l'un de ces filons a 3 cm.
d'épaisseur), très solidement agglutinés par un ciment de sable siliceux.
Ainsi donc, à une distance de '/a ^- ^^ la limite du granité, la
péridotite est totalement modifiée dans sa constitution chimique;
et d'une roche éruptive basique, avec 40 pet. environ de Si 0*, elle
est transformée en un produit plus acide, qui contient, d'après l'ana-
lyse chimique, à peu près 51 pet. de Si 0^ A une distance plus
grande du granité, sur une étendue de 1 m. au maximum, la péridotite
est encore dure, plus ou moins silicifiée et friable et elle passe alors
rapidement à la péridotite commune (n". 58). (') La modification qu'a
éprouvée la péridotite, a donc évidemment été occasionnée par le
granité lors de son éruption; en outre, le granité à pénétré dans la
péridotite sous forme de filon, et il est donc la plus jeune des deux
roches.
Nous avons rencontré encore un étroit filon de granité (n°. 79)
dans la péridotite à l'est de la baie de Houkourila, ou Labouhan
Ihouresi, à peu près à 300 m. de la limite du granité, à proximité
du cap Nouar, devant lequel sont situés deux îlots de péridotite
(carte II, feuille 6). Cette petite veine a une épaisseur de 8 à 10 cm.,
une direction de 30° et se dresse verticalement. A cause de sa richesse
en quartz, cette roche ressemble fort à un filon de quartz, et jadis
on l'a considérée comme tel.
(1) Les numéros cités ici et plus loin sont ceux du catalogue des roches d'Ambon, re-
cueillies en 1898, 1899 et 1904, et conservées au Musée de l'Administration des mines
à Batavia.
41
La diabase n'a pas été rencontrée en contact immédiat avec la
péridotite ou le granité; toutefois cette roche accompagne souvent
la péridotite, aussi bien à Hitou (j[u'à Leitimor; et les diabases
cristallines de Hitou forment, par des péridotites à plagioclase, la
transition aux péridotites communes, de sorte qu'elles sont sans doute
connexes sous le rapport géologique.
Le contact du grès et de la péridotite n'est pas non plus bien à
découvert. Dans le temps, j'ai regardé le grès comme plus ancien,
parce que les couches qui reposent immédiatement sur la péridotite
ne renferment pas nettement du gravier ou des fragments de péridotite ;
d'autre part, la présence de roches chloriteuses (n". 85) paraissait
indiquer une roche de contact, qui aurait pris naissance par l'action
de la péridotite sur des schistes argileux, comme on l'admet pour
certaines couches du Negrais de la chaîne de l'Arakan, dans la Bir-
manie occidentale. Ces roches chloriteuses et riches en mica (nos. 85
et 85a), qui n'ont pas été déposées en couches, et qui confinent im-
médiatement à la péridotite et à la serpentine dans la Waï Jouwa ('),
sur la route d'Ambon à Routoung, me paraissent, à plus ample in-
spection de la surface dénudée, fort restreinte, faire cependant encore
partie de la croûte profondément métamorphisée de la péridotite, et
non des couches inférieures du terrain gréseux limitrophe, ni des
argilolites métamorphisées par contact, ce qui fait que la preuve de
l'âge plus avancé du terrain sédimentaire vient à tomber. Toutefois,
une brèche de serpentine (n®. 205), qui se présente en gros blocs
dans la Waï Warsia, mais n'apparaît pas davantage en couches nettes,
appartient probablement déjà aux couches inférieures du terrain
gréseux. En outre, ce terrain doit certes être plus récent que la
péridotite, car il est constitué par un gravier granitique, et le granité
est plus jeune que la péridotite. C'est là une preuve indirecte, qui
naturellement a aussi sa valeur; je crois qu'une démonstration directe
est excessivement difficile à fournir à Ambon, par suite des coupes
de terrain insuffisantes.
On voit donc, que dans la partie orientale de notre Archipel, où
(1) Sig-nalée par erreur comme Waï Jori sur la carte de Mickler, car cette rivière a
son embouchure à la côte orientale; la Waï Jouwa est, comme la Waï lia, un affluent
supérieur de la Waï Rouhou.
4g
presque tout est autre que dans la partie occidentale, il existe une
péridotite d'un autre âge qu'à Java. Je vais rassembler ici tout ce
que l'on sait de l'âge des péridotites et des serpentines des Indes
Néerlandaises, et jeter en même temps un coup d'oeil sur les péri-
dotites qui existent en dehors de notre Archipel.
Céram. D'après Martin (mémoire n". 47, pp. 145, 148 et 149 j
les péridotites de Céram sont très vieilles, ce qui doit être exact,
puisqu' elles sont selon toute probabilité du même âge que celles de
l'île voisine Ambon. Mais il me paraît encore fort douteux que, pour
cette raison, elles dussent être archeennes (mémoire n°. 3î) et faire
partie du terrain des schistes micacés et du gneiss. Le profil donné
par Martin, sur la carte IV de son mémoire 4tff, n'a pas été,
comme il le dit lui-même, observé, mais construit, et il permet une autre
interprétation puisque «das Lagerungsverhâltniss infolge des Fehlens
brauchbarer Aufschlusse nicht klar zu erkennen ist" (47 p. 149).
Bien que ce soit toujours risqué de porter un jugement sur un terrain
qu'on n'a pas visité soi-même, je serais néanmoins porté, dans ce
cas, à admettre que le massif montagneux, coupé dans ce profil,
consiste à l'ouest en schiste micacé, et pour le reste entièrement
en péridotite, dans laquelle existe, en trois endroits, du gneiss à
cordiérite. soit en fragments inclus dans la roche éruptive, soit en
gros blocs qui seraient venus à la surface avec elle. Si cette manière
de voir est exacte, la péridotite serait naturellement plus récente,
et pourrait même être beaucoup plus jeune que les schistes.
Java. A Java, j'ai signalé ('j pour la première fois le terrain crétacé
(1) Et non Martin, ainsi que le prétend à tort H. van Capelle Jr. dans r„Ency-
clopedie van Nederlandsch Indië", p. 569. Il y écrit: „Ook op Java hebbeu "Verbeek
en Martin het voorkomen van krijt met zeer groote waarschijnlijkheid aangetoond".
Martin ne Ta jamais prétendu lui-même, mais ce qui aura donné lieu à ce malentendu,
c'est ce qu'il dit au tome V, p. 27, des „Beitrage zur Géologie Ost-Asiens etc.": „Dass
das Eocaen indessen auf Java nicht fehlt, obwohl es auf dieser Insel nur an wenig-en
Puukten zu Tage zu treten scheint, ist durch Verbeek sicher nachgewiesen, und auch
die an demseiben Orte von letzterem ausgesprochene Vermuthung das auf Java eine
Kreide formation vorkommen dùrfte, ist wohl zweifellos richtig. Ich batte in Batavia Ge-
legenheit Praeparate durchzusehen welche durch Verbeek von den l.c. erwàhnten Orbi-
tolinen hergestellt waren, und ùberzeugte mich davon, dass sie im Bau mit den creta-
ceischen Orbitolinen ùbereinstimmen, fur welche ich den Familiennamen der Orbitolinidàe
vorschlug, wenngleich eine nàhere Bestimmung- der Species derzeit nicht auszufùhren war".
VAN Capelle doit avoir compris par là, que Martin a pris quelque part à la décou-
verte de couches crétacées à Java.
4Ô
le 1er octobre 1887, par la découverte d'orbitolines dans un calcaire
près du hameau Këboutou douwour, au sud de Bandjarnegara, dans
la résidence Banjoumas. En août 1892, j'ai visité encore une fois cet
endroit, où l'on avait entrepris alors une exploitation en petit de ce
calcaire, pour un four à chaux d'un chinois. Enfin, le 30 avril 1901,
j'étais encore aux même lieux, pour voir si dans les 9 dernières années
le calcaire était plus fortement mis à nu qu'auparavant. Je constatai
que l'exploitation de la carrière n'était pas beaucoup plus avancée.
Du sentier, qui de Bandjarnegara conduit au sud vers Sironggé,
on prend à droite près du hameau Këboutou douwour (à l'ouest);
on descend d'abord 80 à 35 m. sur de la serpentine schisteuse et
friable (fig. 57); on arrive ensuite à la carrière du calcaire, qui est
à nu sur une étendue de 10 m. environ, et n'acquiert pas plus de
2 m. d'épaisseur, bien que celle-ci ne soit pas partout la même : plus
bas se présente de nouveau la serpentine compacte, de sorte que le
calcaire, qui pend vers le nord, est situé entre la serpentine et est
par suite du même âge que cette roche éruptive. Il est moins vraisem-
blable que le calcaire forme une inclusion dans la serpentine; les
dimensions du calcaire visible, qui a d'ailleurs l'air de former une
couche régulière, sont un peu trop grandes pour cela. Dans ce cas,
la serpentine serait même plus récente que le calcaire crétacé, mais
à mon avis, ils appartiennent tous deux au même terrain; en d'au-
tres endroits de Java, celui-ci ne consiste pas seulement en serpentine
et calcaire, mais encore en d'autres roches, principalement des quart-
zites, recouverts en stratification discordante par les grès et le calcaire
à nummulites éocènes; dans ces dernières roches, il ne se présente
nulle part de la péridotite, de sorte que l'éruption de cette roche
La première communication sur les orlntolines, datant du 20 janvier 1891. je l'ai faite
dans mon mémoire „Voorloopig- bericht over nummulieten, orbitoiden en alveolinen van
Java, etc." Natuurk. Tijdschr. v. Ned. Indië LI, afl. 2, 1891 (et non 1892, ainsi que le
cite Martin 1. c. p. 26; l'année complète porte bien la date 1892, mais la livraison 2. la
date 1891) pp. 101 à 138. Un extrait publié dans le Neues Jahrbuch f. Minéralogie. 1892
I, S. 65—67, est daté de Buitenzorg-, 29 juin 1891. On trouve cette communication
dans le mémoire cité en premier lieu, à la note 1, p. 102. Ce mémoire avait déjà paru
lorsque Martin arriva pour la première fois à Batavia en octobre 1891-, je lui ai montré
les préparations des pétrifications déterminées par moi comme orbitolines au commence-
ment d'août 1892, lorsqu'il fut revenu à Batavia de son voyage aux Moluques. 11 est
donc clair, que Martin n'est pour rien dans la découverte du terrain crétacé à Java.
50
n'atteint pas la période tertiaire. D'autre part, je ne tiens pas ici la
péridotite pour une roche plus ancienne, parce que la couche de
calcaire crétacé est interposée, à mon avis, en stratification concordante
entre la serpentine schisteuse.
Il existe encore un second endroit où du calcaire à orbitolines est
situé sous la serpentine, notamment au voisinage immédiat du kam-
pong Watou bëlah, au nord-nord-est du gisement précédent, à la rive
droite du cours supérieur de la rivière Watou belah, qui est nommée ici
Karang-tëngah. La roche inférieure visible est ici un calcaire dur et
cristallin, à veines de calcaire spathique n^. 1 (fig. 58); ce calcaire
s'étend jusque dans le lit du ruisseau ; la roche sous-jacente n'y est pas
dénudée; mais elle est, sans aucun doute, de la serpentine schisteuse,
la seule roche qui apparaît partout aux alentours. Sur ce calcaire
n°. 1 repose une roche calcaire gris sombre (n°. 2), veinée aussi de
spath, d'une épaisseur de Va à '/^ m. et à orbitolines nombreuses, qui
sont surtout bien reconnaissables au microscope, en plaques minces,
et sont tout à fait semblables à celles de Keboutou douwour. Là-
dessus se trouve une roche d'un gris verdâtre clair, de '/^ in. d'épais-
seur, finement schisteuse et friable, consistant en serpentine à nom-
breuses veines de spath calcaire (n°. 3) ; dans les couches inférieures,
il y a plus de calcaire que de serpentine, de sorte qu'ici encore le
calcaire est intercalé dans la serpentine, et tous deux ne peuvent
appartenir qu'à une seule et même formation; dans cet affleurement
restreint, la direction et l'inclinaison ne pouvaient être bien mesurées;
peut-être le calcaire forme-t-il en cet endroit précisément un pli-
anticlinal.
L'âge crétacé de la péridotite de Java et de la serpentine schisteuse
a été révoqué en doute par Martin (Die wichtigsten Daten etc. Bij-
dragen tôt de taal-, land- en volkenkunde van Nederlandsch-Indië
1883; et derechef dans: Die Eintheilung der versteinerungsfùhrenden
Sedimente von Java. Beitràge zur Géologie Ost-Asiens etc. VI,
1900, p. 244) ; c'est surtout la présence de schistes micacés qui accom-
pagnent la serpentine, bien que d'une façon tout à fait secondaire,
qui lui semble contredire cette ancienneté. Mais il ressort de la biblio-
graphie, que ce fait n'a rien de particulier et qu'on l'a observé aussi
en dehors de Java. Nous en reparlerons plus amplement ci-dessous.
Divisions méridionale et orientale de Bornéo. Ici se présentent un
grand nombre de roches éruptives qui, d'après Tingénieur des mines
J. A. HoozE (Jaarboek van het mijnwezen in Nederlandsch Oost-
Indië 1893), se divisent comme suit:
1. Roches anciennes, qui forment des filons ou des assises interposées
dans les anciens schistes cristallins et qui, à ce (^u'il me semble, sont
regardées par lui (1. c. p. 183) comme plus anciennes que les roches de la
période crétacée, bien qu'on verra plus loin que sa description n'est
pas en harmonie avec cette interprétation. Ce groupe le plus ancien
consiste en péridodite et serpentine, gabbro et diorites cristallins ; ces
dernières roches sont intimement liées aux gabbros.
2. Roches moyennes, consistant en porphyrites diabasiques et dioriti-
ques d'âge vieux-crétacé (crétacé inférieur); une grande partie des
sédiments de la période crétacée consistent en conglomérats, tufs et
grès de matériaux de porphyrites.
3. Roches récentes, consistant aussi en porphyrites diabasiques et
dioritiques, mais qui forment distinctement des filons dans les sédi-
ments crétacés et qui sont probablement d'âge crétacé récent. Ces
roches éruptives sont incontestablement plus anciennes que l'éocène,
car nulle part elles ne forment des filons dans ce terrain (Hooze
l.c. p. 127).
Hooze a donné à une partie des porhyrites anciennes le nom de
diabase (Le. p. 105) et il a fait d'autre part une distinction entre
porphyrite rouge ou ancienne, et porphyrite récente, grise ou andésiti-
que (l.c. p. 120). Cependant, d'après lui-même, la distinction entre
sa diabase (porphyrite diabasique) et la porphyrite jeune est souvent
difficile (l.c. p. 127). D'après l'ingénieur des mines Retgers, qui a
examiné au microscope les roches de Hooze (Jaarboek v. h. Mijnwezen
in Nederlandsch Oost-Indië 1891, Wetenschappelijk Gedeelte), cette
distinction doit être abandonnée au point de vue pétrographique, car
ces roches appartiennent à peu près toutes aux porphyrites, notamment
aux porphyrites diabasiques ou dioritiques, ou bien à des transitions
entre les deux, que Retgers appelle des porphyrites diabasiques-
dioritiques. Les porphyrites dioritiques renferment parfois du quartz,
parfois de la biotite. Des brèches et des tufs se présentent fort sou-
vent à côté des porphyrites massives (l.c. p. 7). Ce n'est que dans
5â
quelques porphyrites diabasiques que l'on a pu montrer des divines
(l.c. p. 8).
En ce qui concerne en premier lieu l'âge relatif des 4 roches,
péridotite, serpentine, gabbro et diorite cristalline, Hooze a rapporté
en divers endroits des filons de gabbro dans la serpentine ; le gabbro
serait donc plus jeune. Ce n'est qu'à la p. 104 qu'il dit que parfois,
bien que fort rarement dans ce terrain, le gabbro forme des transitions
dans la serpentine; et à la page 110, qu'une roche indiquée sur la
carte comme gabbro (n". 288, du cours supérieur de la rivière
Pamaloungan, à proximité de la cime Pamatang Oja), fait partie des
péridotites. Comme le gabbro et la serpentine se montrent presque
toujours ensemble, il existe un rapport génésique net entre les deux
roches, et je serais porté plutôt à songer à des sécrétions feldspa-
thifères en forme de traînées, dans la roche d'ailleurs privée de
feldspath. Et j'ai pu constater à diverses reprises qu'ailleurs aussi,
entre autres dans les Moluques, ces traînées peuvent ressembler fort
à des filons.
A Bornéo comme partout ailleurs, la serpentine n'est pas une
roche spéciale, mais un produit de transformation de diverses péri-
dotites (Retgers l.c. p. 196).
Ensuite, la diorite cristalline appartient assurément aux gabbros,
en ce qui concerne l'âge, car Hooze fait observer lui-même (l.c. p. 98,
note 2), que dans le même massif rocheux — savoir la montagne
Kehok-Tambaga — il existe, d'après Retgers, du gabbro à augite,
de la diorite à augite et de la véritable diorite, parfois quartzifère.
«Cela rend plus vraisemblable encore que le gabbro et la diorite pas-
sent l'un dans l'autre».
A mon idée, il n'y a pas de doute que toutes les roches du
1er groupe ne forment un seul ensemble géologique, et que dès lors
elles ne présentent, quant à l'âge, que des écarts très faibles.
Hooze dit encore (l.c. p. 183): «que la serpentine, accompagnée
ou non de gabbro et de masses gabbroïdes, formait avant la période
crétacée un continent avec les schistes plus anciens» ; mais comment
concilier cela avec l'assertion formulée à la page 101, qu'un filon de
serpentine se montre dans le gabbro et la diabase (porphyrite), tandis
qu'à la page 184 les porhyrites diabasiques et dioritiques sont rangées
53
dans la période crétacée? Hooze dit notamment p. 101 : «qu'<à500m.
au sud du signal Labio (feuille V de sa carte geologi(}ue, bord sud)
on trouve dans le gabbro et la diabase un filon de serpentine, qui
s'étend au nord du côté oriental du G. Batakkan-Binawar, et qui
communique avec la serpentine du massif montagneux du Sabat».
Si nous admettons ces observations comme exactes, il s'ensuit cpie
la serpentine, ou plutôt la péridotite du sud-est de Bornéo, se montre
çà et là sous forme de filons dans les anciennes porphyrites crétacées,
bien que l'on n'ait trouvé ces filons que rarement, et qu'elle est donc
elle-même d'âge crétacé inférieur, à moins que l'on ne veuille ad-
mettre dans cette région des péridotites d'un âge très différent, ce
qui n'est pas fort vraisemblable. Les éruptions y ont continué jusqu'à
l'époque crétacée récente, et elles ont aussi fourni des porphyrites.
Côte occidentale de Sumatra. L'âge des péridotites, des gabbros et
des serpentines de la côte ouest de Sumatra n'est pas connu d'une
manière précise ; ces roches sont plus récentes que l'cpoque carbonifère
et plus anciennes que l'éocène ; il n'est pas impossible qu'ici encore
elles soient crétacées, mais cela n'a pas encore été prouvé. Un argu-
ment en faveur d'un âge relativement récent est peut-être la grande
fraîcheur des éléments de quelques gabbros à olivine et de quelques
picrites, à tel point que même l'olivine ne présente dans ces roches
qu'un commencement de décomposition. En dehors des résidences
des hauts pays de Padang (Padangsche Bovenlanden) et Tapanouli
(Verbeek Topogr. en geol. beschrijving van een gedeelte van Suma-
tra's Westkust, Batavia 1883. Fennbma Topogr. en geol. beschrijving
van het Noordelijk gedeelte van Sumatra's Westkust. Jaarboek v. h.
Mijnwezen 1887, 2de Wetenschappelijk gedeelte), on a trouvé aussi de
la péridotite, de l'amphibolite et de la serpentine dans l'île de Sipora,
faisant partie des îles Mentawei, situées à l'ouest de Sumatra; ces
roches furent recueillies par E. Modigliani et décrites par St. Traverso
(Atti délia Società Ligustica di Scienze Nat. e Geogr. VI, Fascicolo I,
Genova 1895). Elles se présentent conjointement avec du grès et du
quartzite, ainsi que des roches rhyolitiques ; toutefois leur âge ne
put être déterminé. Les îles Mentawei appartiennent, comme on sait,
à la série des îles Nias-Engano, qui sont constituées principalement
par des roches sédimentaires miocènes,
64
Comme nous avons affaire très problablement, dans l'Archipel
Indien, à des péridotites d'âges différents, il importe de jeter aussi un
coup d'œil sur l'Europe et l'Amérique, pour voir ce qu'on sait là
de l'âge des péridotites et des serpentines; surtout que les dernières
recherches ont appris, que beaucoup de ces roches, que l'on tenait
jadis pour notablement plus anciennes, sont relativement récentes.
Cela ne veut pas dire naturellement qu'il n'y existerait pas de
péridotites anciennes; au contraire, en Europe et en Amérique on
connaît un grand nombre d'endroits, où la péridotite et la hartz-
bourgite se montrent en présence de gabbro et de serpentine, de
l'âge élevé desquels personne ne doute. Je rappelle ici seulement les
assises de serpentine et les formes en filon irrégulier fStockform) de
cette roche, ainsi que les filons dans le gneiss de l'Autriche, du Tyrol,
de la Bohême, de la Norvège et de la chaîne de l'Oural, accom-
pagnés ici de schistes chloriteux et talqueux; puis, dans le schiste
micacé de l'Ecosse, de la Hongrie et de la Silésie; et encore dans
la granulite de la Saxe, de la Bohême, de l'Autriche et des Vosges;
suivant quelques auteurs ces dernières serpentines ont été formées
entre les époques du trias et du jura. On trouve encore la péridotite,
la hartzbourgite etc. dans le Montana, dans le gneiss du Colorado,
en Orégon et en nombre d'autres endroits des Etats-Unis de l'Amé-
rique du Nord. Les péridotites de Darjeeling et d'autres endroits des
Indes Britanniques sont probablement triasiques.
Je fais suivre ici un aperçu succinct des péridotites plus jeunes
encore, qui paraissent appartenir essentiellement au terrain crétacé,
en partie même au terrain tertiaire.
Le mémoire de A. Bittner, M. Neumayr et Fr. Teller «Ueber-
blick ûber die geologischen Verhâltnisse eines Theiles der Aegaïschen
Kiistenlânder», Denkschriften der Kais. Akademie der Wissenschaften.
Math. Naturw. Klasse XL 1880, p. 405 et suivantes, commence par
parler de la présence de serpentine avec des calcaires crétacés en
divers endroits de la Grèce, au Tyrol, en Crète, dans l'Asie mineure,
la Bosnie, l'Herzégovine, la Croatie, la Transylvanie, en Italie et dans
les Alpes; puis on passe à un aperçu de ces roches dans l'Inde.
D'a.bord,elles sont situées sur une ligne qui s'étend de la chaîne de
l'Arakan, en Birmanie occidentale, par les îles Andaman et Nicobar vers
55
Sumatra. Les grès et les schistes des couches du Negrais dans la
chaîne de l'Arakan, qui appartiennent en partie au crétacé, en partie
à l'éocène, sont pour une part peu modifiés et pour une autre trans-
formés en schistes argileux durs, silex cornés (Hornstcine) et schistes
chloriteux verts. (Voir à la p. 47 ce qu'on dit de la roche n°. 85). Dans
les silex cornés existent de nombreux filons de serpentine (Medltcott
and Blanford, Manual of the geology of India, Vol. II, p. 713 et
suivantes). Aux îles Andaman on trouve des couches qui ressem-
blent fort aux couches du Negrais, également accompagnées de
serpentine et de gabbro (Medlicott and Blanford, 1. c. II p. 733).
De même aux Nicobar (Medlicott and Blanford, 1. c. II p. 734 ;
VON HocHSTETTER, Rcisc der Novara, Geologischer Theil II 1866,
pp. 83 et 112). Le prolongement des couches crétacées à Sumatra
est inconnu jusqu'ici. Par contre, comme on l'a vu plus haut, il
apparaît en nombre de points de cette île et de Sipora (îles Mentawei)
des péridotites et des serpentines.
«A l'extrémité méridionale de l'Amérique du Sud, dans la Terre
de Feu, il se montre des schistes argileux avec filons de pierres vertes
et des grauwackes, qui ont un caractère très ancien, mais qui appar-
tiennent néanmoins au crétacé, puisqu'ils contiennent des fossiles de
cette période. Il semble ne pas y exister de la serpentine» (Darwin,
Geological Observations on South- America 1851, pp. 151 et 152).
«A cause de leur grande analogie avec les roches de la Grèce,
celles de la -«Coast- Range» de la Californie, telles que les décrit
Whitney (Whitney. Geological of California, Geology Vol. I Parti,
the Coast-Range. Id. The auriferous gravels of the Sierra Nevada
of California, Muséum of comp. zoology at Harvard Collège, Cam-
bridge Vol. VI n". I, 1879), sont très importantes. Cette montagne
consiste en grès et en schistes du terrain crétacé, qui ont une grande
analogie avec le macigno ; puis, en schistes cristallins, parmi lesquels
se montre localement du schiste micacé à grenat {^)j en couches de
jaspe et en serpentine. Tantôt ces couches crétacées sont normalement
développées, tantôt elles sont devenues cristallines, mais les transitions
pétrographiques sont si régulières, qu'une séparation est impossible;
(1) Voir ci-dessus, p. 50.
66
les silex cornés sont des grès modifiés, les serpentines appartiennent
au même système».
Ainsi que le font remarquer les auteurs (Bittner etc.), l'apparition
de schistes cristallins et sub-cristallins en combinaison avec la
serpentine n'est nullement une exception pour le terrain crétacé;
c'est même un phénomène assez général. Pour la Grèce en particulier
il devient probable «que les phyllites mésozoïques se présentent
principalement là où l'axe orographique de la montagne fait un
angle considérable avec la direction des couches; que par conséquent
le changement des couches ne doit pas être attribuée à la serpentine,
puisque celle-ci se montre précisément souvent dans les roches
crétacées élastiques normales, •mais à la forte pression qu^ont subi
ces couches».
A. Philippson (Reisen und Forschungen in Nord-Griechenland I.
Zeitschr. d. Gesellschaft fur Erdkunde zu Berlin, XXX 1895. S.
135 — 226) a décrit le nord de la Grèce (Thessalie et Epire) et princi-
palement la chaîne de l'Othrys, qui consiste en grande partie en
roches du terrain crétacé, et notamment en : 1. calcaire crétacé
inférieur; 2. schistes, silex cornés et grès, avec beaucoup de filons
et d'assises de serpentine, et aussi du gabbro mais beaucoup moins;
3. calcaire crétacé supérieur avec rudistes. Là-dessus repose un peu
de brèche à orbitoïdes, à la limite du calcaire crétacé et du flysch;
puis, du flysch, du calcaire en plaques éocène, très peu de néogène,
du quaternaire et de l'alluvium.
Les silex cornés rouges, parfois verts et noirs, sont considérés
comme des calcaires silicifiés à leur contact avec la serpentine et les
gabbros serpent inisés. Dans le terrain de la serpentine, du hornstein
et du schiste on trouve des calcaires avec des rudistes; ce terrain
appartient donc au crétacé. En outre Philippson fait observer for-
mellement (1 c. p. 212), que nulle part en Grèce la serpentine ne se
présente dans le flysch éocène, et que par conséquent la roche
éruptive n'est certainement pas plus récente que l'époque crétacée.
Les diabases, les péridotites etc. qui se présentent sous forme de
filons dans les couches de ce qu'on nomme le «Franciscan séries»
de la presqu'île de San Francisco, sont d'âge mésozoïque; mais il
est encore tant soit peu incertain, s'ils appartiennent à la période
m
jurassique on bien à l'époque crétacée. (Andrew C. Lawson, Sketch
of the geology of the San Francisco Peninsula. United States Geolo-
gical Survey. XVth Annual Report 1893—94 p. 899—476).
La Iherzolithe du sud de la France, dans le déj)artement de l'Ariège,
est post-jurassique (donc tout au plus crétacée) d'après A. La(;roix,
car cette roche éruptive a métamorphisé non seulement les calcaires
du jura mais aussi ceux du crétacé inférieur. (A. Lacroix, Sur l'origine
des brèches calcaires secondaires de l'Ariège. Comptes rendus, tome 181,
1900, pp. 896 à 898).
Par contre, les diabases à olivine du Plessur, dans le canton des
Grisons (Suisse), et les gabbros, la serpentine et les schistes verts
(ces derniers étant selon 0. Schmidt des roches éruptives basiques,
transformées par dynamo-métamorphisme) des Grisons du nord, appa-
raissant dans ce qu'on appelle la «Bûndner-Aufbruchszone», sont
regardées comme éocènes par A. Bodmer-Beder, à l'exemple de G.
Steinmann (Neues Jahrb. f. Min. Xllter Beilage-Band, 1898, S. 288
u. ff.). Suivant une communication par écrit du Prof. Steinmann,
qui connaît aussi bien les serpentines des Alpes que celles de l'Italie,
celui-ci ne croit pas, comme certains géologues Italiens, à une différence
d'âge de ces roches; selon lui, elles ne sont pas plus anciennes que
le crétacé inférieur ni plus récentes que le tertiaire ancien (oligocène),
mais une détermination plus précise de l'âge n'a pas encore été
possible. Un âge crétacé n'est donc pas encore exclu pour ces serpen-
tines. W. Paulcke (Geologische Beobachtungen im Antirhâtikon.
Ber. d. naturf. Gesellsch. zu Freiburg i/Br., Band XIV, 1904, pp. 20 à
22 de la note même) tient les gabbros, les diabases compactes et
la serpentine de l'Antirhéticon pour tertiaires.
En dehors de ces serpentines et péridotites jeunes il y en a, d'après
certains auteurs, aussi de plus anciennes dans les Alpes et en Italie,
bien qu'elles ne soient pas plus vieilles que le trias. Selon Mazzuoli,
Issel, de Stefani, Uzielli et d'autres encore, les serpentines et les
roches connexes à l'ouest de Gènes sont en partie éocènes, en partie
triasiques, et la limite entre les deux s'étend de Sestri à Voltaggio,
dans les vallées de la Lemmo, de l'Iso et de la Chiaravagna, cette
dernière rivière débouchant dans la mer à l'est de Sestri Ponente.
La première rivière coule dans le flysch ; la dernière, entre des schistes
58
talqueux, des quartzites etc. des assises inférieures du terrain triasique
(Capacci, de Stefani, Daubrée, Issel, Mazzuoli, Szabô, Sterry Hunt,
Taramelli, Uzielli. Estratto délia conferenza sulle serpentine tenuta
in Bologna in occasione del II congresso internazionale di Geologia.
Bollettino della Società Geologica Italiana I p. 14 — 38, Roma 1882.
Et L. Mazzuoli e A. Issel. Nota sulla zona di coincidenza délie for-
mazioni ofiolitica eocenica e triassica della Liguria occidentale, con
carta geologica. Bollettino del R. Comitato Geologico 1884 n°. 1 — 2,
Roma 1884). Ce contact de deux domaines de serpentine, qui difîèrent
notablement en ancienneté, est certes excessivement remarquable, on
dirait même étonnant ('); aussi cette manière de voir n'est-elle pas
partagée par tous les géologues italiens. Sacco entre autres regarde
la serpentine des Apennins comme crétacée, ou en tout cas comme
pré-tertiaire (F. Sacco. Studio geologico dei dintoïni di Voltaggio.
Atti della R. Accademia délie Scienze di Torino, XXII, Torino 1887).
Enfin, selon Franchi, il se présente dans les Alpes occidentales
des serpentines dans plusieurs horizons, du trias inférieur jusqu'au lias
(S. Franchi. SuU' età mesozoica della zona délie piètre verdi nelle
Alpi occidentali. Roma 1899). Il règne donc encore de grandes diver-
gences d'opinion, et le dernier mot n'a pas encore été dit sur l'âge
des serpentines de l'Italie.
Si c'est précisément pour les péridotites qu'il règne tant d'incer-
titude quant à l'âge, il faut l'attribuer, non seulement à leur gisement
souvent peu distinct, mais encore à ce fait qu'il n'existe pas une
difîérence permanente, au point de vue pétrographique, entre les
péridotites d'âges les plus divers.
Pour les péridotites d'Ambon, j'ai songé aussi à la possibilité d'un
même âge que celles de Java, savoir crétacé, dans le cas où nous
aurions affaire à de très jeunes granités. Car on sait que cette roche
aussi apparaît dans toute espèce de terrain.
C'est ainsi que le granité qui, en Cornouailles, forme des filons dans
la serpentine, a pris naissance après la période carbonifère ; le granité
protogyne des Alpes est plus récent que le lias, et il en est de même
d'une partie des granités des Pyrénées, où l'on a même observé des
(1) Y aurait-il ici peut-être une faille?
69
filons de granité dans des couches du terrain crétacé. Les granités
de l'Amérique du sud, entre autres ceux du Cerro Peine dans l'Ar-
gentine méridionale, recueillis par le Prof. Hauthal, que j'ai été à
même de voir au musée de Strasbourg, grâce à la bienveillance
des Proff. Bùcking et Bruhns, et qui ne se distinguent en rien de
granités beaucoup plus anciens, font partie du terrain crétacé; les
granités des Hébrides, de Mull et de Skye, et ceux de l'île d'Elbe ( ')
sont même tertiaires.
Si donc notre granité d'Ambon était très jeune, tertiaire ou crétacé
récent, alors la péridotite, qui renferme des filons de ce granité,
pourrait aussi appartenir encore au terrain crétacé (crétacé moyen
ou inférieur), et par conséquent elle pourrait être du même âge que
la péridotite de Java.
Mais le grès d'Ambon, qui, d'après les fossiles peu nets, appartient
au permien ou au permo-carbonifère, consiste en majeure partie en
gravier de ce granité, de sorte que le granité, et par suite aussi la
péridotite d'Ambon, doivent être plus anciens que ce terrain. Il ne
reste donc plus qu'à admettre que les péridotites de la partie occiden-
tale et de la partie orientale de l'Archipel Indien sont d'âges différents.
Description des roches.
. Les péridotites sont rarement vert clair; le plus souvent la teinte
est d'un vert sombre allant presque jusqu'au noir, et elles sont tou-
jours plus ou moins transformées en serpentine. La masse fondamen-
tale sombre de ces roches est constituée par de la serpentine, où se
trouvent dissémines porphyriquement de gros cristaux de diallage
vert-jaunâtre, et aussi d'une bronzite jaune ou couleur de bronze.
Dans les échantillons on n'observe pas d'olivine. La couleur sombre
passe parfois au brun par la présence d'oxyde de fer hydraté; dans
les fissures de la roche, on trouve souvent une substance blanc-ver-
dâtre serpentineuse ou stéatiteuse.
(1) K. Dalmer. Die g-eologischen Verhaltnisse der Insel Elba, Zeitschr, f. Naturwissen-
schaften LVIl 188é.
B. LoTTi. Descrizione g-eolog-ica dell' isola d'Elba, Roma 1886.
B. LoTTi. Sulle apofisi délia massa granitica del Monte Capanne nelle roccie sedimentarie
eoceniche presso Fetovaia nell' isola d'Elba. Boll. del R. Com. g-eol. Roma 189é nO. 1.
60
Au microscope, on voit que toutes les roches sont des roches à
olivine et à pyroxène, dont Folivine est le plus souvent décomposée
en majeure partie, le pyroxène d'ordinaire partiellement. L'olivine
fournit immédiatement de la serpentine; le pyroxène, qui est en
partie de la diallage monoclinique, en partie de la bronzite rhombique
ou enstatite, souvent mélangées, passe aussi à la serpentine, par-
fois mêlée à plus ou moins de chlorite; mais de plus elle fournit
assez souvent une substance amphibolique vert clair, en individus
ténus et étroits que l'on doit rattacher à l'actinolite. D'après moi, la
hornblende est ici toujours de l'ouralite, donc issue secondairement
du pyroxène, tandis que nulle part dans les péridotites je n'ai ren-
contré de la hornblende primitive. Ces roches, je ne les appellerai
des serpentines que lorsque leurs éléments ont été décomposés en
serpentine totalement ou à peu près; je les nommerai au contraire
des péridotites, quand le pyroxène seul, ou le pyroxène et l'olivine
ensemble, sont restés inaltérés en quantité notable. Les péridotites
de Leitimor, pour autant qu'elles ont été examinées, sont toutes sans
feldspath; les roches gabbroïdes y sont inconnues. On verra plus
loin que tel n'est pas le cas pour Hitou.
Sont originaires du massif du Horiel:
N°. 75. Enlevé à l'ouest de la cime, sur la ligne de faîte, à proxi-
mité de la limite du granité, à 525 m. d'altitude. En échantillons,
c'est une roche vert-grisâtre terne, à pyroxènes vert-jaunâtre. Au
microscope, on voit que la masse fondamentale consiste en serpentine,
provenant d'olivine qui n'existe plus nulle part à l'état frais. La
serpentine est en partie vert clair, en partie incolore et elle polarise
vivement; les bâtonnets et les fibres sont entremêlés dans toutes les
directions; la masse est traversée de veines fines, formées aussi de
serpentine claire (chrysotile). On y voit encore des grains transparents,
brun sombre, de picotite, lesquels sont restés inaltérés lors de la
décomposition de l'olivine. Les gros cristaux consistent exclusivement
en pyroxènes finement fibreux et en d'autres ayant l'apparence de
grains poussiéreux bruns, à extinction droite, qui appartiennent ou
ont appartenu à la bronzite, et qui probablement ont déjà été dé-
composés en bastite. Les inclusions pulvérulentes sont en partie des
bâtonnets bruns ou noirs, excessivement petits ; mais pour une autre
61
partie on dirait, à un fort grossissement, des bulles d'air. Un minerai
noir et spongieux est répandu partout. Péridotite.
Nos. 34 et 36. Labouhan Ihouresi (baie de Houkourila), tandjoung
Haour.
N". 36. Idem idem. Petites veines dans le no. 34.
N". 38. Idem idem. Bloc roulé au côté sud de la baie, un peu au
nord de tandjoung Haour.
Nos. 34, 36 et 38. Sont en échantillons tout-à-fait identiques, vert
sombre, ternes, avec pyroxènes brillants vert-jaunâtre. La roche est
traversée par des veines de calcédoine très fines, et le n*^. 34 renferme
aussi des veines plus grosses, de 1 à 2 cm. d'épaisseur (n°. 35),
d'un blanc jaunâtre, et qui consistent en calcédoine, spath calcaire
et un minéral tendre du groupe des serpentines, de teinte vert-clair. Au
microscope, ils donnent aussi tout-à-fait la même image; on y trouve
encore beaucoup d'olivine fraîche, avec inclusions de grains bruns
de picotite, qui polarisent vivement dans le réseau de serpentine. Le
pyroxène y est aussi partiellement rhombique et partiellement trouble,
décomposé en fines fibres de bastite. Mais à côté de lui se présente
du pyroxène monoclinique, d'un vert très clair, une diallage qui est
souvent aussi finement fibreuse et qui a de grands angles d'extinction,
allant jusqu'à 43°. Cette diallage est parfois décomposée en un agrégat
de fibres et de bâtonnets d'un vert excessivement clair, qui appar-
tiennent à l'actinolite (hornblende). Quelques pyroxènes à stries fines
consistent en un entrelacement de bronzite et de diallage. La bronzite
présente une extinction droite; entre niçois croisés on voit alors,
dans la bronzite rendue obscure, de minces lamelles claires de
diallage, qui ont pour la plupart un grand angle d'extinction.
Ensuite, il y a de la calcédoine en cordons limpides et en masses
troubles d'un blanc jaunâtre. Péridotite.
N°. 80. Recueilli au sud-est du G. Horiel, à proximité de la plage,
Va km. à l'est du cap Nouar. Cette péridotite vert-jaunâtre contient
des veines ou des sécrétions en. forme de filons (n". 81), qui con-
sistent uniquement en individus de diallage de dimensions extra-
ordinaires; ils atteignent jusqu'à 50 mm. de longueur. Le n**. 80
montre, au microscope, beaucoup d'olivine fraîche, de la bronzite
et de la diallage, enchevêtrées parfois en lamelles fines, de la picotite,
62
du minerai noir et de la serpentine; il ressemble beaucoup aux
nos. 34, 36 et 38. Péridotite,
No. 83. Côté est du G. Horiel, sur la route de Routoung à Ambon,
entre les petites cimes gréseuses de 314 et 303 m. d'altitude. Une
serpentine sombre, avec beaucoup de pyroxènes blancs et troubles
par décomposition. Au microscope, une masse serpentineuse vert-
jaunâtre, assez complète, polarisant en fibres, avec beaucoup de
minerai spongieux noir et de la picotite brune. Les cristaux de
bronzite ou de diallage sont encore reconnaissables par les contours,
mais la substance est décomposée en prismes fins, d'un vert très
clair, qui appartiennent à l'actinolite. Serpentine.
N". 85. Roche tendre, gris-verdâtre, affleurant dans la petite rivière
Jouwa, sur la route d'Ambon à Routoung, immédiatement en amont
du gué. La roche s'est fendue en gros blocs polyédriques, ne s'est
pas déposée en couches et confine à la serpentine. Au microscope,
un agrégat excessivement ténu de fibres de chlorite passant du vert
très clair à l'état incolore, qui polarisent en teintes bleu sombre.
Avec cela, de petits grains transparents, bruns et jaunes, et des
cristaux d'un minéral de titane fortement réfringent, principalement
de l'anatase, car il se présente en sections et en formes quadratiques
et octaédriques pointues, tandis que les mâcles géniculées bien
connues du rutile font totalement défaut; puis, des grains d'un
minerai noir, d'où partent des taches jaunes d'hydroxy de de fer,
qui colorent en jaune les fibres voisines de chlorite. Ces grains noirs,
opaques, appartiennent en grande partie à la magnétite; une petite
partie probablement à la chromite. La roche doit être considérée
comme une péridotite ou serpentine décomposée en chlorite, peut-
être avec un état intermédiaire d'amphibolitisation, ainsi qu'on
l'observe dans les roches qui seront décrites en détail ci-après,
nos. 59a, 59h et 59c.
D'après l'analyse du Prof. Vermaes de Delft, la roche chloriteuse
contient: Si 02 = 26.57 pet., Ti 02 = 1.51 pet. H* = 10.34 pet.; un
autre échantillon renfermait, selon le Dr. Beijerinck, après dessicca-
tion à IIO** C. : Si 02 = 27.00 pet. Le minéral chloriteux appartient donc
à la variété appelée prochlorite par Dana, qui présente le plus souvent
une teneur en acide silicique de 25 à 27 pet., et en eau de 10 à 12 pet.
63
N". 86a. Roche verte, tendre, riche en muscovite, affleurant dans
la petite rivière Jouwa, mais en aval du gué, donc un peu plus bas
que le n». 85. Cette roche est trop friable pour être polie. Les éléments
fondamentaux en sont la muscovite, des fibres de serpentine et de
l'hydroxyde de fer. Roche à muscovite et à serpentine. Confine aussi à
la serpentine et paraît appartenir, comme le n». 85, à la croûte fort
altérée de la péridotite.
Nos. 206 et 207. Provenant de gros blocs du versant nord du
G. Horiel, dans les rivières Alaiir ketjil et Ihar. Le n°. 206 est vert-
grisâtre et renferme un très grand nombre de pyroxènes de teinte
bronzée, le n". 207 est presque noir, et contient aussi des bronzites.
Au microscope, la roche n". 206 présente une masse serpentineuse
avec beaucoup de restants d'olivine inaltérés, de la diallage et de la
bronzite, du minerai de fer et de la picotite. Péridotite. Le n°. 207
est de la serpentine, avec du minerai de fer et de la picotite. Seuls
quelques restants de bronzite s'y montrent encore. Serpentine.
N«. 87. Pris au versant nord du G. Horiel, sur la route de Routoung
à Ambon, à 200 m. d'altitude environ. En échantillons, il est pres-
que noir. Au microscope, c'est une masse serpentineuse avec un peu
de restants d'olivine et de bronzite ; ce dernier minéral est décomposé
à son tour en bâtonnets d'actinolite, très fins et d'un vert excessive-
ment clair. Serpentine.
Au massif du Gounoung Nona appartiennent:
W. 107. Gros blocs incohérents du rivage près du cap Kajoubesi,
au pied occidental du G. Nona. Roche sombre, noir-verdâtre. Au
microscope, des restants d'olivine, de bronzite et de diallage dans
une masse abondante de serpentine, avec du minerai noir, spongieux.
Péridotite.
Nos. 6 et 62. De la base nord-ouest du G. Nona. Affleurant dans
la rivière Tihamètèn, sur la route d'Ambon à Amahousou; sont
recouverts de calcaire corallien. Roches vert-sombre, avec beaucoup
de cristaux de bronzite et des veines de calcédoine. Au microscope,
des serpentines, avec relativement peu de restants de diallage et de
bronzite inaltérés.
N°. 49. Du versant nord du G. Nona ; gros blocs dans la rivière Eoung,
sur la route d'Ambon au G. Nona, près du passage de la rivière,
64
un peu en amont du granité. Roche brune, caverneuse, avec beaucoup
de calcaire spathique. Au microscope elle paraît renfermer beaucoup
d'olivine et de bronzite, mais relativement peu de serpentine. Peu
de diallage. Peridotite.
Nos. 40, 41 et 41a. De la base nord-nord-est du massif du Nona;
le n". 40 affleure dans la vallée de la rivière Batou gantoung, et le
n°. 41 également, un peu plus en amont, près de l'endroit appelé
Batou Sëmbajang. Dans le mémoire n '. 36 (Im australischen Busch etc.),
Semon donne de cet endroit une représentation sous le nom de «Batou
gantoung». Il m'a été signalé sous le nom de «Batou Sëmbajang»
(pierre où l'on prie, «oratoire»). En aval se trouve de la peridotite,
et là-dessus, du calcaire corallien avec des stalactites de la forme
d'un dais. Cet endroit est indiqué sur la feuille 5 de la carte II.
C'est dans cette direction le point le plus éloigné où se montre la
peridotite du Nona; de l'autre côté de la rivière Batou gantoung, le
tout est recouvert par des matériaux quaternaires, et dans la vallée
de la rivière Batou-gadjah la peridotite n'apparaît plus à la surface.
N". 40. Une roche à olivine et à pyroxène, à grain fin et vert
sombre. Elle renferme au microscope beaucoup d'olivine fraîche, de
la bronzite pulvérulente brune, de l'enstatite de teinte très claire,
dont les fibres ou baguejbtes sont tout à fait recourbées, de la serpen-
tine, du minerai de fer et de la picotite. Peridotite. N°. 41. Aussi
une roche à olivine et à pyroxène, d'un grain fin et d'une teinte
vert grisâtre sombre. Au microscope, elle est encore très fraîche,
avec beaucoup d'olivine et d'augite ou diallage de teinte claire, à
côté de bronzite. Puis, les éléments ordinaires, serpentine, minerai et
picotite. Peridotite. Le n°. 41a est un minéral de serpentine blanc-
verdâtre, assez tendre, qui se présente dans les fissures de la peridotite
n". 41. Il est fibreux, a une structure ligneuse et rappelle l'asbeste;
cependant ce dernier minéral a des fibres plus soyeuses.
W\ 53. Receuilli près du hameau Siwang, au versant oriental du
G. Nona. C'est une roche serpentineuse gris-brun. Au microscope,
on voit l'olivine totalement transformée en serpentine, laquelle est
colorée en brun par l'hydroxyde de fer. Ensuite, des pyroxènes vert-
clair, nettement monocliniques, qui appartiennent à la diallage ; de la
serpentine, une très grande quantité de spath calcaire, du minerai
66
de fer et de l'hydroxyde de fer. Peridotite fortement serpentinisée.
Dans cette roche, il se présente de petites veines de 1 cm. et de plus
fines encore (n°. 54), de teinte vert-blanchâtre, consistant en calcédoine,
spath calcaire et un minéral tendre, non encore complètement déter-
miné, du groupe de la serpentine. C'est la même roche que le n°. 35,
qui se présente également en filons.
No. 186. On peut suivre la serpentine à l'est de Siwang, le long
de la ligne de partage des eaux, jusque près du granité. Alors
apparaissent des matériaux quaternaires, dans lesquels se dressent
les monts calcaires Eri haou et Nanahou. Les matériaux quaternaires
au nord de l'Eri haou contiennent beaucoup de hlocs de serpentine
vert-grisâtre, dont provient le n*". 186. Au microscope, on peut voir
encore des restants de bronzite. Serpentine.
Nos. 52 et 55. Originaires des versants sud-est et sud du G. Nona,
sur le sentier de Siwang à Seri; le n». 52 a été recueilli en bas de
la petite cime «à panorama- (feuille 5 de la carte II), d'où l'on
jouit d'une vue magnifique sur la côte sud de Leitimor et sur la mer.
Ce point de vue est à 371 m, d'altitude, dans des matériaux quater-
naires meubles, sous lesquels apparaît toutefois, déjà à 350 m., de la
serpentine sombre (n°. 52) avec cristaux de bronzite. Le n". 55 a été
recueilli plus près de Seri, à 200 m. d'altitude environ. C'est une
serpentine tendre, gris clair, fortement désagrégée.
Enfin, le n". 58 est une peridotite vert sombre du cap Seri, à
la côte du sud, donc du pied méridional du G. Nona. La roche
confine au granité, contient des filons de granité (nos. 60 et 61) et
au contact de ceux-ci elle est changée en une roche dure, à grain
fin (n°. 59). La roche n". 58 montre au microscope une masse de
serpentine avec beaucoup de minerai de fer spongieux, dans laquelle
il y a encore assez bien de restants inaltérés d'olivine et de diallage.
Peridotite.
Nos. 59a, b, c. Peridotite du cap Seri, modifiée au contact du
granité. Là où les filons de granité ont pénétré dans la peridotite, la
roche est le plus dure (n". 59a); en d'autres points, un peu plus
loin du granité, la roche de contact est moins dure, par suite d'une
transformation partielle (n". 596); si cette décomposition est allée
plus loin, la roche de contact est devenue tendre (n*^. 59c).
5
66
N". 59a. En échantillons, une roche passant du grain fin à la
structure compacte, dure, gris-brunâtre clair, ressemblant à certaines
cornéennes; les éléments ne sont pas visibles à l'œil nu. Au micros-
cope, elle consiste à peu près exclusivement en plagioclase frais et
en hornblende brun clair formant un mélange microcristallin Les
plagioclases présentent de grands angles d'extinction, dépassant par-
fois 20^ ; même on a pu mesurer 86° de part et d'autre de la ligne
de suture, ce qui indique pour certains individus de l'anorthite et
pour la plupart au moins un feldspath très basique. En coupe, ces
plagioclases se présentent le plus souvent comme de petits rectangles
courts, parfois aussi sous des formes tabulaires larges d'une grande
pureté; comme inclusions, on voit de nombreuses particules de
hornblende en petits grains cristallins courts et aussi en bâtonnets
longs et étroits, de petits grains sombres de minerai, quelques inclu-
sions vitreuses avec bulle fixe adhérente, et de nombreuses inclusions
liquides, très petites, la plupart de teinte brune et à libelle mobile,
qui ne peuvent être observées distinctement qu'à un fort grossissement.
La hornblende se présente en sections transversales bien délimitées,
avec des angles de 124° ; les sections longitudinales sont bacillaires
et courtes, mais irrégulièrement limitées aux extrémités; assez sou-
vent elles s'y terminent en un grand nombre de petits prismes vert-
clair ou bien en fibres. Les sections de la zone P : oo P dô ont
naturellement une extinction droite, tandis que celles qui sont paral-
lèles au plan de symétrie présentent des angles d'extinction de 17°
à 20°, même jusqu'à 21°. La teinte est un brun très clair; le pléo-
chroïsme est entre le brun très clair et le vert très clair. Comme inclu-
sions, uniquement des grains de minerai. Outre de grandes lamelles
cristallines, la hornblende se montre aussi sous forme de petits
bâtonnets et de fibres disséminés partout, de sorte que les plaques
ont l'apparence d'être couvertes de paille hachée. Cà et là cette horn-
blende brun clair est -pénétrée de -petiies plaques debiotitehrun sombre,
un minéral qui ressemble fort à de la hornblende, mais qui a d'abord
une teinte plus foncée, et qui en outre, dans la position horizontale
des plaques, reste noire lorsqu'on le tourne entre niçois croisés, ce
que ne fait pas la hornblende. L'absorption des sections transversales
est d'ailleurs plus forte. Quelques plaques ne renferment absolument
pas de mica. Enfin, il y a du minerai de fer titane, et, comme pro-
duit de décomposition, beaucoup de titanite rouge, qui traverse même
la roche sous forme de cordons. Dans les fissures de la roche, la
chlorite est aussi un produit secondaire, provenant de la hornblende.
Nous avons donc affaire ici à un produit riche en feldspath, ayant
pris naissance par l'action du granité sur une roche privée de feld-
spath. On sait déjà que d'autres roches augitifères peuvent, par l'action
du granité, fournir des roches hornblendifères ; tel est notamment
le cas pour la diabase (K. A. Lossen, Erlâuterungen zu Blatt Harz-
gerode, p. 80; R. Beck, Ueber Amphibolitisirung vonDiabasgesteinen
im Contactbereich von Graniten. Zeitschr. d. d. geol. Gesellschaft
XLIIT 1891, S. 257; 0. H. Erdmansdôrffer, Die devonischen Erup-
tivgesteine und Tuffe bei Harzburg und ihre Umwandlung im Kon-
takthof des Brockenmassifs. Jahrb. d. preuss. geol. Landesanstalt fur
1904, Band XXV). Un tel produit de contact de péridotite n'a pas
encore, je pense, été décrit jusqu'à ce jour. 11 renferme environ 50^ Iq
de Si 0^ (voir plus loin). Roche de contact à plagioclase et à hornblende.
No. 59b. Encore un produit de contact, mais un peu plus éloigné
du granité, décomposé déjà en certains points, et par là moins dur
que le n''. 59a; en échantillons, il est d'ailleurs identique à cette
roche. Au microscope, on voit qu'il se compose aussi des mêmes
éléments: plagioclase, hornblende brun clair, ilménite et titanite. Ce
qui est fort remarquable, c'est un commencement de transformation
en une roche chloriteuse, qui paraît commencer dans les fissures de
la roche, de sorte que les parties décomposées traversent la roche
sous forme de cordons. La matière de la hornblende y a notamment
disparu et elle est transformée en une chlorite vert clair, parfois
bleuâtre clair. Dans le voisinage de ces parties chloriteuses, la horn-
blende fraîche qui y existe encore a pris la forme de fibres ténues:
et les particules de plagioclase et de titanite encore inaltérées, on
les voit distribuées comme de petites îles au milieu de la masse de
chlorite. Roche de contact à plagioclase et hornblende, transformée par-
tiellement en chlorite.
N°. 59c. Appartient aussi aux roches de contact, mais la décompo-
sition par les agents atmosphériques a été beaucoup plus profonde
que pour le w°. 596. En échantillons, roche vert sombre et si tendre
68
qu'on peut la tailler au couteau. Au microscope, roche chloriteuse
presque pure, avec un peu de titanite seulement et encore moins de
feldspath. Les fibres de chlorite sont vert clair et forment souvent
des sphérolithes; le plus souvent elles sont groupées irrégulièrement.
La matière hornblendique n'y existe plus. Nous avons ici la même
transformation qu'au n°. 506, mais beaucoup plus avancée. En outre,
la roche primitive n°. 59c aura renfermé probablement moins de
feldspath que le n°. 596. Roche de contact^ transformée en chlorite.
Appendice au n°. 59 (N°. 71).
Je fais suivre ici la description d'une roche qui présente beaucoup
d'analogie avec le n". 59 et qui est probablement aussi une péridotite
modifiée par un métamorphisme de contact. Toutefois, elle a été
trouvée uniquement en blocs incohérents dans du terrain quaternaire,
et non comme une roche massive.
No. 71. Bloc séparé fort dur, dans un terrain quaternaire roulé de
serpentine, au-dessus de la Labouhan (baie) Awahang, dans le sentier
qui conduit de cette baie vers Malaman, à 190 m. d'altitude environ.
En échantillons, cette roche est gris-brunâtre, très dure et très com-
pacte, ressemblant à un quartzite fin ou à une cornéenne. Au micros-
cope, c'est un mélange cristallin à grains fins de plagioclase et de
la même hornblende brun clair que le n°. 59. Par suite de la position
parallèle des longs axes des prismes de hornblende, la roche est plus
ou moins schisteuse. Ensuite, de l'ilménite et de la titanite. Les
plagioclases sont à stries fines et se montrent le plus souvent en
grains cristallins ou en lamelles, très courts, disposés tout à fait
sans ordre, et non en longs rectangles; ces cristaux présentent sou-
vent de très grands angles d'extinction. C'est donc bien la même
roche que le n°. 59a, bien que la texture soit un peu différente.
Roche à plagioclase et à hornblende. (Contact?) La teneur en Si O* de
cette roche s'élève, d'après la détermination du Prof. Vermaes, à
46.42 pet.; celle d'un autre échantillon est, d'après la détermination
du Dr. F. Beijerinck, de 45.24 pet., après dessiccation à 110° C,
donc un peu inférieure à celle du n°. 59a.
N°. 187. C'est la roche du mont Loring ouwang, qui se dresse en-
tièrement isolé dans le granité, à l'est de Kousou kousou sereh et
de Malaman. Le plus haut point de la péridotite est à 384 m. d'al-
titude; plus à l'est se trouve le point le plus élevé de toute la mon-
tagne, déjà sur le granité, à 401 m. d'altitude. En échantillons, c'est
une roche presque noire, avec diallage vert-jaunâtre et des taches
brunes d'hydroxyde de fer. Au microscope, beaucoup de serpentine
avec du minerai de fer noir et de l'hydroxyde de fer. Quelques restants
d'olivine et encore assez bien de diallage inaltérée. Peridotite.
N°. 184. Roche de serpentine vert-grisâtre de l'Eri samau, la mon-
tagne qui se dresse au sud du Loring ouwang, et aussi totalement
isolée dans le granité. Au versant méridional de cette montagne on
trouve trois terrasses quaternaires, sur lesquelles se sont amoncelés
des matériaux meubles. Au plus haut point de cette montagne (205 m.),
on trouve un grand nombre de fragments incohérents de granité.
Cette partie supérieure, plate, de la montagne est une quatrième
terrasse quaternaire, dont ces blocs de granité forment le restant
(voir fig. 15, annexe III). Au microscope, assez bien de restes
d'olivine, de diallage et de bronzite dans une masse serpentineuse.
Peridotite.
N^ 180. Roche serpentineuse vert-grisâtre du Tandjoung Hati ari.
à la côte du sud, recueillie près du point où la mer a creusé deux
grottes dans la peridotite (voir fig. 14, annexe III). Au microscope,
une assez grande quantité d'olivine, de bronzite et de diallage in-
altérées, les deux dernières de nouveau enchevêtrées, dans de la
serpentine. Peridotite.
N". 7. Roche à grain fin, vert-grisâtre, avec des séparations por-
phyriques de diallages de la même couleur. Enlevée au Tandjoung
Batou kapal, à la côte nord de Leitimor, à proximité de la pointe
occidentale. Là-dessus se trouvent des matériaux roulés et du calcaire
tendre arénacé. Au microscope, une peridotite commune, avec des
restes d'olivine et de grandes diallages et bronzites. Peridotite.
Cette roche devant être considérée comme la peridotite normale,
qui se présente le plus fréquemment, il en a été fait une analyse
chimique; la densité relativement faible indique cependant ici aussi
une serpentinisation assez avancée. Cette analyse a été faite, sous la
direction bienveillante du Prof. Cl. Winkler, au laboratoire de
l'Académie des mines à Freiberg, en Saxe, par M. Iwan Balbareff de
Tatar-Baurtsçhi en Bessarabie,
70
Densité = 2.765.
Acide silicique = 40.35
Acide phosphorique = 0.04
Oxyde d'aluminium := 4.21
Fer oxydulé z= 7.93
Oxyde de calcium = 3.08
Oxyde de magnésium = 35.98
Fer chromé = 0.13
Eau =: 7.71
Potasse
= Traces
Soude )
Total = 99.43
Il résulte de la description qui précède, que les péridotites de
Leitimor appartiennent toutes aux roches à olivine et à pyroxène,
en partie à de la diallage monoclinique, en partie à du pyroxène
rhombique, mais le plus souvent aux deux pyroxènes à la fois, en
quantités variables. Comme nous avons affaire ici évidemment à un seul
corps géologique, il est naturellement à recommander de réunir toutes
ces roches sous un seul nom collectif, péridotite, et de ne pas en détacher
quelques-unes sous les noms de Iherzolithe, harzbourgite, etc.
Les Proff. S. J. Vermaes de Delft et Dr. O. Brunck de Freiberg
en Saxe ont eu l'obligeance d'analyser deux échantillons de la roche
de contact n". 59a, qui a pris naissance par l'action du granité sur
la péridotite de Tandjoung Seri.
N". 59a (Delft). N». 59a (Freiberg).
SiO^ = 50.85 49.78
TiO^ = 0.24 —
A1»0^ = 18.00 17.96
Fe^O^ = 0.60 0.00
FeO = 6.95 7.21
CaO = 9.90 9.03
MgO = 8.81 10.00 .
K^O = 0.90 1.Q5
Na^ O = 4.31 . 2.66 • .
Perte par calcination z= 1.32 1.62
Mn = traces —
Total = 101.88 99.31
71
Si l'on compare cette composition avec celle de la péridotite nor-
male n®. 7, on voit que par l'action du granité la péridotite a éprouvé
une modification complète, tant au point de vue chimique que sous
le rapport minéralogique. Lé produit de contact contient plus de
silice, d'alumine, de chaux et d'alcalis, et moins de magnésie que la
péridotite. La composition se rapproche de très près de celle de
quelques diabases, mélaphyres et basaltes.
II. Diabase.
Alors qu'à Hitou la diabase vient au jour en plusieurs points,
Taffleurement de cette roche est bien moins fréquent à Leitimor, ce
qui doit être attribué aux roches plus récentes qui la recouvrent;
de sorte que la diabase apparaît seulement en ces points-là où les
roches sus-jacentes ont été enlevées par érosion. On n'en connaît
l'affleurement qu'en deux points de Leitimor.
Nos. 204 et 204a. De Halong et Këlapa douwa, à la baie Intérieure,
des sentiers mènent vers l'Api angous, une montagne de grès de
309 m. d'altitude ; et d'ici on descend en pente rapide dans une
direction est-nord-est vers un affluent supérieur de la rivière Jori,
la Wsii Warsia. En cet endroit, appelé Amakirouang, nous avons
construit un refuge de nuit pendant nos opérations de relèvement.
Dans la vallée de cette rivière, en aval (à l'est) du gué, on peut
voir affleurer de la diabase; à côté on voit des fragments roulés de
grès et de péridotite. Aux versants de la vallée, la diabase est bientôt
recouverte par du grès, et c'est évidemment par l'érosion de ce grès
qu'elle est devenue visible, de sorte que la diabase est la roche la
plus ancienne. En échantillons, cette diabase (nos. 204 et 204a) est
gris-verdâtre terne et d'un grain très fin, de sorte qu'à la loupe on
ne peut voir que des feldspaths blancs. Au microscope, le n''. 204
est un mélange microcristallin de plagioclase trouble, en cristaux
longs et étroits, entre lesquels sont enclavés les autres éléments
(texture ophitique); du quartz à inclusions liquides, en partie en
cristaux avec des contours hexagonaux nets, donc primaires sans
aucun doute, mais aussi en grains provenant en grande partie
d'augite; de l'augite brun clair, presque sans pléochroïsme, et
72
en majeure partie transformée en chlorite, en quartz et en calcaire
spathique; du rainerai de fer titane et de la titanite. Diabase ou
diabase quartzifère.
N°. 202. On s'aperçoit que la même roche doit encore être cachée
sous le grès plus au nord, aux nombreux fragments roulés dans le
cours supérieur de la rivière Rikan, qui prend sa source à l'Api
angous et a son embouchure près de Lateri. Toutefois on n'a pas
trouvé d'affleurements de la roche en cet endroit. La diabase (n°. 202)
est en échantillons tout à fait identique à la roche précédente,
seulement elle est d'un vert grisâtre un peu plus clair. Au microscope,
elle donne assez bien la même image; seulement on y aperçoit moins
de restants d'augite inaltérée; la majeure partie est décomposée en
chlorite et calcaire spathique. Ensuite, des plagioclases longs, étroits
et ternes, du quartz, de l'ilménite avec leucoxène, et de la titanite.
Diabase ou diabase quartzifères.
N**. 195. Le deuxième endroit, où la diabase existe à l'état de roche
ferme à Leitimor, est situé au nord de Houtoumouri, sur le sentier
qui mène à Halérou, dans la vallée de la rivière Sermeti, qui se jette
dans la mer, sous le nom d'Ajer besar, à l'est de Houtoumouri.
Ici la diabase n'est pas immédiatement recouverte par le grès, bien
que celui-ci affleure dans le voisinage, mais par des matériaux
quaternaires meubles. La roche (n**. 195) est en échantillons vert-
grisâtre terne et finement grenue; à la loupe, on peut voir des
feldspaths blancs et des particules vert sombre. Au microscope, on
voit que la roche est profondément décomposée. Du quartz en grains
irrégulièrement délimités, à inclusions liquides ; du plagioclase trouble ;
de l'augite, totalement transformée en chlorite et calcaire spathique ;
de l'ilménite lessivée et devenue spongieuse, en majeure partie
transformée en leucoxène blanc-jaunâtre. Diabase ou diabase quartzifère.
N". 100. Bloc roulé terne, vert-grisâtre, d'un grain fin et très dur,
d'un terrain quaternaire meuble, sur le sentier de Latou halat à
Silali, dans la partie occidentale de Leitimor, En échantillons, la
roche ressemble parfaitement au n". 204 de la Waï Warsia, mais
elle n'a pas été trouvée comme roche massive. Au microscope, un
mélange cristallin de plagioclase et de hornblende vert clair. Les
plagioclases, en rectangles courts, sont encore très frais, et présentent
73
de grands angles d'extinction, qui indiquent une espèce de feldspath
très basique. La hornblende n'est primaire nulle part, mais elle doit
être interprêtée, vu sa structure en tiges et fibres, comme de
l'ouralite issue d'augite. Il n'existe plus de matière augitique inaltérée.
Quelques cristaux très volumineux, qui ont été probablement d'abord
de l'augite, consistent maintenant sur les bords en ouralite, qui
présente un commencement de transformation en chlorite; le centre
est changé en calcaire spathique trouble, dans lequel sont enfermés
des grains cristallins d'un vert très clair qui appartiennent à l'épidote,
sauf ceux à extinction droite, qui sont probablement de la zoïsite.
Les bâtonnets d'ouralite, qui descendent à des dimensions très faibles,
sont d'un vert jaunâtre clair qui passe au brun clair; aux extrémités
et sur les bords, ils sont parfois d'un vert plus sombre qu'au centre,
probablement par un commencement de chloritisation. Puis, du
minerai spongieux, cà et là avec du leucoxène. Comme produits
secondaires, du calcaire spathique et un peu de chlorite. C'est un^
diabase, dans laquelle l'augite est transformée en ouralite; donc,
une épidiabase.
N''. 63. Bloc détaché sur de la serpentine, entre Ambon et Amahousou,
près de la petite rivière Tihamètèn. Il provient probablement de maté-
riaux quaternaires qui recouvrent çà et là la serpentine. Nulle part
on n'a trouvé de diabase massive dans les alentours. En échantillons,
c'est de nouveau une roche à grain fin, vert-grisâtre, ressemblant
aux diabases décrites ci-dessus. Au microscope, un mélange finement
cristallin de plagioclase et d'ouralite, issue d'augite. Ici encore, la
matière augitique inaltérée n'existe plus nulle part, pas plus que
dans le n°. 100. Puis, de l'ilraénite, avec du leucoxène et de petites
titanites. Peu de chorite et de calcaire spathique. La roche appartient,
comme la précédente, aux épidiabases.
III. Roches granitiques.
Les roches de ce groupe consistent principalement en granitites,
en partie aussi en porphyres quartzifères ; ces derniers semblent n'appa-
raître qu'aux limites des massifs de granité. Les granités à horn-
blende n'existent pas, dans toute l'île d'Ambon, comme roche de
quelque étendue. Ce sont essentiellement des granités micacés, sou-
74
vent avec une certaine teneur en cordiérite. Certains granités, entre
autres ceux de la Waï lia, sur la route d'Ambon à Routoung, sont
plus ou moins schisteux, et ressemblent alors à du gneiss.
En deux endroits seulement le granité forme nettement des filons
dans la péridotite, et, comme il a été dit plus haut, il a décomposé
cette roche près de Tandjoung Seri en une roche très dure, sem-
blable à une cornéenne. Nulle part ailleurs, sur la limite du granité
et de la péridotite, on n'a trouvé ce produit de contact, mais bien
cà et là en blocs isolés, dans du terrain quaternaire. D'autre part,
on ne connaît pas davantage des filons de péridotite dans le granité,
ce qui indiquerait des éruptions alternatives des deux roches dans
une même période. Il est donc vraisemblable que partout le granité
est plus récent que la péridotite.
Par contre, le granité est plus ancien que le grès, dont les couches
ont été formées pour de beaucoup la plus grande partie par du
gravier quartzeux originaire du granité. D'ailleurs, on n'a aperçu
nulle part, à la limite du granité et des schistes ou des grès, quelque
trace d'action de contact que l'on pourrait attribuer au granité. L'âge
du granité ne peut donc être plus jeune que permien.
a. Le plus vaste terrain granitique est situé au sud-est du chef-lieu
Ambon, et il forme la chaîne qui s'étend du nord de Soja di atas
jusqu'à la côte du sud. Dans ce domaine se trouvent les villages
Soja di atas, Hatalaï, Ema, Houkourila, Nakou, Kilang et Mahija.
L'un des sommets les plus élevés est le Sirimau (463 m. d'altitude,
d'après notre nouvelle carte); mais à l'est de celui-ci le granité est
adossé au mont Horiel jusqu'à l'altitude de 520 m. C'est le plus
haut point atteint par le granité dans toute l'île d'Ambon.
Ce grand terrain de granité est borné comme suit: à l'est et au
nord-est par la péridotite, au nord-ouest et à l'ouest par des matériaux
meubles quaternaires, au sud par la mer. A l'extrémité septentrionale
le granité est schisteux et la roche semble passer au porphyre quart-
zifêre (n°. 88). Des blocs incohérents sont répandus ici partout, mais
on n'y a pas trouvé de fragments de contact avec le granité. Dans
le terrain même, il se présente de la péridotite en trois endroits
difî'érents, et puis on observe cà et là une couverture de matériaux
quaternaires meubles et de calcaire corallien; cette couverture était
75
sans doute plus importante jadis qu'actuellement, mais elle a disparu
dans le cours des années par la profonde altération du granité et
par l'action des eaux. Quelques parties plates, telles que celles ou
sont situées Kilang (131 m.), Nakou (157 m.), Houkourila (140 m.)
et Mahija (254 m.), sont peut-être le restant de terrasses autrefois
plus étendues; mais il se peut aussi qu'elles aient été formées en
partie par la main de l'homme, car à la surface le granité se désagrège
en un sable meuble que l'on peut remuer très facilement. S'il ne
repose donc pas sur le granité des matériaux dont la provenance étran-
gère est évidente (débris de péridotite, calcaire corallien etc.), il est
parfois difficile de décider si ces petites portions en forme de plateau
sont d'origine naturelle et ont été la cause de l'établissement des
villages en cet endroit, ou bien si leur formation en a été l'effet.
Le long de la côte méridionale, le granité s'étend depuis la baie
de Houkourila, nommée Labouhan Ihouresi, jusqu'à la baie de Mahija
ou Labouhan lia; la petite anse orientale de cette dernière baie, à
l'embouchure de la petite rivière Ijang, se nomme Labouhan Ijang.
La côte du sud présente entre ces deux points 4 anses, les Labouhan
Hahila, L. Nanseri (baie de Kilang), L. Nakou et L. Roupang. D'ici
jusque passé le cap Simanoukoung le calcaire corallien vient immé-
diatement au rivage; puis vient encore du granité, du cap Noukinarou,
le long de la Labouhan lia, jusqu'à la Waï lia; plus à l'ouest, une
bande étroite de granité est visible jusqu'au cap Noukinahoun, où
le calcaire corallien arrive un moment à la côte. Ensuite, le granité
reste visible au bord oriental de la Labouhan Awahang jusqu'à
proximité de l'embouchure de la Waï Jari (appelée Waï Sema dans
son cours supérieur); mais à une faible hauteur il se recouvre déjà
de calcaire corallien. Il est donc bien clair, que notre premier terrain
granitique se rattache, sous les jeunes couches qui le recouvrent,
avec le second terrain que nous allons décrire maintenant.
b. Le bord occidental de la Labouhan Awahang, entre la Waï Jari
et le cap Seri, présente çà. et là un peu d'alluvium côtier, derrière
•lequel s'élève bientôt la montagne, qui consiste de nouveau en granité,
dont de gros blocs gisent sur la plage. Cette roche est à 'suivre au
nord jusqu'à proximité de la ligne de partage des eaux, à l'est de
Siwang, mais elle ne forme pourtant que la portion inférieure du
76
versant; plus à l'ouest se trouve la péridotite, qui continue vers les
monts Si Wang et Nona; et à l'est, le granité disparaît sous des
matériaux incohérents, sur lesquels passe le sentier qui mène de la
Labouhan Awahang vers Malaman et Kousou kousou sëreh.
c. Tout près de ce sentier existe un troisième terrain de granité
de faible étendue, au nord du mont calcaire Eri haou; ce monticule
est appelé «Hatou iroung-, atteint 232 m. d'altitude et ne s'élève
que de 30 m. au-dessus des matériaux quaternaires environnants.
Cette petite montagne prouve de nouveau que les terrains de granité
a et 6 se rejoignent sous les couches quaternaires qui les couvrent.
d. A l'ouest de la Labouhan Awahang se trouve, près de Seri, la
grande anse Labouhan Seri. Au nord-ouest de cette baie est l'embou-
chure de la Waï Wémi, et dans le cours inférieur de cette rivière
gisent de très gros blocs de granité, qui bientôt se recouvrent de
matériaux quaternaires, de blocs de péridotite et de fragments d'autres
roches éruptives. C'est là vers l'ouest le point extrême de la côte du
sud où l'on voit apparaître le granité.
e. Sur la route d'Ambon à Soja di atas, le granité affleure en un
seul point; cette route s'étend sur le granité sur une longueur de
60 m., depuis 80 jusqu'à 83 m. d'altitude. Au nord, cette roche peut
se suivre jusque dans le lit de la rivière Tomo ketjil; au sud, elle
cesse promptement, de sorte qu'en bas des grès elle ne peut plus
être aperçue dans le lit de la rivière Batou gadjah; ce qu'il faut
probablement attribuer à une faille sur laquelle nous nous étendrons
davantage plus loin. Si de ce point on se dirige vers Ambon, on
arrive dans la plaine, après une dernière descente rapide de 30 m.
sur des matériaux quaternaires ; et, avant d'atteindre la grand' route,
on rencontre quelques maisonnettes du kampong Batou medja, entre
lesquelles sont dispersés de très grands blocs de granité; de sorte
qu'on reçoit l'impression que du granité doit affleurer ici, ou du
moins qu'il doit exister comme roche massive très près de la sur-
face, car ces blocs ne ressemblent en rien à des galets roulés. Au
sud et au sud-ouest de ce point, du côté de la maison de la résidence,
ces blocs n'apparaissent plus, ce qui, à mon avis, est de nouveau
une conséquence de la faille dont nous venons de parler, par laquelle le
granité se trouve, à l'est de cette ligne, plus haut qu'à l'ouest de celle-ci.
77
/. Dans la vallée de la rivière Batou gantoung, en bas de la petite
cime Batou gadjah, apparaissent sur une petite étendue de gros blocs
de granité; il est douteux que la roche y affleure.
g. Dans la petite rivière Eoung, affluent de la Batou gantoung, un
peu de granité est à découvert dans le lit de la rivière, à une alti-
tude de 140 à 160 m.; la roche est colorée en vert par une faible
teneur en cuivre et elle présente des veines de quartz. Ici la roche
affleure incontestablement, mais aux bords de la rivière elle est
recouverte par des matériaux meubles.
h. Au sud du village Amahousou on trouve le cap Kajou besi, et
un peu plus au sud les petites rivières Néropâng, Wartowéo et Nènèr
se jettent dans la mer. On trouve ici le long de la plage un très
grand nombre de blocs de granité assez volumineux, de sorte qu'il
est hors de doute que cette roche existe dans le voisinage comme
roche massive; plus au nord on trouve encore des blocs de granité;
mais, plus on s'avance vers le nord, plus ils sont entremêlés de blocs
de péridotite. Plus au sud, on ne trouve plus de granité; le cap
Batou anjout consiste en un conglomérat quaternaire, avec beaucoup
de fragments de granité.
Néropâng est probablement le même endroit que le «Roubang» où
Macklot a déjà recueilli du granité; toutefois il n'existe pas de
kampong de ce nom, et à cet endroit le granité ne forme nulle part
une colline d'environ 100 pieds de hauteur, ainsi que le mentionne
MÛLLER (mémoire n°. O p. 25 et n"". 3Î p. 23, note 2); les blocs de
granité ne se trouvent nulle part à plus de 11 m. d'altitude, et les
collines plus élevées consistent toutes en matériaux quaternaires in-
cohérents.
h. Le cap Batou merah, au nord-est d'Ambon, consiste en porphyre
quartzifère (n*'. 1) absolument identique au n". 88 de la Waï lia.
Sur la roche ferme repose un sol meuble quaternaire avec des éboule-
ments rouge sombre, qui ont donné son nom à ce cap (Batou merah i=
pierre rouge). La ligne, qui joint les deux points où apparaissent
les porphyres quartzifères nos. \ et 88, représente probablement la
limite septentrionale du domaine du granité, car au nord de cette
ligne le granité n'affleure plus. Le magma granitique s'est donc soli-
difié au centre comme granité, et sur les bords à l'état de porphyre
7Ô
quartzifère. A cette modification dans la solidification correspond
d'ordinaire une composition tant soit peu plus acide.
Nous avons ainsi énuméré tous les points où des roches granitiques
se présentent à Leitimor; il est vrai que dans le cours inférieur des
rivières Tomo et Batou merah gisent encore de gros blocs de granité,
mais ils semblent avoir été enlevés par les eaux à des matériaux
quaternaires, qui renferment naturellement aussi des blocs de granité.
Il est probable qu'en ces endroits la roche ferme ne se trouve pas
à une grande profondeur au-dessous du fond des vallées.
Un coup d'œil sur la carte synoptique n°. I fait voir, que presque
toute la partie centrale de Leitimor consiste en granité, qui vient au
jour dans la partie méridionale et est recouvert, dans la portion
septentrionale, par des grès et des produits quaternaires. La pointe
occidentale et toute la partie orientale de Leitimor sont au contraire
totalement privées de cette roche.
Description de quelques granités.
N°. 37. Affleurement au bord occidental de la Labouhan Ihouresi
(baie de Houkourila). Granitite de teinte claire, à grain fin; le feld-
spath est blanc, le quartz est en partie coloré en jaune et en brun
par de l'hydroxyde de fer. Beaucoup de mica noir, pas de hornblende.
Au microscope, le feldspath consiste à la fois en orthoclase et en
plagioclase, ce dernier toutefois en quantité plus faible. La biotite
est partiellement transformée en chlorite, avec des inclusions de
minerai et des grains de zircone. Peu de minerai, peu d'apatite. Quel-
ques agrégats bruns, troubles, consistent en fibres ténues de muscovite,
incolores ou d'un vert très léger, colorées en jaune et en brun par
de l'hydroxyde de fer; ils proviennent probablement de cordiérite,
mais ce minéral on ne le trouve plus inaltéré dans les plaques exa-
minées. Granitite.
N". 37a. D'un instituteur indigène j'ai reçu un petit morceau de
granité «des environs de Houkourila» (le gisement précis n'était pas
connu) avec de très beaux cristaux de quartz, apparemment cristal-
lisés dans une cavité du granité. Les cristaux limpides de quartz ont
79
une longueur de '/a ^^ 1 cm., et une épaisseur de 1 à 3 mm.; ce
sont des prismes avec un rhomboèdre à l'extrémité libre.
N^ 42. De la rivière Eoung, affluent de la rivière Batou gantoung;
affleurant dans le lit de la petite rivière. Granitite blanche fort
altérée, avec mica chloritisé. Au microscope, de l'orthoclase terne,
moins de plagioclase, de la chlorite issue de biotite, du quartz, du
leucoxène et des grains de titanite, provenant de minerai. Granitite^
altérée.
W, 43. Rivière Eoung; filon de c}uartz dans la roche précédente,
de 5 cm. environ d'épaisseur; contient beaucoup d'hydroxyde de
fer brun et un peu de minerai de cuivre, principalement de la
malachite, reconnaissable à sa couleur verte. Au microscope, on voit
un agrégat de grains de quartz, avec beaucoup de lamelles et de
fibres de chlorite vert clair, ainsi que quelques cristaux de pyrite
cuivreuse; dans les fissures des quartz, il s'est déposé de l'hydroxyde
de fer et une belle malachite verte. Filon de quartz avec minerai
de cuivre.
N°. 57. Cap (tandjoung) Seri près de Seri. Granitite blanche, dont
la biotite brune est transformée en grande partie en chlorite. Au
microscope, la roche paraît assez altérée; l'orthoclase et le plagioclase
sont troubles tous deux, mais ils polarisent néanmoins encore distincte-
ment; du quartz; le mica a pâli et est transformé en chlorite.
Ilménite et titanite pléochroïque, rouge clair. Granitite.
Nos. 60 et 61. Ce sont deux petits filons de granitite dans la péridotite
du cap Seri, épais de 3 et 5 à 6 cm.; dans le voisinage de ces
filons, la péridotite est totalement modifiée, transformée tant au
point de vue chimique que minéralogique, à l'épaisseur de 72 '^ i
en une roche dure (n". 59 1. Le granité des filons est tout à fait
identique à la roche fondamentale, la granitite n". 57 de Tandjoung
Seri. La biotite, primitivement brun sombre, est aussi transformée,
dans la roche de filon, en grande partie en chlorite. Granitite en filons.
N". 79. Encore un filon dans la péridotite; une roche blanche,
très quartzifère, qui fut regardée tout d'abord comme un filon de
quartz. Il contient de très petites cavités où se sont formés des
cristaux de quartz. Epaisseur 8 à 10 cm., direction 30°, inclinaison 90°.
Le filon se trouve à 300 m. environ de la limite du granité, à l'est
80
de la baie de Houkourila, à proximité du cap Nouar, et il est
dénudé dans le sentier qui mène vers Lea hari en suivant la côte
du sud. Au microscope, on voit que la roche se compose essentielle-
ment de particules de quartz, qui présentent la polarisation en
mosaïque. Mais on y trouve aussi du feldspath, non seulement de
l'orthoclase, mais ei:core du feldspath triclinique finement strié, par-
fois avec des stries croisées; ce dernier est en grande partie de la
microcline. Peu de chlorite (biotite transformée) et un minerai fin,
spongieux; des grains cristallins brun sombre, parfois en mâcles
géniculées, appartiennent au rutile; titanite jaune-verdâtre clair.
Quelques rares grains de zircone. Roche aplitique en filon^ qui doit
être en communication avec la granitite de Houkourila, bien qu'on
n'aperçoive aucun raccordement à la surface.
N**. 70. Au sentier allant de la Waï Tomo à Soja di atas. Grands
blocs, à 140 m. d'altitude, dans du terrain quaternaire. Roche à
grain fin, de teinte claire, avec quartz limpide, feldspaths colorés en
brun jaunâtre et lamelles de biotite. Au microscope, du quartz, de
l'orthoclase terne, très peu de plagioclase, de la biotite partiellement
décolorée et transformée en un minéral vert. Ilménite, beaucoup
de titanite. Granitite.
N". 77. Affleurement au kampong Hatalaï. Granitite gris clair, à
grain fin. Au microscope, beaucoup de quartz, de l'orthoclase, moins
de plagioclase, beaucoup de petites lamelles brunes de biotite,
devenues vertes pour une petite partie. Minerai de fer, titanite,
apatite. Granitite.
N". 76. Un peu au nord du kampong Hatalaï un filon de quartz
(n®. 76), coloré en jaune par de l'hydroxyde de fer, passe à travers
la granitite; direction 90° environ, inclinaison 90°, épaisseur 10 à 11 cm.
No. 78. Roche d'un grain moyen, affleurant à la baie de Nakou
(Labouhan Nakou). Elle renferme des parties riches en mica, fine-
ment grenues, sombres. Au microscope, du quartz, plus d'orthoclase
que de plagioclase, de la biotite, du minerai, de l'apatite, de la
chlorite et quelques gros cristaux de cordiérite, en partie encore frais
et devenus brun-jaunâtre dans les fissures seulement, partiellement
transformés en un fin tissu de fibres de muscovite, qui paraissent
ici aussi d'un vert excessivement clair. Granitite.
81
N°. 106. Blocs isoles sur le rivage, entre le cap Batou anjout et le
cap Kajou bësi. Roche brunâtre, d'un grain fin. Au microscope, du
quartz, de Porthoclase trouble, beaucoup de plagioclase, de la biotite,
du zircone en petits prismes à extrémités aiguës, longs de 0.14 mm., et
épais de 0.05 mm. ; peu de minerai. Quelques agrégats troubles, vert-
jaunâtre de mica, ayant parfois la forme d'un rectangle peu net,
sont probablement des cordiérites totalement décomposées. Granitite.
N". 178. Roche d'un grain moyen, gris-brunâtre, avec quelques
feldspaths de 8 mm. et des sécrétions sombres riches en mica. Affleu-
rant au kampong Mahija. Au microscope, du quartz, de l'orthoclase
terne, du plagioclase demi-trouble, de la biotite, partiellement trans-
formée en chlorite et criblée d'apatite ; du minerai. Assez bien de
cristaux de cordiérite, en partie encore frais et remplis de fines
baguettes de sillimanite, qui, à un faible grossissement, donnent aux
cristaux un aspect laineux; transformés parfois aussi dans les fissures
en une substance brun-jaunâtre. Granitite.
N°. 179. Affleurant à l'embouchure de la Waï Wémi, à la côte du
sud. Roche blanche, d'un grain moyen, avec beaucoup de biotite.
Au microscope, du quartz, de Porthoclase, du plagioclase, de la biotite
profondément transformée en chlorite. De l'ilménite, beaucoup de
titanite, peu d'apatite et quelques sections de cordiérite totalement
décomposées. Granitite.
N°. 181. Affleurant à proximité de la ligne de faîte, au-dessus de
la Labouhan Awahang. Granitite blanche, d'un grain fin. Au micros-
cope, les éléments ordinaires ; beaucoup de plagioclase. Aussi diverses
grandes cordiérites, à inclusions de sillimanite ; quelques sections sont
encore presque entièrement fraîches, devenues fibreuses sur les bords
seulement ou dans les fissures. Ce granité a quelque chose du por-
phyre, parce que la masse fondamentale est un agrégat de petits
grains de quartz, qui polarise en teintes de mosaïque et dans lequel
les gros cristaux de feldspath, de mica et de cordiérite sont dissé-
minés porphyriquement. Granitite.
N°. 182. Roche blanche, à grain fin, venant à la surface au monti-
cule Hatou iroung, au nord du mont calcaire Eri haou. Au micros-
cope, du quartz, de l'orthoclase trouble, pas de plagioclase, de la bio-
tite transformée en chlorite, du minerai. Granitite, quelque peu altérée.
6
82
Nos. 71a et 71b. Affleurement sur la route d'Ambon à Soja di atas,
à l'altitude de 80 à 83 m. Granitite gris clair, à grain fin, avec quelques
parties plus grossières; çà et là des taches brunes, dues à la présence
d'hydroxyde de fer Au microscope, du quartz, de Porthoclase, une
très grande quantité de plagioclase et aussi de biotite, quelques petits
prismes rouges de zircone, du minerai sans bords de leucoxène et
quelques agrégats de muscovite, probablement des cordiérites décom-
posées. Aucune des plaques minces ne présente la moindre trace de
hornblende. Granitite.
N°. 1. Affleurant au cap Batou merah, au nord-est du chef-lieu
Ambon. En échantillons inaltérés, c'est une roche gris-bleuâtre ; mais
par altération elle devient d'abord jaune clair et même presque blanche
et après rouge-brun, ainsi qu'on peut le voir à la croûte. Elle présente
une pâte serrée, dans laquelle il y a de nombreux grains cristallins
de quartz limpide (1 à l'/a mm.) et de feldspath (3 mm.): ce der-
nier minerai est le plus souvent transformé en une matière blanche
kaolinique. La roche est traversée de fissures, dont les parois sont
tapissées de cristaux de quartz, tandis que l'on peut voir dans quel-
ques cavités outre du quartz, encore de petits cristaux limpides,
tabulaires, de feldspath ; dans les fentes, il s'est déposé avec le quartz
une très grande quantité de pyrite, çà et là aussi de l'hydroxyde
de fer rouge-brun. Au microscope on voit de gros quartz limpides,
le plus souvent en grains arrondis, avec inclusions vitreuses mais
non liquides. Des feldspaths on ne peut voir qu'en certains endroits
des restes inaltérés; ceux-ci présentent l'extinction droite et ils ne
montrent pas de stries, de sorte qu'ils appartiennent bien à Portho-
clase. D'autres cristaux porphyriques manquent. La masse fondamentale
consiste en une pâte de particules de quartz limpides et d'autres de
feldspath troubles, jaune-grisâtre, irrégulièrement délimitées, parfois
plus ou moins arrondies; celles-ci sont assez fortement biréfringentes
et s'éteignent à la fois sur toute la surface. Si on installe entre niçois
croisés sur le maximum de clarté, une pareille boulette de feldspath
paraît granuleuse, ce qui a pour cause un mélange du feldspath avec
de petites particules de quartz. Quelques parties de la pâte montrent
nettement un entrelacement de quartz et de feldspath, comme dans le
granité graphique (Schriftgranit) ou la pegmatite; pour les sphérules
èé
les plus petites cette texture ne peut s'observer d'une manière aussi
nette, bien qu'elle y existe probablement aussi. Ensuite, la pâte ren-
ferme encore de la pyrite, de petites fibres de muscovite et des granu-
lations brunes transparentes; quelques petits prismes de zircone,
parfois à extrémités aiguës, et de petits cristaux bleuâtres et limpides
d'anatase en octaèdres pointus et en petites tables quadratiques.
On ne peut observer aucune base vitreuse entre les particules cristal-
lines, et elle n'existe probablement pas.
La composition chimique, qui sera donnée ci-après, montre que la
roche du cap Batou merah est un porphyre quartzifère, avec beaucoup
plus de potassium que de sodium et extrêmement peu de calcium.
C'est donc une roche d'orthoclase, sans plagioclase, mais peut être
avec une faible teneur en orthoclase sodique. Porphyre quartzifère
granophyrique.
No. 88. Provient d'un très grand bloc dans la Waï lia, au gué de
la route d'Ambon à Routoung. Dans la rivière il se trouve ici une
île de blocs roulés; et dans les deux bras de la rivière, aussi bien
que sur l'île, on trouve de gros blocs d'un granité schisteux, de
serpentine et quelques-uns de porphyre quartzifère. En amont de l'île,
le granité existe comme roche massive; le plus souvent il est tant
soit peu schisteux et par là-même gneissique. On n'a pas trouvé de
fragments de contact entre le granité et le porphyre quartzifère, ni
des roches de transition entre ces deux, ce qui est bien étonnant, si
le porphyre quartzifère est un faciès limite du granité. L'échantillon
n". 88 a été enlevé à un des plus grands blocs, dont le volume est
peut être de 1 ml ou même plus. Il ressemble parfaitement à la
roche n^ 1 du cap Batou merah; seulement il y existe plus de
cristaux de quartz ayant une délimitation cristalline nette. La teinte
est gris-bleuâtre, celle de la croûte d'altération est brun clair. Au
microscope, on voit que les gros feldspaths altérés, décomposés
en kaolin, ont été en majeure partie enlevés aux plaques par le
polissage; les parties qui existent encore sont sans stries; quelques
sections sont à extinction droite et appartiennent à l'orthoclase ;
seul le quartz se présente en gros cristaux, bien délimités, toutefois
aussi en grains arrondis et en éclats à délimitation irrégulière, avec
des inclusions de particules vitreuses, brunes, en formes rhombiques.
84
La masse fondamentale est la même que celle du n°. 1, mais les
éléments constituants y sont beaucoup plus petits. Ici encore il
n'existe aucune base vitreuse entre les éléments cristallins. Dans
quelques particules arrondies, les fibres de quartz et de feldspath
présentent un groupement radial irrégulier. La roche est traversée
de petits cordons de quartz avec cristaux de pyrite. Porphyre quartzifère
granophyrique.
Le résultat de cet examen est, que les granités de Leitimor appar-
tiennent exclusivement aux granitites pures, avec biotite, mais sans
hornblende. La roche ramassée par Martin au sentier d'Ambon à
Soja di atas et décrite par Schroeder van der Kolk, laquelle ren-
ferme de la hornblende brune, constitue donc une grande exception
et appartient probablement à une sécrétion basique de la granitite.
Elle n'existe pas à l'état de roche de quelque étendue, car j'ai
recueilli au même endroit des granitites communes (nos. 71a et 716).
Du zircone en prismes et en grains s'y rencontre souvent, mais
toujours en petite quantité. Le rapport entre l'orthoclase et le plagio-
clase est très variable; dans quelques granités il n'y a pas du tout
de feldspath triclinique; dans d'autres, il en existe un peu, mais la
plupart en contiennent beaucoup. Dans les granitites fraîches, il existe
assez souvent de la cordiérite; dans les roches altérées, ce minerai
s'est transformé et il est souvent devenu tout à fait méconnaissable
par sa décomposition en fibres de muscovite; dans ces conditions il
arrive aisément que l'on n'y fait pas attention. La cordiérite des
granités d'Ambon se présente en grains cristallins irrégulièrement
délimités; en plaques minces, elle est incolore et non pléochroïque,
ce qui distingue fort ce minéral de la cordiérite des roches éruptives
récentes d'Ambon, laquelle est nettement colorée en bleu et fortement
pléochroïque, et se montre d'ailleurs assez souvent en cristaux franche-
ment limités.
Les porphyres quartzifères n'apparaissent qu'au bord septentrional
du grand massif granitique et ils se sont apparemment formés sui-
vant un mode de solidification du magma granitique tout autre sur
les bords que dans l'intérieur. Il n'existe pas de cordiérite dans ces
porphyres; par contre, ils renferment souvent de la pyrite, un minéral
86
fort peu fréquent dans les granités ou qui y manque totalement. La
pâte de ces porphyres est microcristalline, avec entrelacement micro-
pegmatitique (granité graphique) de quartz et de feldspath; ce sont
donc des porphyres quartzifères granophyriques.
Le porphyre quartzifère n°. 1 de Tg. Batou merah a été analysé
par le Dr. O. Brunck, professeur à l'académie royale des mines à
Freiberg en Saxe:
No. 1.
Si 02 z= 77.46
Ti 0^ = traces
Al'O^ — 9.36
Fe'O' = 1.50
FeO = 0.85
CaO = 0.17
MgO =: 0.12
K2 O = 5.15
Na^O =z 1.36
H^ O = 3.40
Total z=z 99.37
La prédominance des alcalis, surtout de la potasse, par rapport à
la chaux, prouve que la roche fait partie des porphyres quartzifères
et non des porphyrites quartzifères; d'autre part, la teneur en soude
est trop faible pour la ranger dans les kératophyres quartzifères, avec
lesquels les roches nos. l et 88 ont beaucoup d'analogie en échantillons.
L'ingénieur P. Kleij, professeur extraordinaire pour la raichrochimie
à Delft, avait déjà analysé, dans le temps, la roche n". 1, spéciale-
ment au point de vue de sa teneur en alcalis; il en trouva environ
7 pet., et il constata, par voie microchimique, qu'au moins 4 à 5 pcl.
appartiennent à K^ 0. Ce résultat a été pleinement confirmé plus
tard par l'analyse de tantôt.
IV. Le terrain gréseux.
Des couches de grès sont à nu en différents points de Leitimor.
Le plus grand terrain gréseux existe au nord et au nord-ouest de
Routoung; au mont Api angous, il s'élève jusqu'à 309 m. d'altitude,
alors que les cimes Ehout, Tjolobaï et Hounitou atteignent respec-
86
tivement les altitudes de 273, 239 et 268 m. Ce terrain a été fortement
afîouillé par les affluents Warsia et Tané de la rivière Jori, de sorte
que la roche sous-jacente, une diabase, apparaît même dans le lit
de la Warsia. Au nord de l'Api angous, le grès disparaît sous les
dépôts quaternaires, mais s'y laisse voir dans nombre de rivières,
entre autres dans le lit de la Waï Hoka (affluent supérieur de la
Waï Batou merah), de la Tomo, de la Tomo ketjil, de la Batou
gadjah et de la Batou gantoung. Puis, il y a du grès au nord
du kampong Batou merah, à la montée vers le tombeau de Diepo
Nëgoro, où il se recouvre de matériaux quaternaires à cailloux
roulés ; puis encore à la première montée au sud d'Ambon, sur la
route de Kousou kousou sereh ; ensuite, un peu au sud de ce kampong,
dans le sentier vers Mahija (n*^. 188), en contact avec le granité à
170 m. d'altitude; enfin, sur la route d'Ambon à Soja diatas, depuis
83 jusqu'au delà de 100 m. d'altitude, confinant encore au granité.
11 n'est donc pas douteux que le granité, qui s'étend sous la couver-
ture quaternaire de Soja di atas jusque près d'Ambon, est presque
partout recouvert de grès et que les assises de grès de Kousou kousou
sëreh, dont il vient d'être question, continuent jusqu'à l'Api angous.
Constitution. La roche principale de ce terrain est un grès quartzeux,
pas fort dur, de teintes jaunes et brunes, parfois avec de petits
filonnets de quartz. Les couches inférieures de ce terrain et aussi
quelques couches interposées sont vert-grisâtre et très dures. Entre
les grès gisent des couches d^argilolites tendres, schisteuses, de teintes
grisâtres, et quelques bancs calcaires, la plupart d'épaisseur considérable ;
les derniers sont assez souvent devenus cristallins, et ne présentent
alors aucune trace de pétrifications; néanmoins, on a rencontré en
certains points quelques fossiles dans le calcaire gris sombre,
principalement dans la rivière Batou gantoung. On peut voir
distinctement que les schistes alternent avec les grès, entre autres
sur la route d'Ambon à Soja di atas. Après avoir passé le granité,
la route s'étend d'abord pendant 70 m. sur du grès, puis pendant
50 m. sur des schistes argileux et des argilolites tendres, très fissiles;
ensuite de nouveau sur du grès pendant 85 m.; et puis le tout se
recouvre de matériaux quaternaires incohérents. Le plus haut point
de la route où l'on puisse encore apercevoir les couches est à plus
87
de 100 m. d'altitude; ces couches se rattachent aux couches degrés
de la Tomo këtjil.
On trouve des argilolites tendres, très fines, jaunes et rouges (n". 84)
sur la route de Routoung à Ambon, après avoir passé la poridotite,
près la petite cime de 303 m. d'altitude; plus loin à l'ouest, dans
le même sentier, dans la vallée de la Waï Jouwa, le grès a été
creusé jusque dans la roche sous-jacente et l'on voit apparaître des
péridotites et. des serpentines très modifiées, notamment une roche
chloriteuse tendre, verte (n°. 85), et une roche de serpentine et de
muscovite (n®. 85a), qui ont déjà été décrites plus haut. Plus à l'ouest
encore, jusqu'à la péridotite de la Waï lia, viennent des grès com-
muns (n^. 86). Enfin, les gros blocs de brèche de serpentine (n°. 205)
de la Waï Warsia, au sentier de Halong à Routoung, font probable-
ment aussi partie des couches inférieures du terrain gréseux.
Position. La direction et l'inclinaison des couches fait voir que ce
terrain a été fortement troublé et qu'il a été contourné suivant un
grand nombre de plis synclinaux et anticlinaux.
A partir de l'extrémité occidentale, on trouve en premier lieu, à
la première montée sur le terrain quaternaire, derrière la maison de
la résidence, sur le sentier d' Ambon à Kousou kousou sëreh, un peu
de schistes grisâtres, dont la direction est de 30°, l'inclinaison de 50° au
nord-ouest. Aux couches dans la Batou gantoung, la direction ne
peut d'abord être nettement établie; et il en est de même pour la
couche de calcaire (n". 219) de 8 m. au moins d'épaisseur, interposée
dans les grès en amont du Batou Sëmbajang, à la grande sinuosité
de la rivière; mais plus en amont il y a entre les grès une couche
de calcaire (n^ 220) de 8 m. d'épaisseur, dont D = 30°, I = 70° au sud-
est. On a donc affaire ici à un pli anticlinal, dont le flanc septentrional,
près de la maison de la résidence, incline au nord-ouest, le flanc
méridional, au sud-est. La distance horizontale entre les deux points
où apparaît cette couche épaisse, mesurée perpendiculairement à la
direction de la couche, est de 900 m. Si ces deux couches calcaires
appartiennent à une seule et même couche d'un simple pli, l'épais-
seur de la partie inférieure de ce terrain, jusqu'à la couche de cal-
caire, est, pour une inclinaison moyenne des couches de 60°, égale à
Vj X 900 X sin. 60° ou 390 m. Cependant l'épaisseur totale du terrain
88
est considérablement pins grande, parce que très probablement les
couches inférieures du pli, au niveau de la rivière Batou gantoung,
ne sont pas les couches les plus basses de tout le terrain, et qu'au
dessus du calcaire il y a encore des couches de grès et d'argilolite.
Si l'on prolonge la ligne de direction vers le nord, depuis le point
où le calcaire supérieur (n°. 220), nommé plus haut, apparaît dans
la rivière Batou gantoung, cette ligne coupe la rivière Batou gadjah
précisément au seul point où l'on voit du calcaire (n°. 222) dans
cette rivière, de sorte qu'on a indubitablement affaire ici à la même
couche de calcaire. En amont de ce point, on ne trouve bientôt plus
de grès dans la Batou gadjah, mais uniquement de gros blocs de
granité, ce qu'il faut attribuer à une faille qui existe en cet endroit.
En effet, les couches qui sont à nu dans la petite rivière Tomo këtjil
ont une tout autre direction que celles de ci-dessus; cette direction
varie de 140° à 170°, et l'inclinaison est de 20° au nord-est. La dénuda-
tion sur le sentier voisin d'Ambon à Soja di atas ne permet aucune
mesure précise, car les couches y sont fortement contournées ; aux grès,
j'ai mesuré D=:140°, 1 = 25° au nord-est; mais aux argilolites
et aux schistes j'ai trouvé pour inclinaison 15°, 20°, 30°, surtout
40^ et même 70°. La faille qui existe apparemment entre les rivières
Batou gadjah et Tomo këtjil, côtoie probablement de très près ces
couches comprimées du sentier de Soja di atas. Au nord-est de cette
faille, le granité semble se trouver plus haut qu'au sud-ouest de la
faille, ainsi qu'elle est dessinée sur la feuille 5 de la carte n®. II;
ce qui explique d'une manière satisfaisante aussi bien la cessation
brusque des grès dans la rivière Batou gadjah, près du calcaire, et
l'absence de granité dans le cours inférieur de la même rivière, que
la présence des très grands blocs de granité au kampong Batou medj a,
à 300 m. au nord de la maison de la résidence, ainsi qu'il a déjà été
dit lors de la description du granité.
Dans la rivière principale, la Tomo, ne gisent que de gros blocs
de grès; et on ne peut pas davantage mesurer la direction aux cou-
ches du kampong Batou merah. Par contre, dans la Waï Hoka, cours
supérieur de la rivière Batou merah, les couches apparaissent distinc-
tement et y forment un pli anticlinal aigu dont D =z 50° et I =
80° au nord-ouest, au flanc nord et 50° au sud-est au flanc sud. A
89
l'est de ce point, la route de Routoung s'étend sur un plateau quater-
naire jusqu'à la Waï lia. le principal affluent supérieur de la Waï
Rouhou, qui se jette dans la baie Intérieure pn-s de Gelala; ensuite
on monte en pente raide sur de la péridotite et à 250 m. d'altitude
viennent de nouveau des grès (n**. 86) dont D = 150° environ, mais
dont l'inclinaison n'est pas distincte, parce que la dénudation est
fort limitée. Aux argilolites tendres (n". 84) à la cime de 303 m.
d'altitude, on ne peut mesurer la direction. Viennent ensuite des grès
avec une couche calcaire interposée, déjà trouvée par Martin (37, p. 69).
Je n'ai pu en déterminer la direction. A la descente abrupte vers
Routoung, j'ai mesuré aux grès (n". 82), D = 140°, 1 = 30° au
sud-ouest; on arrive alors, à l'extrémité supérieure d'une terrasse,
à une couche de calcaire gris clair, un peu schisteuse (n". 82a), de
124 m. d'altitude, épaisse de V3 ni., qui repose sur les grès et fait
partie d'un terrain beaucoup plus jeune; puis, à des schistes argileux,
bleus et gris, dont D = 168°, I = 74° à l'est et D = 170°, I = 80° à
l'est; enfin, encore à des grès jusqu'à Routoung. On voit qu'ici
encore les couches forment un ou plusieurs plis aigus, synclinaux et
anticlinaux.
Bien qu'on ait levé la ligne de faîte depuis le mont Hounitou
jusqu'à l'Ehout, en passant par le Tjolobaï, ainsi que le sentier qui de
Routoung se dirige au nord vers le mont Api angous, en traversant
les rivières Tané, Djëremehou et Warsia, on n'a pu, presque nulle
part, déterminer exactement la position des couches. Dans la
Djëremehou on pouvait voir des couches d'un grès dur, vert, en
bancs épais sensiblement horizontaux, avec une légère inclinaison vers
l'est ou le nord-est. Dans la Warsia on trouve, en aval du gué du
sentier de Routoung à l'Api angous, les blocs de brèche de serpen-
tine (n". 205) déjà cités ci-dessus, et la diabase (n^. 204a) y existe
à l'état de roche massive. Mais en amont de ce passage on trouve
des grès pyritifères très durs, gris-bleuâtre, en couches nettes, formant
des bancs épais, dont D == 120°, I = ± 50° au nord-est. Ces couches
appartiennent sans aucun doute à la partie inférieure du terrain,
et il en est probablement de même des brèches de serpentine de
la Warsia.
Comme le sentier qui conduit de ce point jusqu'au sommet de
90
l'Api angous s'étend dans une direction sud-ouest, donc sensiblement
perpendiculaire à celle des couches dont nous venons de parler, nous
avons non seulement levé ce sentier, mais nous l'avons même exploré
avec le plus grand soin, dans l'espoir d'y trouver un profil complet
du terrain, depuis les couches les plus basses jusqu'aux plus élevées,
et d'en déduire l'épaisseur de ce terrain. Toutefois, je n'ai pu y
réussir, car à la montée on ne voit nulle part des couches convenables,
mais çà et là seulement des fragments d'un grès jaune, pas très
compacte, dont la direction et l'inclinaison ne sont pas à mesurer
et dont on n'est même pas certain s'il se trouve en concordance ou
en discordance sur les couches de la Warsia. Il y a une différence
sous le rapport pétrographique : les couches inférieures sont très
compactes et la plupart de teinte verte; celles situées jdIus haut
sont moins cohérentes et jaunes, ce que je crois toutefois pouvoir
attribuer uniquement à l'altération, puisqu'on observe la même chose
dans les rivières Batou gantoung et Batou gadjah. Ailleurs encore,
je ne suis pas arrivé à découvrir des étages différents dans le terrain
gréseux; le tout me semble former un ensemble continu, qui. avec
les couches calcaires interposées, a été comprimé de manière à
former plusieurs plis.
La différence de hauteur entre le point de la Warsia, où l'on peut
voir les couches inférieures, et le sommet de l'Api angous s'élève
à 220 m. ; la distance horizontale de ces points, mesurée perpendicu-
lairement à la direction des couches (120°) et de 860 m. Si l'on
admet que les couches se succèdent partout régulièrement, et conser-
vent l'inclinaison de 50"^, leur épaisseur devrait être exprimée par
860 sin. 50° — 220 cos. 50° = 517 m.
Et si les couches au sud-ouest de l'Api angous conservent aussi la
même direction et la même inclinaison, l'épaisseur de tout le terrain
peut même s'élever au double de 517, donc à 1000 m. environ.
Mais, je le répète, nous n'avons pu constater ni la succession
régulière des couches ni leur inclinaison, et par suite leur épaisseur
demeure incertaine. Si p. ex. l'inclinaison moyenne des couches était,
non de 50°, mais de 40° seulement, le chiffre 517 se changerait déjà
en 384 m.; et l'on arrive à de tout autres valeurs encore, lorsqu'on
a affaire à des plis anticlinaux et synclinaux. Il est donc clair, qu'à
91
défaut d'un profil complet, on ne saurait indiquer l'épaisseur des
couches d'une manière exacte. Comme nous avons trouvé plus haut
pour l'épaisseur d'une partie du terrain de la rivière Batou gantoung
le chiffre de 390 m., on ne peut tenir pour absolument inadmissible
celui de 500 m. et même de 1000 m., pour l'épaisseur totale du
terrain de l'Api angous.
Au dessus de Routoung, sur la route d'Ambon, gisaient en 1898
quelques morceaux d'un calcaire sombre; je ne les ai plus retrouvés
en 1904, et il m'a été communiqué que dans le temps on les avait
transportés en cet endroit pour combler les creux de la route, fortement
entamée par les eaux. Ils étaient probablement originaires de la
couche calcaire qui apparaît plus haut dans la montagne et dont il
a déjà été question ci-dessus. Du moins, je ne connais pas d'autre
point où il existe du calcaire dans la chaîne de Routoung.
Age du terrain. L'âge exact de ce terrain de grès et de schiste argi-
leux n'a pas encore pu être déterminé, par suite du manque de pétri-
fications nettes. Celles-ci ne se montrent que dans les bancs de calcaire
interposés, lesquels sont assez souvent complètement cristallins et ne
présentent plus dès lors aucune trace de fossiles, comme cela a lieu,
entre autres, dans la rivière Batou gadjah.
Le calcaire sombre (n''. 219) de la couche dans la rivière Batou
gantoung, dénudé un peu en amont du Batou Sëmbajang, et dont
quelques gros blocs gisent aussi plus bas dans le lit de la rivière, est
jusqu'ici le seul qui ait fourni des coquilles assez bien conservées, dont
quelques-unes ont été examinées, pour la première fois, par le Baron
A. VON Reinach à Francfort sur le Main. D'après ce savant, les pétri-
fications ressemblent à celles du calcaire de Hallstâdt (trias des Alpes),
quelques-unes même à des fossiles du Rothliegendes (grès rouge du
dyas); mais à cause de la rareté et de la mauvaise conservation des
matériaux, il n'a pu émettre aucun jugement sur leur âge exact. Plus
tard, on a trouvé encore d'autres pétrifications qui ont été envoyées au
Prof. Martin à Leyde. Dans un compte rendu de mon mémoire n°. 42
(Over de géologie van Ambon (I)), publié dans leTijdschrift van het
K. N. Aardrijkskundig Genootschap, XVI, 1899, bdz. 656, Martin dit
de ces pétrifications, que pour une détermination précise elles étaient
dans un état de conservation tout à fait insuffisant ; mais qu'au point
92
de vue pétrographique, la roche ressemble fort à du calcaire carbonifère,
entre autres à celui de Visé et de Ratingen, ainsi qu'il l'avait déjà
dit dans son mémoire n°. 3!? (p. 69).
Depuis cette époque, conformément au désir exprimé par le Prof.
G. BoEHM à Fribourg en Brisgau et par moi-même, on a recueilli, par
pétardement, une grande quantité d'échantillons de ces deux couches
de calcaire dans la rivière Batou gantoung, avec le concours et l'aide
si appréciés du capitaine du génie F. W. P. Clignett à Ambon.
Néanmoins la récolte utile en fossiles a été fort maigre. Le Prof.
BoEHM, qui a examiné ces fossiles, a eu l'obligeance de me faire à
ce sujet la communication suivante.
Ueber Brachiopoden aus einem âlteren Kalkstein der
Insel Ambon.
Von Professor Dr. G. B o e h m.
Im Jahre 1904 verofifentlichte ich — Palaeontographica, Supplé-
ment IV — den ersten Abschnitt der ersten Abtheilung meiner
«Beitrage zur Géologie von Niederlândisch Indien». In der «Allge-
meinen Einleitung» ist dort erwâhnt, dass Herr Dr. R. D. M. Verbeek
mir in seinem gastfreien Hause in Buitenzorg verschiedene Fossilien
aus den Molukken vorlegte ; darunter befanden sich auch einige aus
dem Batu gantung Taie auf Ambon. Sie waren 1898 von Verbeek
aus einem losen Block gesammelt, steckten in einem dunklen, un-
reinen Kalkstein, der in der Sammlung Verbeek die Gesteinsnummer
219 trug, waren aber so mangelhaft erhalten, dass jede nâhere Be-
stimmung unmôglich erschien. Jetzt kann ich sagen, dass das eine
Fossil sicher zu Rhynchopora malayana gehôrt, einer neuen Art, die
spâter behandelt werden wird. Ferner legte mir Herr Verbeek Kalk-
stûcke vor, die ziemlich weit flussaufwârts im Batu gantung Taie
einer zwischen Sandsteinen anstehenden Kalkbank entnommen waren.
Sie trugen die Nummer 220 und enthielten Fossilreste, die zur Zeit
ebenfalls fur mich unbestimmbar waren. Jetzt kann ich sagen, dass
Rhynchopora ambonensis vorliegt, auch eine neue Art, die spàter
behandelt werden soll.
Bei meinem wiederholten Aufenthalte in Ambon habe ich mich
93
vergeblich bemxiht, im Batu gantung Taie anstehende Kalkbànke
zu finden. Dagegen stiess ich daselbstauf einen grossen Blockschwarz-
grauen Kalkes, der zahlreiche Durchschnitte von Fossilien enthielt.
Es war unmoglich, mit Hamraer und Meissel Stiicke abzuschlagen
und Sprengmittel waren zur Zeit nicht verfûgbar (i). Dagegen teilte
mir der Herr Genie-Kapitàn F. W. P. Clignett, der damais in Ambon
garnisonierte, mit, dass er in naher Zeit solche Mittel zur Zerstorung
des alten Forts erwarte, alsdann wolle er auch jenen Block fur
mich sprengen lassen. Ich verliess bald darauf Ambon, der dortige
Naturalienhàndler Rey jedoch, der mich auf der einen Exkursion im
Batu gantung Taie begleitet und sich auf meinen Wunsch die Lage
des Blockes genau gemerkt batte, konnte die Fûhrung iibernehmen.
Einige Zeit nach meiner Ankunft in Freiburg i. Br. trafen denn
auch von Rey Gesteinstriimmer von Ambon ein. Sie stellten einen
richtigen Brachiopodenkalk (^) mit zahlreichen Brachiopoden dar,
andere Fossilien waren in dem Gestein nicht vorhanden. Herr Clignett
bat dann spâter Herrn Verbeek und mir je eine Sendung Kalke
von Ambon geschickt. Tn der Sendung an Herrn Verbeek fand
sich, wenn auch selten, Rhynchopora ambonensis und ferner ein
kohliger Stengelabdruck. Der Kalk ist wiederum sehr unrein, unter
anderem mit vielen Glimmerblâttchen.
Im Jahre 1904 kam Herr Verbeek erneut nach Ambon. Er be-
suchte, und zwar in Gesellschaft des Herrn Clignett, noch einmal
das Batu gantung Tal und stellte hierbei fest: 1. Dass seine ein-
gangs erwâhnten Handstûcke N". 219 des Jahres 1898 von dem
Blocke stammten, den Herr Clignett spâter fiir mich sprengen liess
und dcssen Bruchstiicke mir Rey zugescbickt hat. 2. Dass die
erwâhnten Sendungen Clignetts an ihn und mich aus einem Kalk
stammten, der etwas oberhalb jenes losen Kalkblocks ansteht.
Herr Verbeek besuchte damais auch, mit Herrn Clignett, die
weiter flussaufwârts anstehende Kalkschicht, von der er mir Proben
mit Rhynchopora ambonensis schon 1900 in Buitenzorg vorgelegt
batte. Auch von dieser liess Herr Clignett, der Bitte Verbeeks fol-
(1) Verg-l. Zeitschrift d.d. geo\. Gesellschaft, Band 54, 1902, S. 74.
(2) Vergl. Comptes rendus du IX Congrès géol. internat.. Vienne, 1903, p. 4.
94
geiid, sammeln; das Material enthielt nur unbestimmbare Spuren
von Fossilien.
Es ist nach den obigen Mittheilungen nicht zu zweifeln, dass aile
in Rede stehenden Kalke zusamraen gehoren. Dies um so weniger,
als nach Angabe des Herrn Verbéek die petrographische BeschafFen-
heit der betreffenden Kalke ziemlich die gleiche ist; nur enthâlt
N". 220 ein wenig Granitgruss, hauptsâchlich Quarzscherben.
Eine eingehende Darstellung der Brachiopoden von Ambon werde
ich demnâchst an anderer Stelle geben. Hier beschrânke ich mich,
dem Wunsche des Herrn Verbeek folgend, auf eine kurze Beschrei-
bung. Bevor ich jedoch dazu iibergehe, ist es auch mir eine ange-
nehme Pflicht, Herrn Genie-Kapitân F. W. P. Clignett fur seine
unermiidliche Liebenswûrdigkeit herzlich zu danken.
Spiriferina, d'Orbigny.
Zur Gattung Spiriferina stelle ich im Nachfolgenden 3 Arten, die
sich nach ihrer Skulptur leicht unterscheiden lassen. Da das Material
es mir nicht ermoglichte, Beobachtungen ûber den inneren Bau
anzustellen, so bleibt die Gattungsbestimmung, besonders bei Spiri-
ferina malayana, zweifelhaft.
1. Spiriferina ambonensis, n. sp.
Die kleine, mit wenigen, entfernt stehenden Falten bedeckte Art
erinnert in der Form an Spiriferina pyramidata, Tschernyschew,
unterscheidet sich jedoch von ihr sowohl durch die Skulptur, als
auch vor Allem wesentlich dadurch, dass bei unserer Form die
Maximalbreite der Schale die Lange des Schlossrandes ziemlich
ûbertrifft.
Untersuchte Stuche: 9.
2. Spiriferina moluccana, n. sp.
Die kleine Species gehôrt mit der vorigen Art wohl in dieselbe
Gruppe, sic unterscheidet sich jedoch augenfàllig durch ihre Skulptur.
So enthâlt vor Allem der Mediansinus der Ventralklappe einen
schwachen Wulst und die Medianfalte der Dorsalklappe spaltet sich
95
im oberen Drittel in zwei gleich starke Aeste. Die Punktierung der
Sehale scheint grober zu sein als bel der vorigen Art.
Untersuchte Stûcke: 5.
3. Spiriferina malayana, n. s p.
Von dieser kleinen Art liegen mir nur die Wirbelpartien der
Ventralklappen vor, sodass hier die Gattungsbestimmiing besonders
unsicher ist. Die Stûcke unterscheiden sich von den Ventralklappen
der beiden vorher erwixhnten Spezies dadurch, dass die Skulptur
nicht aus wenigen Falten, sondern ans dichtstehenden Rippen besteht,
die vom Wirbel radial zum Stirnrande ausstrahlen. Die Punktierung
der Sehale erscheint bei der vorliegenden Erhaltung fein, aber doch
durchaus deutlich.
Untersuchte Stûcke: 10.
Athyris, M'Coy.
Zur Gattung Athyris rechne ich mehrere Stûcke, die sich nach
ihrer âusseren Form vielleicht in zwei Abarten unterscheiden lassen.
Da die Oberflàche glatt erscheint, so wûrden beide nach Zitïel-
Eastman, Text-Book of Palaeontology, S. 339, zur Gruppe Seminula
gehoren.
4. Athyris ambonensis. n. sp.
Die Art erinnert an gewisse Formen der sehr variablen Seminula
subtilita, Hall, sie ist dreiseitig, langer als breit, an mehreren Exem-
plaren habe ich durch Anschleifen die Durchschnitte der Spiralen
blosslegen konnen. Ein einzelnes Exemplar ist breiter als lang, man
konnte es vielleicht als Var. moluccana unterscheiden.
Untersuchte Stûcke: 6.
Rhynchonellidae, d'Orbigny.
5. Rhynchopora ambonensis, n. sp.
Die kleine, mit ca. 24 Rippchen bedeckte Art erinnert in der
âusseren Form an Rhynchonella multirugata, de Koninck, oder an
Rhynchonella Carapezzae, Gemmellaro, doch wird bei diesen beiden
Arten keine Punktierung der Sehale angegeben.
Untersuchte Stûcke: 35.
96
6. Rhynchopora malayana, n. sp.
Die kleine Art unterscheidet sich von Khynchopora ambonensis
durch grossere Dicke, auch ist der Sinus der Ventralklappe stets
deutlich entwickelt. Bei einem einzelnen Exemplare ist letzteres ganz
besonders der Fali, man kônnte dièses Exemplar vielleicht als Var.
moluccana abtrennen. Unsere Formen erinnern an Rhynchopora
Nikitini, Tschernyschew, sie sind aber dreiseitiger, mehr geflûgelt
und mehr deprimiert.
Untersuchte Stûcke: 30.
Terebratulidae, King.
7. Dielasma ambonense, n. sp.
Die Species erinnert an Dielasma biplex, Waagen, unterscheidet
sich aber durch ihre àussere Form. Die krâftigen Zahnstiitzen der
Ventralklappe habe ich durch Absprengen des betrefFenden Wirbels
freigelegt. Die Punktierung der Schale ist sehr deutlich.
Untersuchte Stûcke: 4.
8. Waldheimia ambonensis, n. sp.
Drei mir vorliegende Stûcke dûrften zu Waldheimia gehoren. Mit
schon beschriebenen Arten vermag ich das Vorkommen nicht zu
vergleichen.
Es liegen ausserdem noch Reste anderer Brachiopoden vor, die
aber zu mangelhaft erhalten sind, um eine nâhere Bestimmung zu
ermôglichen. Ferner befindet sich in der Sendung des Herrn Kapitiin
Clignett an Herrn Verbeek, wie schon eingangs erwâhnt, ein an-
scheinender Pflanzenrest.
Wenn man versucht, auf Grund der obengenannten Brachiopoden
einen Schluss auf das genaue Alter der sie umschliessenden Kalke
zu ziehen, so stosst man auf unûberwindiiche Schwierigkeiten. Die
Arten scheinen mir aile neu zu sein, sind also zur engen Horizon-
tierung nicht ohne weiteres verwendbar. Aber auch die Gattungen
fuhren zu keinem befriedigenden Ergebnis. Spiriferina reicht nach
ZiTTELs Grundzûgen der Palâontologie (1903) vom Karbon bis zum
Lias, Athyris vom Silur bis zur Trias, Waldheimia vom Silur bis
in die Jetztzeit. Die Gruppe Dielasma giebt Zittel 1. c. S. 269 von
.97
Devon bis Perm an, doch reicht sie bis in die obère Trias. Esbleibt
deshalb nur Rhynchopora. Dièse Gattung ist nun allerdings meines
Wissens bisher nur im obern Karbon und in der Dyas bekannt,
und sie ist um so wichtiger, als hier die Gattungsbestimmung nicht
zweifelhaft ist. Aber es muss nachdrûcklich erwâhnt werden, dass
das entscheidende Merkmal von Rhynchopora, nâmlich die punktierte
Schale, leicht iibersehen werden kann. Es ist deshalb sehr wohl
môglich, dass die in Frage stehende Gattung auch noch ins Mesozoikum
hinaufreicht. Immerhin bin ich, wenn auch mit aller Reserve, geneigt,
den Brachiopodenkalken der In sel Ambon ein jung-palâozoisches
Alter zuzuschreiben, man darf es vielleicht um so cher, als jûngeres
Palâozoikum sowohl von Timor als auch von Sumatra bekannt ge-
worden ist. Fur jûnger als Trias wird man unsere Brachiopodenkalke
kaum halten konnen.
Freiburg ijBr.j 10 August 1905.
(Gez.) G. BoEHM.
Conformément à la détermination du prof. Boehm, le terrain a été
indiqué, sur les cartes nos. I et II, comme paleozoïque supérieur ; toute-
fois avec un point d'interrogation, car cet âge n'est pas encore tout
à fait fixé, et il se pourrait que, par la découverte de nouveaux fos-
siles, ce terrain fût reconnu comme iriasique. ^
Composition pétrographique des roches.
La plupart des grès jaune clair sont trop friables pour se laisser
tailler en plaques minces; tels sont, entre autres, le n°. 84 au-dessus
de Routoung, le n". 86 à l'ouest de la Waï Jouwa, à 250 m. d'altitude,
l'un et l'autre sur la route de Routoung à Ambon, et le n". 188 au
sud de Kousou kousou sereh, sur la route de Mahija. Ils consistent
en grains de quartz dans une pâte d'argile ferrugineuse, et de nom-
breuses petites paillettes de mica. Certains grès contiennent des veines
minces de quartz. Il n'est pas douteux que ces grès n'aient été
constitués par des débris de granité.
N*». 72. Grès gris verdâtre clair, dans la vallée de la Batou gadjah,
en dessous du calcaire. Au microscope, des éclats de quartz avec
inclusions de bulles liquides, des feldspaths ternes, de petits morceaux
7
limpides de plagioclase, quelques sections allongées de rauscovite, de
petits grains de rutile, du minerai noir spongieux, ainsi que des
grains de pyrite dans une pâte argileuse trouble, gris clair, contenant
un très grand nombre de petites fibres de mica extrêmement fines.
Donc, un gravier de granité. La croûte d'altération est brune. Grès.
N". 73. Encore un grès de la vallée de la Batou gadjah, en dessous
du calcaire, mais plus en amont. En échantillons, il est brun-grisâtre,
à petits i)oints blancs (particules de kaolin). Au microscope, le grain
est un peu plus grossier que celui du no. 72 ; la roche contient cepen-
dent les mêmes éléments, sauf la pyrite. La couleur brune est pro-
duite par l'hydroxyde de fer. Ch^ès.
N". 74 (= n°. 222). Calcaire de la vallée de la Batou gadjah,
au-dessus des nos. 72 et 73. En échantillons, compacte, de teinte gris
clair, sans fossiles. Au microscope, la pâte trouble consiste entièrement
en très petits grains de calcaire spathique. Elle contient quelques
baguettes limpides, aiguilles de spongiaires peut-être, et un très grand
nombre de particules irrégulièrement limitées qui se font remarquer
par une teinte un peu plus sombre que la pâte. Elles paraissent
appartenir à des foraminifères, mais on n'a pu en déterminer aucune,
leur structure n'étant visible nulle part. Calcaire.
N". 82. Montagne en arrière de Routoung. Ce grès jaune clair ou
jaune-verdâtre est très friable. Au microscope, du quartz, du minerai
et des grains de pyrite dans une masse argileuse trouble, colorée en
brun par de l'hydroxyde de fer. Cette pâte argileuse polarise en
fibres, par le présence d'un grand nombre de paillettes de mica
excessivement fines. Encore un débris de granité. Grès.
N". 201. Roche gris-verdâtre, assez compacte, à grain fin, en blocs
incohérents et aussi à l'état massif dans le cours supérieur de la
Waï Rikan, au nord du mont Api angous. La roche est traversée
par de minces veines de quartz. Au microscope, des fragments
anguleux ou arrondis de quartz, du feldspath trouble (orthoclase),
de petits morceaux de plagioclase et de la muscovite incolore; le
tout dans une pâte trouble de particules de quartz, de fibres vert
clair de mica, de particules troubles d'argile, de grains de titanite,
de minerai de fer avec leucoxène et de pyrite. Grès dur.
Nos. 203a et 203. Grès en bancs épais dans la Waï Warsia, en
99
amont du passage du sentier de Halong à Routoung, par le mont
Api angous. Couleur gris-bleuâtre; roche dure, à grain fin. Le n'^. 203
sont des fragments roulés des couches 203a; ils sont gris-verdâtre
et durs. En échantillons, et aussi au microscope, ils ressemblent fort
au n". 201. On observe au microscope quelques gros éclats de quartz
avec de nombreuses inclusions de bulles liquides, dans une pâte plus
fine, consistant en particules de quartz et de mica; ces dernières
incolores ou vert clair, avec ilménite, titanite, leucoxène, pyrite,
apatite, quelques zircones, très peu de calcite, ainsi que des taches
d'hydroxyde de fer. Des particules troubles avec fibres de mica ont
été probablement de l'orthoclase. Aussi des plagioclases qui polari-
sent encore distinctement, toujours à petits angles d'extinction
(8° à 10°). Le mica tordu en corde est peut-être de la biotite
décolorée; dans un seul éclat de quartz on trouva encore une pail-
lette inaltérée de biotite; mais la plus grande quantité de mica est
de la muscovite incolore ou vert clair. Grh^ évidemment un gravier de
granité, de porphyre quartzifère et peut-être aussi de diabase quartzifère.
N". 219. Couche inférieure de calcaire dans la rivière Batou gantoung,
au-dessus du rocher Batou Sëmbajang, entre des grès; épaisseur 8 m.
Ce calcaire grisâtre sombre, compacte, contient quelques coquilles,
des brachyopodes (décrits ci-dessus par le Prof. Boehm), dont on
peut voir les sections au microscope. Pas de foraminifères reconnais-
sablés. Du minerai et de l'hydroxyde de fer. La roche est en grande
partie microcristalline. Calcaire.
W. 220. Couche supérieure de calcaire dans la rivière Batou gantoung,
plus en amont, entre des grès; épaisseur 8 m. En échantillons, grisâtre
sombre jusqu'au grisâtre clair, compacte ; çà et là avec veines de calcaire
spathique ; parfois brécheuse, par des morceaux de calcaire de teinte
claire dans un calcaire plus sombre. Pas de grands fossiles, ni coquilles
ni foraminifères. Au microscope, le calcaire brécheux laisse voir des
morceaux de calcaire troubles, de teinte claire, microcristallins, gisant
dans une pâte sombre. Dans ces morceaux clairs, on peut voir des
sections de foraminifères, qu'on ne peut cependant pas déterminer.
La pâte sombre consiste aussi essentiellement en calcaire spathique,
avec beaucoup de minerai, en grains et en particules spongieuses et
en forme de taches, et coloré par un pigment brun sombre, en granules
lôô
très petits. Ensuite, un très grand nombre de petits fragments de
quartz avec inclusions de bulles liquides et un bord de particules
limpides de calcite; peu de feldspatb limpide avec de fines stries
croisées, probablement de la microcline ; des particules troubles sont
sans doute en partie de l'orthoclase transformée, en partie des mor-
ceaux d'un schiste compacte. Pas de foraminifères. C'est donc un
calcaire, avec inclusions de débris de granité.
N". 221. Grès dur, gris-verdâtre, en amont du calcaire n°. 220,
interposé dans des grès tendres et des schistes argileux dans la rivière
Batou gantoung. Au microscope, il ressemble beaucoup aux nos. 201
et 203a; il est seulement d'un grain un peu plus fin, et il contient
beaucoup de pyrite. Grès dur.
N°. 222 (= n°. 74). Calcaire compacte, grisâtre clair; affleurant
dans le lit de la rivière Batou gadjah. Recueilli plus tard que le
n**. 74, mais du même gisement. Des particules rondes de calcaire
spathique sont probablement des sections de minces pédicules de
crinoïdes. A l'oeil nu, d'ailleurs, on ne peut voir aucun fossile. Au
microscope, la roche microcristalline, de teinte claire, est totalement
remplie de sections un peu plus sombres de foraminif«Tes et autres
fossiles, que l'on ne peut absolument pas déterminer. Calcaire.
V, Roches éruptives récentes.
Nous arrivons maintenant au grand groupe de roches éruptives,
que j'ai déjà réunies en 1899, dans mon mémoire n". 42 (Over de
géologie van Ambon I) sous le nom d'wAmbonites», parce que, bien
que fort différentes par le caractère pétrographique, elles se font
connaître comme des membres d'une même famille, tant par la façon
dont elles se présentent, toujours ensemble, que par certains éléments
caractéristiques; il est donc désirable de se servir pour elles d'un
seul nom collectif, afin de ne pas devoir à chaque instant retomber
dans des descriptions détaillées lorsqu'on parle de ces roches d'une
manière générale. Ceci n'empêche pas cependant que les divers mem-
bres de ce groupe peuvent être désignés chacun par une dénomination
spéciale, et le seront aussi d'ailleurs; de sorte que le choix d'un nom
collectif n'a nullement pour but ici d'y comprendre des grandeurs
inconnues, ainsi que cela se pratique quelquefois.
101
Âge. Dans la détermination de l'âge de ces roches, on rencontre
quelques difficultés, parce que les sédiments qui y succèdent immé-
diatement sont d'âge tertiaire très récent sinon quaternaire.
Dans la montagne au sud d'Amahousou il existe de la péridotite
au flanc de la montagne jusqu'à l'altitude de 317 m.; elle est re-
couverte jusqu'à la ligne de faîte par une roche porphyrique micacée
qui appartient à nos Ambonites et qui est donc plus jeune que
la péridotite.
Avant mon arrivée à Ambon, je ne doutais pas de l'âge tertiaire
de ces roches, non seulement parce qu'elles avaient été décrites par
ScHROEDER VAN DER KoLK commc uuc dacitc commune, mais aussi
par ce qu'un géologue Indien est fort porté à tenir pour tertiaires
toutes les roches éruptives récentes, vu que tel est constamment le
cas dans la partie occidentale de l'Archipel Indien.
Mais, aussitôt mon arrivée à Ambon, mon opinion s'est modifiée
rapidement; j'ai constaté que le Touna ou Wawani n'était pas un
volcan ; et même qu'il n'y avait presque rien à voir d'anciennes ruines
volcaniques; j'ai reconnu que les roches éruptives étaient tout autres
que les tertiaires, même les plus anciennes de Java et de Sumatra;
en échantillons déjà elles sont moins fraîches le plus souvent, et
d'ordinaire elles ont des teintes remarquablement pâles, parfois presque
blanches, à l'exception des membres basiques de la famille, les méla-
phyres, qui sont gris-verdâtre ou vert-grisâtre, parfois presque noirs;
mais ces derniers ne ressemblent en rien à nos basaltes tertiaires,
qui renferment presque toujours de l'olivine encore inaltérée, tandis
que ce minéral n'existe que très exceptionnellement sans altération
dans les mélaphyres d' Ambon, où il est presque toujours totalement
décomposé. C'est seulement dans les croûtes vitreuses de ces roches
qu'il existe encore de l'olivine inaltérée et même très fraîche. Ensuite,
les Ambonites renferment de gros cristaux de cordiérite bleue et de
grenat rouge brun, qui donnent à ces roches un caractère tout parti-
culier, difîérent de tout ce que nous avons pu trouver jusqu'ici dans
l'Inde. Par contre, en Europe, ces deux minéraux — le plus souvent
en inclusions, provenant de roches plus anciennes, principalement
de gneiss à cordiérite, ou formées par la fusion de ces fragments —
se présentent également dans les andésites et les dacites, qui sont
102
rattachées à la période tertiaire, quoique pas toujours avec une certi-
tude absolue. C'est ainsi que parmi les roches du Cabo de Gâta, en
Espagne méridionale, une petite partie, la «vérité" ^ est plus récente que
le pliocène; les andésites à pyroxène sont pZiocèTîes; mais la plus grande
masse, notamment les andésites à hornblende et à mica, ainsi que
les dacites, sont plus anciennes que le pliocène; et l'âge ne peut être
déterminé plus exactement, à défaut de sédiments tertiaires plus
anciens. Ce n'est que dans ce dernier groupe (andésites à hornblende
et à mica et dacites) qu'il existe des filons de minerai, ce qui indique
un âge notablement plus avancé relativement aux autres roches.
(A. OsANN. Ueber den geologischen Bau des Cabo de Gâta. Zeitschr.
d. d. geol. Gesellsch. XLIII, 1891, S. 342 und 344).
Les roches à cordiérite des Maremmes de la Toscane (Campiglia
marittima, Roccastrada, etc.) appartiennent toutefois, d'après Lotti,
Dalmer, Matteucci et d'autres encore, à la période tertiaire, il en
est de même, selon Koch, de celles de la chaîne de montagnes à
la rive droite du Danube, au nord de Buda-Pesth (B. Lotti: Corre-
lazione di giaciatura fra il porfiro quarzifero e la trachite quarzifera
nei dintorni di Campiglia. Atti délia Società Toscana. Vol. VIL
K. Dalmer: Die Quarztrachyte von Campiglia etc. Neues Jahrb f.
Min. 1887 II, S. 206—221. R. V. Matteucci: La regione trachytica
di Roccastrada (Maremma toscana). Boll. R. Com. geol. d'Italia 1890
I, p. 237. A. Koch: Geologische Beschaffenheit der am rechten Ufer
gelegenen Hâlfte der Donautrachytgruppe (St. Andrâ-Visegrader Ge-
birgsstock) nahe Budapest. Zeitschr. d. d. geol. Gesellsch. XXVIII
1876, S. 298-349).
On a rencontré aussi de la cordiérite dans une andésite de Lipari
(A. Bergeat. Cordierit- und granatfiihrender Andesit von der Insel
Lipari. Neues Jahrb. f. Min. 1895 II, S. 148).
L'âge d'une roche à cordiérite (vitrophyrite) de l'Afrique du Sud,
décrite par Molengraaff, est inconnu. (N. Jahrb. f. Min. 1894 I, S. 79)
Dans les Indes néerlandaises on ne connaît des rognons de cordiérite
qu'au Sapoutan, comme fragments d'âge inconnu inclus dans des pro-
duits d'éruptions récentes de ce volcan. (H. Bûcking. Cordierit von Nord-
Celebes etc. Berichte der Senckenb. naturf. Gesellsch. in Frankfurt am
Main 1900, S. 3—20). On a aussi trouvé de la cordiérite à certains volcans
103
du Japon (l'Asama, l'Iwaté et dans une colline près de Nagano) ; jamais
il est vrai dans les coulées de lave mêmes, mais exclusivement dans
des blocs blancs projetés par le volcan, à cassure conchoïdale, qui
sont donc évidemment aussi des fragments anciens. (B. Kotô. On the
géologie Structure of the Malayan Archipelago. Journal of the Collège
of Science. Tokyo, XI, 1899, p. 97, note 32).
Dans les roches d'éruption tertiaires et plus récentes de l'ouest de
l'Archipel Indien, les roches vitreuses sont déjà peu fréquentes, et
même les verres hydrofères sont particulièrement rares. Or ce sont
précisément ces derniers qui, à Ambon, se rencontrent en très grande
quantité parmi nos jeunes roches d'éruption.
Enfin la teneur en bronzite des espèces acides des Ambonites est
bien plus grande que dans les andésites tertiaires de l'Inde, au point
même qu'il n'est pas rare que l'augite y manque totalement. C'est
seulement dans les mélaphyres d'Ambon que le pyroxène rhombique
arrive à l'arrière-plan relativement au pyroxène monoclinique.
Les points que nous venons d'énumérer donnaient aux Ambonites
une place tout à fait spéciale parmi les roches éruptives de l'Inde,
et rendaient déjà invraisemblable qu'elles pussent appartenir à la
période tertiaire, bien qu'on restât toujours dans l'attente de données
plus précises relativement à leur âge. C'était donc une heureuse
trouvaille, lorsque nous rencontrâmes dans l'ouest de Hitou et à la
pointe occidentale de Leitimor des mélaphyres divisés en sphères
irrégulières et à croûtes vitreuses; ces dernières se montraient,
à l'examen microscopique, parfaitement identiques à une roche
vitreuse de la baie de Tjilëtou, dans l'ouest de Java, qui y fait égale-
ment partie des roches très rares et qui, à la vérité, n'a été trouvée
qu'en blocs incohérents roulés dans le lit de la petite rivière Bouwaj a,
mais provient incontestablement de conglomérats grossiers, affleurant
plus haut dans la rivière comme base du terrain éocène (Verbeek
et Fennema, Description géologique de Java et Madoura 1896, p. 556).
Dans tout le terrain de Tjilëtou, ces conglomérats consistent exclu-
sivement en blocs roulés et en fragments de roches pré-tertiaires,
notamment de diabases et de mélaphyres, de calcaires cristallins,
probablement crétacés, sans pétrifications, de tuf diabasique vert
terne, de quartzites et de quartz blanc de filon. Il n'existe pas
104
d'andésites dans ces conglomérats, et ne sauraient d'ailleurs y exister,
car nulle part dans le voisinage on ne trouve de roches éruptives
tertiaires; ce n'est qu'en dehors du terrain de Tjiletou proprement
dit, au pied de la paroi du Lingkoung, dans la vallée de la Tji
(rivière) Kanté, et plus au nord, près du village Tjiemas, qu'elles
commencent à se montrer, et encore seulement en filons de faibles
dimensions. En mai 1901, lors d'un voyage spécial au rocher «Batou
nounggoul» (Verbeek et Fennema, 1. c. p. 559), je me suis assuré
de nouveau de ce fait, que les andésites font défaut dans ces conglo-
mérats. Comme ce voyage avait un autre but, et que mon temps
était fort limité, je ne pus alors, à mon grand regret, visiter la Tji
Bouwaja elle même; mais il résulte clairement de ce qui précède,
que la roche vitreuse trouvée dans cette petite rivière appartient
indubitablement aux diabases et mélaphyres crétacés ; elle aura formé
des croûtes autour des masses sphériques irrégulières, fendues radiale-
ment, suivant lesquelles se disjoignent les mélaphyres de Tjiletou,
tout comme ceux d'Ambon. Auparavant il me semblait donc plus
correct de remplacer, pour ce verre de Tjiletou, le nom de palagonite
par celui de verre mélaphyrique, puisque nous avons affaire à une
roche pré-tertiaire. Il a été décrit par Rosenbusch (Ueber einige vul-
kanische Gesteine von Java. Berichte der naturf. Geselsch. zu Freiburg
in Br. 1872) et par Bkhrens (Beitrâge zur Pétrographie des Indischen
Archipels. Verh. d. Kon. Akad. v. Wetenschappen. Amsterdam XX 1880,
bdz. 17 — 19, Fig. 6), qui tous les deux, et à tort d'après moi, classent
cette roche parmi les verres volcaniques jeunes (tertiaires).
L'analogie, au point de vue du caractère pétrographique, des
mélaphyres de Java et d'Ambon, avec des croûtes vitreuses rend
vraisemblable un seul et même âge pour ces roches excessivement
rares; et c'est ainsi que j'en suis arrivé à admettre que les Amboni tes
basiques appartiennent au terrain crétacé.
Les Ambonites acides ne forment, pour autant que j'ai pu le con-
stater, aucune transition aux mélaphyres ; mais à Hitou, ces derniers
renferment çà et là des cristaux de bronzite, du quartz et de la cor-
diérite, ce qui les met en rapport intime avec les autres Ambonites.
A Hitou la partie supérieure du mont Kerbau, depuis l'altitude de
+ 280 m. jusqu'au sommet (478 m.), consiste en mélaphyre, tandis
106
que sur le flanc de la montagne, près d'une petite cime avancée de
300 m. d'altitude, se présentent de gros blocs d'une Ambonite acide ;
et au pied, à la baie d'Ambon, la même roche est à nu près du hameau
Batou Koubour, séparée en plaques épaisses, qui ont une inclinaison
vers le sud. Ici le centre de la montagne consiste donc en mélaphyre ;
le versant ou le flanc en une roche plus acide; et comme le méla-
phyre renferme des cordiérites bleues et du quartz en formes pro-
fondément corrodées, qui peuvent très bien provenir des Ambonites
acides, lesquelles sont d'ordinaire riches en ces cristaux, ce fait
témoignerait en faveur d'un âge plus récent pour le mélaphyre. Une
nouvelle visite à cette montagne, en 1904, m'a toutefois donné la
conviction que l'âge relatif ne peut être déterminé ici avec certitude,
et que le mélaphyre pourrait y être plus ancien, si les cordiérites
en question provenaient de roches plus anciennes, gneiss ou granité.
En d'autres lieux encore, le mélaphyre paraît parfois plus ancien que
les Ambonites acides, mais il ne m'a pas été possible de reconnaître
partout cette même difl'érence d'âge entre ces produits d'éruption
divers; je les range donc tous dans la période crétacée.
Martin tient cependant un âge tertiaire pour probable. Dans son
mémoire 40, p. 721, il dit: «Thatsache ist, dass das eigenthumliche,
durch Cordierit und Granat ausgezeichnete Wawanigestein in Indien
ausserhalb Ambon uberhaupt noch nicht bekannt ist; ich habe es
daselbst zuerst gesammelt ; (en 1828 déjà S. Mùller recueillit ces roches
à Ambon, donc plus d'un demi siècle avant Martin, et Leonhard les
détermina comme roches «trachytiques» à pâte gris-clair, où gisent
des cristaux de tourmaline bleue (il faudrait cordiérite, V.) de feld-
spath et de mica; voir au chapitre «Bibliographie" la relation du
mémoire n". 9) ; in Europa rechnet man analoge Vorkommnisse aber
zu den Quarzandesiten«.
Là où il s'agit de déterminer l'âge de roches éruptives d'après
leur analogie avec d'autres, il est incontestablement préférable de
commencer par les îles voisines; c'est ainsi que j'ai procédé pour
le mélaphyre à croûte vitreuse, par ce que dans le terrain de Tjiletou,
dans l'ouest de Java, il appartient indubitablement au groupe des
diabases crétacées; cela a du moins plus de valeur, que de les com-
parer uniquement à des roches d'Europe. C'est pourquoi Martin a
106
cherché à démontrer, que l'âge de mes mélaphyres n'a rien de commun
avec celui des Ambonites acides, c -à-d. de ses dacites. Dans le mémoire
n". 4IO, p. 721, nous trouvons: -«er (c.-à-d. Verbeek) identificirt dasselbe
(savoir le mélaphyre du cap Nousaniwi, V.) mit einem fiir cretaceïsch
angesehenen Eruptivgesteine von Java. Aber wenn auch, wie ich
vorlâufig annehmen will, nicht der geringste Zweifel ùber das creta-
ceïsche Alter des Gesteins vom Kap Nusaniwi bestehen sollte, so ist das
Wawanigestein damit noch nicht bestimmt(') ; denn ersteres stellt unter
den Eruptivgesteinen von Ambon einen ganz besonderen Typusdar».
Cependant, dans mon mémoire n". 42, p. 18, j'ai déjà fait ressortir
clairement, que les mélaphyres sont étroitement liés aux membres
acides de ce groupe, par la présence de bronzite et de cordiérite,
et aussi par l'habitus le plus souvent frais des feldspaths et d'autres
éléments encore. La différence d'âge, qui existe aussi d'après moi, ne
peut donc en aucun cas aller si loin que les premiers seraient cré-
tacés et les autres tertiaires.
Quelques lignes plus loin (Le. pp. 721 et 722), Martin veut encore
démontrer, par la situation des roches, qu'elles ne sauraient être cré-
tacées; et cela, parce que les roches éruptives riches en verre, qui
se sont formées en grande partie sous la mer, ne sont recouvertes
nulle part par des sédiments crétacés et vieux-tertiaires, mais seule-
ment par des calcaires coralliens quaternaires, ou tout au plus tertiaires
très jeunes. Il en conclut «dass die Entstehung des Wawanigesteins
nicht weiter als in die altère Tertiairzeit zurûckreichen kan».
C'est bien là l'argument le plus faible que Martin pût invoquer;
car, s'il avait poursuivi son raisonnement d'une manière logique, il
aurait dû arriver à la conclusion, que les Ambonites appartiennent
à l'époque pliocène ou à la période quaternaire, parce que non seule-
ment les sédiments crétacés et tertiaires anciens, mais encore les
sédiments miocènes anciens, moyens et récents manquent comme
base des calcaires coralliens! H faut donc refuser à cette preuve
(soi-disant) toute importance, car la situation sous du calcaire corallien
récent et l'absence de sédiments eocènes et crétacés ne nous apprend
absolument rien sur l'âge des roches éruptives d'Ambon.
(1) 11 aura voulu dire: „so ist das Alter des Wawanigesteins damit noch nicht bestimmt.
107
Dans un mémoire postérieur (n". 4L7) «Reisen in den Molukken,
Geologischer Theil. 2te Lief., Seran und Buano», il revient encore
une fois sur les roches d'Ambon et leur ancienneté dans un «Nachtrag
zu Ambon und den Uliassern» ; et il nous sert encore une fois
l'ancien argument des « Lagerungsverhâltnisse » (rapports de situation)
qui, comme je viens de le dire, n'a aucune valeur; il y ajoute,
qu'un tuf à radiolaires de Nousalaut, tertiaire probablement, contient
des micro-organismes qui sont les mêmes que ceux d'un calcaire
tertiaire de Hitou; il appelle cela une preuve paléontologique de
l'âge tertiaire des roches éruptives, ce qu'elle n'est pas plus évidem-
ment que la couverture de calcaire corallien jeune dont j'ai parlé
ci-dessus. De plus la détermination de l'âge d'un calcaire, principale-
ment d'après les radiolaires ou les piquants de spongiaires, est très
problématique. Enfin, il donne la description microscopique de deux
roches et d'un tuf d'Ambon et de Saparoua, que F. von Wolff
classe dans les andésites quartzifères et les dacites, et de nouveau
Martin en tire un argument en faveur de l'âge tertiaire des Ambonites.
Mais tout pétrographe sait que la détermination de l'âge de roches
éruptives, et surtout la distinction entre les crétacées et les tertiaires
anciennes, est totalement impossible en se basant uniquement sur le
caractère pétrographique, et ne peut se faire exclusivement que par
leur relation avec des couches sédimentaires d'une ancienneté connue.
Aucun des pétrographes cités par Martin ne songera donc à fixer Vâge de
ces roches de l'Inde, uniquement par l'analogie que présentent quelques-
unes d'entre elles avec les dacites tertiaires de l'Europe. La ressemblance
des mélaphyres d'Ambon avec des roches éruptives crétacées de Java,
et les rapports de ces mélaphyres avec les Ambonites acides, ont pour
moi plus de valeur que leur ressemblance avec les dacites d'Europe.
Bien que la preuve concluante de cet âge ne puisse être fournie
pour le moment, je considère donc un âge crétacé' comme le plus
probable pour les Ambonites; et c'est pour ce motif qu'antérieure-
ment, conformément à cette manière de voir, je les ai désignées sous le
nom ancien de «porphyrites» et non sous la dénomination plus
récente d'« andésites '» et de -dacites». Dorénavant, je les appellerai
«andésites» etc., parce que les Ambonites acides, relativement jeunes,
se rapprochent pour l'âge et l'habitus des roches tertiaires, ce qui est
108
naturel et ce que j'ai déjà fait remarquer moi-même dans mon mémoire
n°. 4t2, p. 19; et encore, parce que le nom de «porphyrite" pourrait
éveiller, chez ceux qui tiennent encore beaucoup aux noms, l'idée
d'une roche très ancienne. Mais cette dénomination à été choisie dans
cette idée que, d'après moi, on a affaire à des ««méso-andésites»,
des «méso-liparites» et des «méso-dacites» (voir p. 42). Quant aux
membres basiques des Ambonites, je continue à les désigner sous
leur ancien nom, tout d'abord parce qu'ils n'offrent pas beaucoup
d'analogie avec nos basaltes tertiaires; d'autre part, à Java, je lésai
déjà décrits comme mélaphyres, de sorte que je me servirais autre-
ment de deux noms différents pour une seule et même roche. Moi-
même, je n'attribue plus à ces noms aucune signification spéciale
d'âge et, ainsi que je l'ai déjà fait observer plus haut (p. 41), ce
serait une simplification heureuse, si on comprenait sous un seul
nom les roches correspondantes anciennes et récentes. Il est en effet
de plus en plus évident, que des roches à habitus ancien se présentent
jusque dans le tertiaire et que des roches à caractère récent aj^parais-
sent déjà dans la période crétacée. C'est ainsi que les roches éruptives
de la chaîne du Plessur, en Suisse, sont décrites tout bonnement
comme des diabases par Bodmer-Beder, bien qu'il les rattache à la
période éocène. (Il est néanmoins possible, d'après moi, que ces roches
soient encore crétacées ; voir ci-dessus p. 57). A Java, on connaît des
roches d'éruption, en couches alternantes avec des sédiments eocènes
à nummulites, qui ressemblent parfaitement à de la diabase et à de
la diorite; pour faire ressortir leur âge tertiaire, je les ai désignées
sous le nom «d'andésites» mais en y ajoutant <«à habitus ancien»
(Verbeek et Fennema. Description géologique de Java et Madoura,
pp. 948 à 952). Par contre, dans l'Inde Britannique, on trouve
des roches à caractère de jeune basalte, dont la partie la plus an-
cienne appartient probablement au terrain crétacé (Medlicott and
Blanford, Manual of the Geology of India, 2n(i édition, 1893, Chapter
XI, p. 282). Et nos Ambonites, que nous classons aussi dans le crétacé,
ont les unes un caractère ancien, les autres un caractère récent. Il
est donc certes désirable de n'attribuer, pour l'ancienneté, aucune
signification déterminée aux noms des roches éruptives, pas plus qu'à
ceux des sédiments (grès, calcaire), et de comprendre sous la même
dénomination les produits d'éruption correspondants, d'âges divers,
ainsi que cela est déjà fait pour le granité, la péridotite et la serpentine.
Les Ambonites comprennent des roches de composition très diverse ;
ce sont pour la plupart des roches porphyriques, à pâte fine, dans
laquelle gisent de gros cristaux, ce qu'on nomme des cristaux por-
phyriques. Cette pâte est parfois lithoïde, microcristalline, mais sou-
vent riche en verre.
On peut y distinguer les groupes suivants :
Andésite à bronziie et andcsite à quartz et bronzite. Du plagioclase,
de la bronzite et dans la dernière roche aussi du quartz, dans une
masse fondamentale le plus souvent de teinte claire. Il y existe sou-
vent de la cordiérite bleue et du grenat rouge-brunâtre; parfois
aussi un peu de biotite.
Andésite à mica et andcsite à quartz et mica. Du plagioclase, de la
biotite, de la bronzite, dans la dernière roche aussi du quartz, dans
une pâte le plus souvent de teinte claire. Souvent de la cordiérite
et du grenat.
Andésite à hornblende et andésite à quartz et hornblende. Du plagio-
clase, de la bronzite et de la hornblende dans une pâte ; parfois aussi
de la biotite et du quartz.
Les deux derniers groupes sont, à proprement parler, des andésites
à bronzite avec une notable teneur en mica ou en amphibole. Dans
les roches du second groupe, la bronzite diminue parfois, mais pas
toujours. La teneur en hornblende est rarement très forte. Les trois
groupes forment des transitions nombreuses l'un dans l'autre et ils
sont étroitement liés.
Liparite (dacite) à caractère de porphyre quartzifère. Du quartz, de la
sanidine, du plagioclase, dans une pâte de teinte claire. La biotite
et la bronzite sont d'ordinaire peu importantes. Cette roche se ren-
contre rarement.
Roches vitreuses. T^a masse fondamentale des roches quartzifères
nommées plus haut est souvent fort riche en verre, et il se forme
ainsi des roches riches en verre et même des verres parfaits, qui ren-
ferment bien de nombreux microlithes, mais peu de cristaux por-
phyriques. Ils forment souvent des brèches compactes.
110
Mélaphyre, partiellement avec croûtes vitreuses. Du plagioclase, de
Paugite, de la bronzite, de l'olivine, dans une pâte; parfois aussi de
la cordiérite et du quartz.
On peut les réunir dans le schéma suivant:
AM BONITE S.
Basiques.
D'acidité moyenne.
Acides.
Andésite
à bronzite —
-^ Andésite à quartz et
bronzite.
y
Roches vitreuses
/ /\
des diverses andésites à
/ / \
quartz.
4 V
y -i
/ \
/
Andésite à Andésite
hornblende, à biotite.
Andésite Andésite
à quartz et à quartz
hornblende, et biotite.
r
i
Mélaphyre
(et verre)
Liparite (dacite)
à caractère de porphyre
quartzifère.
Sur nos cartes nos. i et II, on peut voir comment sont distribuées
les Ambonites à Leitimor.
1. Un grand terrain existe dans la partie orientale de la presqu'île,
au sud du hameau Halérou; le G. Maout (334 m.) en fait partie. Il
s'étend au nord jusqu'à la Waï Jori et au sud jusqu'à proximité du
mont gréseux Ehout. 2. Sur le rivage de la baie Intérieure, vis-à-vis du
cap Martafons, a 1 Va km. à l'ouest de Halong, sur la route de Hatiwi
111
këtjil, sont à nu des brèche.s grossières, sous lesquelles la roche ferme
est à découvert sur une faible étendue. 3. Un vaste terrain se trouve
sur de la péridotite au sud d'Amahousou et se prolonge jusqu'à la
côte du sud, près de la baie de Seri. Sur la ligne de partage des
eaux, la roche est fort altérée et friable. 4. Le dernier domaine se
rencontre à la pointe ouest de Leitimor, près du cap Nousaniwi, et
un peu plus au nord-est, à la côte; ici apparaît la variété basique,
le mélaphyre.
Nous allons décrire ces diverses roches, non d'après les terrains,
mais suivant les variétés pétrographiques.
a. Liparite, à caractère de porphyre quartzifère.
Ce qu'il y a de caractéristique dans ce groupe, c'est que les éléments
sombres y sont très faiblement représentés. Il n'y a que peu de roches
qui y appartiennent.
N°. 191. Sur la feuille 3 de la carte n". II, on peut voir qu'au
nord de Routoung, sur la ligne de partage des eaux entre les côtes
sud et est de Leitimor, la limite du grès et des Ambonites se trouve
entre les cimes Ehout et Kamala houhoung. A 140 m. environ au
nord de ce petit sommet, on arrive au cours supérieur de la Waï
Polang, un affluent de la Waï Tané. Si de la ligne de partage on
descend d'un peu moins de 20 m. (jusqu'à 180 m. d'altitude environ),
on trouve dans le lit de la Waï Polang, sur une étendue considé-
rable, un affleurement d'une roche éruptive ferme (n". 191), qui
en échantillons rappelle fort un porphyre quartzifère ancien. Elle est
gris-clair, présente une pâte serrée, ressemblant à du quartzite, dans
laquelle apparaissent porphyriquement des cristaux de quartz et quel-
ques paillettes sombres de biotite; elle est fort dure. Cette roche
est séparée en bancs épais, qui n'ofîrent qu'une faible inclinaison. Au
microscope, on observe du quartz, en partie sous forme de beaux
dihexaèdres, sans inclusions liquides, mais à inclusions de particules
de verre avec bulle adhérente. On a trouvé aussi dans un grain de
quartz un très petit cristal de pyroxène à extinction droite et faible
pléochroïsme (bronzite); mais il n'était pas certain si c'était une
inclusion dans le quartz, ou bien un cristal de la pâte, courbe, qui
pénétrait le grain de quartz, et qui avait été atteint par la coupe.
lia
Beaucoup de ces grains de quartz présentent un bord de particules
de quartz et de feldspath, dont les premières sont orientées de la
même manière que le cristal principal et s'éteignent donc (entre
niçois croisés) toutes à la fois. Les dernières sont parfois fibreuses.
C'est ce qu'on appelle du «quartz auréolé" (voir Rosenbusch, Physio-
graphie der massigen Gesteine. 1896. S. 684). Du plagioclase, en
assez gros cristaux très limpides, parfois à structure zonaire, pres-
que dépourvus d'interpositions. La plupart présentent de petits angles
d'extinction (10° environ); des angles supérieurs à 20° de part et
d'autre de la ligne de suture n'ont pas été observés. On n'a pas pu
y constater de la sanidine. Il s'y trouve de la biotite, en sections
brunes, fortement absorbantes, mais en quantité très faible. Ce sont
là les seuls cristaux porphyriques. La pâte renferme d'abord des
masses sphéroïdales limpides très nombreuses, souvent avec noyau
intérieur limpide radialement fibreux, entouré d'un bord jaune
trouble, qui est enveloppé à son tour par des particules limpides de
quartz. Entre ces particules gisent quelques petites fibres de mica.
Le bord jaune trouble, que l'on serait tenté de prendre pour un
enchevêtrement très fin de feldspath et de quartz, consiste cependant
aussi en quartz ou calcédoine, car, après l'attaque par l'acide fluor-
hydrique et la coloration par le vert de malachite, tous les sphérolithes
restaient complètement limpides. Il est probable qu'ils ont été secon-
dairement transformés en calcédoine. Le groupement radial des fibres
n'est presque jamais régulier, de sorte que la croix noire ne s'observe
pas entre niçois croisés. Le plus souvent on observe, ou bien que
les sphéroïdes s'éteignent simultanément dans des quadrants ou
secteurs opposés, ou bien que l'extinction est tout à fait irrégulière,
par suite d'un groupement des particules dans toutes les directions.
Entre ces sphéroïdes s^ trouve la pâte proprement dite, consistant
en particules de quartz et de feldspath, paillettes et fibres de mica,
petits cristaux de raagnétite, des granules bruns, transparents, d'un
composé de fer, et des taches brunes d'hydroxyde de fer. Dans
les fissures de la roche aussi il s'est déposé de l'hydroxj^de de fer,
avec de la calcédoine et de l'opale. Il y existe probablement aussi
un peu de verre incolore, mais, par suite de l'énorme quantité de
particules cristallines, on n'a pas pu l'observer séparément.
118
La présence de plat^ioclase parmi les cristaux porphyriques, jointe
à l'absence totale ou presque totale de sanidine, donne à cette roche
le caractère d'une dacite. Cependant il résulte de l'analyse chimique,
qui sera communiquée plus loin, qu'on a affaire à une roche alcaline,
avec un peu plus de potasse que de soude et peu de chaux. C'est
donc une liparite.
h. Andésite à bronziie et andésite à quartz et bronzite.
Les vraies andésites à bronzite sans biotite ne se rencontrent que
rarement à Leitimor. A ces roches appartient :
N". 196. Bloc roulé de la Waï Lastouni, au sud de Touwi sapo
(feuille 3). Il provient du pied nord-est du Gounoung Maout, mais
d'un terrain quaternaire. Dans le lit de cette petite rivière gisent
plusieurs blocs de la même roche. Elle est de teinte gris clair et
finement poreuse par la présence de nombreuses petites cavités. A
l'œil nu, on ne peut voir dans la pâte fine que quelques gros cristaux
d'un feldspath frais. Au microscope, on y aperçoit des plagioclases
et des bronzites limpides. Les plagioclases sont parfois troubles à
l'intérieur, ce qui est occasionné par un grand nombre d'inclusions
d'un verre brun très clair avec bulle d'air enclavée, tandis que le
bord est limpide et ne renferme presque pas d'inclusions. Ils ont la
plupart de grands angles d'extinction, atteignant chez quelques-uns
jusqu'à 30", de part et d'autre de la ligne de suture; et ils appar-
tiennent en majeure partie à la bytownite et à l'anorthite. Les bronzites
sont pléochroïques entre le brun clair et le vert clair. La pâte se
compose d'un verre incolore, qui est totalement rempli de fines
baguettes et de grains de bronzite avec granules de minerai adhérents
ou interposés, et de petites particules de feldspath. Autour des cavités
de la roche existe le plus souvent un bord de chlorite, sombre, vert
terne, probablement des grains cristallins de bronzite décomposés.
Le quartz, la biotite et l'augite font défaut. Andésite à bronzite, avec
pâte riche en verre.
c. Andésite à hornblende.
Cette roche, je ne Fai rencontrée nulle part à Leitimor ; elle apparaît
au contraire â Hitou, bien que rarement.
8
114
d. Andésite à mica et andésite à quartz et mica.
Nos. 104 et 177. Depuis la côte jusqu'à 100 m. d'altitude environ,
le terrain au sud d'Amahousou consiste en matériaux quaternaires
meubles; alors vient la péridotite (feuille 4), que l'on peut suivre,
dans le sentier qui va d'Amahousou au sud, vers la ligne de partage
des eaux, jusqu'à la maisonnette habitée par des Binoungkounais,
à 320 m. d'altitude. On arrive ici dans un terrain fort accidenté, qui
continue jusqu'à la côte du sud et qui consiste entièrement en tufs
et en brèches d'une roche micacée, que l'on pourrait, à première vue,
regarder comme du granité très altéré. Des roches massives, des
coulées de lave ou quelque chose d'analogue n'y apparaissent pas;
toute la montagne semble constituée exclusivement de déjections
incohérentes. Le n". 104 a été recueilli parmi de gros blocs gisant
dans un gravier fin, près d'une petite cime de 470 m. d'altitude,
à l'ouest du sommet de 476.7 m. de la ligne de partage (feuille 4).
Le n". 177 a été recueilli sur cette ligne elle même, au sud du sommet
de 476.7 m., à 280 m. environ de la limite de la serpentine et à 344 m.
d'altitude, également dans des matériaux incohérents. Le point d'érup-
tion, qui a fourni ces produits, n'est plus à reconnaître. Il se peut
que dans l'espace en fer à cheval, qui s'ouvre vers le sud et qui est
fermé au nord par l'arête à laquelle appartiennent les sommets de
476.7 et 467 m. d'altitude, nous devions voir le cratère fort érodé
de cet ancien point d'éruption. Mais cette cuve peut tout aussi bien
s'être formée par érosion seule, car les matériaux meubles sont
emportés très facilement. A comparer ici notre esquisse fig. 16 de
l'annexe III. La «Montagne rouge» (Roode berg) de cette figure,
ainsi nommée à cause des effondrements de couleur rouge au flanc
oriental, est la cime de 467 m. d'altitude de la feuille 4 de la carte.
N". 104 est, en échantillons, une roche gris-clair, à pâte fine, dans
laquelle se trouvent porphyriquement des quartz limpides, des feld-
spaths blancs troubles et de grandes lamelles de biotite. Au micros-
cope, on voit à côté de grands plagioclases basiques, limpides, quel-
ques petites sections simples, à stries très fines, avec angle d'extinction
plus faible, qui appartiennent aussi à du plagioclase; de la sanidine
n'a pu y être constatée, et sa présence dans ces roches est aussi peu
115
probable. Ensuite de la bronzite, (|ui s'est transformée dans les
fissures en fibres brunes ou brun-vert d'un minéral cbloriteux. A
cause de la grande friabilité de la roche, les quartz ont disparu en
majeure partie par le polissage. Ils présentent de nouveau un bord de
quartz auréolé, qui s'éteint ici totalement en même temps que le
cristal de quartz. Beaucoup de mica brun, dont les fibres sont souvent
recourbées. La pâte est microcristalline, et consiste en grande partie
en petits cristaux de feldspath; puis de petites bronzites, devenues
brunes par décomposition, du minerai de fer, toujours sans bords de
leucoxène, et de petits grains bruns, transparents, peut-être aussi des
bronzites décomposées. Çà et là on voit des particules incolores grou-
pées radialement, en forme d'éventail, qui consistent en lamelles de
tridymite empiétant les unes sur les autres, très faiblement biréfrin-
gentes. C'est un produit secondaire. Andésite à quartz et mica.
Le n'. 177 est aussi en échantillons une roche terne, gris-clair,
avec cristaux de feldspath, de bronzite, de quartz et de biotite. Au
microscope, elle ressemble beaucoup au n°. précédent. Les cristaux
de quartz contiennent des inclusions vitreuses à forme cristalline et
bulle d'air adhérente; des inclusions liquides n'y ont pas été observées.
Les cristaux de quartz, arrondis ou limités par des angles aigus, sont
souvent bordés de petites particules de quartz polarisantes (comme
dans le n°. 104), qui s'éteignent en même temps que le cristal de
quartz. Ici encore il se montre dans la pâte un groupement radial de
paillettes de tridymite, qui sont souvent voisines de cavités dans la
roche et sont évidemment secondaires. Andésite à quartz et mica.
N". 208. Mamelon à l'ouest de Halong, au rivage; le plus haut
point de la route est à 9.4 m. d'altitude. Les brèches, qui constituent
ici les collines, n'arrivent à la mer qu'en ce seul point, et au-dessous
on peut voir à la côte, sur une faible étendue, la roche éruptive
ferme (n^. 208), qui contient de nombreux gros fragments d'une
roche éruptive à cristaux fins, de teinte claire (n^ 208*). Ce point
est indiqué sur la carte (feuille 2). En échantillons, le n*. 208 est
une roche gris-clair, à pâte fine, terne, dans laquelle gisent des
cristaux d'un feldspath blanc et trouble, du quartz, en cristaux qui
peuvent atteindre une grosseur de 30 mm.; de la biotite et une très
grande quantité de cordiérite bleue, partie en cristaux bien délimités
116
avec prisme et faces terminales, partie en masses sombres, irrégu-
lièrement délimitées, qui atteignent jusqu'à 1 cm. de diamètre. La
roche fondamentale grisâtre présente au microscope une pâte dans
laquelle on voit des cristaux porphyriques de plagioclase. le plus
souvent à grands angles d'extinction (34° et 35°), du quartz, de la
biotite avec inclusions d'apatite, et de la bronzite. Çà et là seulement
on aperçoit un cristal isolé de cordiérite, reconnaissable au pléo-
chroïsme et aux inclusions de touffes de sillimanite et de petits
octaèdres de pléonaste. En coupes très minces, le pléochroïsme n'est
pas perceptible, et alors, si les inclusions font défaut, on peut
aisément confondre la cordiérite avec du quartz; le minéral peut
néanmoins se distinguer par la figure d'interférence, dans des sections
favorablement disposées, et aussi par voie microchimique. Des inclu-
sions apparentes de bronzite, de biotite et de plagioclase frais appar-
tiennent à la pâte enveloj^pante, qui a été atteinte par la taille et
qui se trouvait au dessus ou au-dessous du grain de cordiérite irré-
gulièrement délimité. Le grenat manque dans cette roche. La pâte
renferme un verre limpide, bourré de cristaux et de microlithes d'un
plagioclase, qui est plus acide que les feldspaths porphyriques; puis
encore de la bronzite ainsi que des grains de minerai. La bronzite
surtout se réduit jusqu'à des individus et des fibres très petits. Non
dans toutes les préparations, mais dans quelques-unes seulement, on
observe des masses sphéroïdales, limpides, incolores ou jaune- verdâtre
clair; elles sont souvent plus ou moins régulièrement sphériques;
mais il en existe aussi qui sont anguleuses ou qui ont la forme
d'hexagones ou de rectangles irréguliers. Elles polarisent le plus sou-
vent en fibres, à groupement radial, lequel est cependant rarement
si régulier que l'on peut voit apparaître la croix d'interférence; par-
fois la polarisation est tachetée. Les fibres ont un caractère optique
négatif et appartiennent à la calcédoine. Nous avons évidemment
affaire ici à une pseudomorphose de l'un ou l'autre minéral, de la
cordiérite probablement, en calcédoine, tout comme dans la liparite
n". 164 de Hitou (voir plus loin). Les plaques qui renferment ces
pseudomorphoses sont riches en particules brunes de limonite, ce
qui indique une infiltration de liquides. Andésite à quartz et mica.
On voit au microscope que les parties bleu sombre, irrégulièrement
117
délimitées, de la roche ne consistent pas exclusivement en cordiérite ;
mais ce sont des agrégats entièrement cristallins de cristaux de cor-
diérite, de plagioclase très frais, de bronzite, de biotite et de grenat ;
le quartz paraît y faire défaut. La cordiérite forme divers individus
avec polarisation d'agrégat; outre des touffes de sillimanite et un
très grand nombre de pléonastes, qui souvent sont disposés, les uns
derrière les autres, en cordons et en séries, elle enserre aussi des
cristaux de bronzite et de petits prismes et grains limpides de zircone.
De plus, la cordiérite renferme des inclusions vitreuses. Certaines
grandes cordiérites sont divisées en nombreux fragments irréguliers,
comme si elles s'étaient fendues; entre ces fragments se trouve un verre
jaune-clair, qui s'y est évidemment formé par la fusion de la matière
même de la cordiérite. Le grenat a une délimitation cristalline nette
et ne présente pas de bord trouble de kélyphite.
Ces parties holocristallines, consistant en plagioclase, biotite, bron-
zite, cordiérite et grenat, sont probablement les premières sécrétions
basiques du magma qui se sont formées dans la profondeur, et qui plus
tard ont été incluses dans la portion plus acide du magma, lors de
son éruption, et s'y sont fondues en partie. On peut s'expliquer la
présence des éléments peu ordinaires, la cordiérite, la sillimanite, le
pléonaste et le grenat, dans cette roche éruptive cristalline, par le
percement de roches plus anciennes, riches en alumine (schiste
argileux) ou en cordiérite et en grenat (gneiss, granité), dont des
fragments ont été fondus, et la cristallisation ultérieure de ces minéraux
à la suite d'une modification dans les conditions chimiques et physi-
ques du magma sursaturé d'alumine, en présence de magnésie,
d'oxydule de fer et de beaucoup d'acide silicique; mais toujours dans
la profondeur, ce qui a donné lieu à la formation de roches holo-
cristallines. La délimitation cristalline régulière de certaines cordiérites
dans les andésites porphyriques prouve qu'ultérieurement il s'est
formé encore de la cordiérite dans ce magma acide lui-même. Andésite
cristalline à biotite, comme inclusion dans l'andésite à quartz et biotite.
N". 208*. Outre les inclusions bleu sombre, riches en cordiérite,
dont il a été question ci-dessus, la roche n**. 208 renferme encore
d'autres fragments cristallins, d'un grain fin, jaune grisâtre clair, qui,
considérés superficiellement, ressemblent à du grès et qui présentent
118
des dimensions notables, atteignant même la grosseur d'une tête
(n". 208*). Il y a aussi un très grand nombre de petits morceaux de
cette roche (n". 208**). Ils renferment quelques gros quartz et très
peu de petites cordiérites. Au microscope, on observe une pâte riche
en verre, dans laquelle il y a des plagioclases étroits, mais très longs,
qui ne consistent parfois qu'en une mâcle unique, et qui ont en
partie de grands angles d'extinction (33° et 34°). En certains points,
ils sont disposés radialement tout autour d'un petit tas de fins cristaux
de bronzite. Puis, de nombreuses bronzites, la plupart de teinte très
claire et alors faiblement pléochroïques ; aux extrémités, les cristaux
sont souvent délimités irrégulièrement. La pâte renferme ces deux
mêmes minéraux ainsi que du minerai de fer; de plus, une très
grande quantité de verre limpide, qui ne contient que quelques petits
prismes vert clair de bronzite et des grains de minerai, mais qui est
pour le reste fort pur. Dans ce verre gisent des particules arrondies,
brun clair, disposées parfois autour d'un grain de minerai avec
microlithe adhérent de bronzite, et enclavant parfois aussi plusieurs
de ces fines baguettes. Ces particules agissent très faiblement sur la
lumière polarisée ; l'on n'observe que rarement un groupement radial
des particules: le plus souvent elles sont groupées d'une manière
irrégulière. On n'a pu en déterminer lé caractère de la biréfringence.
Elles consistent en microfelsite, dans l'acception que Rosenbusch
attribue à ce mot ; cette microfelsite est regardée par quelques auteurs
comme un enchevêtrement excessivement fin de feldspath et de quartz,
surtout depuis les belles analyses de grands sphérolithes d'Amérique
par Whitman Cross et Iddings (voir Whitman Cross, Constitution
and origin of spherulites in acid eruptive roks. Bulletin of the Philo-
sophical Society of Washington. Vol. XI 1892, p. 411—440. J. P.
Iddings. Spherulitic Crystallisation 1. c, p. 445 — 462).
Dans la pâte se montrent encore des agrégats limpides de tridymite,
en forme d'éventail, tout comme dans les roches n''. 104 et n". 177.
La roche ne renferme pas de biotite, et dans les plaques on n'observe
ni quartz ni cordiérite. Dans certains plagioclases, du verre brun est
inclus avec la forme du cristal, tandis que le verre de la pâte est
limpide et incolore. Andésite à bronzite, à grain fin et riche en verre,
comme inclusion dans de l'andésite à quartz et mica.
119
De ce qui précède, on pourrait conclure qu'à Ambon l'andésite à
bronzite est plus ancienne que l'andésite à mica. Mais cette conclusion
serait inexacte. D'abord, cette inclusion a un habitus tout à fait
di fièrent de celui des andésites à bronzite ordinaires, lesquelles ne
sont pas d'un grain 'aussi fin et sont, pour la plupart, riches en
cordiérite et en grenat; de sorte que nous ne pouvons déduire de
l'âge avancé de cette inclusion que toutes les andésites à bronzite
d'Ambon sont plus anciennes que les andésites à biotite. D'autre
part, il existe de nombreuses andésites qui renferment de la bronzite
aussi bien que de la biotite et qui forment donc des transitions des
andésites à bronzite aux andésites à biotite; ces deux roches auront
donc bien le même âge.
Nous arrivons à présent au grand domaine éruptif de la partie
orientale de Leitimor, au sud du hameau Halérou. Quand on suit
au nord de Routoung la ligne de partage des eaux entre les côtes
sud et est de Leitimor, en passant par les sommets Hounitou,
Tjolobaï et Ehout, on arrive à la limite du grès et de la roche érup-
tive à 300 m. environ au nord de la dernière cime (feuille 3). Déjà
à 236 m. d'altitude, au versant sud de la cime Kamala houhoung
(248.5 m.), on trouve de gros blocs d'une roche vitreuse (n". 190),
gisant dans un gravier fin. Cette roche consiste en un verre gris-
verdâtre, dans lequel on peut voir des grains de quartz et des feldspaths
blancs troubles. Plus au nord, à une distance de 140 m. environ, sur
le sentier qui conduit à Halérou (la ligne de partage dévie vers l'est
déjà au sud de la cime Kamala houhoung), on arrive au cours
supérieur de la Waï Polang, où apparaît la liparite n". 191, déjà
décrite ci-dessus. A cinq cents mètres plus au nord, à 286 m. d'altitude,
affleure une brèche gris-clair (n". 192), dans laquelle gisent des
fragments d'une roche vitreuse gris-clair ou gris- sombre. La pâte
consiste en petites particules de verre qui se sont transformées par
altération en une masse blanche, tendre A une distance de cent
soixante mètres, la route se bifurque: l'une des branches conduit au
nord et au nord-ouest et passe par la petite cime de 321.1 m., l'autre
va d'abord à l'ouest, puis au nord-nord-est vers Halérou (feuille 3).
Ces deux chemins suivent des arêtes qui enferment un espace en
cuve, où la Waï Halérou prend sa source. Nous suivons le sentier
120
occidental et à la première descente, à 302 m. d'altitude, nous ren-
controns de nouveau la même roche vitreuse et brécheuse que le
n°. 192; et plus loin, au flanc nord de la petite cime de 290 m.,
à 284 m. d'altitude, nous avons recueilli un échantillon (n". 193) de
la roche devenant blanche par altération qui affleure ici de toutes
parts. Dans cette masse blanche, fine, on ne peut voir que des cristaux
de quartz et des lames sombres de biotite. Cette roche blanche et ce
verre brécheux affleurent de toutes parts, aux alentours deHalérou.
A la grande descente de Halérou vers la Waï Jori, sur le sentier qui
longe la Waï Leléri, on a pris, à 182 m. d'altitude, entre autres une
roche vitreuse, brécheuse, gris jaunâtre (n°. 199), avec de nombreux
fragments d'un verre gris-clair. A l'autre bord de la Waï Jori, à une
altitude de 35 m. environ, dans le sentier qui mène à la cime Tëlaga
oular, on trouve de nouveau des blocs de la roche quartzifère micacée
blanche (n°. 200a), avec de petits dihexaèdres de quartz cristallisés
tout autour. Toutefois ces derniers blocs se trouvent déjà dans le
terrain quaternaire.
Près du gué de la Waï Jori, à l'endroit où débouche l'affluent
Leléri, une autre roche (n". 200) est à nu dans le lit de rivière; elle
est de teinte gris-terne et appartient aux mélaphyres; mais on ne
peut certifier si elle pénètre en formé de filon dans la roche blanche
quartzifère micacée, ou bien si elle est plus ancienne et n'a été mise
à découvert que par l'érosion de la Waï Jori. La dernière hypothèse
me paraît la plus vraisemblable.
Sur le sentier de Halerou à Houtoumouri prédomine du verre
brécheux, qui est nettement dénudé entre autres dans le lit de la
Waï Malako (cours supérieur de la rivière Touwi sapo), près du pas-
sage, à 168 m. d'altitude, où a été recueilli l'échantillon n". 194.
C'est une masse vitreuse altérée, fine, gris-clair, avec gros fragments
d'un verre grisâtre.
Le point d'éruption qui a fourni ces andésites quartzifères, s'altérant
en une masse blanche, avec les roches vitreuses qui s'y rattachent,
ainsi que les brèches et les tufs, n'est pas non plus à reconnaître
distinctement, vu que nous avons affaire non à une seule montagne,
mais à différents sommets. Il se peut que l'espace en forme de cuve,
près de Halérou, d'où sort la Waï Halérou, représente l'ancien cratère ;
121
iilors le Gounoung Miiout (334 m.) et le G. Kamiihi houhoung doivent
avoir été des points d'éruption indépendants sur le versant de cet
ancien volcan crétacé. Le G. Maout est même i)lus élevé que le plus
haut point du bord du cratère, qui n'a qu'une altitude de 321.1 mètres.
La limite du domaine qui s'est formé au-dessus des eaux et de
celui qui s'est formé sous la mer ne peut être indiquée aisément
ici. La majeure partie des produits situés sur la hauteur sont des
brèches et des tufs, lesquels se montrent également dans les matériaux
quaternaires qui forment le pied de la montagne et s'étendent jusqu'au
rivage de la mer. Sur notre carte (feuille 3) ce terrain, qui alterne
avec des calcaires coralliens, est indiqué comme quaternaire. Les
calcaires les plus hauts sont situés, au sud-est de Halérou, à 306 m.
d'altitude. Ce qui se trouve plus haut encore peut très bien s'être formé
au-dessus du niveau de la mer; mais ce sont là seulement les deux
cimes G. Maout (334 m.) et la cime de 321 m. au sud de Halérou ; le
terrain situé plus bas, où le calcaire n'apparaît plus, entre la Waï Jori,
Halérou, le G. Maout et le G. Kamala houhoung, s'est naturellement
trouvé aussi sous les eaux ; les produits incohérents et le calcaire corallien
qui y ont existé auparavant doivent avoir été enlevés par érosion.
Des roches mentionnées plus haut, quatre ont été analysées au
microscope; l'une d'elles, le n°. 191, fait partie des liparites avec
habitus de porphyre quartzifère (déjà décrit ci-dessus); une autre
appartient aux andésites quartzifères ou aux liparites communes et
les deux dernières aux roches vitreuses. Toutes les autres étaient
trop friables pour être taillées en plaques.
Le n^. 193 est la roche blanche avec quartz et biotite, au sud-
ouest de Halérou, à 284 m. d'altitude. Au microscope, elle ressemble
à la liparite n°. 191 de la Waï Polang, mais elle est plus riche en
biotite; cependant la pâte ne renferme pas de masses sphéroïdales,
mais elle est tachetée de particules irrégulièrement délimitées de
feldspath et de quartz, ainsi que de fibres vertes de mica. Cette
pâte très finement cristalline est probablement issue secondairement
du verre. Dans le voisinage on trouve encore des roches vitreuses
inaltérées, qui seront décrites plus loin. Les particules blanches,
troubles, floconneuses de la pâte qui, à un fort grossissement, parais-
sent consister en un amas de grains et de fibres transparents d'un
122
minéral vert ou vert-brunâtre très chiir, ressemblant à de la mus-
covite, appartiennent probablement à du kaolin, produit par une
décomposition du feldspath. Parmi les cristaux porphyriques, on
trouve seulement du quartz, avec bord quartzeux plus jeune, quelques
plagioclases frais et de la biotite; la bronzite manque, ainsi que la
sanidine. Andésite à quartz et mica; peut-être de la liparite, car elle
apparaît non loin de la liparite n". 191.
e. Roches vitreuses.
N'". 192. Brèche gris-clair, à 286 m. d'altitude, entre la cime Kamala
houhoung et la cuve de Halérou. Dans la masse gris-clair se trouvent
de nombreux fragments de teinte claire ou sombre à éclat résineux.
Au microscope, on voit que la roche est très altérée ; elle est sillonnée
de fissures, dans lesquelles il s'est déposé de l'opale, de la calcédoine
et de la chlorite verte ; et quelques formes, qui auparavant contenaient
I)eut-être de la bronzite. consistent à présent entent en
majeure partie de la serpentine provenant d'olivine. Il n'y existe
plus ni pyroxène ni olivine à l'état inaltéré. La pâte brune est en
majeure partie dévitrifiée cristalUtiqucment ; seules les particules les
1^9
plus grandes et encore polarisantes peuvent-être reconnues pour de
l'augite. Ensuite, il y a beaucoup de grains de minerai de fer et un
verre brun, qui en certains endroits est rempli de grains bruns ex-
cessivement fins, et est alors lui-même incolore.
Le n"*. 102 se présente au microscope comme un beau verre brun
foncé, où sont disséminés un très grand nombre d'olivines limpides,
complètement fraîches, quelques plagioclases, aussi très frais, consistant
parfois en individus simples, à grands angles d'extinction, et de nom-
breuses touffes de cristallites bruns, troubles, parfois en forme de
croix. L'olivine inclut d'abord de nombreux petits octaèdres de
picotite brune transparente, parfois en amas et en cordons de 25
individus et plus ; ensuite, des globules brun-clair de verre avec bulle
d'air adhérente, dans lesquels se montrent, bien que rarement, des
cristallites. Les touffes brunes de la pâte se résolvent, à un fort
grossissement, en cristallites excessivement petits, vert-clair, entremêlés
ou superposés ; la couleur brune paraît devoir être attribuée au verre
qui se trouve entre les touffes ou au-dessous de celles-ci. Les feldspaths
sont le plus souvent entourés d'un bord brun, trouble, de ces cristal-
lites; les olivines n'ont pas de bordure pareille. Mélaphyre avec
croûte vitreuse.
N.B. Pour la composition chimique voir la description de Hitou.
TI. Sédiments tertiaires jeunes et quaternaires.
Dans une distinction entre les sédiments tertiaires jeunes et les
quaternaires, qui était relativement aisée à Java et à Sumatra, on se
heurte à de grandes difficultés pour Ambon et l'archipel des Moluques
en général.
A Java les premiers consistent, abstraction faite d'un peu de pliocène
d'eau douce avec restes de mammifères fossiles, en marnes et cal-
caires ; les sédiments quaternaires, en débris volcaniques. Les premiers
ont été soulevés, de sorte que les couches présentent une inclinaison ;
les derniers sont horizontaux, ce qui rend la distinction facile. Par
contre, aux Moluques toutes les couches, depuis le tertiaire supérieur
jusqu'aux sédiments modernes, sont tout à fait ou sensiblement
horizontales, et les matériaux sont aussi les mêmes, savoir des débris
9
130
de toutes sortes de roches éruptives et sédimentaires, alternant avec
des calcaires coralliens et à foraminifères. Parfois le calcaire diminue,
d'autres fois c'est le gravier, ce qui modifie il est vrai tant soit peu
le caractère des deux dépôts; mais une distinction entre sédiments
tertiaires et quaternaires est presque impraticable dans ces produits
uniformes. Ce qui prouve que toutes les roches sont très jeunes, ce
sont les coquilles fossiles, parmi lesquels une grande espèce de tridacne,
que l'on rencontre non seulement dans les calcaires coralliens in-
férieurs, mais encore dans ceux qui sont situés à une très grande
altitude. D'ailleurs les calcaires renferment essentiellement divers
foraminifères, des lépidocyclines, des amphistégines, des rotalinidées,
des textularidées, tandis que les discocyclines, les alvéolines et les
nummulites manquent complètement; de sorte que, même pour les
plus anciens de ces sédiments, un âge éocène est exclu. Or, comme
le mode de formation de ces dépôts est resté le même depuis l'époque
tertiaire récente et que la faune marine des tropiques, depuis le
tertiaire supérieur jusqu'à nos jours, n'a subi que de faibles modi-
fications — ce qu'on a vu à Java entre autres, où une division des
couches tertiaires récentes d'après les foraminifères fossiles était
impossible — il s'ensuit qu'aux Moluques les données, tant paléonto-
logiques que stratigraphiques et pétrographiques, qui pourraient
mener à une division en sédiments tertiaires récents et (quaternaires,
font presque totalement défaut. Ces sédiments devaient donc être
réunis sur nos cartes n^s. I et II et ils seront décrits ici ensemble.
On peut voir sur les cartes la distribution de ces jeunes sédiments.
On les trouve tout le long des côtes nord et est; et même la pointe
occidentale, le mont Kapal et ses alentours, consiste en matériaux
meubles parmi lesquels apparaît, à la côte seulement, un peu de
roche éruptive.
La hauteur à laquelle arrivent ces dépôts est très variable. Dans
la partie occidentale, le G. Kapal est le plus haut point (230 m.).
Plus à l'est, entre Eri et Seri, le calcaire corallien atteint déjà une
altitude de 346 m., et même la plus haute cime du G. Nona, qui
est à l'altitude de 539 m., consiste également en calcaire corallien.
C'est là aussi le plus haut point où le calcaire se montre à Leitimor.
Sur le G. Siwang, un peu plus à l'est, il y a bien des matériaux
131
meubles, mais pas de calcaire; et le G. Horiel, la seule montagne
de Leitimor qui soit plus haute que le G. Nona, n'a du calcaire ni
sur la crête ni sur les versants. On peut aller d'Ambon à la côte
du sud près de la Labouhan Awahang, par Kousou kousou sëreh
et Malaman, en restant toujours sur des matériaux incohérents et
sur du calcaire corallien; les plus hauts points sont ici les monts
calcaires Eri haou (361 m.) et Nanahou (377 m.) Plus à l'est, le
jeune terrain devient plus bas; au nord du mont Loring ouwangles
plus hauts plateaux sont â 281 et 2-57 m. et un peu de calcaire
corallien se trouve à 228 m. d'altitude.
Au sud- est d'Ambon, le terrain s'élève en forme de terrasses et
atteint, p. ex. sur la route d'Ambon à Soja di atas, contre le granité,
une altitude de 170 m. Les contreforts du mont gréseux Api angous
ont la même hauteur; le G. Mouwal, au sud-est de Gelala, est à
172 m.; le plus haut point du sentier de Halong à l'Api angous, à
173 m., et la limite du jeune terrain contre le grès atteint aussi
l'altitude de + 170 m. Au sentier de Kelapa douwa à l'Api angous, le
plus haut point est â 167 m.; mais un peu plus au nord se trouve
une cime plate, à l'altitude de 211 m. Encore plus au nord, la hau-
teur des contreforts augmente de nouveau ; au nord du Wringin pintou
est située une cime de 240 m. ; sur le sentier de Touwi sapo à Halerou,
il y a des cimes calcaires de 289 et 296 m. d'altitude; et au sud-est
de Halerou, près du sentier de Halerou à Houtoumouri, on rencontre
les plus hautes cimes calcaires de toute la partie orientale de Leitimor,
à 306 m. d'altitude. Tout autour du G. Maout il y a du calcaire et
des matériaux meubles jusqu'à 230 m.; plus au sud, jusqu'à 278 m.;
au-dessus de Houtoumouri, jusqu'à 156 et 170 m.; près de Routoung ,
au G. Amaherou, à 108 et plus au sud jusqu'à 70 m. seulement,
tandis que les terres incohérentes entre Lea hari et le cap Hiharne
dépassent pas 90 m. Plus à l'ouest, on ne trouve plus de calcaire
corallien adossé à la péridotite du G. Horiel, sauf une couple de gros
blocs au rivage, qui ne s'élèvent pas à plus de 5 m. d'altitude. Le
terrain granitique entre Houkourila et Kilang est aussi privé de cal-
caire; celui-ci ne recommence qu'au côté occidental de la Labouhan
Nakou, près du G. Post dont la cime a 178 m. d'altitude, et dans
le terrain au sud de Mahija le calcaire atteint celle de 183 m. Enfin.
132
le G. Eri samau porte sur son dos 4 terrasses faiblement inclinées,
dont la plus élevée est à 183 m. La plus haute cime de cette mon-
tagne, à l'altitude de 205 m., était aussi recouverte autrefois de maté-
riaux incohérents, dont les blocs de granité qui y existent encore
(voir plus haut) sont les derniers restes. Un peu plus à l'ouest, entre
la Labouhan lia et la Labouhan Awahang, on arrive de nouveau
dans un terrain de calcaire et de gravier qui se prolonge au nord
vers les monts calcaires Eri haou et Nanahou, déjà cités plus haut.
Mode de forrnation et constitution de ces divers terrains.
La position de ces jeunes dépôts est en général horizontale ou
fort peu inclinée; et comme ils ont été rencontrés à toute hauteur,
entre et 539 m. d'altitude, il s'ensuit déjà que ces sédiments ne
se sont pas formés simultanément, mais successivement, ce que prouve
aussi leur allure en forme de terrasses; de sorte que les dépôts des
contreforts de la chaîne ancienne (péridotite, granité, grès) s'abaissent
par degrés vers la mer.
Ces contreforts consistent en brèches et conglomérats durs, en gra-
vier meuble de toutes les roches plus anciennes et en bancs de calcaire
corallien, qui alternent les uns avec les autres. Les conglomérats,
dont les fragments roulés sont souvent unis par du calcaire, forment
la minorité; le gravier fin, incohérent, renfermant plus ou moins de
fragments, mais non encore durci à l'état de grès compacte, constitue
l'élément prédominant de ce terrain, même vis-à-vis des bancs de
calcaire corallien qui ne prédominent qu'à certains endroits.
Ces conglomérats peuvent s'observer entre autres à la baie d'Ambon,
au nord du cap Batou merah, au pied occidental du G. Koupang.
Ils y ont une faible inclinaison vers le sud-est et ils sont recouverts
de couches de sable et de calcaire corallien du G. Koupang. Le
mamelon situé plus au nord, à la côte, entre Hatiwi ketjil et Halong,
où l'on trouve la belle roche à cordiérite et à grenat n**. 208, con-
siste aussi à la surface en brèches très grossières.
Du gravier incohérent, du sable avec des cailloux roulés de quartz,
grands et petits, de grès et de roches éruptives, se trouve partout où
se présentent les matériaux jeunes. Sur la route d'Ambon à Routoung,
au pied oriental du mont Karang pandjang, à proximité de la
133
maisonnette indiquée sur la feuille 2, cabaret indigène où l'on vend
du «.sëgerou» (vin de sagou, suc fermenté du palmier de ce nom),
on peut voir une alternance de diverses couches qui se distinguent
par une différence dans la composition. On y trouve trois couches
de sable, séparées par du sable avec petits cailloux roulés de quartz ;
tout comme les conglomérats cités plus haut, ces couches ont une
inclinaison de 3 à 5° vers le sud-est (voir fig. 22, annexe III).
Les calcaires se présentent le plus souvent en bancs assez durs,
parfois compactes et cristallins (nos. 56, 96, 98); d'autres cependant
sont friables et renferment beaucoup de coraux en branches (n". 189
du G. Karang pandjang), des fragments et du gravier de coraux ou
même de roches éruptives. Les mollusques fossiles ne sont pas très
nombreux et ils sont peu distincts, sauf les grandes coquilles de
tridacnes, qui ont été rencontrées aussi bien dans les calcaires d'en
bas que dans ceux situés à une grande altitude, p. ex. au G. Kramat
(no. 49a) à 248 m. et au G. Nona (n°. 51) à 460 m. d'altitude. La
dernière était tellement désagrégée qu'on pouvait à peine y recon-
naître encore une coquille. D'autres couches de calcaire sont tendres
et farineuses au toucher, entre autres la couche située entre Silali
et la Labouhan Radja, dans laquelle on a taillé grossièrement un
escalier de 145 marches, et le calcaire qui, au cap Batou kapal, repose
sur la péridotite (n". 8) et qui est fin et arénacé. D'autres encore
sont tout à fait remplis de foraminifères (n". 94, calcaire à globigérines
du Batou pintou), tandis que la partie inférieure des couches calcaires
gisant sur la péridotite englobe souvent de nombreux fragments de
cette roche éruptive et forme une ophicalce moderne. Tel est entre
autres le cas au sommet du G. Nona (n°. 95, calcaire avec petits
fragments de serpentine, à proximité du refuge sur le G. Nona).
On peut observer distinctement en divers points que les couches
calcaires alternent avec les couches incohérentes de gravier, et n'y
sont pas adossées comme dépôt plus récent. C'est ainsi que la rivière
Batou merah, près d'Ambon, s'est creusé un chenal étroit, à parois
très escarpées et de 100 m. de profondeur environ dans des couches
alternantes de calcaire corallien et de débris de calcaire et de roches
éruptives; et l'on peut suivre cette même couche calcaire sur les
deux bords de la rivière, un peu au-dessus de son niveau, sur une
134
étendue de plus de 1 km. Les rives abruptes de la Waï Tomo con-
sistent également en pareilles couches alternantes. La rivière Batou
gantoung coule sur de la péridotite, du granité et du grès, recouverts
sur les deux bords de couches de matériaux meubles, entre lesquelles,
à 100 m. d'altitude environ, se trouve une couche de calcaire corallien
qui s'étend autour des monts Batou gouling et Batou gadjah, et qui
est coupée par la rivière Batou gantoung, entre 90 et 100 m. d'alti-
tude, près de l'endroit nommé «Batou pintou»; de sorte que les
calcaires des deux rives se réunissent à cet endroit. L'enfoncement
en forme de sac, à proximité de la route d'Ambon à Kousou kousou
sëreh, où se trouve le petit lac marécageux «Telaga radja», doit
probablement son origine à ce que l'eau a pénétré par les couches
sus-jacentes de gravier dans la couche calcaire en question et a
trouvé un débouché souterrain; de cette manière, il s'est formé une
légère dépression à la surface. Cette couche calcaire se recouvre à
l'est sur une épaisseur de 50 m., à l'ouest, contre le G. Halinoung,
sur plus de 100 m. d'épaisseur, de couches de matériaux incohérents,
entre lesquelles s'interpose, à une altitude de 200 m. environ, une
deuxième couche pareille. Elle est bientôt suivie, contre le G. Hali-
noung, par de la péridotite massive, sur laquelle il y a des matériaux
meubles, tandis que les deux sommets de cette montagne, de 290 à
300 et de 310 à 325 m., consistent de nouveau en calcaire corallien.
Un peu plus au sud, le calcaire monte à 340 m. ; puis vient la cime
plate du mont Apinau, qui consiste en gravier incohérent; plus au
sud, encore du calcaire jusqu'à 370 m. ; et à l'ouest de ce point, de
l'autre côté de la route d'Ambon à Siwang, le calcaire atteint même
l'altitude de 400 m.; ici nous sommes déjà dans le domaine du G.
Nona. Entre la rivière Batou gantoung et le G. Apinau, il se trouve
donc, sur et contre la péridotite du domaine oriental du Nona, depuis
jusqu'à 400 m. d'altitude, des matériaux meubles, entre lesquels
apparaissent des couches calcaires au moins à 4 hauteurs différentes.
Ce chiffre doit encore être augmenté de 3, car on observe aussi des
affleurements de calcaire dans le cours inférieur de la Batou gantoung,
à peu près à 10, 25 et 36 m. d'altitude. Le fameux «Batou Sembajang»
(«pierre où l'on prie-», «oratoire»), masse calcaire, creusée par les eaux en
forme de dais, reposant sur de la péridotite et que Semon a représentée
135
dans son mémoire n**. 36 sous le nom de ««Batou gantoung», appartient
à ces couches de calcaire. (')
Dans la partie orientale de Leitimor, la petite rivière Halérou
coule entre deux parois de calcaire, depuis le hameau Halérou jus-
qu'au point où elle se divise en deux branches, et disparaît en deux
points dans des grottes calcaires pour prendre un cours souterrain;
ces murs calcaires, de 10 m. de hauteur (220 à 230 m. d'altitude)
appartiennent, ainsi qu'on peut le voir clairement dans la partie
orientale de notre profil géologique (fig. 1, annexe I), à une couche
que la Waï Halérou a rongée jusque dans les couches de gravier
sous-jacentes. A un niveau plus élevé gisent encore une ou deux
couches calcaires, divisées en 8 séries, dont font partie les cimes
calcaires de 268, 289 et 296 m. d'altitude. La série du milieu porte
au nord et au sud des sommets qui ont plus de 300 m. d'altitude.
Si nous suivons notre profil fig. 1 jusqu'à la côte, nous voyons que,
jusqu'à Touwi sapo, il apparaît encore à 5 niveaux différents des
couches de calcaire corallien, entre les couches incohérentes de gravier
et de brèches d'une andésite blanchâtre à pyroxène et biotite; on
trouve notamment du calcaire à des altitudes de 20 à 30, de 96 à 115,
de 144 à 147, de 181 et de 251 à 253 m. La dernière couche paraît
être la plus basse de Halérou, et elle aurait une inclinaison de 2°
vers l'ouest. Les fragments de calcaire à 90.2 m. semblent être des
blocs descendus de la hauteur, de même que le grand bloc, d'une
grosseur de 10 m environ, gisant un peu au nord du sentier de
Halérou à Touwi sapo, à peu près à 182 m. d'altitude (feuille 3 de
la carte), évidemment un fragment qui s'est détaché plus haut, ainsi
qu'on peut le voir sur la fig. 24 (annexe IV).
Considérons à présent la partie occidentale de notre profil fig. 1,
où l'on voit une coupe des collines avancées derrière Këlapa douwa,
un terrain qui communique avec celui de Halérou, décrit plus haut,
derrière Lata, Lateri, Nontetou et le long du cours inférieur de la
Waï Jori. Cette rivière coule ici aussi dans des sables et des brèches
incohérentes de matériaux d'andésite, entre lesquels apparaissent,
(1) Salomon Mûller aussi a publié un dessin du „Batou Gantoung-" dans les Ver-
handeling-en der natuurkundig"e Comraissie. Deel Land- en Volkenkunde, Leijden. 183'J —
18M. Planche 20.
136
près des cimes Tëlaga oular et Wringin pintou, deux couches de
calcaire corallien, à l'altitude de 100 à 117 m. pour l'une, et de
175 à 210 m. pour l'autre.
Les matériaux au-dessus de Kelapa douwa consistent en sable,
cailloux roulés et brèches incohérentes d'andésite, entre lesquels il y
a des couches calcaires en 8 endroits. Les terrasses de sable entre
ces calcaires sont horizontales ou peu inclinées; là où se trouve le
calcaire, le versant de la montagne monte en pente escarpée de 5 à
10 m. La couche calcaire supérieure s'y trouve à l'altitude de 140 à
146 m. et les collines avancées se terminent en une terrasse à peu
près complètement horizontale, dont l'altitude est de 170 m. environ,
que les rivières ont profondément affouillée et qui finit contre le
mont gréseux Api angous.
Les collines en arrière de Halong consistent également en débris
de nos roches éruptives récentes. En suivant le sentier qui mène vers
l'Api angous on coupe, sur le versant nord de la première montagne,
plate, de 153 m. de hauteur, 4 couches de calcaire corallien ; et dans
le même sentier on rencontre encore une fois les deux couches supé-
rieures au versant sud, ainsi que le montre le profil fig. 6 (annexe II) ;
la plus élevée de ces deux couches est de nouveau visible un peu
plus au sud, dans la seconde colline. A cet endroit, la seconde couche
ne se laisse pas voir, soit à cause d'une forte altération, soit à cause
des débris d'éboulement qui la recouvrent. Une partie du profil fig. 6
a été représentée à une échelle plus grande (les deux échelles hori-
zontale et verticale sont de 1 : 5000) dans la fig. 7 ; comme la couche
calcaire supérieure s'élève au nord à l'altitude de 102 à 103 et au
sud à celle de 99 à 100 m. seulement, il en résulte que cette couche
présente vers le sud, ou plus exactement vers le sud-est, une inclinaison
très faible qui a été calculée à 0° 32'. La couche inférieure s'étend
au versant nord depuis 90 à 97 m., au versant sud depuis 83 jusqu'à
92 m. d'altitude. Comme cette couche ne se montre pas partout
d'égale épaisseur, la face inférieure présente une inclinaison un peu plus
forte que la supérieure, savoir, la première 0° 47' et l'autre 0° 40'
d'inclinaison, également au sud-est.
Ainsi donc, de même que les couches brécheuses du G. Koupang
et les couches arénacées à l'est du G. Karang pandjang, les couches
137
calcaires près Halong ont une faible inclinaison vers le sud-est, donc de la
côte vers Vinterieur, de sorte que les têtes des couches sont tournées
vers la baie.
Au profil 6 on peut voir encore que la couche supérieure, de 99
à 100 m., est un peu plus élevée vers le sud, où l'altitude est de
100 à 106 m.; la portion sud a donc une inclinaison vers le nord-
ouest, et cette couche doit, à l'endroit où elle a été creusée par la
rivière, présenter une dépression en forme de pli synclinal ou bien
un pli aigu, ainsi que le représente notre profil.
La colline Batou medja en arrière d'Ambon et le terrain sur la
route d'Ambon à Soja di atas ont été coupés dans notre profil fig. 2
(annexe I). Au versant nord du Batou medja, 6 couches de calcaire
s'interposent dans les débris incohérents, qui contiennent des maté-
riaux de granité aussi bien que de serpentine. Entre ces couches
existent de nouveau des plateaux de sable légèrement inclinés. Après
le Batou medja (140 m.), on a coupé la Waï Tomo ketjil, dans le
lit de laquelle apparaissent, à l'altitude de 80 m. environ, les couches
de grès inclinant au nord-est; de sorte que l'épaisseur des couches
sus-jacentes y est de 60 m. A l'autre rive de la Waï Tomo ketjil,
la ligne du profil suit la route d'Ambon à Soja di atas, et elle s'y
étend, sur une longueur de 900 m., sur un plateau parfaitement
horizontal qui forme avec le Batou medja une terrasse unique, dont
l'altitude est de 140 m. et qui n'a été entaillée profondément que
par la Tomo ketjil. Déjà tout près du granité le terrain commence
à monter, et l'on peut encore y voir le restant d'une terrasse plus
haute, de 170 m. d'altitude, qui contient non seulement des morceaux
de granité, mais aussi des fragments de péridotite.
Sur la route d'Ambon à Kousou kousou sereh, le terrain monte
d'abord en pente raide jusqu'à 98 m., où l'on rencontre la première
couche calcaire, qui continue jusqu'à l'altitude de 112 m. Ensuite
le chemin s'élève, également en pente assez raide, sur du sable meuble
jusqu'à 126 m.; ici l'on atteint une première terrasse, qui s'élève en
pente faible jusqu'à 133.5 m. Vient ensuite du calcaire jusqu'à 135 m.;
puis une 2^ terrasse, faiblement inclinée, jusqu'à 140 m.; à celle-ci
succède la 3e, long plateau de 1000 m. environ d'étendue, à l'alti-
tude de 140 m. , qui correspond à celui de la route d'Ambon à Soja,
188
mais qui présente ici un 4e petit plateau encore, atteignant une altitude
de 150 à 157 m. Enfin, près du granité, les collines de matériaux
incohérents s'élèvent de nouveau jusqu'à 170 m., de même que plus
loin à l'est.
Mais sur le granité, au nord du mont Loring ouwang, repose d'abord
un peu de calcaire à 228 m. et puis deux petits plateaux à 257 et
281 m. d'altitude, restants d'une couverture jadis plus étendue, mais
qui a disparu maintenant en grande partie par érosion. Nous avons
ici un premier exemple de calcaire corallien reposant sur du granité.
Cependant, ici comme ailleurs, ce calcaire n'est pas en contact immé-
diat avec le granité, mais il repose sur un peu de matériaux roulés,
consistant essentiellement en débris de serpentine.
Le point de la rivière Batou gantoung que l'on appelle «Batou
pintou» a déjà été cité plus haut. Au nord de ce lieu, le calcaire
n". 94, riche en foraminifcres, présente une faible inclinaison vers
l'est ; près du point Batou pintou même, on peut même observer des
plaques qui ont une inclinaison de 10 à 15°. Mais ce n'est pas là l'in-
clinaison normale; elle est la conséquence d'un éboulement, car la
rivière a fouillé en cet endroit la base des plaques calcaires.
Tout près de Kousou kousou sereh s'étend, dans le terrain de débris,
une longue arête calcaire dans laquelle il y a la grotte bien connue, déjà
décrite par Reinwardt (mémoire n°. ©) sous le nom de «Batou lobang»,
ce qui signifie littéralement «pierre avec un trou»-. Le nom véritable
est toutefois «Liang ékang». Actuellement cette grotte n'est accessible,
à partir de l'entrée, que sur une longueur de 65 m. et à partir de
l'ouverture étroite elle n'a pas plus de 4 m. de profondeur (i). Il y
existe des stalactites, mais les formes n'en sont pas fort belles, de
sorte que, même pour le touriste, cette grotte est peu remarquable.
Il y coule de l'eau qui se dirige vers l'ouest et se décharge dans la
Batou gantoung par une ouverture dans la paroi calcaire. Ce point
est indiqué sur la feuille 5 de notre carte. On n'a pu observer aucune
inclinaison dans les couches calcaires de la grotte.
Plus au sud, le terrain monte considérablement et atteint les plus
(1) Studer (mémoire nO. 25, p. 218) parle d'une profondeur de 18 m., ce qui ne pouvait
être exact même en 1875. La longueur qu'il donne à la grotte (300 pas) peut bien avoir été
aussi grande, car depuis ce temps elle a diminué par des effondrements.
139
grandes hauteurs dans les cimes calcaires Eri haou (361 m.) et
Nanahou (377 m.). A l'exception du petit sommet de granité Hatou
iroung et des couches calcaires susnommées, ce terrain consiste
entièrement en matériaux argileux, roulés, incohérents, pour une
grande partie des débris de serpentine. Ce qui montre clairement
que nous n'avons pas affaire ici à de la serpentine altérée, c'est
la constitution, car outre de la serpentine (n". 186) on trouve dans
l'argile brune de nombreux petits fragments d'un grès dur (n''. 185)
et de quartzite, ainsi que de petits cailloux roulés de granité, en
un mot des morceaux de toutes les roches des alentours. Ce sont
donc évidemment des matériaux polygènes, rassemblés par les eaux,
que j'ai rencontrés tant du côté nord du G. Nanahou jusque immédiate-
ment sous le calcaire, que du côté sud de l'Eri haou près d'une
«pantjouran» (une source, origine d'un des affluents delaWaïSéma
ou Waï Jari). Près de cette source on trouve surtout beaucoup de
morceaux de grès. De très gros blocs de calcaire se trouvent non
seulement aux deux montagnes citées tantôt, mais encore le long du
sentier allant de la Labouhan Awahang à Malaman, notamment un à
l'ouest de l'Eri haou et 4 au nord de la cime granitique Hatou
iroung. Ces blocs paraissent tous s'être détachés et avoir roulé en bas.
Entre le Nanahou et le rivage de la mer, il y a 8 couches cal-
caires, alternant avec des couches de gravier, qui forment divers
plateaux légèrement inclinés ou sensiblement horizontaux; ils renfer-
ment aussi des morceaux de serpentine, de grès et de quartzite,
entre autres à proximité du sentier de Mahija à la Labouhan
Awahang, à peu près à 200 m. d'altitude. Tout près de la plage, il
vient s'y ajouter des morceaux de granité.
A l'est de la Labouhan Awahang, jusqu'à la Labouhan Roupang,
il apparaît du calcaire en trois endroits différents du terrain graniti-
que. Ici encore on trouve, sur le granité, d'abord une couche de débris
de serpentine, et là-dessus le calcaire ; le massif calcaire oriental qui
se termine au cap Simanoukoung, et dans lequel se trouve une petite
maison de Binoungkounais, forme trois terrasses nettes, que l'on
peut observer de l'est, p. ex. du G. Post, et qui sont représentées sur
la fig. 23 (annexe IV). A proximité de la Labouhan Roupang, le
calcaire contient un très grand nombre de fragments de serpentine.
140
Nous avons déjà parlé plus haut des terrasses de la montagne de
péridotite Eri samau, représentées sur la fig. 15 (annexe III).
Le G. Post (ainsi nommé d'après un poste à signaux qui y existait
jadis) situé un peu plus à l'est, laisse voir en 4 points du calcaire,
sous lequel il y a de nouveau un peu de débris de serpentine. C'est
là le dernier point où apparaît le calcaire ; plus à l'est encore, à
Kilang, où nous avons levé un grand nombre de routes, on n'a trouvé
de calcaire nulle part, et pas davantage dans tout le terrain graniti-
que jusqu'à Houkourila. On pourrait expliquer cette circonstance
par la nature de la roche, car il est de notoriété que du sable
quartzifère aigu, résultant de la désagrégation du granité, n'est pas
favorable à l'édification du corail, et la mettre en rapport avec le
fait, que dans le domaine du granité nous n'avons trouvé du calcaire
qu'en ces points là seulement, où reposent sur le granité des débris
de serpentine, originaires des montagnes de péridotite situées à
proximité (Apinau, Loring ouwang et Eri samau). Toutefois, cela
n'explique pas le fait qu'au G. Horiel le calcaire fait aussi défaut
partout; tout à fait au pied nord de cette montagne, sur la route
d'Ambon à Routoung, non loin de la Waï lia, il y a une terrasse
peu inclinée d'argile brune; au pied méridional, à Lea hari, un peu
de matériaux meubles sont adossés à la péridotite à l'altitude de
90 m., et aux caps Riki et Hihar il y a aussi du calcaire jusqu'à
30 m., tandis qu'à l'est de la montagne, sur la route de Routoung
à Ambon, il y a un peu de calcaire à 124 m. d'altitude; mais dans
le massif proprement dit du Horiel on ne connaît aucun dépôt de
débris incohérents ou de calcaire corallien, ni sur la crête ni sur
le versant. L'absence de calcaire ne peut donc être attribuée ici ni
à la nature de la roche, car le calcaire corallien semble de préférence
se déposer sur de la serpentine, ni à des pentes trop fortes, puisqu'au
sud de la plus haute cime il y a des parties peu inclinées ou même
horizontales. Il me semble donc que l'absence de dépôts de calcaire
et de débris incohérents au G. Horiel ne peut s'expliquer qu'en admet-
tant que cette montagne se trouvait déjà en grande partie au-dessus
du niveau de la mer, avec le granité et le grès avoisinants, lorsque
ces dépôts se sont formés ailleurs. Nous reviendrons plus loin sur
cette question.
141
Nous nous transportons maintenant plus à l'ouest et nous consi-
dérons en premier lieu les couches calcaires qui, à Tandjoung Hati
ari, se trouvent aux altitudes de 10 à 20 et de 30 à 40 m., et qui
se réunissent plus à l'ouest pour n'en former qu'une. La surface de
cette couche atteint, à l'extrémité occidentale, 70 m. d'altitude, et
au-dessus du cap Hati ari, 40 m. seulement, de sorte que cette couche
doit présenter une faible inclinaison vers l'est ou le nord-est, ce que l'on
peut déjà constater lorsqu'on longe la côte du sud en bateau à vapeur.
Entre Silali et Latou halat, la route passe par un collet, qui n'est qu'à
58 m. d'altitude. On y trouve exclusivement des matériaux incohérents,
alternant avec du calcaire corallien, plus élevés au nord que du côté
sud. La couche calcaire supérieure (voir profil fig. 5 de l'annexe II)
ne se prête pas à un calcul de l'inclinaison, car elle a été trop entamée
par les eaux. Il vaut donc mieux se servir de la couche qui apparaît
aux altitudes de 47.2 et 38.3 m., et dont on peut déduire une incli-
naison de 0° 35' environ au sud ou au sud-est.
La montagne Batou Kapal tout entière se compose aussi de matériaux
incohérents avec bancs de calcaire. Tout près du sommet, à 220 m.
d'altitude, il se trouve un petit restant d'un banc calcaire qui existait
auparavant à cette hauteur; entre 100 et 113 m. d'altitude, on voit
encore différentes parties d'une deuxième couche, dont la face supé-
rieure est à 113 m. d'altitude au cap Nousaniwi, mais à Silali à
104.7 m. d'altitude seulement, ce qui indique une faible inclinaison à
l'est ou au sud-est, ainsi qu'on peut le voir au profil fig. 4 (annexe II).
A l'est de la route de Silali à Latou halat, les matériaux meubles
et le calcaire montent, par les cimes Atana, Rousi et les petits som-
mets A et B, jusqu'à 346 m. d'altitude; une grande partie a de
nouveau été enlevée par érosion, de sorte qu'on ne voit pas distincte-
ment quelle est la correspondance des couches. On trouve une première
couche à 75 m., une deuxième, depuis 86 jusqu'à 90 m., une troisième,
de 98 à 112 m. (fortement affouillée), puis, entre 170 et 230 m., 5 cou-
ches qui ont une faible inclinaison à l'ouest ou au sud-ouest; puis
encore 3 couches, entre 255 et 290 m. ; enfin, le calcaire situé le plus
haut entre les cimes A et B, qui descend de 343 à 317 m. et qui a
été affouillé jusqu'à 296 m. par un affluent de gauche de la Waï
Jowang, pour s'élever finalement, au sommet B, jusqu'à 346 m.
142
d'altitude. Un peu au-delà de ce point, les matériaux meubles aussi
bien que le calcaire corallien, qui reposent sur la péridotite, finissent
et l'andésite à quartz et mica commence.
Il est tant soit peu incertain si les couches calcaires entre 107 et
230 m. correspondent à celles de la petite cime A, ou bien à celles
de la cime B (voir profil fig. 4). Dans le premier cas, elles auraient
une inclinaison moyenne de 7^/,,° environ, ce qui me semble trop,
eu égard à celle que présentent les couches du G. Rousi; dans le
dernier cas, l'inclinaison est de 4^,,° environ au sud ou au sud-ouest, ce
qui est bien plus vraisemblable, et c'est ainsi que c'est indiqué dans
notre profil. Si nous comparons cette position avec celle des couches
du G. Kapal, citées plus haut, on remarque qu'entre le cap Nousa-
niwi et la cime B les couches forment un pli synclinal, et que le
point le plus bas de ce pli coïncide avec le collet entre Silali et
Latou halat. Nous ne devons donc admettre ici l'existence ni d'une
cassure ni d'une faille.
Si de Silali on suit la côte vers le nord, on ne trouve nulle part
du calcaire corallien, depuis Eri jusqu'à Amahousou. Les matériaux
y consistent en sable et brèches incohérentes d'andésite à quartz et
mica qui, par leur teneur en quartz, paraissent avoir été défavorables
pour l'édification des coraux. En arrière d'Amahousou, on peut voir
plusieurs formes plates, plateaux ou terrasses, qui paraissent avoir
une légère pente au nord-ouest (?), ainsi qu'on peut l'observer le mieux
du nord, de la baie d'Ambon (voir fig. 25, annexe IV).
Entre Amahousou et Ambon, la route suit le pied du G. Nona,
et l'on y trouve du calcaire corallien entre des débris de serpentine ;
près de la rivière Tihamètèn, ce calcaire repose même directement
sur la serpentine massive.
Aucune domaine de Leitimor n'est aussi riche en bancs de calcaire
corallien que celui du G. Nona. Si l'on suit la grand' route d'Ambon à
Siwang, ou les sentiers de Waï Nitou ou de Kouda mati vers cette
montagne, on rencontre partout des bancs de coraux, alternant avec
des débris de péridotite et de serpentii\e; en quelques points le cal-
caire repose aussi immédiatement sur la péridotite. On peut voir
toutes ces couches sur notre profil fig. 8 (annexe I). La couche cal-
caire qui, dans le profil, a été coupée entre 880 et 400 m. et qui
143
s'étend le long des bords nord et est de la montagne (voir carte
n-. III) peut s'observer très bien d'en bas, près de Kouda mati; et
alors il saute déjà aux yeux que cette couche n'est pas parfaitement
horizontale, mais qu'elle a une inclinaison légère vers l'est, et que
de plus elle présente une dépression en forme de bassin (voir fig. 59).
L'extrémité occidentale est la cime 466 de la carte III. Au profil
fig. 3 une seconde couche calcaire, encore plus haute, a été coupée
entre 420 et 440 m. Sur notre carte n«. III, qui représente le sommet
du G. Nona à une échelle double de celle de la carte principale,
donc à 1 : 10 000, avec des courbes de niveau de 5 en 5 m., on peut
voir que la couche supérieure s'étend en cercle autour de la cime
de 475.6 m., laquelle se compose de débris de serpentine. Comme
les portions sud-ouest de cette couche sont plus élevées que les
autres parties, il est clair que cette couche aussi a une inclinaison vers
le nord-est, et en même temps que les cimes calcaires de 481 et
539 m. doivent faire partie de cette couche. La grande épaisseur qui
a été donnée sur la carte au calcaire de la cime de 539 m. s'expli-
que d'abord par cette circonstance, que les deux couches calcaires
de plus haut paraissent avoir gagné en épaisseur; ces couches sont
probablement séparées par des couches de débris de serpentine;
mais les versants abrupts, recouverts d'une végétation dense, sont
tellement couverts de blocs de calcaire, que l'on n'y peut voir ces
débris et que le tout a dû être indiqué comme calcaire sur nos cartes.
Comme les deux couches de calcaire ne sont pas divisées en bancs
parallèles qui pourraient servir à déterminer leur direction et leur
inclinaison, nous avons dû recourir au calcul. Et d'abord, pour
déterminer aussi exactement que possible la direction et l'inclinaison de
la couche inférieure, nous avons choisi avec soin dans cette couche
trois points de 470, 430 et 380 m. d'altitude (indiqués sur la carte
n". III), non situés en ligne droite et pris tous les trois à la base
de la couche. On aurait pu les prendre aussi à la surface de celle-ci,
mais il n'y aurait eu là aucun avantage pour le calcul; car, le plus
souvent, la surface des couches calcaires est affouillée très irrégulière-
ment, de sorte que les 3 points ne sauraient être pris avec certitude
sur la surface primitive. Toutefois, le choix de ces points à la base
de la couche a aussi un inconvénient, savoir que la couche inférieure
144
n'a peut-être pas été déposée sur une surface parfaitement horizon-
tale, bien que cette surface consiste ici en débris de serpentine qui
ont été déposés sous les eaux.
Par une construction connue et bien simple on peut, connaissant
la situation et la hauteur de ces 3 points, calculer la direction et
l'inclinaison de la couche, et nous avons trouvé ainsi: D = 148«>,
1 — 3° 35' au nord-est.
Pour la couche supérieure on peut, d'après notre carte, calculer la
direction moyenne, qui varie entre 132° et 136° ; et pour l'inclinaison,
on trouve des chiffres qui varient de Vj^ à 5'/4°.
Bien que ces chiffres puissent subir quelque modification par le
choix d'autres points, ils montrent suffisamment que les deux couches
ont une direction qui se rapproche du sud-est; que toutes deux ont
une inclinaison vers le nord-est ; et que la couche supérieure, la plus
ancienne, incline un peu plus fortevnent que Vautre.
Dans notre profil fig. 3 (annexe I), l'inclinaison des couches au
sommet du G. Nona n'a été indiquée que d'une manière schémati-
que; mais ce n'est pas là l'inclinaison véritable, parce que la ligne
de profil n'est pas perpendiculaire à la direction des couches. De
plus, les altitudes ont été prises à une échelle 4 fois plus grande
que celle des longueurs, de sorte que dans ce profil l'inclinaison est
représentée d'une façon fort exagérée.
En ce^ qui concerne maintenant les couches calcaires situées plus
bas, que l'on rencontre au versant nord de la montagne jusqu'au
kampong Waï Nitou, et aux versants nord-est et est jusque dans la
vallée de la rivière Batou gantoung, celles-ci à leur tour ne sont
généralement pas parfaitement horizontales. Je rappelle ici, ainsi que
je l'ai déjà fait remarquer plus haut, que les couches du Batou
pintou ont une inclinaison faible vers l'est (ou le nord-est). Ces cou-
ches sont à 100 m. d'altitude environ ; et pour les bancs calcaires
situés en arrière de Halong, à une altitude d'environ 100 m., on a
pu constater aussi, par le calcul, une inclinaison qui toutefois est
déjà inférieure à 1°. Les couches calcaires dont l'altitude est encore
plus petite peuvent être regardées comme horizontales; car il est le
plus souvent absolument impossible d'évaluer sur le terrain une in-
clinaison de couches calcaires inférieure à 0° 40', tant par l'inégalité
145
de la surface que par la variation de l'épaisseur d'un point à un
autre. Il arrive d'ailleurs assez souvent que ces couches se terminent
en forme de coin (auskeilen) dans les dépôts de gravier.
Il résulte de ce qui précède que les couches de calcaire et de gravier
des hauteurs de Leitimor n'ont pas une position parfaitement horizon-
tale, mais qu'elles ont une faible inclinaison; que cette inclinaison
est la plus forte pour les couches supérieures, les plus anciennes,
sans dépasser toutefois 5'/,.°; que les couches situées plus bas, jusqu'à
100 m. d'altitude, ont des inclinaisons de 3'/2° à 1° environ; et que
les calcaires encore plus jeunes ont une position sensiblement hori-
zontale, ou, dans tous les cas, ont des inclinaisons de moins de 1°,
que l'on ne peut en aucune façon observer sur le terrain et que
l'on ne peut calculer que dans des cas très favorables et par des
levés effectués avec soin. D'autre part, on s'aperçoit que l'inclinaison
de ces couches est souvent au sud-est, c'est-à-dire opposée à la baie
d'Ambon, de sorte que la côte nord de Leitimor est le bord d'une
faille. Enfin, qu'en différentes parties de Leitimor, la direction des
couches est très variable : au Batou kapal elle est à peu près nord-
est; aux cimes A et B, au-dessus du G. Rousi, à peu près sud-est
avec inclinaison vers le sud-ouest; au G. Nona, aussi à peu près
sud-est mais avec inclinaison au nord-est; au Batou pintou, elle est
plus ou moins est; en arrière de Halong + nord-est; tandis que les
couches de la partie orientale de Leitimor, entre autres des alentours
de Halérou, ont une faible inclinaison (2^) vers l'ouest ou le sud-ouest,
de sorte que leur direction est + nord-ouest, et que par conséquent
elles tournent leurs têtes vers la côte, du côté de Touwi sapo, où il
y a donc une faille.
On peut déjà conclure de là que Leitimor n'a pas été soulevée
uniformément en son entier, mais que des portions de l'île ont été
atteintes d'une manière très irrégulière par des soulèvements réitérés.
Les divers bancs de calcaire, que nous trouvons adossés à la mon-
tagne de péridotite Nona, font voir que ces soulèvements n'avaient
pas lieu continuellement, mais se faisaient par périodes séparées par
des époques de repos, pendant lesquelles il se formait chaque fois
au niveau de la mer un banc de calcaire corallien, qui, lors d'un sou-
lèvement nouveau, venait ajouter une nouvelle assise de calcaire à
10
146
celles qui existaient déjà autour de la montagne. Ces couches calcaires
ne pénètrent donc pas très avant dans la montagne, car le noyau
se compose de péridotite massive ; on ne peut les suivre que jusqu'au
point où s'arrêtent les matériaux incohérents, puisqu'elles alternent
avec ceux-ci.
Si nous construisons un profil (voir fig. 60, annexe VI), sensiblement
perpendiculaire à la direction des couches, par les cimes calcaires
de 539 et de 481 m. du G. Nona, le sommet calcaire de 400 m. au
sud-ouest de l'Apinau, puis, par cette montagne elle-même vers la
petite cime calcaire de 325 m. au sud du Halinoung, la crête calcaire
de 211 à 200 m. et celle de 100 m. environ jusque dans la vallée
de la Batou gantoung, nous constatons que non seulement le cal-
caire de 325 m., mais même celui de 210 m., peuvent appartenir
aux couches qui sont à nu au sommet du G. Nona, si celles-ci
continuent à descendre vers le nord-est avec une inclinaison de5'/j°
environ. Toutefois, la couche calcaire de + 100 m. ne fait pas partie
de cet ensemble ; elle se trouve beaucoup plus bas, et, à ce qu'il paraît,
sensiblement horizontale. Si nous nous rappelons à présent que les
magnifiques plateaux horizontaux sur la route d'Ambon à Soja di
atas et à Kousou kousou sereh atteignent des altitudes de 140, 150
et tout au plus de 170 m., et que les collines avancées de matériaux
incohérents en arrière de Halong montent également, contre le grès,
jusqu'à 173 m., alors que la hauteur plus grande de la cime de 211 m.
au sud de Lata doit être attribuée à une inclinaison excessivement faible
des couches vers le sud-est — laquelle a été constatée entre autres aussi
aux couches en arrière de Halong, ce qui fait que les couches au
sud de Lata doivent venir au jour un peu plus haut que plus au
sud, contre le grès — il me semble que par ces données nous sommes
à même de faire une séparation entre les sédiments anciens, tertiaires
supérieurs, peut-être pliocènes, et les jeunes dépôts quaternaires. Ces
derniers constitueraient alors entre autres les terrasses en arrière
d'Ambon et de Halong jusqu'à 170 m. d'altitude environ, dont les
couches sont sensiblement horizontales ou n'ont, au plus, que des
inclinaisons de 1°. Par contre, les couches de calcaire et de gravier qui
ont des inclinaisons atteignant 5'/4°, et qui précisément pour cette raison
se présentent non seulement au haut du G. Nona, mais descendent
147
aussi le long du versant, p. ex. les couches calcaires jusqu'à 4Ô0,
300 et 200 m., et même celles du G. Rousi jusqu'à 170m. d'altitude,
toutes ces couches feraient partie des premiers dépôts. La possibilité
existe même, que ces couches inclinées apparaissent encore à un
niveau moins élevé, à la même hauteur que les calcaires quaternaires,
et puissent ainsi être confondues avec ces derniers ; et dès lors il est
tout-à-fait impraticable de séparer sur la carte les dépots pliocènes
d'avec les sédiments quaternaires, non seulement pour la raison qui
vient d'être donnée, mais aussi parce qu'il n'y a pas eu d'interrup-
tion dans les dépôts et que les matériaux sont restés tout à fait les
mêmes. Mais ce qui vient corroborer parfaitement notre théorie des
soulèvements périodiques réitérés, c'est que les sédiments les plus
anciens sont aussi ceux qui ont la plus forte inclinaison.
• Bien que pour Leitimor il ne soit donc pas invraisembable, que
nous puissions admettre une limite entre les sédiments quaternaires
et pliocènes, à l'altitude de 170 m. environ, il ne s'ensuit nulle-
ment que dans les autres îles des Moluques cette limite se trouve à
la même hauteur; ceci me paraît même inadmissible pour plusieurs
raisons.
Finalement, nous devons encore tâcher de découvrir la cause de
l'absence du calcaire corallien dans le domaine du G. Horiel et dans
celui du granité qui s'y rattache du côté de l'ouest. Nous avons déjà
fait observer plus haut que cette absence ne pouvait être mise exclu-
sivement sur le compte de la qualité de la roche. Par altération, le
granité donne des débris quartzeux très acérés qui sont défavorables
à l'édification du corail; mais si ces débris sont entremêlés d'une
certaine proportion d'éléments argileux, comme dans les collines en
arrière d'Ambon et dans les vallées de la Waï Tomo et de la Waï
Batou merah, alors ces circonstances défavorables se sont tellement
modifiées que sur cette base il peut se former du calcaire corallien,
ainsi que le prouvent les couches de calcaire que nous rencontrons
entre les couches de gravier dont il vient d'être question.
En d'autres endroits reposent sur le granité des débris de serpen-
tine, originaires des montagnes de péridotite situées à proximité; et
sur ces débris les coraux ont pu se développer abondamment. Ceci
n'empêche pas cependant que les sols granitiques ne soient en général
148
défavorables à l'édification du corail, lorsque les circonstances parti-
culières dont nous venons de -parler n'ont pas modifié la nature des
produits d'altération servant de base.
Mais il en est tout autrement de la péridotite qui y confine ; celle-ci
fournit un sol excellent pour la construction des coraux, ainsi que
nous l'apprend le G. Nona. Et cependant, au Horiel, le calcaire
corallien manque totalement, et les sédiments quaternaires, à peu
près; au pied sud-est il y a des matériaux quaternaires jusqu'à 90 m.;
au pied est, du calcaire à 124 m.; et au pied nord, depuis 236 jus-
qu'à 222 m. d'altitude, un très petit plateau qui a été indiqué sur
la carte comme quaternaire et qui s'est probablement déposé sous
la mer, bien qu'il puisse s'agir ici de débris de serpentine altérée
rassemblés par les eaux pluviales. De même, il est quelque peu
incertain si le petit plateau qui repose sur le grès un peu plus vers
l'est, et qui s'élève depuis 251 jusqu'à 265 m. d'altitude, fait partie
des sédiments marins ou bien de débris de grès altérés sur place et
rassemblés par les eaux.
Des dépôts de débris de très faible épaisseur ont pu être pris pour
de la serpentine altérée, et avoir échappé à notre attention dans nos
recherches; mais tel n'est certes pas le cas pour le calcaire dur,
inaltéré ; celui-ci, lorsqu'il existe, apparaît partout très distinctement,
tant par ses parois escarpées que par sa couleur blanchâtre. Il n'y
a donc pas lieu de douter que le Horiel ne présente nulle part sur
sa crête du calcaire corallien, et on ne peut attribuer cette absence
qu'à deux causes : ou bien, ce calcaire y a existé auparavant mais a
été enlevé complètement par érosion; ou bien, ce calcaire ne s'y est
jamais déposé. Dans le premier cas, on peut se demander pourquoi
le calcaire corallien du G. Nona n'a pas disparu aussi en totalité,
puisque sur les deux montagnes l'érosion pouvait agir avec la même
énergie; ainsi que le montrent nos cartes et nos profils, une partie
assez importante des couches calcaires a disparu aussi par érosion
au G. Nona, mais une partie plus forte encore a été conservée; et
tel aurait été à coup sûr le cas pour le G. Horiel aussi, si le cal-
caire y avait jamais existé. Il ne reste donc qu'une seule hypothèse
admissible, c'est que du calcaire corallien ne s'est jamais déposé sur
le massif du G. Horiel; et ceci ne s'explique qu'en admettant que
149
la partie supérieure du G. Horiel s'était déjà soulevée au-dessus du
niveau de la mer, avec une portion du terrain granitique et gréseux
qui y confine, à l'époque pliocène, lorsque se déposèrent sur le G. Nona
voisin le gravier et le calcaire corallien. Si une partie du terrain
gréseux se trouve à présent plus bas que les calcaires coralliens de
l'est de Leitimor, il faut l'attribuer à un affouillement ultérieur par
la Waï Jori et ses affluents. Sans doute ce terrain, dans la partie
qui a été probablement recouverte par la mer pliocène, n'aura pas
présenté beaucoup de calcaire corallien, puisque des débris de grès
sont également défavorables aux formations coralliennes.
Le domaine du Nona était donc encore tout entier sous la mer
lorsque le Horiel émergeait déjà; les calcaires coralliens et les débris
qui se sont déposés sur le Nona ont été soulevés plus tard à plusieurs
reprises et le Horiel n'a pas pris part à ces soulèvements.
Dans le temps que je croyais encore que les calcaires coralliens
avaient une position parfaitement, ou du moins presque parfaitement
horizontale, je ne pouvais me l'expliquer qu'en admettant qu'il
existait entre ces deux domaines une faille, une crevasse dans la
croûte terrestre, le long de laquelle la portion occidentale de Leitimor
(le terrain du Nona) avait été exhaussée relativement à la portion
moyenne (le Horiel). Comme la portion orientale présente aussi des
calcaires dans les hauteurs de Halerou, il devait y avoir aussi quel-
que part une faille du côté est du Horiel. La première faille pouvait
bien coïncider avec celle constatée au sud d'Ambon ; mais la seconde
n'a pas pu être signalée sur le terrain.
Depuis lors j'ai reconnu que les calcaires du Nona inclinent au
nord-est et ceux de Halérou au sud-ouest; et que cette inclinaison,
quelque légère qu'elle soit (2° à 5°), est suffisante pour expliquer
l'absence de calcaire contre le Horiel, sans qu'on ait besoin d'avoir
recours à des failles, bien qu'il ne soit pas absolument impossible
que la faille au sud d'Ambon ait joué un certain rôle dans le soulè-
vement du domaine du Nona.
Si nous formons une coupe longitudinale de Leitimor et que nous
y indiquons les couches calcaires avec leur inclinaison, comme cela
a été fait dans la fig. 61 — où toutefois les inclinaisons sont fort
exagérées, puisque les altitudes ont été prises à une échelle 4 fois
160
plus grande que les longueurs — on s'aperçoit immédiatement que ces
couches forment des plis synclinaux et anticlinaux, qu'elles ne sont donc
pas horizontales mais plissées; que les couches calcaires du G. Nona
et de Halérou forment un pli synclinal et que la]ligne synclinale se trouve
au pied du Horiel et à peu près au niveau de la mer, de sorte qu'il
devient évident que les calcaires doivent faire défaut dans les hauteurs
du domaine du Horiel. Pour expliquer ce fait, nous n'avons plus
besoin maintenant de failles; le faible plissement des couches suffit.
Seulement, nous devons considérer comme un fait que le Horiel
formait un continent lorsque le G. Nona et le terrain de Halérou étaient
encore sous les eaux. Le Horiel n'a pris presque aucune part au
plissement et au soulèvement de ces deux terrains. Plus tard se sont
déposés les produits quaternaires, qui ont aussi été soulevés périodique-
ment jusqu'à l'altitude de 170 m. environ. Bien que l'inclinaison en
soit très faible, ils inclinent cependant légèrement vers le sud-sud-est;
et par suite, du côté nord du G. Horiel ils sont plus élevés que
du côté sud. Leitimor tout entière présente le long de la côte une
bordure de ces jeunes matériaux, qui est plus large au nord qu'au
sud, à raison de la faible inclinaison vers le sud et aussi parce qu'à la
côte du sud les débris incohérents reposant sur le granité ont été
çà et là enlevés par les eaux, en tout ou en partie. Une partie de la
péridotite du Horiel, à la côte du sud, est aussi dépourvue d'une
couverture de matériaux incohérents, par suite d'érosion par les eaux.
Jusqu'ici nous n'avons parlé que de soulèvements périodiques, de
sorte que les calcaires descendent en terrasses vers la mer et que les
couches inférieures sont aussi les plus récentes. Mais parfois on a
affaire à une autre disposition. C'est ainsi qu'au dessus du calcaire
de la rivière Halérou (220 à 230 m.) il y a encore une couche plus
haute (280 à 300 m.); ces deux couches ne se succèdent pas en forme
de terrasses, mais la première se trouve sous la seconde dans toute
son étendue; le même cas se présente à la Waï Jori, où il y a aussi
deux couches calcaires superposées, à 100 et à 200 m. environ. Cette
alternance prouve que la couche inférieure a été formée la première,
la supérieure, la dernière; celle-ci est donc la plus jeune. Il doit donc
y avoir eu ici tout d'abord une immersion, qui a permis à de nou-
veaux calcaires coralliens de se constituer au dessus de ceux qui
151
existaient déjà; après cela, probablement à l'époque pliocène, le tout
a été soulevé, le plus souvent sous des inclinaisons de 2° à 5" ; et finale-
ment, contre ces formations coralliennes se sont déposes les sédiments
quaternaires, qui ont été soulevés périodiquement et qui à présent
forment des terrasses sensiblement horizontales adossées aux couches
anciennes. Là où les calcaires gisent en cercles les uns sous les autres
et se sont formés successivement autour d'une cime, ou bien là où
ils sont étages en forme de terrasses, c'est le calcaire situé le plus
haut qui est le plus ancien; mais s'ils sont disposés les uns au-dessus
des autres, alternant avec des couches de gravier, de telle sorte que
la couche supérieure recouvre la couche inférieure, c'est la couche
inférieure qui doit être la plus ancienne.
Pour finir, nous allons nous représenter la succession des couches
des jeunes sédiments à Leitimor, aussi bien de l'ouest à l'est (fig. 61)
que du nord au sud.
De Vouest à Vest, nous voyons en premier lieu les couches du G.
Kapal, qui inclinent légèrement au sud-est; puis celles du G. Rousi
avec inclinaison au sud-ouest; ensuite les couches du G. Nona, qui
inclinent au nord-est, ainsi que les calcaires des monts Eri haou,
Nanahou et Post. Les couches de Halérou inclinent de nouveau au
sud-ouest, de sorte que, dans cette direction, nous avons affaire à
deux plis synclinaux successifs avec une interposition d'un seul pli
anticlinal.
De nord au sud, l'inclinaison est en général très faible vers le sud-
sud-est et le sud-est, de sorte que le long de la côte du nord les
couches tournent leurs têtes vers la baie d'Ambon ; c'est le cas, entre
autres, à Silali, au nord du cap Batou merah, et en arrière de Halong ;
près de ce dernier endroit, elles forment à une plus grande distance
de la côte un bassin peu prononcé; et plus loin encore, elles sont
sensiblement horizontales, de même qu'aux terrasses derrière Ambon,
à la colline Batou medja et sur les routes qui mènent du chef lieu
à Soja di atas et à Kousou kousou sereh.
La description quelque peu détaillée que nous venons de faire de
la position des calcaires coralliens et des couches de débris qui les
accompagnent est légitimée par le grand intérêt théorique que présente
• 152
cette question. Jadis cette position était assez généralement considérée
comme parfaitement horizontale, bien qu'il faille ajouter qu'une partie
des géologues n'y ont jamais ajouté foi. Ici à Ambon il a été démon-
tré pour la première fois, par des levés précis, qu'un grand nombre
de couches calcaires, notamment les plus anciennes, celles qui sont
situées à la plus grande altitude, ne sont pas horizontales, mais pré-
sentent une certaine inclinaison ne dépassant cependant pas b^i^° à
Leitimor. Pour les couches un peu plus jeunes, l'inclinaison diminue
jusqu'à 3", 2° et 1°, et les couches plus jeunes encore, qui forment
ici des terrasses jusqu'à 170 m. d'altitude, ont une inclinaison encore
plus faible. Ces dernières couches, nous les rangeons parmi les dépôts
quaternaires; les autres, dans le pliocène, ou en général dans le
terrain tertiaire très jeune, sans qu'il soit possible de séparer nettement
ces deux dépôts sur le terrain et sur la carte. La position des couches
est très variable, mais elle n'a rien de commun avec l'allure de la
côte. La direction des calcaires des hauteurs est, en général, en
travers de l'axe longitudinal de l'île; celle des jeunes couches des
terrasses est, il est vrai, parallèle à la côte, mais avec une inclinaison
opposée à la côte.
Il est donc tout à fait inexact que jusqu'à ce jour «ausschliesslich —
gleich manchen Strandbildungen an der Norwegischen Kiiste — eine
nach dem Meere zu gerichtete Schichtenneigung festgestellt worden
ist», ainsi que le prétend Wichmann dans un compte-rendu de mon
mémoire n°. 44 dans Petermann's Geogr. Mittheilungen, Litteratur-
bericht 1901, p. 51, n". 198. De plus, je ne m'explique nullement
comment Wichmann s'est procuré les données pour cette hj^pothèse, —
car son assertion formulée avec tant d'assurance n'est pas autre
chose — ; du moins, dans mon mémoire n". 44, je n'ai afi&rmé nulle
part que les calcaires des Moluques inclinent toujours vers la mer;
et Wichmann n'a constaté absolument aucune inclinaison, ni dans
les calcaires coralliens ni dans les marnes blanches qu'il a observés
dans l'Inde, à Timor et à Rôti; d'après sa description, ces couches
seraient horizontales. Je veux toutefois signaler en passant qu'à Timor
elles ont une inclinaison et qu'à Houmba l'inclinaison est du sud au
nord, de sorte qu'ici en réalité «ein Einfallen dem Meere zu, auf der
einen Seite einer Insel, einem Abfallen auf der entgegengesetzten
153
Seite entspricht», exactement comme Wichmann, dans son compte
rendu, l'attend de couches qui doivent leur inclinaison à un soulève-
ment. A la côte sud de Soumba, la roche sous-jacente, la diabase,
apparaît même sous le calcaire corallien; à la côte du nord, nulle
part. De même, tous les calcaires coralliens de l'île de Saleier, près de
Célèbes, ont des inclinaisons vers l'ouest, de sorte que leurs têtes peuvent
s'apercevoir du côté oriental de l'île, en haut contre la montagne.
L'assertion de Wichmann sera sans doute basée sur le fait que,
comme Suess, il est partisan d'un abaissement du niveau de la mer ;
mais cette théorie, au moins en ce qui concerne les Moluques, a été
renversée une fois pour toutes par mes recherches faites en 1899
dans les îles nombreuses qui entourent la mer de Banda; et déjà
même en 1898, ainsi que nous l'avons vu plus haut, par les levés
précis effectués au Gounoung Nona et ailleurs à Ambon. Partout
où, comme à Ambon, les couches ont été contournées en forme de plis
synclinaux et anticlinaux, même si les versants en sont faiblement
inclinés, la cause en est un plissement et une pression, un soulève-
ment des couches au-dessus du niveau de la mer, et ce ne saurait
être la conséquence d'un simple abaissement de la surface des eaux.
Description de quelques roches.
N°. 98. Calcaire dense, gris-clair, à la cime G. Batou kapal, à 215 m.
d'altitude. Au microscope, une masse cristalline fine, gris-clair, de
calcite avec veines cristallines grossières de calcaire spathique. Des
sections de teinte claire appartiennent à des foraminifères, dont on
n'a pu déterminer aucun exemplaire. Présente le caractère d'un cal-
caire ancien, tout comme tous nos calcaires dont la structure coral-
lienne a disparu. Calcaire microcristallin.
N°. 8. Calcaire très tendre, arénacé, farineux, tachant comme la
craie, du cap Batou kapal; repose sur la péridotite, depuis 20 jusqu'à
30 m. d'altitude. On ne peut pas tailler de bonnes plaques micros-
copiques dans cette roche tendre. Au microscope, la poudre laisse
voir des spicules de spongiaires, des radiolaires, des particules trou-
bles de calcaire, des morceaux verts de serpentine et un peu de
minerai de fer (magnétite). Ce calcaire est relativement jeune, et n'a pro-
bablement jamais renfermé de coraux. C'est un calcaire à radiolaires.
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N°. 66. Calcaire compacte, blanc-bleuâtre, avec veines de calcaire
spathique, au-dessus de Seri, sur la route de Siwang, à 246 m. d'alti-
tude. Repose sur la péridotite sur une petite étendue, et il est possible
que ce soit un calcaire ancien. Au microscope, on voit une pâte
microçristalline de calcite avec veines cristallines grossières de spath
calcaire; puis quelques sections de restes organiques impossibles à
déterminer. Calcaire microcristallin.
N". 97. Calcaire tendre, arénacé, tachant comme la farine, au kampong
Siwang, à 408 m. d'altitude. Ressemble absolument au n°. 8 du cap
Batou kapal, ce qui prouve que ces calcaires à radiolaires n'appar-
tiennent pas exclusivement à la période la plus récente. La roche
est trop tendre pour être polie. Au microscope, on peut voir dans
la poudre de nombreux radiolaires et quelques spicules de spongiaires.
Calcaire à radiolaires.
N°. 96. Calcaire compacte, gris-bleuâtre, près de la «maisonnette
chrétienne» (carte n". III) au G. Nona, à 500 m. d'altitude. Fait
partie de la couche supérieure, la plus ancienne de cette montagne.
Au microscope, on voit une pâte microcristalline avec veines de cal-
caire spathique et des sections de foraminifères et d'autres pétrifi-
cations qu'on ne saurait déterminer. Calcaire microcristallin.
N". 95. Enlevé au Gounoung Nona, au nord du refuge, à 450 m.
d'altitude ; originaire aussi de la couche calcaire supérieure. Ce calcaire
repose sur des débris de serpentine, et il renferme même un très
grand nombre de particules de serpentine et des veines épaisses de
spath calcaire. Il a une teinte gris-brun et forme, dans la partie in-
férieure de la couche, dont provient notre échantillon, une brèche
fine. Au microscope, on voit des particules de serpentine qui con-
stituent au moins la moitié de la roche, cimentées par une pâte
microcristalline de calcite sans pétrifications. Calcaire avec débris de
serpentine.
Nos. 50 et 51. Calcaire de la deuxième couche du G. Nona, recueilli
à 480 m. d'altitude, au nord de la cime de 513.6 m. (carte n". III).
Calcaire blanc-jaunâtre, avec particules vert-jaunâtre de serpentine,
où les eaux creusent des cavités, de sorte que ce calcaire présente
beaucoup de trous, qui sont tapissés, en partie, de cristaux de spath
calcaire. On peut y voir quelques restes de coraux et des moules de
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coquilles. Sous les blocs de cette couche, on a trouvé un grand frag-
ment de tridacne (n". 51) de 15 cm., fortement désagrégé ; si la désa-
grégation avait été un peu plus avancée, on n'aurait plus du tout
pu reconnaître la sculpture de la surface; et c'est peut-être pour ce
motif que dans les calcaires les plus haut placés, les plus anciens
donc, on a rencontré relativement peu de tridacnes. Au microscope
on voit que ce calcaire est essentiellement microcristallin ; il contient
cependant de nombreux restes organiques, des coraux, des lithotham-
nium, des globigérines et autres foraminifères impossibles à déter-
miner. Calcaire corallien.
N^. 49b. Enlevé à la même couche calcaire (2e), mais plus à l'est,
du versant nord de la montagne, à 422 m. d'altitude. Calcaire blanc
rougeâtre, dur, un peu poreux avec de nombreux restes coralliens.
Au microscope, masse microcristalline de calcaire avec sections de
coraux, foraminifères, radiolaires, spicules de spongiaires et lithotham-
nium. Calcaire corallien.
N". 49a. Grande tridacne, de 33 cm., recueillie à 248 m. d'altitude,
tout près du G. Kramat (255 m. d'altitude), au nord du G. Nona.
Gisait librement à la surface du sol parmi de nombreux gros blocs
de calcaire. L'intérieur de la coquille est tout-à-fait rempli de cal-
caire, et sa surface est altérée et creusée par les eaux, tout comme
celle des autres blocs de calcaire répandus sur le sol. Tridacne fossile.
N". 39. Calcaire recueilli au versant ouest du Gounoung Batou
gouling, à peu près à 150 m. d'altitude. Jaune clair, assez compacte,
avec quelques trous. Contient beaucoup de petits foraminifères et
quelques moules de coquilles. Au microscope, on constate la présence
de divers foraminifères, mais on n'y voit pas d'orbitoïdes, puis encore
des radiolaires, des spicules de spongiaires et des lithothamnium.
Calcaire.
N°. 183. Calcaire du versant sud du G. Nanahou, enlevé à peu
près à 300 m. d'altitude. Calcaire dense, gris-clair, tout-à-fait com-
pacte, avec veines de calcite. Au microscope, microcristallin avec
beaucoup de sections de foraminifères qu'on ne peut déterminer. Cal-
caire microcristallin.
W. 94. Calcaire en couches légèrement inclinées à l'est, de la rivière Ba-
tou gantoung, près de l'endroit nommé Batou pintou, à 95 m. d'altitude.
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Calcaire granuleux, gris-blanchâtre, avec de petits trous. Les granules
sont de petits forarainifères. Au microscope, un vrai calcaire à fora-
minifères, avec quelques particules de serpentine brunes et vertes.
Les foraminifères consistent certainement pour les V5 en globigérines
de 0.3 à 1 mm. de diamètre ; puis, en petites amphistégines, milioli-
dées, rotalinidées et d'autres encore; quelques sections de coquilles
et un peu de lithothamnium ; le tout dans une pâte calcaire micro-
cristalline. Calcaire à globigérines.
N°. 44. Calcaire du cours inférieur de la rivière Batou gantoung;
c'est un banc de calcaire corallien, à une dizaine de mètres d'altitude,
de couleur blanc-jaunâtre, tant soit peu poreux. Au microscope, une
pâte microcristalline de calcaire spathique, avec quartz, feldspath
trouble et morceaux de mica ; aussi un peu d'augite et de la chlorite ;
dans le calcaire, quelques globigérines et autres foraminifères. Ce
calcaire corallien renferme donc des débris de granité. Dans les plaques
on ne voyait pas de restes de coraux, mais on les apercevait dans
les échantillons.
N". 189 est le calcaire corallien blanc-jaunâtre du pied oriental du
Gounoung Karang pandjang, à l'est d'Ambon, sur la route de Rou-
toung, de 80 à 100 m. d'altitude. Ce calcaire contient une très grande
quantité de coraux en branches; le calcaire lui-même n'a pas été
examiné au microscope.
N°. 82a. Couche calcaire sur des grès, à 124 m. d'altitude, dénudée
à l'extrémité d'une terrasse au-dessus de Routoung, sur la route
d'Ambon. Nous n'avons pu observer aucune inclinaison à cette couche,
qui n'est visible que sur une longueur de 2 m. Nous avons ici un
petit restant d'une couche, qui était jadis reliée avec les couches
calcaires de Halérou, inclinées au sud-ouest, ainsi qu'il a été indiqué
au profil fig. 61. En échantillons, ce calcaire est gris-jaunâtre clair,
compacte, un peu schisteux, et il ne ressemble pas aux autres jeunes
calcaires à foraminifères d'Ambon. probablement parce qu'il s'est
déposé sur des grès argileux. A l'œil nu, on n'y voit pas de pétri-
fications. Au microscope, on voit, dans une masse très pure, micro-
cristalline de calcaire spathique, avec quelques grains de minerai
d'où partent des taches brunes, un très grand nombre de sections
de petites globigérines dentelées; elles n'atteignent qu'un diamètre
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de '4 mm., tandis que dans d'autres jeunes calcaires d'Ambon elles
arrivent assez souvent à la taille de '/a ^ 1 ï^^^^- H 7 ^^ encore quel-
ques autres foraminifères. Calcaire à globiyérines.
N". 197. Calcaire enlevé au pied méridional de la cime de 286 m.,
à l'ouest de Halérou, à 266 m. d'altitude. En échantillons, il est blanc-
rosé et plein de petits trous. Pas de restes coralliens visibles. Au
microscope, une pâte raicrocristalline de calcaire spathique, dans
laquelle il y a des sections de coraux (?), de coquilles, de globigérines
et d'autres foraminifères, ainsi que des lithothamnium. Calcaire.
Le n". 198 est une tridacne, longue de 30, haute de 18 cm., que
j'ai recueillie moi-même dans le calcaire corallien de la Waï Liha
(côte est de Leitimor), à peu près à 13 m. d'altitude. Elle était
solidement fixée au calcaire et devait en être détachée à coups de
marteau, de sorte que la pétrification se trouvait sans aucun doute
dans la roche. Tridacne.
N». 33. Fragment d'une brèche quaternaire, située immédiatement
derrière la négorie Houtoumouri, à 6 m. d'altitude environ. Dans la
négorie, à 150 m. au nord-est du pont sur la petite rivière Aâ, git
près du rivage un bloc de calcaire énorme, haut de 7 m. environ,
probablement le reste d'un banc de calcaire corallien jadis plus
étendu qui a été détruit par les flots. C'est là le seul point entre les
caps Houtoumouri et Riki où le calcaire se montre sur la plage.
Immédiatement en arrière de Houtoumouri, il y a des brèches d'une
roche vitreuse, passant par altération à une matière blanche, arénacée,
avec inclusions de morceaux d'un verre gris-sombre. Un de ces frag-
ments a été examiné au microscope, et on a vu qu'il consistait en
une roche vitreuse avec fissures perlitiques, renfermant de nombreuses
petites baguettes et microlithes d'augite en aiguilles ainsi que de
grands cristaux de bronzite, de plagioclase, de quartz et de cordiérite
avec beaucoup d'inclusions de touffes de sillimanite, qui parfois
remplissent totalement la masse de la cordiérite. C'est donc une
brèche de perlite andesitique à quartz et à bronzite, et elle ressemble au
n®. 194 de la Waï Malako.
N°. 5. Fragment de brèches quaternaires incohérentes au-dessus
d'Amahousou, à une cinquantaine de mètres d'altitude. Roche altérée,
gris-sombre, à grands cristaux de quartz (6 mm.) en dihexaèdres,
feldspaths troubles, blancs (4 mm.), et biotites brunes (4 mm.) dans
une pâte gris-clair. Au microscope, outre du quartz, du feldspath et
de la biotite ainsi que du pyroxène rhorabique (bronzite) parmi les
cristaux porphyriques ; puis du minerai de fer. Pâte de plagioclase,
de pyroxène altéré, de minerai et d'hydroxyde de fer et un peu de
verre. Andésite à quartz et à mica.
N". 105. Brèche quaternaire, au rivage septentrional de Leitimor,
près du cap Batou anjout. Pâte blanche kaolinique contenant du granité,
en grands et petits fragments, qui sont en partie devenus blancs par
altération. La roche n'a pu être taillée. Brèche quaternaire de maté-
riaux granitiques.
VII. Sédiments novaires.
A Leitimor, les terrains modernes n'ont qu'une faible étendue.
La plus grande plaine est celle où est situé le chef-lieu Ambon.
Elle n'est pas parfaitement horizontale, mais elle monte depuis la
côte jusqu'à 12 m. d'altitude, contre le pied des collines quaternaires,
derrière la maison de la résidence à Batou gadjah. Cette plaine con-
siste en débris de toutes les roches plus anciennes, principalement
des matériaux enlevés par les eaux aux collines quaternaires, qui,
à leur tour, se composent de débris de granité, de diabase, de grès,
de serpentine, d'andésite et de dacite. On ne trouve pas de calcaire
corallien dans la plaine elle-même, mais bien au bord méridional,
au kampong Waï Nitou, depuis 5 jusqu'à 12 m. d'altitude. Il se
construit d'ailleurs actuellement dans la mer un nouveau récif coral-
lien; et lorsque, après quelque temps, le fond se sera soulevé de
quelques mètres seulement, la plaine actuelle d'Ambon formera, contre
le versant de la montagne, une nouvelle terrasse limitée par deux
couches calcaires, celle de Waï Nitou et la couche de calcaire coral-
lien qui se forme à présent dans la mer. Le calcaire de Waï Nitou
ne continue pas toutefois en arrière d'Ambon; il s'arrête déjà à la
rivière Batou gantoung; et nous constatons ainsi dans cette couche
la même irrégularité que nous avons rencontrée dans certaines couches
calcaires plus anciennes: elles disparaissent parfois brusquement, ou
bien elles s'amincissent et se terminent en coin.
On trouve un second dépôt alluvial à Amahousou; il consiste en
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partie en blocs roulés d'andésite à quartz et mica et de péridotite,
apportés par la Waï lia et ses affluents ; ces blocs atteignent l'altitude
de 10 mètres et sont limités par des terrasses quaternaires légèrement
inclinées. Le terrain de péridotite derrière Amahousou est très friable
et tellement escarpé, qu'après de fortes pluies cet endroit est parfois
sérieusement menacé par l'énorme masse de débris et de pierres qui
descendent des montagnes.
A Eri, à la Labouhan Radja et la Waï Mëmikar il n'existe que
des bandes étroites d'alluvium.
Une plaine alluviale, de 7 km. de longueur, s'étend le long de la
côte du sud, depuis le cap Nousaniwi, par Latou halat et Ajër Lo,
jusque tout près du cap Hati ari. A Latou halat, la largeur de ce
plateau est de Vj km. A 1 km. environ à l'ouest de cet endroit
gisent dans la plaine quelques gros blocs de calcaire corallien, qui
se sont détachés d'une couche calcaire quaternaire située plus haut;
la plaine elle-même consiste d'ailleurs en débris et fragments roulés
de melaphyre et d'andésite et en sable marin.
Les plaines de la côte du sud, jusqu'à Tandjoung Hihar, sont de
peu d'importance. Au cap de ce nom commence une bande d'alluvium
longue de 6 km., qui continue, par Lea hari, Routoung et Houtou-
mouri, jusqu'à proximité du cap Houtoumouri et dont la largeur
est de '/î k^^- â. Routoung. Des débris d'andésite et de grès et, au
kampong Houtoumouri, un grand bloc de calcaire corallien consti-
tuent cette plaine qui, à 10 m. environ d'altitude, vient buter contre
les collines quaternaires.
A la côte de l'est, la rivière Touwi sapo seule a près de son em-
bouchure une plaine alluviale de '/j ^ï^- ^^ longueur et 1/4 km. de
largeur.
La plaine de Paso, qui consiste en gravier et fragments d'andésite
et de dacite et qui, en moyenne, ne s'élève pas à plus de 8 à 5 m.
au-dessus de la mer, relie Hitou à Leitimor ; comme limite entre ces
deux presqu'îles, ou plutôt îles, on peut admettre le canal de Paso,
qui relie, à peu de chose près, la baie Intérieure à la baie de Bagouala.
En tant qu'il s'agisse de la portion appartenant à Leitimor, cette
plaine doit en grande partie son origine à des atterrissements de la
Waï Jori.
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A Nontetou, Lateri et Lata, on trouve du calcaire corallien, et
entre Halong et Hatiwi këtjil un peu de brèche le long de la côte.
D'autre part, une bande étroite d'alluvium s'étend depuis Paso jusque
tout près du cap Batou merah. La plaine de Lateri est un delta de
la Waï Rikan ; celle de Gëlala, un delta de la grande rivière Waï Rouhou.
Des constructions coralliennes s'édifient tout autour de Leitimor;
la profondeur à laquelle se développent ces récifs coralliens n'est pas
partout la même; elle varie de 5 jusqu'à 30 et 40 m. sous le niveau
de la nier. Aux coraux magnifiquement colorés, que l'on peut aper-
cevoir distinctement dans ces eaux limpides jusqu'à une grande pro-
fondeur, on a donné le nom de «jardins de la mer». Ceux qui existent
entre Ambon et Halong sont particulièrement renommés.
On ne connaît, en fait de pétrifications dans ces jeunes sédiments,
que celles de la plaine d'Arabon. Elles furent découvertes au com-
mencement de 1904 en creusant un puits sur le terrain de la nou-
velle école normale pour instituteurs indigènes à Ajër wolanda, dans
la partie occidentale de la plaine d'Ambon (feuille 2 de notre carte
n". II et plan d'Ambon, fig. 54 de l'annexe V), à peu près à o'/j m.
au-dessous de la surface du sol, qui y est à plus de 5 m. d'altitude.
J'ai reçu ces fossiles de M. L. Ph. Ch. Roskott, directeur de cette école.
Le Prof. BoETïGER à Francfort sur le Main a eu encore une fois
l'obligeance de déterminer ces fossiles et de me communiquer le
résultat de son examen. Voici la liste de ces pétrifications.
Verzeichnis der recenten Versteinerungen von AMBON.
Von Professor Dr. 0. Boettqer.
(Die mit * verseheucn Arten sind heute uoch ira Meere dort
besouders hâufig).
Schnecken:
1. Pleurotoma (Turris) tigrina Lmk.
2. » [Gemmula) monilijei'a Pse.
3. Surcula bijubata (Rve.).
4. Drillia sp. aus der Verwandtschaft der mioc. Dr. allionii Bell.,
lebend mir unbekannt.
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5. Conus (Punticulis) arenatus Brug.
6. »> {Coronaxis) papalis Wkff.
7. Tritonium (Epidromus) concinnum Rve.
*8. Ranella (Argobuccinum) gyrina L.
9. Phos textum (Gmel.).
10. Nassa [Alectryon) hirta Kien.
11. » (Arcularia) pulla (L.) var. deshayesi'H.. Jacq.
12. )' » globosa Quoy.
13. » » nana A. Ad.
14. » {Hebra) muricata Qu. Gaim.
15. » » geniculata A. Ad.
*16. Ricinula (Sistrum) concatenaia Lmk.
17. • » undata (Chemn.).
18. Latirus turritus (Gmel.).
19. Mitra {Cancilla) flammea Quoy.
20. Mitra (Chrysame) ambigua Swains.
*21. ■• {Turricula) corrugata Lmk.
22. » « gruneri Rve.
23. -> " sanguisuga L.
24. •' {Costellaria) cruentata Rve.
25. » " militaris Rve.
26. Columbella turturina Lmk.
27. Natica (Mamma) mamilla L.
28. Strombus (Canarium) dentatus L.
29. Cypraea cylindrica Born.
30. '• isabella L.
31. " erosa L.
32. » moneta L.
*33. » (Trivia) oryza Lmk. •
34. Turbo {Turbo) petholatus L.
35. » (Senectus) intercostalis Mke var. elegans Phil.
36. Trochus (Trochus) maximus Koch.
Dabei die noch (im Seelan Lake und bei Batu gadjah) lebende
Sûsswasserschnecke :
*37. Melania (Tarebia) granifera Lmk.
11
162
Muscheln:
38. Lutraria planata (Chemn.).
39. Tellina (Tellinella) virgata (L.).
40. Cytherea (Callista) festira Sow.
41. » (Dione) philippinarum Hanley.
42. » (Lioconchd) picta Lmk.
43. » >» trimaculata Lmk.
44. Tapes (Textrix) textrix (Chemn.).
*45. • {Parembolà) literata (L.).
46. » » araneosa Phil.
47. >' » hiradiata Desh.
48. » (Hemitapes) variabilis Phil.
49. Dosinia histrio (Gmel.).
50. Chama lingua-felis Rve.
5J. Lucina {Divaricellà) hicornis Rve.
52. ylrca (Anadara) scapha Chemn.
*53. Pecten pallium L.
54. » asperrimus Lmk.
55. Lima ^ma (L.).
*56. Spondylus variegatus Chemn.
57. Ostrea cf. multistriata Hanley.
Dazu kommen noch fossiles Holz, wenigstens vier Arten von
Korallen und ein Krebs (Balanus sp.).
Da bis auf eine Art (N*>. 4) aile fossil gefundenen Arten mirnoch
lebend bekannt sind, ist die Ablagerung als ganz jung plistocân
anzusehen.
(Gez.) O. BOETTGER.
F. GEOLOGIE DE HITOU.
(CARTE N». I).
La constitution géologique de Hitou est tout à fait la même que
celle de Leitimor, ce qui n'est pas étonnant de deux îles qui confinent
l'une à l'autre, et qui d'ailleurs formaient probablement jadis une
île unique, avant la formation de la baie d'Ambon. Seulement à
Hitou le terrain gréseux ou bien fait défaut, ou bien est recouvert
de produits plus récents, car nulle part il n'apparaît à la surface.
De même que pour un relèvement topographique précis, le temps
nous a manqué, comme nous l'avons dit plus haut, pour une ex-
ploration géologique détaillée. L'intérieur de Hitou, qui est une île
beaucoup grande que Leitimor, est totalement inhabité et couvert d'une
végétation très dense, de sorte qu'on ne peut voir un bon panorama
que de quelques cimes seulement. Sur les crêtes montagneuses la
roche est le plus souvent fort altérée, et de plus, elle est souvent
recouverte de matériaux quaternaires (ou tertiaires supérieurs) inco-
hérents. Dans ^e lit des rivières, on peut mieux voir la roche massive,
mais, dans la plupart des cas, un coup d'œil d'ensemble y est im-
possible, à cause des bords escarpés; d'autre part, pendant notre
séjour à Ambon, le niveau des rivières était très élevé.
Hitou a été explorée géologiquement en 1898, en grande partie
par l'ingénieur des mines Koperberg et pour une petite partie par
moi-même. Nous avons alors fait ensemble l'ascension des montagnes
Touna et Salahoutou. Dans une partie des mois de mars et d'avril
1899, et d'avril et de mai 1904, j'ai fait encore quelques excursions,
au G. Kërbau, à Tandjoung Tapi, au Touna, au lac Telaga Radja et
à la rivière Loï ; à cause de la hauteur des eaux, cette dernière n'avait
pas pu être explorée suffisamment en 1898, car nous étions alors à
Ambon durant la saison des pluies (avril à juillet). Les violentes
averses gênaient fort l'exploration, surtout d'une île aussi boisée que
164
Hitou; elles nous empêchaient d'ailleurs de jeter un coup d'œil
d'ensemble sur l'île.
Mais, malgré ces circonstances défavorables, notre carte n". I donne
cependant, dans ses traits principaux, une image exacte de la con-
stitution géologique de Hitou. Seule la limite entre la roche éruptive
massive, avec les brèches et les conglomérats qui y appartiennent,
que nous rangeons parmi nos Ambonites, et les matériaux incohérents
(tertiaires supérieurs ou quaternaires) qui les recouvrent, n'a pas pu
être examinée partout en détail. D'ailleurs, par des éboulements et des
affouillements continuels des matériaux meubles, de nouvelles portions
de la roche éruptive sont sans cesse mises à nu et deviennent visibles
à la surface, en des points où auparavant elles étaient recouvertes de
matériaux plus récents, de sorte que la limite en question subit
constamment de légères modifications.
I. Péridotite, gabbro et serpentine.
L'afïleurement de la péridotite à Hitou est borné aux alentours de
Liliboï et d'Alang. Au cap >'amakoli, la roche est bien dénudée.
Plus loin, elle se montre dans les rivières Sëkawiri, à Liliboï, Nama-
koli et Alang lama ou Waloh, ainsi qu'au cap Mohatok et dans les
rivières qui ont leur embouchure entre ce cap et Tandjoung Tapi.
Le terrain quaternaire contient ici partout de nombreux fragments
de péridotite, la plupart fortement serpentinisés.
Dans la partie nord-ouest de Hitou, on ne connaît pas de péridotite
à l'état de roche massive; on a rencontré seulement quelques petits
fragments roulés de gabbro dans la Waï Ela, en amont de Lima et
dans la Waï Hé, entre Lima et Saïd ; de sorte que la péridotite existe
probablement aussi dans le sous-sol ; car le gabbro n'est autre chose
qu'une variété à plagioclase de péridotite. Dans tout l'Archipel
oriental, la péridotite est presque toujours accompagnée de gabbro,
qui y forme soit des traînées, soit des filons. C'est ainsi que, pour
citer un exemple dans une île du voisinage, j'ai trouvé, dans la pres-
qu'île occidentale de Céram, nommée Houamoual, les deux roches
réunies dans la rivière Mangourou, à Louhou, à la côte est. La
négorie Louhou consiste en trois kampongs, qui sont du nord au
sud, d'abord Louhou, puis Ija et ensuite Koulour. C'est dans ce
165
dernier kampong qu'est l'embouchure de la rivière Mangourou, qui
charrie, outre des morceaux de schiste, de nombreux fragments roulés
de péridotite (nos. 27 et 28) ainsi que quelques autres qui contiennent
des parties à grain grossier, riches en feldspath, du véritable gabbro
(n". 29); bien que ce gabbro, adossé à la péridotite, soit limité en
lignes assez droites et donne ainsi l'impression d'un filon, en
d'autres points cette délimitation est moins régulière; je tiens donc ce
gabbro, ainsi que tous les autres, non pour de vrais filons, mais pour
des sécrétions de la péridotite riches en feldspath, lesquelles peuvent
parfois prendre en apparence la forme de filons.
Les péridotites de Hitou n'offrent presque pas de différences avec
celles de Leitimor; seulement, dans quelques-unes on voit un peu
de plagioclase.
No. 123. Blocs roulés d'une roche qui existe aussi à l'état massif
aux bords droit et gauche de la vallée de laSekawiri, de 2 à 2'/2 km.
en amont de Liliboï. En échantillons, elle est vert-foncé, dense,
serpentineuse, avec quelques diallages vert-jaunâtre. Au microscope,
c'est une roche à olivine et à diallage fortement serpentinisée, con-
sistant essentiellement en fibres polarisantes de serpentine (chrysotile),
avec un peu de calcaire spathique et une très forte proportion de
minerai de fer spongieux. Quelques gros cristaux de minerai sont
transparents, brun-sombre, et appartiennent sans doute à la chromite.
L'olivine est déjà totalement transformée; la diallage l'est en grande
partie ; les parties fraîches qui restent encore présentent une extinction
oblique et n'appartiennent donc pas à de la bronzite, mais à de la
diallage monoclinique. Péridotite^ passant à la serpentine.
N°. 9. Enlevé aux roches fermes de la côte, entre Alang et Liliboï,
à proximité de l'embouchure de la rivière Namakoli. Roche sombre,
serpentineuse, avec de nombreuses diallages vert-jaunâtre. Au micros-
cope, un tissu de fibres de chrysotile, avec beaucoup de minerai
spongieux et de calcaire spathique. Il y a des restes inaltérés de
diallage, mais en si faible quantité que la roche doit être nommée
une serpentine. C'est une péridotite presque totalement transformée
en serpentine.
N*\ 129. Gros blocs sur le monticule au sud-ouest d'Alang, où se
trouvait autrefois un poste à signaux, à 63 m. d'altitude. Ce
166
monticule consiste en matériaux quaternaires qui renferment, outre de
la péridotite, encore de petits fragments d'Ambonites. En échantillons,
c'est une roche vert-grisâtre, assez fraîche, avec quelques diallages.
Au microscope, une belle roche, fort peu serpentinisée, consistant en
bronzite en fibres fines à extinction droite, augite commune, ces deux
éléments parfois en lamelles juxtaposées, olivine, un peu de plagio-
clase frais et chromite. Les fibres de la bronzite sont souvent recour-
bées, ce qui indique une compression de la roche. Ce qui est inté-
ressant, c'est la présence de plagioclase dans cette péridotite, car elle
indique une relation entre les péridotites et les gabbros à olivine.
Toutefois, la teneur en plagioclase n'y est pas assez forte pour ranger
cette roche parmi les gabbros. Péridotite fraîche à plagioclase.
Nos. 133 et 134. Le n«. 133 est un bloc roulé de la Waï Waloh
ou Alang lama, une serpentine, en partie blanche par altération
tandis que le n°. 134 existe, d'après Koperberg, à l'état de roche
massive dans le lit de la même rivière, et y produit un petit rapide
à deux kilomètres environ de l'embouchure. C'est aussi une serpentine
vert-noirâtre avec quelques cristaux de diallage, et transformée sur
les plans de clivage en une masse serpentineuse blanche et tendre.
Au microscope, ce sont l'un et l'autre des serpentines, avec quelques
restes de diallage seulement et où l'olivine est totalement transformée.
Péridotites^ transformées en serpentine.
N". 136. Roche vert foncé, tant soit peu schisteuse, en gros blocs
sur la plage, au cap Mohatok. Au microscope, une serpentine assez
parfaite. On peut encore y voir les formes fibreuses fines et recour-
bées des bronzites, mais la matière elle-même est déjà transformée.
Serpentine, issue de péridotite.
N\ 145. Bloc roulé de gabbro dans la Waï Ela, en amont de Lima.
Une roche fraîche, verte, d'un grain moyen, avec pyroxène et plagio-
clase. Au microscope, un mélange cristallin grenu de plagioclases
assez limpides, avec extinction jusqu'à 22° de part et d'autre de la
ligne de suture, de diallage enserrée entre les feldspaths et totalement
transformée en un feutrage de fibres fines et de petits prismes d'oura-
lite vert clair. En quelques points, ces fibres se sont rassemblées en
véritables cristaux de hornblende, dont on voit aussi des sections
transversales, fortement pléochroïques, avec angles de 124°. De l'il-
167
ménite, en quelques gros cristaux entaillés. Pas d'olivine. Gabhro
{à hornblende). Forme probablement des sécrétions dans la péridotite?
mais la roche n'a pas été trouvée à l'état massif.
N". 151. Bloc roulé dans la Waï lié, entre Lima et Saïd, à proxi-
mité de l'embouchure. C'est aussi une roche fraîche, de grain moyen?
vert grisâtre, avec pyroxène et plagioclase. Au microscope, une roche
grenue, cristalline, consistant en plagioclase limpide, comme le n". 145
Du pyroxène monoclinique, d'une teinte très claire, qui n'a pas ici
le caractère de diallage mais plutôt d'augite commune, et qui est
transformé pour une grande partie en ouralite et aussi en hornblende
compacte. Minerai avec leucoxène. Pas d'olivine. Gabhro,
II. Diabase.
Dans la partie nord-ouest de Hitou, les rivières transportent toutes
de nombreux fragments roulés de diabases qui affleurent dans leur
cours supérieur. La diabase et principalement à nu dans les rivières
Soula, en amont d'Asiloulou, Siah, en amont d'Ouring, Ela, en amont
de Lima, lié, Walawaâ, Bouyang, Houloun, Loï et Wakahouli. Bien
que la roche se montre principalement dans le lit des rivières et se
recouvre d'ordinaire bientôt, sur les deux bords, de conglomérats et
de brèches d'Ambonites, elle apparaît aussi sur les pentes des mon-
tagnes, entre autres près du petit lac (Telaga) Lana, au-dessus d'Asi-
loulou, à 415 m. d'altitude, et au mont Touna, jusqu'à l'altitude de
410 m. Parfois la diabase est accompagnée de tufs et de brèches
diabasiques vert-grisâtre; et, tant dans ces deux roches que dans la
diabase ferme, il s'est formé, par dégagement d'hydrogène sulfuré,
une quantité très considérable de pyrite, ce qui les distingue déjà
des Ambonites plus jeunes, lesquelles renferment rarement de la
pyrite en proportion notable. Ces cristaux de pyrite, une combinaison
du cube et de l'octaèdre, atteignent parfois la taille de 20 mm.
Dans les brèches et les tufs, les fragments de diabase sont souvent
agglutinés par une pâte quartzeuse cristalline; il se forme ainsi des
roches qui ressemblent à des porphyres quartzifères.
Bien que notre carte ne signale que peu de diabase dans la partie
sud-ouest de Hitou, il se présente çà et là des fragments roulés alté-
rés et de l'argile pyritifère, ce qui fait qu'il n'est pas invraisemblable
168
que, dans ce terrain, la diabaBe ait une extension assez considérable
dans le sous-sol. C'est ainsi que dans la vallée de la Waï Lawa, au-
dessus de Tawiri, Koperberg a trouvé une roche argileuse, gris-clair,
(n". 111), non disposée en couches, qui est probablement un produit
d'altération d'une roche éruptive, gris sombre, pyritifère et à grain
fin, qui affleure en amont de ce point, sans doute une diabase très
altérée. Le «Hatou assa», un rapide de la Waï Sëkawiri (nommée
aussi Ajër Besar) en amont de Liliboï, est produit par une roche
vert-grisâtre, d'un grain fin, (n°. 121) qui appartient à la diabase et
que l'on peut suivre encore plus loin, sur une grande étendue, dans
le lit de la rivière; elle apparaît aussi à la montée de la Sëkawiri
vers l'arête Hatou Lalikoul, en direction occidentale. Dans un petit
affluent de la Sëkawiri, non loin de Liliboï, on trouve aussi une argile
pyriteuse blanc- verdâtre, que l'on emploie pour blanchir les maisons
et qui est probablement un produit d'altération de diabase; celle-ci
se rencontre aussi, profondément altérée, en fragments dans l'argile.
Enfin, parmi les blocs roulés de la rivière Alang lama (ou Waï Walohj,
en amont d'Alang, il y en a quelques-uns qui sont des diabases (n« 131).
Dans la partie orientale de Hitou, il se présente de la diabase dans
le ravin de la rivière Taïsoui, au passage de la route de Waë au
Salahoutou, à 270 m. d'altitude, et plus en amont encore. D'énormes
blocs sont disséminés en cet endroit (nos. 65, 66, 68). En aval, à 170 m.
d'altitude environ, à la cascade Batou Embouang, affleure une roche
éruptive jeune, et en fait de diabase on ne trouve que quelques petits
cailloux roulés (n°. 166). Il ne paraît pas douteux que, par une ex-
ploration détaillée de tous les ravins du Salahatou, l'on ne rencontre
la diabase encore dans le lit d'autres rivières, recouverte par les
Ambonites de cette montagne.
Nous décrirons les roches diabasiques de l'est vers l'ouest.
Chaîne du Salahoutou. Nos. 65, 66 et 68. De très gros blocs roulés
dans la rivière Taïsoui, à la traversée de la route de Waë au Sala-
houtou, à 270 m. d'altitude. La roche n'affleure pas en cet endroit,
mais un peu plus en amont elle doit certainement exister comme
roche massive, puisque les blocs sont si volumineux. En cet endroit,
la rivière forme une petite cascade par-dessus une Ambonite qui
ressemble à du porphyre quartzifère.
169
En échantillons, ce sont des roches vert-grisâtre, à grain fin, avec
particules rondes de calcédoine, mais sans grands cristaux. Au
microscope, un mélange grenu, microcristallin de piagioclases étroits,
d'augite et de minerai. La matière de l'augite est enserrée entre les
piagioclases, et totalement transformée en chlorite et un peu de
quartz. Le minerai est de l'ilménite, à bord de leucoxène. Comme
produits secondaires, du quartz, de la calcédoine, du calcaire spathique
et de la pyrite. Diabases.
N°. 166. A la cascade Batou Erabouang dans la Waï Taïsoui, à
170 m. d'altitude. Blocs roulés. En échantillons, roche trouble, vert-
grisâtre clair, à cavités dans lesquelles il y a de petits cristaux
rhomboédriques de dolomie qui, d'après l'analyse de M. P. Huffnagel
à Delft, se dissolvent avec effervescence dans de l'acide chlorhydrique
concentré et chaud. Au microscope, quelques sections cristallines très
grandes, remplies de chlorite, de calcaire spathique et de quartz,
proviennent d'augite. Ces cristaux gisent porhyriquement dans une
pâte trouble de baguettes allongées de feldspath, de quartz, de
minerai de fer à bord trouble, de chlorite et de calcite. La pyrite
y est secondaire, de même que les particules de quartz, la chlorite,
et le calcaire spathique. Diahase.
La Waï Loi. Comme nous l'avons dit, la vallée de la Waï Loi"
fut explorée en 1899. Après avoir passé un peu d'alluvium et puis,
des terrasses de cailloux roulés quaternaires (nos. I9a, b, c), on trouve
une roche andésitique ferme (nos. l^d, e, /) jusqu'au delà du petit
affluent de droite Kapa ; on trouve ensuite dans la rivière un nombre
de plus en plus grand de fragments roulés de diabase, dont on
recueillit le n". 19^^; et à 3^4 km. environ de Kaïtetou on arrive à
une roche blanche, le porphyre quartzifcre n^ 19/t, à l'état massif
dans la rivière. Le ravin est tout-à-fait comblé de très gros blocs
roulés de cette roche blanche, qui empêchent de pénétrer plus avant
dans le lit de la rivière. Aux talus des bords il y a des matériaux
meubles avec fragments d'andésite. Ce n'est que plus en amont que
la diabase apparaît comme roche massive. On la trouve entre autres
à l'embouchure de l'affluent de gauche Touna de la Waï Loi, sur
le sentier de Saïd au lac Tëlaga Radja, une route que nous décrirons
plus tard. En ce point, à 269 m. d'altitude, on a recueilli dans la
170
Waï Loi la diabase n". 19k; et la même roche affleure aussi dans la
Waï Touna même et dans un petit affluent de cette rivière, tout
près de son confluent avec la Waï I>oï. Plus haut dans la Waï Loi
et dans la Waï Touna, la diabase se recouvre d'Ambonites et de
brèches de ces roches.
N". 19g. Bloc isolé dans la Waï Loï, à2'/2 km. environ deKaïtetou.
En échantillons, une roche vert-grisâtre, fraîche, avec quelques grandes
augites ouralitisées. Au microscope, un mélange cristallin de plagio-
clase, à grands angles d'extinction (33°) des deux côtés de la ligne
de suture, d'augite et d'un peu de minerai. Les augites sont totale-
ment transformées en une ouralite en fibres fines; les aiguilles sont
pléochroïques entre le vert-bleuâtre et le vert-jaunâtre, et sont à
extinction oblique. Il n'y a plus de matière augitique inaltérée.
Epidiahase.
N«. 19k. Affleurant dans la Waï Loï et dans le cours inférieur de
la Waï Touna, non loin de son confluent avec la Waï Loï, à 269 m.
d'altitude. En échantillons, vert-grisâtre, microcristalline, sans grands
cristaux; la roche est traversée par de minces veines de calcaire
apathique avec calcédoine, colorées légr'rement en brun par de
l'hydroxyde de fer. Au microscope, une très belle roche, car les
plagioclases y sont encore très frais ; ils forment des individus tabu-
laires, tant en longueur qu'en largeur; et ils sont très basiques, car
on y mesure souvent des angles de plus de 30^, (même de 36° et de
37°). Ils sont très purs, presque sans inclusions; seulement de la
chlorite a pénétré du dehors dans les fissures des cristaux. De l'augite
vert-clair, monoclinique, aussi à grands angles d'extinction (35° à 40°) ;
le pyroxène rhombique manque. Une très forte proportion de parti-
cules vertes, enserrées entre les autres éléments, polarisant en fibres,
probablement tous de la chlorite provenant d'augite, qui présente
aussi des fibres de chlorite sur les bords des cristaux encore frais;
on n'y aperçoit pas de serpentine provenant d'olivine. Dans la
chlorite gisent de nombreuses particules jaunes, allongées, de la forme
d'un boudin ou d'une massue, irrégulièrement délimitées, des agrégats
microgranuleux, qui appartiennent à l'épidote. Du minerai, en sec-
tions minces et allongées ou hexagonales, à peu près sans leucoxène,
mais pourtant du minerai de fer titane, selon toute probabilité, car
171
certaines lamelles minces, régulièrement hexagonales, deviennent
brunes et transparentes. Pas de pâte. Diahase cristalline.
Cette roche présente une grande analogie avec les gabbros nos. 145
et 151 décrits plus haut, dont le premier contient de la diallage et
le second de l'augite commune. La transformation de l'augite en
matière de hornblende s'observe aussi dans le bloc roulé n°. 1% de
la Waï Loï.
Nous trouvons donc ici une transition graduelle de la péridodite
commune aux diabases cristallines et aux épidiabases n"s. 19À:etl%
de la Waï Loi, en passant par la péridotite à plagioclase n'^. 129 de
la montagne à signaux (seinpostberg) près d^Alang, et les gabbros
nos. 145 et 151 ; cela prouve que nous devons voir dans les péridotites
et les diabases des membres d'une même famille, qui appartiennent
probablement à une même période d'éruptions, quoique pas tous
exactement du même âge. Toutefois, on n'a pas rencontré de filons
de diabase dans la péridotite, ni réciproquement.
Le Touna. Deux routes conduisent de la côte du nord vers le Touna ;
la première commence à mi-chemin entre Saïd et Hila, entre les
petites rivières Kalouli et Jolang (ou Lola, comme on l'appelle dans
son cours supérieur). En suivant ce sentier, on traverse la Waï Lola,
et en montant toujours plus haut sur la même arête, on atteint la
plus haute cime du Touna, celle de l'est, de 875 m. d'altitude. L'autre
chemin, plus long et plus difficile, mais beaucoup plus intéressant,
va de Saïd à la cime moyenne du Touna (861 m. d'altitude), par
les versants ouest et sud de cette montagne, et de ce point on peut
facilement arriver au sommet le plus élevé. A partir de Saïd on suit
d'abord, sur une courte distance, la grand'route de Hila; on prend
alors à droite (au sud) un sentier qui conduit d'abord par des brèches
et conglomérats incohérents d'andésite, et qui côtoie le versant orien-
tal (435 m. d'altitude) d'une petite cime avancée, laquelle porte le
nom de Wawani et atteint l'altitude de 467 m. Sur cette cime on
trouve deux canons brisés; c'est sans doute le monticule sur lequel
on s'est fortement battu en 1643 et que Valentijn (Oud en Nieuw
Oost-Indien, II, 2, Ambonsche zaken, bdz. 138) mentionne comme
«l'escarpement sur lequel Kakiali avait placé, dans la déclivité de
la montagne, une batterie fixe de 3 pièces et de 3 pierriers pour
172
balayer la route». C'est à tort que les habitants d'Ambon ont donné
le nom de ce mamelon à toute la montagne, de sorte que celle-ci
est appelée -«Touna» par les habitants de Saïd, et ■«Wawani» par ceux
d'Ambon et des alentours. La première dénomination seule est exacte.
On reste sur les brèches et les conglomérats incohérents (nos. 13
et 14) jusqu'à l'altitude de 410 m. environ; ils sont remplacés alors
par de l'andésite compacte (n". 15), qui apparaît çà et là en blocs de
la hauteur d'une maison. Dans la petite rivière Tamboro, un affluent
de droite de la Waï Houloun que l'on passe à 369 m. d'altitude,
gisent exclusivement des blocs roulés de cette roche (n^. 16). D'ici
on descend pour remonter ensuite en pente faible jusqu'à 403 m.,
vers un endroit où se dégagent des vapeurs d'hydrogène sulfuré entre
des fragments blanchis et fortement décomposés d'andésite (n". 17a),
et où il s'est déposé un peu de soufre (n<*. 17) ; ce lieu se nomme Latahou-
houlehou. Le gaz ne s'y échappe pas dans un espace cratériforme,
mais au versant de la montagne, et à l'entrée d'un petit ravin dont
les eaux coulent vers la Waï Houloun, entre des blocs incohérents.
Ensuite le sentier monte et descend alternativement jusqu'à l'altitude
de 395 m., où l'on passe de nouveau un petit affluent de droite de
la Waï Houloun, la Waniï, qui forme ici une cascade sur de la
diabase (n". 18). Si l'on suit ce petit cours d'eau jusqu'un peu en
amont du passage, on trouve bientôt dénudé, à la rive droite, le
profil représenté dans la fig. 38 (annexe IV), à 410 m. d'altitude
environ. De l'andésite ferme (n°. 18c), divisée en plaques qui incli-
nent légèrement vers le nord ou le nord-ouest, repose ici sur la dia-
base, D (n°. 18a), dont la partie supérieure consiste en brèches et
tufs de diabase, Dt (n°. 186). La diabase aussi bien que les brèches
contiennent beaucoup de pyrite. Cette dénudation est remarquable
parce qu'elle prouve qu'au Touna le sous-sol, qui se compose de
diabase, atteint une hauteur considérable.
Si l'on continue à suivre ce sentier, on arrive, non loin au-delà
de la Wanii, à un point où se dégage de nouveau une forte odeur
d'hydrogène sulfuré, bien que la vapeur n'en soit pas visible. L'espoir
d'atteindre d'ici, en montant vers l'est, la cime occidentale du Touna,
de 804 m. d'altitude, fut déçu par la communication qui nous fut faite
par les chefs et les indigènes qui nous accompagnaient, que par
173
suite du grand escarpement cette cime était inaccessible de cet
endroit. Nous continuons donc notre route d'abord vers le sud,
atteignons à 664 m. la ligne de partage des eaux entre la Waï Hou-
loun et la Waï Loï, descendons sur cette ligne juscju'à 628 m., et
trouvons ici une petite maison n". 1, d'où l'on a une vue sur la
pointe sud-ouest de Céram, nommée Tandjoung Sial. Tout près de
cet endroit, on voit mise à nu une roche altérée (n". ISd) qui, en
échantillons, fut d'abord prise pour une diabase, mais dont on
reconnut par l'examen microscopique qu'elle appartient aux Am-
bonites. Nous descendons d'ici, en pente raide, le flanc méridional
de la montagne et, dans un petit affluent de la Waï Touna, nous
trouvons de nouveau une dénudation d'une andésite très altérée
(n". ISê); dans la Waï Touna elle-même (affluent de gauche de la
Waï Loï), nous trouvons aussi exclusivement de l'andésite (n". 18/)
dans un état assez frais, qui s'étend probablement jusqu'au sommet. Le
sentier de la Waï Touna, au bord duquel nous avons établi, pendant
notre excursion, un refuge n". 2, à 505 m. d'altitude, conduit d'ici,
dans une direction sensiblement septentrionale, vers la cime du
milieu du Touna, élevée de 861 m. A cause des fortes pentes, par-
fois de 30^ et plus, et des racines des arbres recouvertes de mousse,
cette ascension est très fatigante et très peu intéressante, car on ne
jouit qu'à quelques places d'un beau point de vue. notamment dans
la vallée de la Waï Loï et du côté d'Ambon, entre autres à un
endroit situé à 650 m. d'altitude environ, où la mesigit (église
mahométane) d'Ambon est vue dans la direction de 119'/2° (magn.);
d'ailleurs nous n'avons pu recueillir nulle part des échantillons
inaltérés de roches. Sur la cime moyenne du Touna, nous avons
aussi construit un refuge n . 3, ou plutôt un abri sous un toit. De
cet endroit, on peut facilement atteindre la cime orientale du Touna,
la plus élevée (875 m.) ; mais ici encore il n'y avait à voir aucune roche
fraîche; tout était recouvert d'humus et de mousse. A travers les
nuages nous avions, de temps en temps, une bonne vue sur Kaïtetou,
où nous pouvions voir l'embouchure de la Waï Loï et son lit de
blocs roulés.
Si nous résumons ce que nous avons pu observer dans la Waï Loï
et au Touna même, nous voyons que le sous-sol de cette montagne
174
consiste en porphyre quartzifère, diabase et brèches de diabase, les
deux dernières jusqu'à l'altitude de 410 m. au moins ; et que là-dessus
il s'est déposé de jeunes roches éruptives (Ambonites). A en juger
d'après les fragments roulés dans le lit de la Waï Houloun, à proximité
de son embouchure, il faut que dans cette rivière, du côté ouest de
la montagne, la diabase existe aussi comme roche ferme. C'est là
que fut recueilli l'échantillon n". 152.
N°. 18. Roche de la cascade de la rivière Waniï, à proximité du
passage du sentier. En échantillons, c'est une roche vert-grisâtre, à
grain très fin, avec de nombreux cristaux de pyrite. Elle est en
partie brécheuse, et elle paraît être plutôt une brèche ou un tuf
qu'une roche éruptive compacte. Elle fait effervescence avec l'acide
chlorhydrique chaud, et renferme donc des carbonates. Au microscope,
on voit un mélange microcristalHn de plagioclase, chlorile, minerai,
quartz et calcaire spathique. Les plagioclases sont allongés et étroits,
la plupart troubles par formation de spath calcaire et ils sont cassés
aux extrémités. La chlorite, issue d'augite qui n'existe plus à l'état
inaltéré, est serrée entre les feldspaths. Le minerai est du fer titane
avec leucoxène. Le quartz se montre en cristaux plus grands, qui
polarisent en mosaïque; ils sont entourés d'un bord de chlorite et
renferment des inclusions de bulles liquides; ces cristaux sont sans
doute primaires, mais les petites particules de quartz, irrégulièrement
délimitées, probablement secondaires. La pyrite a disparu en grande
partie des plaques par la taille; c'est encore un produit secondaire,
provenant des émanations de H^ S. Diabase transformée, ou plutôt
brèche de diabase.
N". 18a. Roche de la rive droite de la Waniï, située plus haut que
le n". 18. En échantillons, elle ressemble à la précédente, mais elle
n'est pas brécheuse ; elle renferme beaucoup de pyrite. Au microscope,
les éléments sont les mêmes qu'au n«. précédent; mais il y a
moins de quartz et plus de calcite; la chlorite est vert-brunâtre.
Diabase altérée.
W. 18b. Fragment d'une brèche qui recouvre la roche précédente,
à la rive droite de la Waniï. Renferme beaucoup de pyrite, est de
teinte vert-grisâtre clair et ressemble à la roche précédente, mais
contient un grand nombre de particules arrondies de quartz. Au
175
microscope, c'est une roche brocheuse, avec fragments d'une diabase
très altérée, gisant dans une pâte quartzeuse qui polarise en mosaïque
et contient beaucoup de pyrite. Ce quartz ne renferme pas d'inclusions
liquides. Brèche de diabase imprégnée de quartz ou silicifiée. La roche
n^. 186 est recouverte d'andésite (n*^. 18c).
N". 152. Fragments roulés de la Waï Houloun, à peu près à l'/j km.
de l'embouchure. Roche vert-grisâtre, d'un grain fin, avec une très
forte proportion de pyrite. Au microscope, un réseau d'aiguilles de
plagioclase allongées, troubles, mais encore polarisantes, avec chlorite,
ilménite avec leucoxène, grains de titanite, un peu de quartz et une
très grande quantité de pyrite. Diabase transformée.
Wai Elah. La vallée de cette rivière, qui se jette dans la mer à
Lima, fut suivie par Koperberg aussi loin que possible; puis, à la
rive gauche, il fit une excursion au mont Latoua, qui sera décrite
plus tard. Après avoir traversé l'alluvium à Lima, on trouve bientôt
l'andésite et les conglomérats de cette roche; puis la diabase (n°. 147),
qui paraît se prolonger jusque bien haut dans la vallée. Toutefois,
à 500 m. d'altitude,, on ne voit plus de diabase dans la Waï Elah ;
on aperçoit seulement des Ambonites plus jeunes. Dans son cours
inférieur, la rivière charrie aussi de nombreux blocs roulés de diabase.
N^ 147. Roche affleurant à 3 km. environ de Lima, dans le lit de
la Waï Elah. Elle est vert-grisâtre, à grain fin et contient de la
pyrite. Au microscope, on voit qu'elle appartient, comme les diabases
de la Wai Loï, aux diabases les moins altérées d'Ambon. C'est un
mélange cristallin, grenu, de plagioclases allongés, d'augite de teinte
claire et d'ilménite. Comme produits secondaires, beaucoup de chlorite,
moins de calcaire spathique, peu de quartz; autour du minerai, leu-
coxène blanc trouble ainsi que des grains limpides de titanite; puis
de la pyrite. Les plagioclases présentent des angles d'extinction de
20° et plus de part et d'autre de la ligne de suture. L'augite est
en partie encore fraîche, d'une teinte verte très claire et trans-
formée seulement en partie en chlorite, calcite et un peu de quartz.
Diabase.
Wai Soulah et Telaga Lana. La Waï Soulah ou rivière d'Asiloulou
prend sa source au Gounoung Lana (500 m. d'altitude environ), un
contrefort au sud-ouest du massif du Latoua. Au versant nord de
176
Parête du Latoua, entre 250 et 450 m. d'altitude, il y a un terrain
de diabase, dans lequel est situé à 415 m. un petit lac de 70 m.
environ sur 50, rempli d'eau froide, couvert de lentilles d'eau, et
entouré de sagoutiers. Il est presque inutile d'ajouter qu'il n'a rien
de commun avec un lac de cratère, dont il n'a d'ailleurs pas le
caractère. Nous y avons recueilli les échantillons nos. 143 et 144 de
blocs volumineux. De toutes parts la diabase est bornée par des con-
glomérats et des brèches d'andésite, roche qui existe aussi à l'état
massif dans le cours inférieur de la rivière. La diabase ne s'y trouve
qu'en blocs roulés (n^. 142).
N"^. 142. Blocs roulés de la Waï Soulah, à peu près à 3 km. d'Asi-
loulou. Roche vert-grisâtre clair, à grain fin. Au microscope, une
diabase microgranuleuse, avec plagioclases longs et étroits; l'augite
est totalement transformée en chlorite, calcaire spathique et un peu
de quartz. Ilménite avec leucoxène; hydroxyde de fer. Diabase.
N°. 143. Gros blocs près du petit lac Lana, à 415 m. d'altitude.
Roche gris-verdâtre, à grain fin. Au microscope, moins microgranu-
leuse que l'échantillon précédent. Ici encore l'augite est totalement
transformée en chlorite, qui est enserrée entre les plagioclases longs
et étroits. Beaucoup de minerai, sans leucoxène, mais avec quelques
taches brunes d'oxyde et, à ce qu'il paraît, en octaèdres réguliers;
donc de la magnétite probablement. Calcite. Diabase.
N". 144. Gros blocs du lagon Lana, à 415 m. d'altitude. Roche
gris-verdâtre clair, à grain fin, analogue au n". 142. Au microscope,
une diabase altérée comme la précédente, où de nouveau toute l'augite
est transformée. Très forte proportion d'ilménite, bordée de leucoxène.
Diabase.
Waï Alang lama ou Waï Waloh, à Alang. Dans cette rivière gisent
des blocs roulés de calcaire, de grès, de serpentine brécheuse et quel-
ques uns de diabase, dont on a recueilli un échantillon (n". 131). La
roche n'a pas été rencontrée à l'état massif.
N". 131. Bloc roulé de la Waï Alang lama, à Alang. Roche gris-
verdâtre à grain fin. Au microscope, elle ressemble au n". 147, car
ici aussi une grande partie de l'augite, d'un vert très clair, est encore
fraîche et n'a été transformée en chlorite que pour la plus petite
moitié. Pour le reste, les éléments ordinaires, de longs plagioclases,
177
de l'ilménite avec leucoxène, du calcaire spathique, du quartz, ainsi
que des cristaux et des grains cristallins jaunes et bruns qui appar-
tiennent à l'épidote. Diabase.
Waï Sekawiri (nommée aussi Waï Elah et Ajer hesar) à Liliboï.
Dans le cours inférieur on trouve du calcaire corallien et puis divers
petits rapides sur une roche un peu bréctieuse, fort altérée (n^ 121).
W. 121. Roche du rapide Hatou assa, dans la rivière Sekawiri
(Ajër bësar), à Vj^ km. environ de Liliboï. En échantillons, roche gris-
verdâtre foncé, assez tendre, à grain fin, d'apparence tuffeuse. Au
microscope, on voit des morceaux très altérés de diabase, avec bords
sombres, riches en grains de minerai de fer, ce qui donne à cette
roche un aspect brécheux. Plus haut dans la rivière, il doit y avoir
encore plus de cette roche. Diabase^ fort altérée.
Wdi Lawa, à Tawiri. Dans la vallée de cette rivière, on trouve
des andésites riches en verre, parmi lesquelles une roche diabasique
altérée apparaît çà et là à l'état massif; l'argile pyriteuse gris-clair
(n". 111) est regardée comme un produit de désagrégation de cette
diabase, mais elle appartient probablement aux sédiments quaternaires.
Il n'a pas été recueilli d'échantillons de la diabase de la Waï Lawa.
III. Roches granitiques.
A ce groupe appartiennent, à Hitou comme à Leitimor, aussi bien
les granitites que les porphyres quartzifères.
Le granité apparaît dans le sud-ouest de Hitou, dans la grande
négorie Alang, et entre celle-ci et la négorie Liliboï, à la côte. De
plus, les dépôts quaternaires à l'ouest et au sud-ouest de Liliboï
renferment beaucoup de fragments de granité. Dans la négorie Alang,
on a taillé dans le granité altéré un escalier de 52 marches, que
l'on se propose de continuer jusqu'à 65 marches environ, vers la
partie de la localité située plus haut. Au nord gisent sur le granité
des matériaux incohérents; à l'est, la roche confine à l'alluvium de
la rivière Namakoli, et puis à la péridotite du cap Namakoli. Plus
au nord-est, il apparaît encore un peu de granité à la côte, et il
existe de gros blocs le long de la côte jusqu'à proximité de Liliboï.
Plus à l'est encore, il n'y a plus de granité nulle part à Hitou, pas
même en blocs isolés.
12
178
Le porphyre quartzifère se rencontre dans le lit de la Waï Loi, et
dans diverses rivières au pied du Salahoutou.
N°. 10. Roche d'Alang. Granité grisâtre, d'un grain moyen ou fin,
avec quartz, feldspaths blancs et ternes et biotite. Renferme beaucoup
de sécrétions grises, d'un grain très fin, irrégulièrement délimitées.
Au microscope, on voit que parmi les feldspaths il y a de l'orthoclase
trouble et encore plus de plagioclase demi-trouble. Ensuite, beaucoup
de biotite, transformée partiellement en chlorite, un peu de minerai
et quelques grains de zircone. Quelques gros cristaux, à noyau limpide
et incolore, sans pléochroïsme, mais transformés d'ailleurs en une
muscovite vert-clair, en fibres très fines, appartiennent à la cordiérite.
Granitite.
N^ 11 est une sécrétion gris-clair, d'un grain très fin, de la granitite
n°. 10 d'Alang. Des deux plaques microscopiques, l'une est un granité
commun, confinant à la sécrétion, et semblable au n". 10, mais avec
beaucoup de plagioclase qui présente des stries croisées, et de nom-
breuses cordiérites incolores, qui ne sont qu'en partie transformées
et devenues brun -jaunâtre. Dans les parties limpides de ces cordiérites
il y a de la sillimanite, parfois beaucoup, mais le plus souvent peu,
ainsi que des octaèdres de pléonaste d'une belle teinte verte. L'autre
plaque est la sécrétion fine elle-même, et elle consiste en quartz,
plagioclase, beaucoup moins d'orthoclase, beaucoup de petites biotites,
du minerai et des grains de zircone. La cordiérite manque, ainsi que
la hornblende. C'est donc aussi une granitite, à grain fin.
N". 127. Enlevé à de gros blocs, au rivage, entre Alang et Liliboï,
à proximité de la petite rivière Lapiarounout. En échantillons, un
granité brun d'un grain moyen. Au microscope, du quartz, du plagio-
clase, encore une fois moins d'orthoclase, de la biotite, du minerai,
et de nombreux cristaux de cordiérite limpides, transformés en partie
en une masse brun-jaunâtre, en partie même finement fibreux par
des agrégats vert-clair de muscovite. Chlorite, limonite. Pas de horn-
blende. Granitite.
N". 19h. Roche ferme dans la rivière Loi, à 37^ kni. de Kaïtetou;
cette roche blanche ne peut se voir que dans le lit de la rivière,
divisée en bancs épais qui inclinent au nord. Elle offre quelque res-
semblance avec certaines diabases et tufs diabasiques, blanchis et
179
imprégnés de quartz, qui se montrent ailleurs, au Touna. A l'examen
microscopique, on reconnaît cependant qu'elle n'appartient nullement
aux diabases, mais fait partie des porphyres quartzifères. Une com-
paraison minutieuse des plaques microscopiques des diverses roches
du Touna a fait voir, que la constitution géologique de cette mon-
tagne est encore plus compliquée que je ne le croyais tout d'abord.
Aux bords des rivières, le porphyre quartzifère se recouvre de maté-
riaux roulés; on ne sait pas au juste jusqu'où ceux-ci continuent
en amont, car le lit de la rivière est comblé de blocs énormes du
porphyre, qui empêchent d'y pénétrer plus avant, ou du moins en
rendent l'accès très pénible. Ce qui est certain, c'est qu'à l'/^ km.
en amont, à l'embouchure de la Waï Touna, à 269 m. d'altitude,
il n'y a plus à voir de porphyre quartzifère, mais la diabase n°. 19Â;,
décrite plus haut, y vient au jour.
En échantillons, le porphyre quartzifère n°. Idh est une roche blanc
terne, dure, dans laquelle on ne peut voir que des quartz et des
cristaux de pyrite. Au microscope, on observe une pâte microgranu-
leuse dans laquelle sont disséminés porphyriquement des grains de
quartz arrondis et des feldspaths. Ces derniers sont tous troubles;
quelques-uns polarisent encore comme des cristaux simples ou comme
des mâcles d'orthoclase ; d'autres présentent distinctement les stries
des plagioclases. Les quartz contiennent des inclusions de particules
solides de verre aussi bien que de petites bulles liquides. La pâte
consiste en particules de quartz et de feldspath, qui forment des
agrégats irrégulièrement délimités, dans lesquels ces particules sont
enchevêtrées à la façon du granité graphique. La roche renferme en-
suite de l'ilménite, non seulement avec bord terne de leucoxène, mais
encore avec beaucoup de titan ite limpide et polarisante, de teinte
grisâtre ou jaune-grisâtre. La chlorite n'y existe que dans une faible
mesure ; l'augite, ou tout autre élément sombre (bronzite, hornblende,
biotite), pas du tout. La pyrite s'y trouve en cristaux relativement
volumineux. Porphyre quartzifère granophyrique.
NO. 64. Fragments roulés dans la rivière Sakowé, affluent de la Selaka
qui se jette dans la mer au nord de Waë. Les morceaux ont été
recueillis au point d'intersection de la rivière et du sentier qui con-
duit de Waë à la cime orientale du Salahoutou, et que nous décri-
180
rons plus tard à propos des liparites. En échantillons, c'est une roche
gris-bleuâtre clair, avec pâte serrée et des quartz porphyriques. Res-
semble tout à fait au n". 1 de Tg. Batou merah et présente aussi
la même croûte d'altération jaune-brunâtre. La roche est traversée
de fissures, dont les parois sont tapissées de cristaux de quartz et
de petites paillettes hexagonales d'un minéral limpide qui, d'après
l'analyse de M. P. Huffnagel Pz., étudiant à l'Eole Polytechnique de
Delft, appartient à la margarite (mica calcaire). Au microscope, elle
donne sensiblement la même image que le n». 1. En cristaux por-
phyriques, rien que du quartz et du feldspath, ce dernier en faible
quantité, car il a été en partie transformé en kaolin qui a disparu
au polissage. Quelques longs rectangles, primitivement du feldspath,
sont transformés en un agrégat de grains de quartz. Les quelques
restants de feldspath qui existent encore sont sans stries, ne présen-
tent que de petits angles d'extinction et appartiennent à l'orthoclase.
La pâte consiste essentiellement en particules de quartz limpides et
en d'autres jaune-brun trouble, plus ou moins arrondies, de feldspath,
qui, tournées entre niçois croisés, s'éteignent sur toute la surface
et sont rarement pénétrées de grains de quartz. Dans cette pâte, on
ne peut observer distinctement un enchevêtrement micropegmatitique
ou graphogranitique de quartz et de feldspath, comme dans le n". 1.
Entre les particules, on trouve de belles tables quadratiques et des
octaèdres aigus d'anatase, transparents, d'un bleu d'acier, résultant
probablement d'une décomposion de la biotite. Ensuite, la pâte ren-
ferme encore de petites fibres de muscovite, des grains bruns d'hy-
droxyde de fer et un peu de pyrite. Porphyre quartzifère.
N°. 67. Fragments roulés de la rivière Taïsoui, à la traversée du
sentier de Waë au Salahoutou, à 270 m. d'altitude environ. Une
masse compacte, gris-bleuâtre, ressemblant presque à un schiste sili-
ceux, avec quelques petits quartz et des veines de calcédoine. Au
microscope, on voit une pâte d'un grain fin, qui consiste en de nom-
breuses particules polarisantes de quartz et de feldspath brun trouble,
avec beaucoup de calcédoine. Des quartz porphyriques, présentant des
poches dans lesquelles la pâte s'est introduite. Il s'y trouve quelques
orthoclases, en cristaux simples ou en mâcles. Certains feldspaths sont
transformés en quartz ou en calcédoine. Porphyre quartzifère.
181
Le porphyre quartzifère n". 64 a été analysé par M. D. Funk, 1er
assistant au laboratoire de chimie de l'Académie des mines à Freiberg,
en Saxe. La composition est:
No. 64.
SiO^ = 80.94
APO» = 10.05
Fe^O^ = 0.50
FeO = 0.47
CaO. .......= 0.30
MgO = 0.10
K^O . = 5.08
Na^O ' . . =1 1.73
H^O = 0.85
Total . . . = 100.02
Les roches nos. l et 64 sont donc fort rapprochées par la compo-
sition ; seulement, le n". 64 est plus riche en acide silicique, par suite
de la forte teneur en quartz de la pâte.
IV. Terrain gréseux.
Le terrain gréseux, qui joue un rôle si important à Leitimor, n'ap-
paraît pas à Hitou. Il est pourtant probable que ce terrain existe
aussi dans le sous-sol de Hitou, car on y a rencontré çà et là quelques
fragments roulés de grès et de calcaire compacte. Ces fragments ont
été trouvés aux points suivants:
1. Dans la rivière Sekawiri, à Liliboï, à proximité du rapide Hatou
assa, qui consiste en diabase (n". 121) et qui a déjà été décrit plus
haut; on y a trouvé des blocs de calcaire compacte, gris-clair (n°. 122),
ressemblant à ceux de la vallée de la Batou gadjah, en arrière d'Ambon,
et qui concordent peut-être avec ces derniers par l'âge. Malheureuse-
ment, ce calcaire ne renferme pas de fossiles.
2. A V ouest d'Alang, et aussi à l'est du «mont du poste à signaux»
(la cime au-dessus de Tandjoung Alang), quelques blocs de calcaire
compacte, (nos. 128 et 130) gris-foncé et gris-clair, surgissent du sol
quaternaire; ils ressemblent aussi au calcaire ancien de Leitimor.
Dans la petite rivière voisine, Titilanang, qui coule à l'est du mont
du poste, on en a cherché les couches fernies, mais on ne les a pas
trouvées.
182
3. Dans la rivière Alang lamd, qui débouche dans la mer àPouest
du mont à signaux, on a rencontré des fragments roulés d'un grès
(n''. 132), passant au conglomérat, et de petits morceaux d'un cal-
caire compacte, noir, qui ont un caractère ancien. Cependant, aussi
loin que la rivière a été explorée, on n'a pu voir nulle part des
couches de grès. Le grès consiste en débris de granité; les petits
échantillons de calcaire n'ont malheureusement pas été conservés.
L'âge des calcaires dont il vient d'être parlé n'est pas tout à fait
certain, non seulement parce que nulle part on ne les a trouvés en
couches et qu'ils ne renferment pas de fossiles, mais encore parce
que les calcaires coralliens jeunes deviennent parfois compactes ou
très finement cristallins, et qu'ils ressemblent alors parfaitement à
des calcaires anciens. Les fragments roulés qu'on a rencontrés peuvent
donc parfaitement provenir du terrain de calcaire corallien. Des
recherches ultérieures devront élucider cette question.
N". 122. Blocs incohérents de la rivière Sekawiri, à Liliboï, à peu
près à 10 m. d'altitude. Calcaire compacte, gris-clair, avec de grosses
veines de spath calcaire. En échantillons il ressemble fort au calcaire
gris, ancien (nos. 74 et 222) de la vallée de la Batou gadjah. On n'y
voit pas de pétrifications. Au microscope, on observe uniquement
des sections de fossiles impossibles à déterminer, probablement en
grande partie des foraminifères. Les globigérines, si répandues dans
les calcaires tertiaires et plus récents, manquent ici, de même que
tous les minéraux qui pourraient provenir de jeunes roches éruptives.
C'est un calcaire très pur, un mélange microcristallin d'individus de
calcite. Calcaire cristallin.
Nos. 128 et 130. Au sud-ouest d'Alang se trouve la petite cime sur
laquelle il y avait auparavant un poste à signaux et qu'on appelle,
pour cette raison, le «mont du poste» (seinpostberg). A l'est de ce
monticule coule la petite rivière Titilanang, et un peu plus loin, à l'est
de cette rivière, à 45 m. d'altitude, sur la route d'Alang, quelques
blocs d'un calcaire compacte, gris-clair (n". 130), à parties sombres
(n°. 128), non des blocs roulés proprement dits, mais usés et arrondis
et qui paraissent consister en coraux, surgissent du sol quaternaire.
Un peu plus à l'est, dans la rivière Alang lama, il apparaît, à 42 m.
d'altitude, du calcaire reposant sur de la serpentine; mais, suivant
183
KoPERBERG, c'est du calcaire corallien jeune ordinaire. Au microscope,
le n^ 130 présente de nouveau une masse très pure de calcaire spa-
thique, avec des restes de coraux et de foraminifères impossibles à
déterminer. Calcaire cristallin.
Les calcaires nos. 122, 128 et 130 ressemblent il est vrai aux cal-
caires anciens des vallées de la Batou gadjah et de la Batou gantoung,
mais aussi aux variétés denses, compactes, des jeunes calcaires coral-
liens, comme ceux du sommet du Gounoung Kapal (n". 98) et du
Gounoung Nona (n". 96) ; de sorte qu'il est encore possible qu'ils
fassent partie des jeunes calcaires, car les fossiles ne donnent pas
de renseignements suffisants.
N". 132. Bloc roulé de la Waï Alang lama, à 1 km. environ de
l'embouchure. En échantillons, une roche grise, dure, à feldspaths
ternes et avec peu de pyrite. Au microscope, roche élastique, avec
éclats de quartz, orthoclase devenu trouble par formation de mica,
peu de plagioclase limpide, quelques particules de muscovite, ilménite
avec leucoxène, pyrite et calcaire spathique qui cimente les éléments.
Dans les quartz, de nombreuses bulles liquides. C'est un grès calcarifère
de débris de granité, qui ressemble aux grès anciens des vallées de
la Batou gantoung et de la Batou gadjah, en arrière d'Ambon.
V. Les poches éruptives récentes.
La répartition des Ambonites à Hitou peut se voir sur notre carte
n°. I. La limite de la roche ferme contre le terrain quaternaire ou
pliocène, là où ce dernier consiste en brèches des mêmes roches et
non en matériaux entremêlés, ne peut pas toujours être donnée d'une
manière précise, surtout parce que les matériaux incohérents, appor-
tés par les eaux, atteignent à Hitou de très grandes hauteurs. Les
versants abrupts des montagnes se composent le plus souvent de
matériaux massifs, tandis que les cimes plates et les collines moins
accidentées au pied des montagnes sont constituées, en grande partie,
de produits incohérents; mais ici encore il y a des exceptions.
Les trois grands massifs du Salahoutou, du Loumou loumou Wa-
lawaâ-Touna et du Latoua consistent en roches éruptives jeunes. On
trouve encore celles-ci au Gounoung Kerbau, en divers points de la
côte et dans le lit d'un grand nombre de rivières, accompagnées
184
presque partout de brèches et de tufs arénacés, que l'on ne doit pas
considérer comme des sédiments, mais comme des produits éruptifs,
formés simultanément avec l'éruption des matières massives. Une
partie de ces produits fermes et incohérents paraît cependant s'être
formée sous la mer, ce qu'indique aussi la présence de beaucoup de
roches vitreuses ; et ce sont surtout ces produits déposés sous les eaux
qui rendent souvent difficile d'établir la limite avec les dépôts plio-
cènes et quaternaires, disposés en couches peu distinctes.
Sous le rapport pétrographique, nous suivons ici la même division
que pour la description des Ambonites de Leitimor.
a. Liparite (et dacite) à caractère de porphyre quartzifère.
Ces roches ne se présentent qu'au Salahoutou, principalement sur
la route qui conduit de Waë au sommet de cette montagne.
Sentier de Wae à la cime orientale du Salahoutou.
En arrière des bains de Waë, où une source limpide jaillit de des-
sous le calcaire corallien, on passe d'abord par un peu d'alluvium'
puis par le calcaire corallien, ensuite par des matériaux roulés, avec
fragments d'andésite et de liparite. Au passage de la rivière Sakowé
(117 m. d'altitude;, affluent de droite de la rivière Sëlaka, on trouve
dans le lit de cet affluent beaucoup de fragments roulés du porphyre
quartzifère n". 64 décrit plus haut. De l'autre côté de ce ravin, le
sentier monte graduellement jusqu'à l'altitude de 242 m. La pente
devient alors plus forte, et l'ascension, qui jusqu'ici pouvait se faire
en chaises à porteurs, doit se continuer à pied. Une cime avancée
se nomme G. Katila (834 m.) ; l'arête qui y succède, G. Ketaro
(430 m. environ). Le sentier descend maintenant rapidement vers la
rivière Taïsoui, que l'on passe à l'altitude de 270 m. En cet endroit
gisent de nombreux blocs de diabase (nos. 65, 66 et 68) et quelques
autres de porphyre quartzifère (n^'. 67'), qui ont déjà été décrits ci-
dessus. Un peu en aval du gué, la rivière forme une petite cascade
sur une liparite séparée en bancs épais (n^. 69!. D'ici jusqu'à la
maisonnette du sommet (985 m.), on ne voit plus çà et là qu'un
peu de liparite, très altérée, entre l'épaisse couverture de mousse.
Le sol, où elle affleure, consiste en une argile jaune clair, gluante;
186
et sur la, cime, à l'entrée d'un petit ravin, on ne peut voir encore
que de l'argile jaune, avec quelques petits fragments de quartz.
On peut voir encore la liparite, à l'état de roche ferme, dans la
rivière Taïsoui, en aval du point cité plus haut, notamment à la
cascade Embouang, à 170 m. d'altitude environ. On atteint cette
cascade en suivant le sentier de Waë au Salahoutou, décrit ci-dessus,
jusqu'à l'altitude de + 340 m. ; puis, il faut descendre en pente
raide, d'abord au sud-ouest et ensuite au sud vers la vallée de la
Taïsoui. On voit ici la roche n°. 164 affleurer en bancs épais, tandis
que, de toutes parts, des roches d'andésite riches en verre (n^ 165)
se montrent en fragments roulés, enlevés par les eaux aux brèches.
Plus loin, au versant sud-est du G. Kadera, il apparaît une roche
fortement silicifiée (n". 161), qui probablement appartient aussi aux
liparites; on la trouve en blocs détachés, à 318 m. d'altitude. Cepen-
dant, la cime de cette montagne se compose, à ce qu'il paraît'
totalement en roches andésitiques riches en verre, car on rencontre
celles-ci (n°. 160) à 366 m. et ailleurs aux alentours. A l'altitude de
371 m., au versant oriental du G. Kadera, et à proximité du cours
supérieur de la Waï Reuw (affluent de la Waï Routoung), il existe
un petit lac peu profond, de 15 m. de largeur, à fond marécageux,
que l'on nomme "Telaga Naraang». C'est une mare ordinaire, de peu
de profondeur, remplie d'eau froide ; il ne s'y dégage pas de gaz, et,
d'après Koperberg, elle n'a rien d'un lac de cratère. On peut atteindre
le Telaga Namang aussi bien de Souli que de Toulehou. Le sentier
reste assez longtemps sur un terrain quaternaire, faiblement incliné,
jusqu'au passage de la Waï Reuw, à 178 m. d'altitude; cette rivière
forme ici une cascade sur des brèches d'une andésite quartzifère à
mica (n°. 162), une roche qui, avec différents produits riches en verre,
constitue tout le versant de la montagne.
Le terrain quaternaire entre la Waï Reuw et la Waï Mamina
renferme beaucoup de fragments de liparite (n'''. 159); il en est de
même des environs de la source d'hydrogène sulfuré à l'ouest
du Telaga Birou, près de Souli (n". 158), qui sont en partie
recouverts d'une croûte de tuf siliceux (n". 213), provenant de sources
thermales.
Enfin, la Waï Tomol, qui charrie les eaux venant du versant nord
186
de la montagne, transporte de nombreux blocs de liparite (n**. 170),
provenant des cimes centrales.
Il résulte de cette énumération, que les liparites pauvres en éléments
sombres se bornent au centre de la montagne ; elles sont plus anciennes
que les produits des points d'éruption qui sont répartis sur les flancs
du Salahoutou, et qui ont fourni des andésites, dont quelques-unes
riches en verre. Plus anciens encore sont les porphyres quartzifères
des rivières Sakowé et Taïsoui et les diabases de la dernière, qui
forment le sous- sol du Salahoutou, ainsi que celui du Touna. Toute-
fois, sur le chemin que nous avons suivi, on les trouve, non comme
roche ferme, mais seulement en gros blocs roulés.
De la cime orientale (985 m.) que nous avons gravie, se détache
à l'est une arête vers le G. Lapiarouma (511 m.), au dessus de Liang.
De notre refuge sur la cime de 985 m., on a une vue sur trois cimes
plus élevées, situées plus à l'ouest, et qui sont séparées de notre point
d'observation par un ravin profond de 200 m., la vallée en crevasse
du cours supérieur de la Waï Routoung. Ces cimes, hautes respec-
tivement de 989, 1024 et 1027 m., représentées dans la fig. 36 de
l'annexe IV, sont dessinées d'après une photographie prise par
KopERBERG, de sorte que les contours en sont exacts. Les deux
dernières cimes sont les plus hautes de toute la chaîne, et passent
pour inaccessibles chez les habitants, à cause des parois escarpées de
la partie supérieure; j'ignore toutefois si vraiment des Européens
ont jamais fait des tentatives pour atteindre ces sommets.
Dans nos figures 30, 33, 34 et 35, ce sont les cimes 1 et 2;
la cime de 989 m. est le n°. 5, et notre refuge se trouvait sur la
cime no. 7. Sur la fig. 35, prise au nord du kampong Siwang, à
Leitimor, on peut voir que la cime tout entière peut être considérée
comme un ancien point d'éruption eff'ondré, un volcan crétacé, dont
le bord de cratère fort érodé passe par les cimes 5, 2, 1 et 7; la
Routoung sort de l'ancien cratère. Sur les flancs de cette montagne
se trouvent diverses élévations que l'on doit considérer comme des
points d'éruption indépendants; tels sont le G. Kadera (741 m.), le
G. Sipil (fig. 35) et un petit sommet, désigné par p dans cette figure,
entre le G. Sipil et les pics les plus hauts du Salahoutou, mais situé
un peu plus au nord; le G. Setan (567 m.), cime très escarpée à
187
proximité de la côte du nord, représentée dans la fig. 50; la chaîne
du Tomol, au cap Tomol, avec divers sommets (fig. 48), le G. Houhou,
au cap Houhou (fig. 47) et enfin le G. Lapiarouma (511 m.), déjà
nommé, au sud de Liang, auquel sont adossés, en forme de terrasses,
des matériaux incohérents, avec du calcaire corallien jusqu'à 250 m.
d'altitude (fig. 51).
Description des liparites (et des dacites).
Comme les roches que nous allons décrire ici renferment d'ordi-
naire très peu de feldspaths porphyriques, il se peut que dans le
nombre il y ait aussi des dacites, ce que l'analyse chimique seule
peut décider. Les roches qui ont été analysées, et qui au microscope
renfermaient distinctement du plagioclase, ont cependant une teneur
en alcalis notablement supérieure à celle de la chaux, et appartiennent
par conséquent aux liparites.
N». 161. Blocs du versant sud-est du Gounoung Kadera, à 318 m.
d'altitude. En échantillons, une masse dense, gris-clair, avec feld-
spaths transformés en une matière blanc trouble et des cristaux de
quartz. La croûte est colorée en brun par de l'hydroxyde de fer. Au
microscope, on voit une pâte jaune-brunâtre, qui ne renferme por-
phyriquement que des quartz arrondis, dans lesquels il y a des poches
où la pâte a pénétré; des espaces vides ont été occupés par des
feldspaths, qui ont disparu en grande partie au polissage; quelques
restants de cristaux de feldspath se sont transformés en calcédoine.
La pâte a un aspect tout à fait particulier, par un grand nombre
d'anneaux et des particules irrégulièrement délimitées, de teinte brune,
à bord limpide. Ce bord consiste en calcédoine ; la masse brune inter-
posée est de l'opale, bien qu'elle polarise faiblement, çà et là même assez
fort, ce qui s'observe surtout lorsqu'on fait usage de la plaque de gypse.
Ensuite, un peu de minerai. Il ne reste plus rien de la pâte primitive ;
le tout est totalement silicifié. Liparite silicifiée ou dacite. La transfor-
mation doit sans doute être attribuée à une source thermale qui existait
jadis en cet endroit et qui renfermait de l'acide silicique en dissolution.
N". 69. De la rivière Taïsoui, au gué du sentier de Waë au Sala-
houtou, à 270 m. d'altitude environ. Roche séparée en bancs épais,
par-dessus lesquels la rivière forme une petite cascade. En échantil-
188
Ions, elle est gris-verdâtre clair, avec quelques cristaux de pyrite.
Au microscope, une pâte trouble, consistant en particules polarisan-
tes de quartz, en petites baguettes étroites de feldspath, souvent en
mâcles à angles d'extinction très petits, et partie aussi en cristaux
sphériques; de l'ilménite avec leucoxène, pyrite, lamelles vertes de
chlorite et des grains bruns très fins qui occasionnent le trouble.
Porphyriquement, rien que des quartz limpides, en formes cristallines
bien délimitées, et aussi en grains arrondis ; la pâte s'est engagée dans
des poches dans ces cristaux, qui renferment des inclusions de bulles
liquides et sont entourés d'un bord quartzeux plus jeune, que nous
avons déjà désigné au n°. 191 sous le nom de «quartz auréolé», lequel
s'éteint en grande partie en même temps que le cristal principal;
seules les particules de feldspath qui pénétrent les cristaux de quartz
polarisent alors. Liparite, ou dacite. Par sa teneur en chlorite et par
les feldspaths étroits, la roche rappelle certaines diabases quartzifères.
La teneur en acide silicique est environ de 74 pet.
N°. 164. Roche affleurant à la cascade Batou Embouang, dans la
rivière Taïsoui, à peu près à 170 m. d'altitude. Pâte compacte, gris-
verdâtre clair, à cristaux de quartz. Au microscope, de grands quartz
en cristaux nettement limités et en grains arrondis; ils renferment
de très petites bulles liquides, et présentent en partie un bord de
jeune quartz. Le plagioclase, en cristaux très limpides à structure
zônaire, y existe en proportion assez forte ; ces cristaux ne présentent
pas d'angles d'extinction particulièrement grands, la plupart de
10° seulement, et au maximum 20° pour quelques individus. Quel-
ques sections simples, parallèles à la face M, donnaient une extinction
de 12°. Il se peut que ces sections n'appartiennent pas à un plagio-
clase, mais à une sanidine sodique. La pâte est brun trouble et
polarise comme un mélange fin de quartz et de feldspath. Dessphé-
rolites de calcédoine, irrégulièrement sphériques, y sont disséminés
en grand nombre; quelquefois cependant, ils ont des contours sen-
siblement hexagonaux ou en rectangles courts, de sorte qu'on a afi'aire
ici à de la calcédoine pseudomorphique dans la forme de l'un
ou l'autre minéral, probablement de la cordiérite; ce minéral, je
ne l'ai toutefois pas rencontré à l'état frais, ni dans cette liparite-ci,
ni dans aucune autre liparite d'Ambon.
189
La corrosion par l'acide fluorhydrique et le traitement subséquent
par une matière colorante laissaient tous ces sphérolithes incolores;
c'est une preuve qu'on a affaire à de l'acide silicique pur, et non à
du feldspath ou de la cordiérite. La pâte brun trouble contient, à
côté de feldspath et de quartz, des fibres fines impossibles à déter-
miner (feldspath ?), de petits grains de minerai et des granules bruns,
transparents. Le verre paraît faire défaut.
La prédominance du plagioclase sur les autres cristaux porphy-
riques donne à cette roche le caractère d'une dacite. Il ressort toute-
fois de l'analyse, dont nous ferons mention plus loin, que la teneur en
alcalis est beaucoup plus forte que celle en chaux, de sorte que la
roche appartient aux liparites. La composition chimique se rapproche
fort de celle de la liparite n°. 191 de Leitimor.
N**. 170. Grands blocs roulés du lit de la Waï Tomol, au versant
nord du Salahoutou, à proximité de la côte. Roche grisâtre, terne,
â feldspaths altérés et ternes et quelques petits quartz. Au microscope,
elle ressemble à la roche précédente. En cristaux porphyriques, du
quartz et du feldspath. Des sections simples, à extinction droite,
appartiennent à la sanidine ; la plupart présentent cependant les stries
du plagioclase. T^a pâte renferme de nouveau de petites particules
de feldspath et de quartz, des fibres de muscovite vert-clair, un peu
de minerai de fer et des granules bruns, transparents. Très nombreux
aussi sont des corpuscules ronds, limpides, qui présentent la plupart
un groupement radial des fibres; ils consistent probablement aussi
en calcédoine. Liparite.
N°. 159. Blocs d'un terrain quaternaire, entre la Waï Reuw et la
Waï lamina, à 104 m. d'altitude. Roche gris-clair, avec quelques
cristaux de quartz. Au microscope, porphyriquement rien que des
quartz, gisant dans un mélange de quartz et de feldspath polarisant
en fibres fines et en filaments, avec fibres de muscovite, minerai de
fer et hydroxyde de fer. Cette pâte polarise en taches irrégulières,
et elle est probablement issue secondairement d'une roche vitreuse
Il n'existe plus de grands feldspaths. Liparite (ou dacite).
No. 158. Blocs près de la source d'hydrogène sulfuré, à la Waï
Mëlirang, affluent supérieur de la Waï Wasia. Roche d'une couleur
grise, légèrement brunâtre, avec quelques quartz. Elle est criblée de
190
trous, probablement une conséquence de l'action des vapeurs d'hy-
drogène sulfuré et de l'enlèvement des éléments décomposés, du
feldspath sans doute. Au microscope, porphyriquement des cristaux
limpides de quartz à contours nets, et quelques feldspaths transformés
en un agrégat quartzeux. La pâte, qui est colorée en brun par de
l'hydroxyde de fer et par des grains bruns, consiste en particules de
quartz limpides et en d'autres brunes, troubles, auparavant du feld-
spath peut-être, ou bien un enchevêtrement de quartz et de feldspath
qui à présent est probablement transformé tout à fait en calcédoine.
Liparite (ou dacite).
b. Andésite à bronzite et andésite quartzifère à bronzite.
A ce groupe appartiennent uniquement les roches, dont la pâte
renferme essentiellement des cristaux porphyriques d'un pyroxène
rhombique avec plagioclase, parfois aussi avec du quartz, mais où la
biotite et la hornblende ou bien font défaut, ou bien ne sont que fort
secondaires. Au point de vue géologique, elles sont intimement liées
aux groupes qui suivent, de sorte que dans la description suivante
des terrains ces roches seront traitées simultanément. Cette description
est pour la plus grande partie l'œuvre de l'ingénieur Koperberg;
l'autre partie, la plus petite, est de moi.
Le massif du Salahoutou. Nous avons déjà décrit succintement les
excursions de Waë à la cime du Salahoutou et à la cascade Embouang,
dans la Taïsoui, ainsi que celle de Souli ou de Toulehou au petit
lac Tëlaga Namang, au versant oriental du Gounoung Kadera. Trrs
près de ce lac, on trouve une roche riche en verre, poreuse et par
là même tant soit peu ponceuse (n"". 160), à 366 m. d'altitude. La
Waï Reuw coule dans des brèches d'une andésite quartzifère à biotite,
dans lesquelles on a recueilli l'échantillon n°. 162, un peu au-dessus
d'une petite cascade, à peu près à 180 m. d'altitude. La roche de
liparite, qui forme la cascade Embouang dans la Taïsoui (n^. 164),
est recouverte de brèches quaternaires d'une andésite riche en verre
(n°. 165), et les rivières au nord de Waë transportent principalement
des blocs d'andésite quartzifère à biotite (n^. 163), qui proviennent
également d'un terrain quaternaire. Les brèches quaternaires, avec
bordures de coraux en forme de terrasses, constituent toute la partie
191
orientale de Hitou, depuis Liang jusqu'à Toulehou et Souli. Elles
sont encore visibles à l'est de Toulehou, aux récifs -Batou Anjout»,
qui ne s'élèvent pas beaucoup au-dessus de la haute mer; de cette
roche, on a recueilli un échantillon (n°. 31). Il faut qu'il existe ici
une source thermale ('); mais lors de mon exploration je n'en ai
rien aperçu, parce que j'ai visité ces écueils au moment de la marée
haute et que la source se trouvait alors probablement sous la mer.
Du côté nord du Salahoutou, nous trouvons dans la Waï Houhou de
grands blocs roulés d'une belle andésite à hornblende (n^ 167), originai-
res très probablement du monticule Houhou (fig. 47). Un peu plus à
l'ouest se trouve le rocher « Batou Mètèng », consistant en une roche vi-
treuse, un peu brécheuse, (nos. 168, 169). Vient ensuite le cap Tomol et la
rivière de ce nom, avec blocs roulés d'une andésite riche en verre
(n". 171). A l'ouest du cap Waïlmata, la roche ferme commence à
la côte, au petit cap Hourouman, où nous avons détaché le morceau
d'andésite à biotite n". 172. La paroi de ce rocher s'étend le long de
la côte jusqu'au delà de la Waï Moki, où l'on trouve la même roche,
mais riche en verre Tnos. 173 et 214); à l'embouchure de la rivière,
à la rive droite, la roche vitreuse, sombre, en bâtons, se dresse en deux
aiguilles pointues, presque verticales, avec une inclinaison raide au
nord-ouest; un conglomérat éruptif de la même roche vient s'y
adosser (fig. 49).
On a ensuite le cap Setan, derrière lequel s'élève la cime rocheuse,
très escarpée, du Gounoung Setan (567 m. d'altitude; voir fig. 50).
Dans sa partie la plus abrupte, cette montagne consiste aussi en une
roche sombre, très riche en verre (n". 216), par dessus laquelle un
petit cours d'eau forme une cascade ; mais de toutes parts elle est
entourée ou recouverte de conglomérats et de brèches d'andésite
commune à mica (n". 174) et d'andésite quartzifère à mica et à grenat
(nos. 30 et 215). Les brèches appartiennent ici sans aucun doute aux
brèches éruptives, tandis que les conglomérats doivent être rangés
parmi les dépôts quaternaires.
Enfin, le mont Eri (465 m.), au nord de Nania, doit aussi être
(1) Valetsttjn. Oud- en Nieuw-Oost-Tndier!. TI, le g-edeelte 1724, bdz. 106 (Batoe
Hatoeboe). Wichmann. Tijdschrift v. h. K. N. Aardr. Gen. XV, 1898, p. 211, note 2.
Kapport de N. A. T. Arriëns.
192
compté parmi les contreforts du Salahoutou. Jusque très près du
sommet, cette montagne consiste en brèches d'une andésite quartzifère
à mica (n**. 210), tandis que le sommet lui-même se compose de
calcaire corallien. C'est en même temps le point le plus haut de
toute l'île de Hitou où l'on trouve du calcaire corallien. Une deuxième
bordure, plus basse, de ce calcaire se trouve à 222 m. d'altitude.
Si nous continuons à nous diriger vers l'ouest, nous arrivons dans
la partie centrale, très étendue de Hitou ; cette partie, la plus
basse de l'île, s'étend jusqu'au Loumou loumou; elle est constituée
par des matériaux meubles et du calcaire corallien, où apparaît çà
et là la roche ferme.
Sur la route principale à travers Hitou, qui conduit de Roumah tiga
à Eitou lama, et qui est représentée fig. 8 (annexe II) en projection
horizontale et en profil, à l'échelle de 1 : 20000, des blocs d'une brèche
riche en verre surgissent du sol rouge foncé en deux endroits seule-
ment; d'abord, à la première montée, au-dessus de Roumah tiga, à
85 m. d'altitude, et puis au nord de la ligne de faîte, à l'altitude de
195 m. (n". 48). Les dénudations sont fort restreintes, de sorte qu'on
ne peut pas voir distinctement si la roche existe uniquement en
fragments dans une brèche ou à Tétat de roche ferme; ce dernier
cas est le plus vraisemblable, car la même roche vitreuse apparaît
un peu plus à l'ouest, à la côte du nord. Dans le lit de la rivière
Maspaït, qui est coupée à 158 m. d'altitude, la roche éruptive n'est
pas mise à nu; il n'y affleure qu'un calcaire tendre, argileux par
altération (nos. 46 et 47), qui enclave de nombreux fragments d'une
andésite riche en verre (n*^. 45).
De Hitou lama, un chemin conduit en direction ouest vers Hila, Kditetou
et Sdid en suivant la plage et passant par Wakal. Cette route passe le
plus souvent par de l'alluvium et des terres basses quaternaires. A
185 m. à l'est du passage de la rivière Waoulou, on gravit une petite
colline de 11 m. de hauteur, sur un calcaire quaternaire qui renferme
beaucoup de fragments d'un verre andésitique et inclut des cristaux
séparés de cordiérite (n°. 217); on y trouve aussi de nombreux blocs
volumineux d'un mélaphyre poreux, sombre (n°. 218). En descendant
ce mamelon, on atteint la rivière Waoulou, et 290 m. plus loin, la
Waï Loula, à la rive droite de laquelle est dénudée une paroi, de
6 m. d'épaisseur au moins, formée d'une roche vitreuse et brécheuse
(nos. 21, 21 bis, 22) analogue à celle citée plus haut au n". 48. Les
roches de la Waï Loula et de la colline de tantôt sont donc à une
distance de 290 -f- 185 =r 475 m. l'une de l'autre, et ne sauraient être
confondues. Cependant, dans son mémoire n^ 37, p. 71, Martin les
comprend sous le même nom de «Tandjoung Hatelaûwe». La colline
consiste en brèches quaternaires, tandis que la brèche vitreuse de la
Waï Loula paraît être une roche massive, bien qu'ici encore l'affleure-
ment soit fort limité, et que plus avant dans l'intérieur de l'île
on retrouve du calcaire et des brèches.
Nous retournons maintenant à la côte sud de Hitou et nous suivons
la plage à Vouest de Roumah tiga. Entre le hameau Nipa et la dousoun
Këmiri est l'embouchure de la Waï Ami ; après avoir remonté quelque
temps le cours de cette rivière, nous gravissons la petite colline, située
à la rive droite et qui est recouverte en haut de calcaire corallien.
La constitution de cette colline avancée pouvait être bien observée, car,
par suite du tremblement de terre de 1898, il s'était produit sur le
versant un fort éboulement qui a été indiqué sur notre carte n". IV
et dans la fig. 34 (annexe TV) comme éboulement n°. 2. Ce mamelon
se compose entièrement de matériaux meubles jusqu'à 134 m. d'alti-
tude, avec fragments d'une andésite quartzifère à mica (n°. 2); en
arrière est située une colline plus haute, qui consiste également en
brèches incohérentes et se recouvre, à 179 m., de calcaire corallien
(n". 4) avec tridacnes et autres fossiles. Dans le lit de la Waï Ami
gisait un grand bloc brécheux, détaché de la paroi de la rive gauche,
dont fut enlevé un fragment d'andésite quartzifère à mica (n". 3).
Si à partir de Nipa on poursuit sa route vers l'ouest, en suivant
la plage, on trouve pour la première fois une roche à la côte près
d'un petit cap situé dans la dousoun Sahourou et nommé Tandjoung
Batou; il n'apparaît ici que des conglomérats quaternaires d'andésite
quartzifère à mica (n°. 107a); les blocs roulés sont en partie très
volumineux, de sorte que la roche éruptive massive ne peut être
fort éloignée. Viennent ensuite les dousouns Touhoulérou et WaïLaâ,
d'où part un sentier vers le Gounoung Kërbau; puis, la rivière Laâ
elle-même; ensuite, le cap Batou koubour, où se montre un peu de
calcaire corallien jusqu'à 4 m. au-dessus de la mer; enfin on arrive
13
194
â la dousoun Batou koubour, où un banc de roche compacte vient un
peu au-dessus de la surface de la mer; c'est la roche dont proviennent
les fragments du conglomérat de Tg. Batou, dont il vient d'être
parlé; on y trouve aussi une andésite quartzifère à mica (n". 1076),
séparée en plaques épaisses, qui ont une direction de 290° et une
inclinaison de 20^ au sud (sud 20° ouest), ce qui indique un point
d'éruption situé au nord. La partie supérieure de ce banc s'est solidifiée
en une masse vitreuse, ce qui prouve clairement qu'il existe un
rapport entre les roches vitreuses et les andésites; la croûte vitreuse
(n". 107c) a une épaisseur de Vs ne».
Nous gravissons maintenant le Gounoung Kerbau^ en partant delà
dousoun Waï Laâ. En passant sur des brèches altérées, on atteint
une cime avancée, de 300 m. d'altitude, qui consiste aussi en brèches ;
peut-être même en andésite ferme, mais l'affleurement n'est pas
suffisant pour établir ceci avec certitude. Au nord de cette cime,
on descend jusqu'à 268 m.; à 269 m. nous avons détaché d'un grand
bloc l'échantillon n*^. 108a. Ensuite, le sentier monte vers un petit
plateau, dont l'altitude moyenne est de 280 m. et la longueur de
plus de 300 m. ; on n'y voit aucune roche ferme et tout paraît consister
en matériaux incohérents altérés. On arrive alors à la montée abrupte
vers la cime proprement dite du Kerbau, depuis 280 jusqu'à 478 m.,
avec des pentes de 25° et même de 30°, en partie le long d'une paroi de
roche massive, parfois semblable à une brèche ou à un conglomérat,
dont on a pris divers échantillons ; elle est de couleur plus foncée que
les andésites, d'ordinaire à cavités rondes et elle donne l'impression d'un
vieux mélaphyre; pour les raisons données plus haut, nous la regardons
comme une division basique de nos Ambonites. Déjà au pied de cette
cime, à 280 m. d'altitude, fut recueilli l'échantillon n°. 1086 ; à 319 m.,
le n\ 108c; à 327 m., le n^ lOSd; enfin, à 332 m., le n». 108. On
ne voit plus d'autre espèce de roche jusqu'au sommet. A partir de
ce niveau, des parois d'une roche fixe ne sont plus à nu; mais
on voit çà et là des fragments de conglomérats et de brèches de
mélaphyre. Du côté du nord, le G. Kerbau descend jusqu'à 440 m.
environ, et il s'étend alors à peu près horizontalement vers le G. Damar,
ainsi qu'on peut le voir sur notre fig. 34 (annexe IV).
A présent se pose la question de savoir laquelle des deux roches
195
est la plus ancienne, le mélaphyre de la cime du G. Kërbau, ou bien
l'andésite de la cime avancée de 300 m. et de la plage, à la dousoun
Batou koubour. J'ai cru autrefois que le pied de la montagne, qui
consiste en andésite quartzifère et mica, était la partie la plus ancienne
du Kërbau, et avait été percée au centre par le mélaphyre (43, p. 4).
De nombreuses inclusions de quartz et de cordiérite dans ce mélaphyre
paraissaient indiquer qu'il en était ainsi, car ces minéraux pouvaient
provenir de l'andésite, qui renferme presque toujours du quartz et
souvent de la cordiérite. Mais une nouvelle exploration de la mon-
tagne, en 1904, m'a donné la conviction que le mélaphyre du Kërbau
est probablement la roche la plus ancienne, et qu'elle a été percée
par l'andésite au versant sud. On ne peut indiquer au juste où se
trouvait le point d'éruption de cette andésite; il est invraisemblable
que nous ayons à la chercher dans la cime avancée de 300 m.,
d'abord, parce que celle-ci paraît se composer de matériaux quater-
naires et ne donne pas l'impression d'un point d'éruption ; en second
lieu, parce que le petit plateau susnommé, situé au nord de cette cime
à 280 m. environ, et qui est constitué par des matériaux andésitiques
incohérents, doit probablement être regardé comme une terrasse quater-
naire, appliquée horizontalement contre le mélaphyre du Kërbau;
en troisième lieu, parce que l'inclinaison de la coulée de lave dans la
dousoun Batou koubour, à présent de 20°, serait certes bien plus
faible, si cette lave avait découlé de la petite cime, qui est éloignée,
en direction horizontale, de 1750 m. de Batou koubour. Il est donc
probable que le point d'éruption de cette andésite était beaucoup
plus rapproché de la côte, qu'il se trouvait à une altitude plus faible,
et qu'il est maintenant enseveli sous des matériaux quaternaires.
Malheureusement, on ne peut pas constater sur le terrain s'il en
est réellement ainsi; on doit se contenter de la probabilité, que le
mélaphyre est la roche la plus ancienne. Dans ce cas, il s'ensuit
naturellement que les inclusions de cordiérite et de quartz dans ce
mélaphyre ne peuvent pas provenir de l'andésite, mais doivent être
originaires de roches plus anciennes, granité ou gneiss.
Au commencement de 1898, on pouvait voir du côté nord du
G. Kërbau une grande masse éboulée, brune vers le haut et d'une
couleur plus jaune vers le bas; cet éboulement avait été produit par
196
le grand tremblement de terre de janvier 1898. La partie supérieure
s'élevait à 414 m. et consistait en une terre brune, meuble, avec
fragments de mélaphyre, dans laquelle se trouvait une argile tendre,
dont la teinte variait du jaune au brun de foie; cet éboulis avait
glissé jusque dans la Waï Laâ, et avait obstrué cette rivière en
partie, au-dessus de 278 m.; elle renfermait, en cet endroit, à côté
de blocs de mélaphyre, un grand nombre de fragments d'une roche
vitreuse, sombre. De ce point, nous avons fait l'ascension de la rive
droite de la vallée, et à 382 m. d'altitude nous avons atteint la route
de Hatiwi besar à Hila.
Cette route, la seconde route à travers Hitou, commence à la dousoun
Batou loubang, appartenant à la négorie Hatiwi besar, et aboutit à
la côte du nord, à la Waï Tilipolo, à l'est de Hila. Elle passe d'abord
par des conglomérats compactes, puis par des brèches meubles d'an-
désite et de roche vitreuse. A l'altitude de 176 à 180 m. se trouve
une couche de calcaire corallien, et au-dessus de 230 m. le sol devient
plus brun et de grands morceaux de roche vitreuse y font saillie;
entre autres, à 350 m. environ, où l'on rencontre les gros blocs de
verre «Tongkou batou» (n°. 154). Quelques indigènes prétendent que
ces masses ont été apportées jadis de la rivière Laâ en cet endroit,
pour y faire service «d'autel» (peut-être comme lieu de sacrifices?),
mais cela me paraît invraisemblable. Un peu plus au nord s'élève
une petite cime de 400 m., nommée G. Malintang, exactement à
l'ouest du G. Kërbau; plus au nord encore, à 382 m., est le point
où débouche le sentier vers le G. Kërbau, dont nous avons parlé
tantôt; cet endroit se nomme G. Malamang ila. Le sol reste toujours
brun et renferme des morceaux de verre. Depuis 410 jusqu'à 423 m.
d'altitude, on trouve deux couches de calcaire corallien, séparées par
une brèche de roche vitreuse. Vient ensuite le G. Damar, à 469 m.,
le plus haut point de la route, et un peu plus loin, un petit affluent
supérieur de la Waï Laâ. On arrive maintenant, dans une partie assez
plate, le plateau du Damar, à 441 m., à la ligne de partage des eaux
entre les côtes nord et sud, et un peu plus loin, à 410 m., à la Waï
Hosou, un affluent supérieur de la Waï Tomo; on y voit peu de
roches ; de temps en temps un petit morceau de verre gisant dans une
argile jaune ou brune. Cela continue ainsi quelque temps jusqu'à la
197
Waï Hatou tëlou, un autre affluent de la Waï Tomo, que l'on tra-
verse à 330 m. Sur la petite cime, à la rive droite de ce cours d'eau,
on trouve, depuis 347 jusqu'à 310 m., de nombreux blocs d'une
andésite riche en verre (n". 153), qui affleure en cet endroit ou existe
comme roche ferme à une faible profondeur. D'ici jusqu'à la côte du
nord, tout se réduit à des brèches incohérentes; on ne rencontre
qu'une seule couche de calcaire corallien, à 90 m. d'altitude, et au-
dessous de ce point les brèches contiennent aussi de petits morceaux
de calcaire, mais on ne voit pas de couches proprement dites.
Nous retournons à présent à la baie d'Ambon et nous suivons la
côte vers l'ouest. Les lits de la Piah ketjil, de la Piah besar et de la
Witi contiennent tous des blocs roulés d'andésites, de roches vitreu-
ses et de brèches. Ces rivières n'ont pas été explorées en détail, à
cause du niveau élevé des eaux et faute de temps.
La Wai Lawa fut explorée à partir de Tawiri, d'abord dans la
vallée même jusqu'à 143 m., puis à la rive droite, parce qu'il était
impossible de pénétrer plus avant dans le lit de la rivière ; on monta
jusqu'à l'altitude de 336 m. et on passa la nuit en cet endroit. En-
suite, on descendit dans la Waï Lawa, on traversa la rivière à 290 m.
et à la rive gauche on monta vers l'arête Kehouli ; celle-ci fut atteinte
à 480 m., et alors on fit, dans une direction nord-nord-ouest, l'ascen-
sion de la cime orientale du Loumou loumou (748 m.).
Depuis Tawiri, on trouve sur cette route d'abord de l'alluvium
jusqu'à 12 m. d'altitude; puis des brèches quaternaires incohérentes
avec morceaux de verre sombre (n^. 109), au milieu desquelles, à
3 km. environ de Tawiri, une roche ferme sombre, séparée en prismes
(n". 110), devient visible sur une courte distance. Ce point n'est plus
qu'à 56 m. d'altitude, et il est représenté sur la fig. 41 (annexe IV).
Le verre de mélaphyre a parfois un aspect brécheux, rien que par
altération; parfois ce sont réellement des brèches incohérentes qui
reposent sur la roche massive. Vient ensuite, dans le lit de la rivière,
une argile grise quaternaire (n''. 111), non stratifiée, probablement
le produit de désagrégation d'une roche diabasique, à grain fin, py-
ritifère, qui affleure çà et là comme roche massive dans le lit, sur
une faible étendue, mais toujours dans un état de forte altération.
Plus haut dans la rivière, à 132 m., on trouve de nouveau une roche
198
de verre bréchcuse; et, à 143 m., un mélaphyre vert-grisâtre (n^ 112),
ressemblant à la roche du Kerbau. A cause de la hauteur de l'eau
et des amas de pierres, il fut impossible de pénétrer plus avant dans
le lit même du cours d'eau, et on fut obligé de gravir le versant de
la rive droite, c'est-à-dire le pied sud-est du G. Kadera. On suivit
celui-ci jusqu'à 336 m. d'altitude, et on passa la nuit près d'un petit
affluent de la Waï Lawa. Cet endroit est nommé «Batou besar-
(grande pierre), à cause des très grands blocs brécheux d'une roche
vitreuse andésitique sombre, dont on a recueilli le n". 118. Lelende*
main, on descendit vers la Waï Lawa, dans laquelle on rencontra,
à 290 m., la même roche de mélaphyre que celle trouvée la veille
à 143 m. (échantillon n". 112). On fit ensuite l'ascension du flanc
occidental du G. Kehouli, dont on atteignit la crête à 480 m. On ne
put y voir que peu de roches à cause de la densité de la végétation
et de la couverture de mousse, et il en fut de même plus loin, à la
montée vers le Loumou-loumou, ainsi que cela arrive le plus souvent
sur les arêtes montagneuses de Hitou. A 539 m., on trouva quelques
blocs d'andésite dans l'argile ; et à 567 m. des morceaux d'une roche
vitreuse sombre et d'andésite. Il est probable que ces fragments pro-
venaient de brèches, mais on ne put l'établir avec certitude. La cime
à l'extrémité orientale de la chaîne du Loumou-loumou, dirigée de
l'ouest à l'est, a une altitude de 748 m. et elle est plate au som-
met. Ici encore on n'aurait pu observer la composition du sol si, à
l'est de ce sommet, le tremblement de terre n'avait produit deux
éboulements de terrain, au-dessus d'un petit affluent de la Waï Witi,
nommé Waï Batou medja. De cet endroit, on jouissait d'ailleurs
d'une vue magnifique sur la partie nord-est de Hitou, le G. Setan,
la baie de Hitou lama et Wakal. D'après Koperberg, ce sommet
consiste en matériaux meubles, sable, argile et gravier de roches
andésitiques ; malheureusement on n'y a pas recueilli d'échantillons.
A partir de cette cime on en visita une autre, située plus à l'ouest,
de 782 m., que quelques indigènes désignent sous le nom de G. Telaga
Radja (c'est toutefois le G. Oulou Kadera). Le projet de visiter
le petit lac «Telaga Radja», situé au nord-ouest de cette cime, dut
être abandonné, car le guide qui accompagnait Koperberg préten-
dait ne pas pouvoir le trouver^ ou du moins ne pas connaître un
199
chemin qui y conduisait. On est donc descendu de ce sommet vers
le sud, par des brèches de la roche vitreuse sombre, pour arriver
au cours supérieur de la Waï Lawa. A 497 m. il y a ici un petit
lac, nommé «Telaga Parampouan» ou «Telaga Bounga»- ; ce n'est en
réalité qu'une mare peu profonde, de 100 m. de diamètre à peine,
sans aucune trace de phénomènes volcaniques ; la boue en est froide ;
il n'y avait rien à constater d'un dégagement d'hydrogène sulfuré,
et sur la boue croissent des lentilles d'eau. A 352 m. on peut voir,
dans un affluent de la Waï Lawa, une cascade sur la roche brécheuse
d'andésite que nous connaissons; on regagna alors le bivac de la
soirée précédente, et on revint à Tawiri par le même chemin que
la veille.
Il ressort de cette excursion que le gravier incohérent, apporté
peut être par les eaux (?), atteint sur la crête du Loumou-loumou
une altitude de 750 m. environ; sur les versants, il paraît avoir été
balayé par l'eau pour une grande partie; mais on ne peut le voir
distinctement à cause de l'exubérante végétation et de la couverture
de mousse.
Quelques jours auparavant, le topographe van den Bos, parti de
Saïd, avait fait l'ascension du sommet du Loumou-ioumou situé un
peu plus à l'ouest, à 751 m., afin de faire des relèvements. Il a vu
qu'au nord de la crête du Loumou-loumou il y a encore une arête
plus basse, avec deux sommets, respectivement de 694 et 635 m.
(voir carte n". I), et qu'entre ces deux et les deux cimes de 751 et
782 m. se trouve le lac Telaga Radja, que les indigènes décrivaient
comme une mare d'eau froide, peu profonde, de faibles dimensions,
sans dégagement d'hydrogène sulfuré. Faute de temps, il n'a pas
été levé par lui.
A Tawiri commence une grande plaine alluviale, qui continue jus-
qu'à Hatourou et qui a une largeur moyenne de 1000 m. A Laha
est l'embouchure de la Waï Laha. (N.B. Nous avons donc ici succes-
sivement 4 rivières avec des noms presque consonnants: W. Lela, à
Roumah tiga; W. Laâ, à Batou koubour, W. Lawa, à Tawiri et W.
Laha, à Laha). En arrière de Laha se trouvent des collines quater-
naires, de 67 m. d'altitude, tout à fait plates au sommet. A Laha,
il y avait autrefois, au rivage, une fortification qui est complètement
200
en ruines à présent. Depuis Hatourou jusqu'à Liliboï, la bande d'allu-
vium n'a que 100 à 200 m. de largeur; mais en quelques points
il apparaît une roche ferme à la côte. En premier lieu, tout près de
Hatourou, on a le «Batou Bëdiri«, consistant en bancs épais, dressés,
d'une roche andésitique micacée, en partie séparée en prismes (n°. 114);
la même roche se montre aussi dans le lit de la large rivière Sekoula,
avant Hatourou, en nombreux blocs roulés, et les deux récifs peu élevés
"Batou douwa», situés à Hatou, sont constitués par la même roche.
Au nord de Hatou on trouve, contre les collines quaternaires, deux
bords de calcaire corallien; le bord inférieur, depuis 130 jusqu'à
135 m., l'autre, depuis 202 jusqu'à 225 m. environ. A 217 m. on y
trouve une grotte, nommée «Liang Liawat», dont l'entrée descend
obliquement; à l'intérieur, il n'y a rien à voir de particulier, sinon
qu'elle est habitée par de nombreuses chauves-souris. Nous sommes
revenus d'ici par les Batou douwa; le sentier passe par des brèches
meubles et du gravier d'andésite micacée. Le bord corallien inférieur
se trouve ici plus bas que plus loin à l'ouest, à 89 m. d'altitude environ.
Dans la Waï Hatou, à peu près à ^j^ km. du rivage, se dresse une
paroi rocheuse massive d'andésite à cordiérite (n°. 116), séparée en
prismes qui paraissent diverger quelque peu en forme d'éventail. De
nombreux blocs roulés d'une andésite commune (n^ 115) sont dis-
séminés en aval dans le lit de la rivière. Au-dessous du point où
l'on peut voir le n". 116, des grès tendres, bien stratifiés, quaternaires
ou pliocènes (n°. 117), sont à nu dans la rivière, D =r 43°, 1 = 37°
au sud-est. Ils sont très fissiles et alternent avec des couches de
brèche (n". 118), contenant de petits cailloux roulés et aussi de
grands fragments de verre andésitique (n«. 119); viennent ensuite
des brèches plus dures avec ciment arénacé, le tout se succédant en
position concordante. C'est là un des rares points où l'on reconnaît
une inclinaison notable aux sédiments jeunes. Cependant, l'étendue
où l'on peut voir ces couches ne dépasse pas 3 m.; et il ne me
paraît pas impossible que ces couches inclinées ne forment qu'un
fragment détaché de la roche massive.
A la côte, la roche ferme apparaît de nouveau au «Hatou Poroh-
et tout près de là, un peu plus dans l'intérieur de l'île, aux deux
collines par lesquelles passe la route, qui sont élevées respectivement
201
de 29 et 42 m., et sont séparées par la petite rivière Titileh; cette
roche ferme est recouverte de brèches et de conglomérats. Le Hatou
Poroh est l'extrémité d'une longue arête, dont le point le plus haut,
le G. Oupa, a 467 m. d'altitude. Ce G. Oupa est déjà une cime
avancée de la haute chaîne du Latoua. Le Hatou Poroh (ou Porroh)
consiste en un banc épais, long de 60 m., d'une andésite compacte
(n°. 120), reposant sur un conglomérat dur de la même roche, lequel
a été creusé en tunnel par les flots sur une longueur de 12 m. environ.
A cette roche massive succède de nouveau le conglomérat ferme;
puis, des brèches incohérentes et du gravier. Le conglomérat dur
n'est pas nettement limité à son contact avec la roche compacte,
il est donc évident qu'ils tiennent ensemble.
A partir de Liliboï, Koperberg a fait une excursion vers la mon-
tagne Latoua, mais dans des circonstances très défavorables ; des pluies
abondantes, qui empêchaient presque tout coup d'œil sur l'île, rendaient
l'exploration très difficile. On a d'abord suivi la vallée de la Sekawiri,
qu'on nomme aussi la .(grande rivière» (Waï Elah ou Ajer besar).
Le rapide Hatou assa, consistant en diabase (n°. 121) a déjà été
mentionné plus haut, ainsi que la roche de péridotite serpentinisée
(n°. 123) qui se montre plus haut. A 2'/2 kin- environ de la côte,
on a quitté la vallée et fait l'ascension de la rive droite, d'abord
sur de la diabase, et bientôt après sur une andésite à biotite, qui
constitue le dos étroit du Hatou Lalikoul, ainsi que les contreforts
peu prononcés, qui portent les noms de G. Lawali (174 m.^, G. Ha-
tounou (299 m.) et G. Ribou (584 m.). A 577 m. un sentier descend
au sud vers Tandjoung Namakoli. On a passé la nuit à proximité
du sommet du Hatou Lalikoul (650 m.), où de gros blocs d'andésite
à biotite (n°. 124) font saillie dans le sol. A 704 m., sur le versant
oriental de la cime Sapak aja (718 m.), on a trouvé pour la première
fois quelques morceaux d'un mélaphyre à grain fin ; mais la cime
elle-même paraît se composer encore d'andésite micacée, et la limite
du mélaphyre semble passer au nord de cette montagne; mais on
n'a pu le constater avec certitude. On a contourné ensuite le Sapak
aja, du côté ouest; puis, au versant oriental, la cime suivante, qui a
été indiquée sous le nom de G. Loumou, mais qui, d'après les
relèvements, doit être ou bien le Hita kapal lui-même (830 m.), ou
202
bien son contrefort méridional ; on passe ici plusieurs petits affluents
de la Sëkawiri. Enfin, on a suivi une petite arête étroite qui aboutit,
vers le nord, contre la partie supérieure du Latoua, un bloc de pierre
à parois sensiblement verticales. Cette arête fut suivie jusqu'à 809 m.,
ce qui était une entreprise très pénible, même périlleuse, et on dut
renoncer à monter plus haut à cause du grand escarpement et de
la faible largeur de ce dos. La petite cime qui est située au nord
du terme de cette expédition, et dont on reconnut plus tard qu'elle
était, non le Latoua proprement dit, mais un contrefort méridional,
fut alors jugée plus haute d'une soixantaine de mètres; mais les
relèvements ultérieurs ont montré que ce sommet avancé a une
altitude de 853 m., et ne s'élève donc que de 49 m. au-dessus du
point le plus haut qui fût atteint. C'est là qu'on a recueilli le
mélaphyre n°. 125, analogue à la roche du Kerbau (comparez la
fig. 42, annexe IV). Au retour, on a suivi partout la crête jusqu'au
Hatou Lalikoul, de sorte qu'on n'a pas coupé les affluents de la
Sëkawiri. Ici encore, on n'entendit pas prononcer le nom de Hita
kapal; il paraît donc qu'il n'est connu que d'une partie de la
population, comme c'est le cas pour la dénomination Wawani. Au
Hatou Lalikoul fut recueilli, à 629 m., encore un échantillon
d'andésite micacée (n". 126); puis on prit à 577 m. le sentier qui
conduit à Namakoli. On n'y voit pas beaucoup de roche inaltérée;
dans le sol quaternaire apparaissent des fragments de serpentine,
laquelle roche (n°. 9) constitue le Tandjoung Namakoli lui-même.
La région côtière de Liliboï à Alang, avec la péridotite et le granité
qui y apparaissent, a déjà été décrite plus haut. Entre Alang et
Tandjoung Tapi, il se montre çà et là, à la côte, du calcaire corallien
et de la péridotite ; le terrain quaternaire y renferme principalement
des morceaux de serpentine avec quelques fragments de grès.
A Tandjoung Tap% le mélaphyre et, un peu plus loin, le calcaire
corallien affleurent à la côte ; la route y passe par une colline haute
de 50 m. Le mélaphyre (n". 12 et n''. 12bis) est tout à fait analogue
à la roche du Tandjoung Nousaniwi, à Leitimor; elle est de même
séparée en formes irrégulièrement sphériques et présente des croûtes
vitreuses. La roche est traversée de fissures dans lesquelles il s'est
déposé du calcaire spathique; elle est parfois recouverte d'un
203
conglomérat de la même roche, et d'autres fois de calcaire corallien.
L'intérieur des boules (d, fig. 68) est un mélaphyre ordinaire, à
grain fin, de teinte grise ou gris-verdâtre, dans lequel, ainsi qu'on
le voit au microscope, la base vitreuse de la pâte a été dévitrifiée
par des microlithes d'augite ; toute l'olivine y est transformée en
serpentine; c, 6, a, est la croûte vitreuse, dont la richesse en verre
augmente graduellement vers la périphérie. La partie supérieure
de d contient déjà des particules sombres, plus riches en verre;
mais au contact de c la limite est assez nette; c et 6 sont ternes,
noir foncé, et renferment, comme d, du verre dévitrifié; l'olivine est
en partie encore fraîche et limpide, en partie serpentinisée ; a est un
verre noir foncé, brillant, brun pur en plaques minces, où toute
l'olivine est encore fraîche ; ce minéral existe non seulement en gros
cristaux, mais aussi en ces microlithes incomplets, élégants (Wachs-
thumsformen), que A. Bodmer-Beder a représentés d'après les dia-
bases à olivine de la chaîne du Plessur, dans le canton des Grisons
en Suisse (Neues Jahrb. f. Min. Xllter Beilage Band. S. 249, Fig. 13
und 14). L'un d'eux est représenté fig. 64. D'ordinaire, la croûte tout
entière n'est pas plus épaisse que de 2 à 3 cm.
Le contact du mélaphyre avec les roches andésitiques n'est mal-
heureusement pas mis à nu; le mélaphyre est recouvert de conglo-
mérats quaternaires; viennent ensuite, à la côte, d'abord du calcaire
corallien, puis de l'alluvium; et ce n'est que passé la Waï Jakaque
se montre l'andésite. A Tandjoung Tomoltetou ou Batou ajam, cette
roche est hornblendifère et micacée (n**. 138), et on peut la suivre,
par Wakasihou, le long de la côte jusqu'au delà de Lariké. Sur elle
repose un conglomérat de la même roche, se terminant en un mur
escarpé, dans lequel les rivières ont creusé des lits étroits. Dans ces
lits on peut voir parfois la roche éruptive; mais les bords consistent
en gravier et conglomérats incohérents, que nous rangeons dans nos
jeunes sédiments (pliocène et quaternaire) et qui atteignent une alti-
tude de 250 m. au moins. Le calcaire corallien ne se montre ni dans
ce mur ni contre lui ; on ne peut l'observer que sur la plage et seu-
lement à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.
Dans la rivière de Lariké, ou Waï Lila, on peut très bien voir ces
matériaux incohérents (n°. 139), le conglomérat ferme qui se trouve
204
en bas appartient probablement à la roche éruptive même ; mais sur
lui reposent, avec une épaisseur de 200 m. au moins, peut-être davantage,
des débris et des fragments quaternaires, incohérents, d'andésite, où
l'on n'observe aucune disposition en couches, et qui, à la rivière,
forment des bords très escarpés, presque verticaux.
Dans la négorie Lariké, à la rive droite de la Lila, et un peu en
aval du pont en pierres, on trouve une petite source thermale, qui
dégage une forte odeur d'hydrogène sulfuré; une deuxième source
existe plus au nord, à la rive gauche de la Waï Bouaja, à l'altitude
de 6 à 8 m.; ici de l'eau froide jaillit avec force d'une ouverture
d'environ 2 dm. de diamètre; elle dépose un peu d'ocre ferrugineuse,
mais n'a pas l'odeur du sulfure d'hydrogène.
Un peu plus loin, très près du rivage, il y a une masse rocheuse
abrupte, le «Hatou Gëledihou» ou «Watou lajar», qui saute aux yeux
déjà de loin. Cette roche est représentée sur la fig. 45 de l'annexe IV.
Elle consiste entièrement en un conglomérat ferme d'andésite, dans
lequel les flots ont creusé une grotte c en forme de niche. Au rivage
qui lui est opposé, on observe le même conglomérat, dans lequel
apparaît, sur une longueur de plus de 6 m., de l'andésite massive
divisée en plaques (n®. 140).
Plus au nord, on arrive à la baie Labouhan Laï, où existe, le long
de la côte et en avant des collines escarpées de conglomérat, un peu
d'alluvium et de calcaire corallien. La Waï Simé forme la limite de
Lariké et d'Asiloulou. Avant Asiloulou, les roches pendent vers la
mer avec une inclinaison si raide qu'on a dû faire passer la route
par-dessus la colline. Jusqu'à 50 m. d'altitude, elle passe sur de l'an-
désite ferme, puis sur du conglomérat dur jusqu'à 93 m ; et enfin,
jusqu'au point le plus haut, à 130.4 m., sur des terres meubles quater-
naires, dans lesquelles on reste encore à la descente, jusqu'à Asiloulou.
Les trois îles près d^ Asiloulou, Nousa Eia, Nousa Hatala et Nousa Laïn,
consistent en calcaire cora lien, sous lequel le conglomérat d'andésite
apparaît en quelques points.
D'Asiloulou on a entrepris une excursion dans le lit de la Waï
Soula, qui coule entre des parois escarpées de conglomérat, sous
lequel on ne voit qu'en quelques endroits de l'andésite massive à
biotite et à cordiérite. Mais, même à une assez grande hauteur au-
205
dessus du fond de la vallée, se trouvent des couches d'andésite ferme
interposées dans les conglomérats, de telle sorte que ces roches
alternent l'une avec l'autre. Comme nous l'avons déjà décrit plus
haut, les sources de la Waï Soula et le lagon Lana se trouvent dans
la diabase.
A la Waï Soula succède la Waï Poula, qui roule aussi des cail-
loux d'andésite. Vient ensuite la Wdi Metila qui débouche dans
du calcaire corallien, superposé et adossé à du conglomérat d'andésite,
dans lequel a été creusée une grotte de 8 m. de longueur (fig. 46 de
l'annexe IV); comme le point le plus bas de la grotte, à l'entrée,
se trouve à peu près à 5 m. d'altitude, cet affouillement a eu lieu
par les eaux de la mer à une époque reculée, dans une période
quaternaire, lorsque le sol était de 4 à 5 m. plus bas qu'à présent.
Ici le calcaire corallien ne s'élève pas à plus de 2V2 ou 3 m. au-
dessus de la mer.
Tout près de la côte, le conglomérat continue jusqu'à Ouring; de
cet endroit jusqu'à Lima s'étend une bande d'alluvium, large de 100
à 300 m., en avant des collines quaternaires; à proximité de Lima,
à l'embouchure de la Waï Ela, elle atteint même une largeur de
500 m. La Waï Siah (à Ouring), la Waï Ama, la Waï Koulélou, la
Waï Moulia et la Waï Siah II charrient toutes les mêmes cailloux
roulés d'andésite, provenant en partie de terres meubles quaternaires,
en partie de conglomérats durs qui constituent les cimes escarpées
G. Këlërihou (417 m.) et G. Héna Kastetou (617 m.), en arrière
d'Ouring et de Lima. De plus, on trouve dans ces rivières quelques
fragments roulés d'une diabase altérée, qui, dans leur cours supérieur,
paraît affleurer en divers endroits, sur une étendue plus ou moins
grande.
U ascension du G. Latoua fut faite une seconde fois, en partant de Lima.
On suivit d'abord le lit de la Waï Ela, où existe, sous le terrain
quaternaire, un affleurement d'andésite à biotite, qui, avec les con-
glomérats qui l'accompagnent, forme parfois des parois verticales.
Environ à 2 km. de Lima, on trouve dénudé, entre ces conglomérats,
un mélaphyre gris foncé (n°. 146), avec cavités dans lesquelles il
s'est déposé de la calcédoine et qui, à ce qu'il paraît, ne forme pas
un filon dans ces conglomérats, mais est recouvert par ces derniers.
Bientôt on arrive, dans la rivière, à la diabase, dont les gros blocs
obstruent tout à fait le lit, de sorte qu'on a dû suivre un sentier sur
la rive gauche de la Waï Ela. A 230 m., on passe la Waï ïïouhoun,
qui a sa source au mont Hena Kastetou ; on suit alors la rive droite
de la Waï Sala, affluent de droite de la Waï Houhoun; à 415 m.,
on traverse la petite rivière Waï Lana, affluent de droite de la Waï
Sala ; ce petit cours d'eau forme une petite plaine marécageuse, dans
laquelle croissent beaucoup de palmiers sagou. Pour autant qu'elle
est visible, la roche est demeurée partout andésite et conglomérat;
au sud, le petit marécage est borné par un mur escarpé de conglo-
mérat, haut presque de 200 m. ; et tout en haut de ce mur, on peut
reconnaître de l'andésite séparée en prismes. Cette paroi abrupte est
le prolongement septentrional du G. Tili (838 m.). A 500 m. d'altitude
environ, on atteignit le cours supérieur de la Waï Ela et on passa
la nuit à 511 m. Le lendemain, on remonta le cours de la Waï Ela;
au confluent de celle-ci avec la Hatou Koï (515 m.i, un affluent de
droite qui a sa source à la montagne du même nom, on trouve dénudé,
aussi bien dans l'affluent que dans la rivière principale, du mélaphyre
(n". 149) par-dessus lequel la Hatou Koï forme une cascade; toute-
fois, la roche environnante reste une andésite riche en verre, avec
brèches et conglomérats, dont on put recueillir un échantillon (n°. 148),
même à l'altitude de 617 m. Bientôt après, à 660 m. environ, commence
une autre roche, savoir du mélaphyre (n°. 150), à la montée abrupte vers
le sommet du Latoua proprement dit. A peu près à 50 m. au-dessous
de celui-ci, on a encore rencontré du mélaphyre, mais en petits frag-
ments très altérés. L'ascension de la partie supérieure, fort escarpée,
par-dessus les racines des arbres couvertes de mousse, était excessive-
ment fatigante; on finit cependant par atteindre le sommet, un dos
très étroit, plat, dirigé du sud au nord, représenté sur la fig. 44 de
l'annexe IV; l'extrémité nord a 870 m., celle du sud 882 m. d'alti-
tude; c'est en même temps le plus haut point de tout l'ouest de
Hitou, car le Touna n'atteint que 875 m. La descente fut encore plus
pénible que la montée; elle fut décidée aussitôt, car la vue était de
suite très bornée et fut bientôt réduite à rien par les nuages qui
s'étaient formés. Lorsqu'on fut descendu jusqu'à 760 m., on eut pour
un instant une vue sur le Latoua, qui se présentait tel qu'il est
207
dessiné dans la fig. 43 de l'annexe IV. On s'aperçut maintenant que
le plus haut point qu'on avait atteint en partant du sud (de Liliboï),
le point C (809 m.), n'était pas situé près du plus haut sommet A
du Latoua, mais près d'une cime avancée B, dont l'altitude fut fixée
plus tard, par des relèvements, à 858 m. Le retour fut alors entre-
pris par la même route, jusqu'au refuge (511 m.) où on passa la
nuit. Le lendemain, on suivit encore la première route, jusqu'au
petit affluent marécageux Lana. De ce point, on visita le sommet
Sëribou éwan (710 m.); puis, on suivit l'arête qui se dirige au
nord-ouest, et qui aboutit au rivage, à la Waï Moulia, et enfin, on
revint à Lima par la plage.
Cette excursion de trois jours au Latoua, qui eut lieu de nouveau
dans des circonstances très défavorables, contrariée le plus souvent
par de fortes averses, dans un terrain à végétation épaisse, mise en
rapport avec celle qui fut entreprise de Liliboï au même Latoua,
a appris, que les plus hautes cimes consistent en mélaphyre; les
parties les plus basses, en roches andésitiques avec brèches et conglo-
mérats, qui, en divers endroits, recouvrent le mélaphyre.
Nous arrivons finalement au Touna; la route de Saïd au sommet
de cette montagne, qui a été décrite plus haut en traitant des diabases,
côtoie les versants ouest et sud. La moitié inférieure du Touna con-
siste, à l'ouest jusqu'à 410 m., et en certains points, entre autres à
la petite cime avancée Wawani, jusqu'à 467 m. d'altitude, en conglo-
mérats, brèches et graviers incohérents d'andésites (nos. 13 et 14) que
je rattache aux dépôts jeunes (quaternaires et pliocènes). Plus haut,
s'adosse à la montagne de l'andésite à pyroxène massive (n^ 15),
qui, dans la petite rivière Wanii (395 m. d'altitude), repose sur de la
diabase. Dans la rivière Tamboro, affluent de droite de la Waï Hou-
loun, que l'on passe à 369 m., la roche (n". 16) renferme du grenat.
Un peu plus loin, on descend et on remonte successivement jusqu'à
403 m., vers l'endroit nommé «Latahouhoulehou», où, à l'entrée d'un
ravin, de l'hydrogène sulfuré avec de la vapeur d'eau se dégage
entre des fragments d'andésite, blancs par décomposition (n**. 17a).
Les petites branches et les feuilles qui sont répandues sur le sol sont
revêtues d'une mince croûte de soufre fn". 17). La roche qui, dans
la rivière Wanii, à 410 m. d'altitude environ, repose sur de la diabase
208
et sur du tuf diabasique, est une andésite à biotite (n«. 18c); et à
peu près la même roche, mais sans mica, apparaît à la ligne de
partage des eaux entre les rivières Houloun et Loï (628 m. d'altitude ',
près de la première maisonnette (n". IScZ), et un peu plus à l'est, à
la descente vers la maisonette n". 2, dans un petit affluent de la
Waï Touna (+ 550 m.) (n°. 18e); elles sont l'une et l'autre fort
altérées, ce qui les a fait prendre auparavant pour de la diabase. Le
dernier échantillon est tellement changé par l'action de vapeurs acides,
qu'il s'est formé du gypse, et que dans les fissures il s'est même
déposé une légère couche de soufre, conséquence évidente d'un dégage-
ment d'hydrogène sulfuré qui a été décomposé par de la vapeur
d'eau chaude. Dans le petit cours d'eau Touna, affluent de la Waï
Loï, à la maisonnette n". 2 (505 m.), on trouve aussi de l'andésite à
l'état de roche massive (n». 18/); et d'ici jusqu'au sommet du Touna
on ne voit rien d'autre que de petits morceaux altérés de la même
roche; mais nulle part des échantillons frais.
Le terrain entre le Touna et le Loumou-loumou fut visité en 1904.
C'est dans ce terrain qu'est situé le lac Tëlaga Radja. Pour l'attein-
dre, on prend à Saïd le sentier cité tantôt, d'abord à l'ouest, puis
au sud du Touna, jusqu'à la maisonnette n''. 2 à la rivière Touna,
à 505 m. d'altitude. Ensuite, on descend par la rive gauche de ce
cours d'eau, jusqu'à son confluent avec la Waï Loï. Déjà avant d'at-
teindre ce point, dans un petit affluent de la Waï Touna, on trouve
de la diabase; et dans la Waï Loï même affleure la magnifique
diabase cristalline n°. 19k, décrite plus haut ; pour le reste, le versant
du Touna se compose entièrement d'andésite ou de brèches et con-
glomérats de roches andésitiques. Le sentier coupe maintenant la
Waï Loï; puis, à la rive droite, il monte en pente raide le long
du versant occidental du G. Koukousan et du G. Setan (Loumou
loumou), jusqu'à 573 m. d'altitude. Ici le terrain devient plus plat;
le plus haut point est à 633 m.; et puis, en descendant légèrement,
on arrive bientôt à un espace en forme de cuve entre les cimes de
782 m. (Oulou Kadera) et 751 m. (Loumou-loumou) de la chaîne
du Loumou-loumou et les cimes, situées plus au nord, de 694 et
685 m. C'est dans cet espace en cuve que se trouve le Tëlaga Radja,
à 619 m. d'altitude. D'après les levés efîectués par M. de Corte, qui
20§
m'accompagnait dans mon excursion, ce petit lac (fig. 66 de l'annexe V)
est de forme irrégulière; il n'a que 88 m. de longueur et 35 m. de
largeur dans la période de sécheresse. Comme il n'a pas de décharge,
le niveau de l'eau monte à l'époque des pluies et il inonde alors la
partie plate de la vallée, qui s'élève au bord du lac à 3 m. au-dessus
du niveau de l'eau. Le lac atteint alors plus de 100 m. en longueur
et une largeur de 60 m. au milieu. La profondeur n'en a pas été
déterminée, mais elle paraît être peu considérable. De tous les lacs
de Hitou, il a seul quelque apparence d'un lac de cratère, car il est
entouré d'une ceinture de montagnes et est enfermé dans un cirque.
Le bord de ce cirque est le plus bas du côté de l'est, au point de
633 m. nommé plus haut, sur le sentier de Saïd. Toutefois, il n'y a
aucune trace d'action volcanique ; il n'y a pas de dégagement de gaz
et l'eau du lac est froide et potable. Nous l'avons employée pour
préparer nos mets.
Comme c'est ordinairement le cas à Hitou, on ne rencontre que
très peu de roches fraîches dans le sentier de la Waï Loi au Telaga
Radja. Le sol consiste en argile brune et brun-jaunâtre, couverte de
mousse, dans laquelle apparaissent çà et là des fragments d'andésite
et même, à proximité du lac, d'andésites très riches en verre. Les
cimes qui entourent le lac paraissent consister toutes en matériaux
incohérents, conglomérats et brèches de ces andésites vitreuses; sur
notre chemin, nous n'avons pas trouvé de coulées de lave. Le fond
de la cuve, où se trouve le Telaga Radja, se compose aussi de brèches
d'une roche andésitique noir- foncé, à éclat résineux; le n°. ISg a
été recueilli entre le lac et notre refuge, la « maisonnette « indiquée
sur la carte fig. 66. Cette roche est tout à fait analogue aux brèches
que KoPERBERG a trouvées plus au sud, sur les versants des monts
Kadera et Kehouli. Le «Batou bësar» p. ex., dans un petit affluent
de droite de la Waï Lawa, à 336 m. d'altitude, consiste aussi en
brèches d'une roche vitreuse sombre, dont on a recueilli le n**. 113.
Nous pouvons donc admettre que le Loumou loumou se compose
essentiellement de roches vitreuses, et le Touna, d'andésites moins
riches en verre.
Malgré cette différence dans le caractère pétrographique, il est
possible cependant que ces deux montagnes ou arêtes appartiennent
14
210
à un seul et même point d'éruption ancien. Le bord du cratère (voir
carte n". I) s'étendrait alors du G. Koukousan (657 m.) vers les trois
sommets du Touna (804, 861 et 875 m.), en passant par le G. Setan
ou Loumou loumou I (748 m.), le G. Oulou Kadera (782 m.), le G.
Loumou loumou II (751 m.), la cime de 742 m., le G. Walawaâ
(815 m.), le Hatou Seliin et le collet à 623 m. du sentier de Saïd.
Cette ligne enferme un espace en fer à cheval, ouvert au nord-est,
d'un diamètre de 3 km. Dans cet espace sont les sources de la Waï
Loï et d'un grand nombre de ses affluents; on peut y voir la roche
sous-jacente, porphyre quartzifère et diabase, tandis que les versants
consistent partout en roches andésitiques, dans la partie nord en
andésites à cordiérite et à grenat, dans la partie sud, surtout en
brèches riches en verre.
Dans la partie méridionale de ce fer à cheval se trouve le point
d'éruption le plus récent, le Telaga Radja, auquel on peut encore
observer un bord de cratère qui passe par les sommets de 751, 782,
635 et 694 m. d'altitude. Le petit lac de ce nom doit être considéré
comme un ancien lac de cratère, et il importe de faire remarquer
que, même à ce point d'éruption le plus récent, on ne constate plus
nulle part de trace d'action volcanique; l'eau du lac est même potal^le.
Aussi, les sources d'hydrogène sulfuré du Touna ne sont-elles pas
situées dans l'espace en fer à cheval, mais en dehors, et tout près de
la diabase, qui est cachée sous l'andésite et qui est partout riche en
pyrite par suite de ces émanations. Je suis donc tenté de mettre ces
sources gazeuses en rapport avec l'éruption de la diabase plutôt
qu'avec celles des jeunes andésites du Touna. L'absence même des
derniers symptômes d'activité volcanique dans le Telaga Radja indique
un âge avancé, même pour ce point d'éruption le plus jeune, donc,
à plus forte raison, pour le cône plus ancien Touna- Walawaà Loumou-
loumou. La forme essentiellement plate des dos du Loumou-loumou,
du Walawaà et même du Touna, semble prouver que l'éruption du
cône le plus ancien a eu lieu sous la mer; comme les crêtes de
ces montagnes sont constituées par des matériaux meubles, Koperberg
se crut autorisé de regarder la partie supérieure du sommet Setan
du G. Loumou-loumou, élevé de 748 m., comme formé de matériaux
quaternaires apportés par les eaux. J'ai cru devoir admettre auparavant
la même hypothèse pour les sommets du Touna, où l'on voit sipeii
de roche massive. Cependant, après avoir examiné le Telaga Radja,
qui est situé beaucoup plus bas et qui n'a rien d'un point d'éruption
sous-marin, je pense maintenant qu'il est plus probable, que l'ancien
bord de cratère, dont les fragments Touna, Walawaâ et Loumou
loumou sont, par la nature des choses, plus ou moins horizontaux,
se compose de déjections volcaniques anciennes, meubles, qui ont été
formées au-dessus de la mer. Ces déjections incohérentes, qui recou-
vrent les brèches et les conglomérats plus fermes, peuvent avoir fourni
par une forte désagrégation les terres meubles, très pauvres en roches
dures, tout aussi bien que l'auraient fait des matériaux quaternaires.
Waï Ela. La Waï Ela, qui a son embouchure à 1100 m. à l'est
de Saïd, et sa source au versant nord du Touna, transporte de nom-
breux blocs roulés d'une très belle andésite à grenat et à cordiérite
(n». 19), La roche renferme un grand nombre d'enclaves sombres, qui
ont été examinées dans l'espoir de trouver parmi elles des granités ou
des gneiss à cordiérite, d'où aurait pu provenir la teneur en cordiérite
des andésites, par fusion et recristallisation de ce minéral. Mais j'ai
reconnu que ce sont toutes des andésites cristallines riches en cordiérite.
Wdi Loi. Dans la Waï Loï, déjà décrite plus haut, on trouve d'abord
de l'alluvium avec cailloux roulés d'andésite (n". 19a); puis des
terrasses inclinées, quaternaires, formées de cailloux roulés, avec
fragments de la même roche (nos. 195 et 19c); à l'affluent Kapa, à
peu près à l'/^ km. de Kaïtetou, l'andésite affleure (nos. 19^^ et 19e)
et renferme parfois de gros cristaux de quartz (n^. 19/). Dans le lit
de la rivière, on trouve de la diabase en fragments roulés de plus
en plus nombreux; et dans son cours supérieur, entre autres à son
confluent avec la Waï Touna (voir plus haut), cette roche existe à
l'état massif. Au point extrême où la rivière put encore être explorée,
on trouve une roche blanche, pyritifère (n". 19/^), qui appartient aux
porphyres quartzifères.
En ce qui concerne maintenant le mode de formation de ces roches
éruptiveSj ainsi que des brèches et conglomérats qui les accompagnent,
on doit les considérer en grande partie comme sous-marines; car,
parmi les roches compactes, il se présente beaucoup de produits
212
vitreux, parfois à l'état de croûtes sur les andésites communes. Les
brèches et aussi les conglomérats durs doivent être considérés, en partie,
comme des produits d'éruptions simultanées, car ils se recouvrent
parfois de plaques de roche compacte ou alternent avec celles-ci.
Une autre partie cependant est plus jeune et s'est formée incontesta-
blement plus tard dans la mer; à cette dernière appartiennent non
seulement des brèches et graviers incohérents, mais aussi des conglo-
mérats qui atteignent parfois une grande solidité; c'est pourquoi
leur distinction avec les brèches et conglomérats «eruptifs:» est
extrêmement difficile, dans ce terrain très boisé et mal dénudé, parce
que rarement ces roches ont été déposées en couches. Ce n'est que
là où elles alternent avec des roches arénacées, d'un grain fin, comme
dans la Waï Hatou, où l'on a pu reconnaître la direction et l'incli-
naison à des grès, que l'on doit regarder comme des produits tufifeux,
que leur origine sédimentaire ne souffre pas le moindre doute. Sur
notre carte n". I, on a essayé d'étabhr une séparation, d'une part
entre les roches éruptives et les brèches et conglomérats qui les
accompagnent, et d'autre part les produits sédimentaires que nous
rangeons dans les formations quaternaires et tertiaires très jeunes
(pliocènesU Toutefois, cette séparation n'est exacte qu'en principe, et
on ne pouvait attendre davantage d'une simple excursion de recon-
naissance. Un relèvement détaillé, topographique et géologique, de
ïïitou exigerait beaucoup plus de temps que nous ne pouvions
consacrer, durant notre séjour à Ambon, à l'exploration de cette île.
La position des points d'éruption, qui ont fourni les produits
andésitiques, ne peut être indiquée avec certitude que dans quelques
cas, car il n'est pas rare qu'ils se recouvrent de matériaux quater-
naires, ainsi que cela a lieu, entre autres, pour le point d'éruption
au sud du G. Kërbau. Je considère comme des points d'éruption :
le Salahoutou, avec de nombreux points d'éruption plus jeunes
disséminés sur son manteau ; le Touna-Walawaâ-Loumou loumou, avec
le Tëlaga Radja, plus récent; l'espace en cuve, où coule la rivière
Sëkoula (à Hatourou), que domine un bord auquel appartiennent
le G. Kadera, le G. Waleateh et une cime aiguë de 617 m.; l'arête
Sapak aja-Hatou Lalikoul, qui paraît représenter un bord de cratère
s'ouvrant vers le nord; le Sëribou Evvan-Tili, difficile à reconnaître,
213
avec de nombreuses cimes avancées (G. Këlerihou e. a.) en arrière
d'Ouring. Il doit exister encore un grand nombre d'autres points
d'éruption, ensevelis à présent sous une couverture quaternaire.
Nous revenons maintenant à la description des andésites à hronzite
et des andésites quartzifères à hronzite. Elles renferment assez souvent,
à côté de plagioclase, de la bronzite (ou de l'hyperstliène) et du
quartz, des cristaux de cordiérite bleue et de grenat rouge brunâtre.
Il s'y présente souvent des roches riches en verre, à aspect d'obsi-
dienne ou de rétinite.
N. 31. Fragment d'une brèche (quaternaire) du rocher Batou Anjout,
que l'on appelle aussi Batou Tembaga et Batou Hatoubou ; ce sont
des récifs au nord du cap Batou lompat, qui s'élèvent peu au-dessus
de la haute mer. La source thermale, qui y existe d'après Valentyn
et Arriëns, était couverte par les eaux durant mon exploration, car
la marée était haute à ce moment.
La roche a une pâte gris-clair, demi-vitreuse, avec des parties
altérées, jaune trouble, poreuse çà et là ou à cavités irrégulières.
En cristaux porphyriques, quelques quartz, des plagioclases et des
cordiérites bleues, en grains ou en petits piismes. Au microscope,
c'est le plagioclase qui prédomine tout-à-fait parmi les feldspaths;
la présence de sanidine est fort incertaine; elle manque peut-être
complètement. De la bronzite avec inclusions de minerai de fer,
pléochroïque entre le brun-clair et le vert- clair. Du quartz, avec
quelques inclusions de verre de la forme du cristal. De la cordiérite
en grains irrégulièrement limités, avec baguettes de sillimanite, bleu-
clair en section. Ces cristaux gisent dans une pâte abondante qui
consiste en un verre limpide avec particules de plagioclase et une
très forte proportion de bronzites vert-clair, en petites lamelles et
baguettes de teinte verte; il y a en outre des granules de minerai
de fer. La roche est aussi fraîche que certaines andésites à hypersthène
tertiaires, riches en verre; toutefois, dans ces dernières, l'absence
d'augite parmi les cristaux porphyriques est très rare. Certaines
parties du verre sont modifiées en une masse blanc-clair, qui polarise
comme la calcédoine. Ces parties ne présentent que des limites
irrégulières avec la pâte limpide ; cette modification doit probablement
214
être attribuée à la source thermale. Andésite quartzifère à bronzite,
riche en verre.
N^ 174. Du pied du Gounoung Setan, côté est, à la rivière qui
se nomme Waï Nitounahaï suivant Koperberg. On trouve ici, outre
des roches vitreuses, des andésites à pâte plus lithoïde (n". 174), de
teinte gris-brunâtre, avec cavités nombreuses ; les seuls cristaux visibles,
ce sont des cordiérites et des quartz. Au microscope, des plagioclases,
en partie à extinction de 30'', de la bronzite, du quartz, de la cordiérite,
du minerai, le tout dans une pâte de particules de feldspath et de
verre dévitrifié en microlithes. Les bronzites sont en partie trans-
formées en chlorite trouble. La dévitrification a été opérée par des
baguettes étroites de pyroxène, des filaments minces de minerai,
droits ou courbes, des grains de minerai et des granules bruns par
transparence. Andésite quartzifère à bronzite, riche en verre.
N". 153. Blocs de la petite cime à la rive gauche de la rivière
Hatou tëlou, depuis 347 jusqu'à 310 m. d'altitude, sur la route de
Hatiwi bësar à Hila. En échantillons, c'est une roche dense, à éclat
demi-vitreux; des fragments noirs gisent dans une pâte brune, nette-
ment séparés, ce qui rend la roche brécheuse. Au microscope, la pâte
brune devient de teinte très claire et translucide. En cristaux por-
phyriques, rien que du plagioclase, du pyroxène vert clair, exclu-
sivement rhombique (bronzite), des grains cristallins de cordiérite,
irrégulièrement délimités, à demi fondus dans la masse, avec baguet-
tes de sillimanite; puis quelques grains de minerai de fer. La pâte
renferme un verre limpide et incolore, rempli de bâtonnets de bronzite,
quelques microlithes de plagioclase, des taches brunes nombreuses
et des grains d'hydroxyde de fer, qui produisent la teinte jaune ou
brune des échantillons. Certaines bronzites sont sujettes à un com-
mencement de décomposition, et présentent, dans des fissures, des
dépôts de chlorite et d'hydroxyde de fer; ces derniers dépôts pro-
viendront donc, ici et ailleurs encore, non seulement du minerai de
fer, mais aussi de la bronzite.
Les fragments noirs, qui existent dans la masse jaune comme des
corps anguleux ou arrondis, franchement délimités, deviennent trans-
parents en plaques minces; ils renferment les mêmes éléments que
le verre clair, notamment du plagioclase, de la bronzite et de la
215
cordiérite corrodée; mais la pâte consiste ici en un verre brun-clair,
avec microlithes de bronzite, minerai de fer et beaucoup de taches
d'hydroxyde de fer dans les cassures et les crevasses. Aux bords des
morceaux sombres, il s'est déposé une quantité énorme d'hydroxyde
de fer en grains bruns, ce qui fait ressortir davantage leur limite
avec le verre de teinte claire; mais tous les deux sont d'ailleurs
étroitement unis. Je crois pouvoir admettre que le verre sombre est
le plus ancien, et que par une nouvelle fusion partielle il a fourni
le verre clair, l'élément colorant s'étant en môme temps condensé
dans les granules de minerai de fer. Ces brèches et conglomérats, et
d'autres analogues, jouent à Hitou un grand rôle, et sont sans aucun
doute étroitement liés aux roches éruptives. Andésite à bronzite très
riche en verre^ brécheuse.
N°. 116. Roche affleurant dans la Waï Hatou, à V4 km. du rivage,
séparée en prismes. Roche terne, gris-clair, avec beaucoup de cordiérite,
des feldspaths ternes et quelques quartz ; la cordiérite est en cristaux
prismatiques courts nettement limités. Cette roche renferme des cavités
d'une forme irrégulière, dans lesquelles se sont déposés de petits cristaux
qui appartiennent à la tridymite^ d'après l'analyse de M. Huffnagel,
à Delft. Au microscope, de grands plagioclases, quelques-uns limpides,
mais la plupart totalement remplis de particules brunes d'un verre
trouble. Bronzite. Quelques cordiérites à délimitation irrégulière, avec
inclusions de sillimanite, et entourées parfois de cristaux de feldspath.
Du minerai, peu de quartz, quelques rares cristaux de biotito à bords
sombres. Ceux-ci gisent dans une pâte floconneuse qui contient, outre
des microlithes de plagioclase et du minerai, un verre qui a été dévitrifié
par des baguettes, fibres et lamelles extrêmement fines de bronzite,
de teinte verte très claire. Andésite à bronzite, avec biotite et quartz.
N". 115. Blocs roulés de la Waï Hatou, en aval du n". 116. Roche
gris -foncé, avec quelques quartz et des feldspaths ternes. Au micros-
cope, cristaux porphyriques de quartz limpide en sections nettement
hexagonales, sans inclusions liquides, et de plagioclase clair. Pas de
grandes bronzites. Pâte de teinte claire, totalement remplie de cristaux
de feldspath irrégulièrement limités, groupés parfois en sphéroïdes;
cristaux de bronzite, transformés en partie en une masse brune; puis
du minerai. Andésite quartzifère à bronzite.
216
N". 120. Du rocher Hatou Poroh, qui affleure dans la mer, au
nord-est de Liliboï. Roche grisâtre, sombre, avec cordiérites et quel-
ques gros quartz qui atteignent jusqu'à 20 mm. La croûte d'altération
est jaune-grisâtre clair. Cette roche n'a pas été polie. Andésite quartzifère
à bronzite.
N°. 14. Au Gounoung Touna, côté ouest, à 364 m. d'altitude.
Probablement encore originaire de brèches grossières. Roche gris-clair,
à grain fin, à petites taches blaches, formées par des feldspaths
altérés de 1 mm. et moins encore. Çà et là poreuse. Au microscope,
on voit qu'elle est altérée, car les pyroxènes sont totalement trans-
formés en chlorite et en hydroxyde de fer, que le polissage a fait
disparaître en grande partie, de sorte qu'on n'observe plus que des
trous à bords granuleux bruns. En cristaux porphyriques, rien que
du plagioclase et un peu de minerai. Dans la pâte, un très grand
nombre de feldspaths, en partie en masses arrondies, sphéroïdales ;
puis du verre incolore, dévitrifié par des baguettes et des aiguilles
très fines de pyroxène vert-clair, ainsi que des granules bruns trans-
lucides. Andésite à pyroxène, altérée, riche en verre.
N°. 15. Blocs de la hauteur d'une maison, au versant ouest du
Gounoung Touna, à 410 m. d'altitude. Roche gris-bleuâtre, à feldspaths
blanc terne, grands quartz (12 mm.), grands grenats brun-rougeâtre
et petites cordiérites bleues. Au microscope, on observe que cette
roche aussi n'est plus fraîche, car les feldspaths sont tout-à-fait
transformés en une matière kaolinique trouble, blanc-jaunâtre. Les
plaques de cette roche friable ne contiennent plus ni cordiérite, ni
grenat, mais uniquement des bronzites longues, étroites, pléochroï-
ques, qui sont encore fraîches et qui ne présentent un commencement
de transformation en une matière trouble que sur les contours et
dans des fissures, perpendiculaires à c. Puis, de gros quartz, dans
lesquels la pâte s'est engagée; enfin de la pyrite et fort peu de
lamelles de biotite. Ces éléments gisent dans une pâte trouble,
qui renferme un verre incolore, tout-à-fait rempli de paillettes et
fibres de pyroxène, des particules de feldspath troubles par décom-
position et de la pyrite. Cette roche a été probablement décomposée
par les vapeurs d'hydrogène sulfuré. Andésite quartzifère à bronzite,
altérée.
217
N°. 16. Gros blocs de la petite rivière Tamboro, côté ouest du
Gounoung Touna, à 869 m. d'altitude. Ces blocs n'auront pas roulé
fort loin, car ils sont volumineux et anguleux, tandis que la rivière
est fort petite. C'est une roche gris-clair, à grain fin, un peu poreuse,
avec cristaux porphyriques de cordiérite bleue (6 mm.), des grenats
rouge-brunâtre (8 mm.), souvent nettement délimités en hexagones
dans les sections et beaucoup de feldspaths ternes (2 à 3 mm.). De
plus, quelques quartz limpides, en très petit nombre mais de dimen-
sions colossales, 20 mm.; mais ils se présentent d'une façon très
irrégulière dans la roche, de sorte qu'il y a des échantillons qui
n'en contiennent pas; ce sont des fragments d'origine étrangère, qui
ont été inclus dans la roche par fusion. Au microscope, c'est la même
roche que le n". 15, mais à l'état frais. Parmi les cristaux porphy-
riques, il y a beaucoup de plagioclase basique, à stries nettes, et
beaucoup d'inclusions de particules brunes de la pâte ; puis, quelques
cristaux limpides, simples, en rectangles allongés, à petit angle
d'extinction (4°) et qui appartiennent peut-être à la sanidine, mais
plus probablement à un plagioclase acide (oligoclase ou andésine).
Le quartz n'est pas fortement représenté dans les plaques; il est en
grains limpides, arrondis. De grandes cordiérites, qui ont jusqu'à
8 mm. de longueur, pléochroïques de bleu-clair à incolores, troubles
en partie par suite de la présence de touffes épaisses de sillimanite
et de petits cristaux verts de pléonaste. Des parties fraîches dans les
cordiérites, consistant en plagioclase basique, grenat, bronzite, biotite
et minerai, ne sont pas des inclusions, mais appartiennent probable-
ment à la pâte au-dessus ou au-dessous des cristaux de cordiérite.
De grands grenats, de teinte légèrement rosée, à bord gris, trouble
(kélyphite), qui, vu à un fort grossissement, consiste en petites fibres
de pyroxène d'un vert très clair et en granules de pyrite ; des in-
clusions apparentes de plagioclase, de bronzite, de biotite et, dans
les fissures, de la pyrite, font encore probablement partie de la pâte,
qui est irrégulièrement délimitée au contact des grenats et a été
coupée lors de la taille des plaques. De nombreuses bronzites avec
inclusions de minerai et en partie brunes par transformation. Pyrite.
La pâte trouble contient beaucoup de particules de feldspath, des
microlithes de pyroxène, des grains noirs de minerai et des granules
218
bruns, translucides, ainsi qu'un verre limpide. Andésite à bronzite^
avec quartz, cordiérite et grenat. La roche contient quelques fragments
nettement limités, qui sont tout-à-fait cristallins, et qui consistent
essentiellement en cristaux limpides de plagioclase, avec quelques
bronzites et de la pyrite. On doit les considérer certainement comme
des sécrétions un peu plus anciennes du magma, et appartiennent
aux andésites cristallines.
N''. 17a. Fragments situés à l'endroit appelé Latahouhoulehou,
versant ouest du Gounoung Touna, à 403 m. d'altitude. Entre ces
fragments, il se dégage, en divers points, de Thydrogène sulfuré qui
a rendu blanche et farineuse la surface des blocs environnants. Ces
fragments contiennent de petits quartz, des feldspaths blancs et
troubles par décom230sition, des cordiérites bleues et de grands
grenats, de 5 mm. Au microscope, la roche ressemble fort à la précé-
dente; le plagioclase et la bronzite sont plus frais qu'on ne l'aurait
attendu d'une telle roche. Elle renferme aussi des inclusions cristal-
lines, consistant en plagioclase, bronzite, cordiérite, minerai, pyrite
et pléonaste, ce dernier en octaèdres bleu-verdâtre et violets, qui
parfois sont réunis en cordons ; les cordiérites ont été fondues sur les
bords, et c'est dans leur voisinage que gisent principalement les
autres minéraux, même les pléonastes bleus, comme preuve qu'il y
existait auparavant de la matière de cordiérite; dans quelques frag-
ments, on peut voir aussi du grenat. Andésite à bronzite décolorée.
Certains fragments sont revêtus, comme les rameaux et les feuilles
qui jonchent le sol, d'une croûte jaune-grisâtre de soufre (n°. 17 ,
provenant de la décomposition de l'hydrogène sulfuré par les vapeurs
d'eau chaude. L'abondance de pyrite dans les diabases et dans ces
andésites doit être attribuée à l'hydrogène sulfuré. Cependant, dans les
andésites, les pyrites n'acquièrent jamais ni la taille, ni les belles formes
cristallines de celles des diabases. Nous avons déjà dit plus haut que ces
émanations gazeuses n'ont pas lieu dans une dépression cratériforme,
mais au versant de la montagne et qu'elles n'ont rien de commun avec
une activité volcanique. En Europe aussi l'hydrogène sulfuré se dégage
bien plus dans des régions sans volcans que dans les terrains vol-
caniques. En d'autres endroits de Hitou, entre autres au nord de Souli,
ce gaz se dégage dans un terrain plat, quaternaire, loin du Salahoutou.
219
N^. 152a. J'iii reçu du régent de Saïd un échantillon d'une roche
altérée, probablement de l'andésite, à cristaux nonabreux de pyrite^
dodécaèdriques pentagonaux, de la taille de 1 à 8 mm. ; il a été
trouvé à l'état de bloc roulé dans la Waï Houloun, et provient pro-
bablement de l'endroit nommé Latahouhoulehou.
N^ 18d. Gros blocs à la maisonnette n". 1, à 623 m. d'altitude,
versant ouest du Gounoung Touna. Roche gris terne, à grain fin,
avec feldspaths blancs troubles. Ressemble en échantillons à certaines
diabases, mais au microscope on voit que c'est une andésite. En
cristaux porphyriques, du quartz à inclusions de verre; de grands
plagioclases, totalement transformés en opale limpide, et qui restent
éteints quand on les fait tourner entre niçois croisés: des bronzites,
transformées aussi en opale brune. Minerai de fer avec leucoxène et
pyrite. La pâte consistait primitivement en particules de quartz et
de feldspath avec microlithes de pyroxène. Mais le feldspath y est
à présent totalement transformé en opale ou en quartz, et le pyroxène
en un minéral chloriteux. Puis, des granules de minerai et une base
non polarisante, soit verre, soit opale. Andésite quartzifère à bronzite,
opalisée par l'action de liquides.
W, 18e. Roche affleurant dans un affluent de la Waï Touna, à peu
près à 550 m. d'altitude, côté sud du Gounoung Touna. En échan-
tillons elle est à grain fin, avec du gypse dans les fissures et çà et
là avec un enduit de soufre. Au microscope, de grands plagioclases,
blanc trouble, transformés en particules polarisantes de quartz et de
calcédoine. Pâte de plagioclases étroits, troubles, un peu de quartz
et cristaux de pyroxène, entièrement transformés en fibres brunes de
chlorite ; minerai, pyrite et base de verre incolore avec quelques petits
grains bruns. Andésite à pyroxène transformée.
N°. 19. Blocs roulés de la Waï Ela, côté nord du Touna. Roche
gris-clair, avec cristaux porphyriques de grenat (6 mm.), de cordiérite
(5 mm.) en prismes, du quartz, feldspaths troubles et quelques pail-
lettes noires de biotite. Au microscope, elle ressemble encore fort au
n°. 16; elle renferme seulement un peu plus de biotite ainsi qu'un
peu de hornblende. En cristaux porphyriques : du quartz, en cristaux
limpides, pas très nombreux, de la grosseur de 2 mm.; beaucoup de
plagioclase, en larges cristaux tabulaires, à grands angles d'extinction
220
et avec des inclusions de verre brun, de minerai et de cristaux de
pyroxène ; certains plagioclases sont finement poussiéreux. La sanidine
est probablement absente ; les petits feldspaths simples appartiennent
aussi au plagioclase. De grandes bronzites, en sections allongées, à
fissures nombreuses et inclusions de minerai; des cordiérites bleu
clair, souvent en cristaux corrodés, avec des plagioclases et des bron-
zites sur les bords, et avec des inclusions de toufîes de sillimanite,
de minerai et de verre; puis, du minerai et des grenats de teinte
rosée. Ensuite, quelques paillettes de biotite, criblées par de l'apatite,
et quelques sections brunes de hornblende, peu allongées, à bords
noirs, grenus. Par ces deux derniers minéraux, la roche forme la
transition aux andésites à mica et à hornblende. La pâte contient
une base vitreuse limpide, à microlithes de bronzite, du plagioclase
et du minerai. Andésite quartzifère à bronzite, contenant du mica et
de la hornblende.
N". 19a. Fragment roulé de la Waï Loï, un peu en amont de Kaï-
tetou. Roche gris-clair, dont quelques parties sont poreuses et renfer-
ment de l'hydroxyde de fer. Sécrétions de grenats et de cordiérites,
ainsi que des quartz; au demeurant, d'un grain fin. Au microscope,
c'est une andésite quartzifère à bronzite commune. Par le polissage,
les grands cristaux de quartz, de cordiérite et de grenat ont disparu
de cette roche friable et tant soit peu altérée ; par suite, ils n'existent
pas dans les plaques.
N°. 19b. Roche gris-verdâtre, très altérée; c'est un fragment de
couches quaternaires incHnées des terrasses de la rive gauche de la
Waï Loi, au dessus de Kaïtetou. Au microscope, c'est une andésite à
pyroxène fort décomposée ; dans la pâte, il y a beaucoup de particules
de feldspath, groupées partiellement en agrégats rayonnes; puis de
la chlorite et de l'hydroxyde de fer.
N°. 19c. Grand bloc roulé des mêmes terrasses inclinées de la Waï
Loi. Roche gris-clair, avec quartz et cordiérite. Il s'y trouve de gran-
des cavités irrégulières, dans lesquelles il s'est déposé une croûte de
paillettes cristallines jaunâtres, qui consistent, d'après l'analyse de
M. HuFFNAGEL, de nouveau en tridymite avec quelques petits cristaux
de quartz. Au microscope, andésite quartzifère à bronzite, commune.
.N°. 19d. Roche gris-clair, avec des grenats et des cordiérites de la Ion-
Fig. 75^. Cristal de cordiéiite, de l'andésite à bronzite N. 19^ de la rivière Loi.
Liiniu're ordinaire.
q. qumiz, .
ff. ^rtmi^
m. wia^éiite.
i. jiilUmmdte,
c cristal de cordiérite.
Fig. 75<^. Cristal de cordiérite, de Tandésite à bronzite N. 19^^ de la rivière Foi.
Lmtîière polarisée.
220
et avec des inclusions de verre brun, de minerai et de eristanx de
pyroxène ; certains plagioclases sont ftnfe^ient poussiéreux. La sanidine
est probablement absente; les^'pA^;it^el4|J>ati5ft> simples appartiennent
aus3i au plagioclase. De gr{^iTâéte,bronzites,.ëS^eciions allongées, à
lombreuses et
r, som^mt en crista
zites^sxir. les^i
dé, Th»mt3¥îii-
rosée!
et quelques
noirs, grenus.
bleu
'on-
lite,
:^HÇi]»^i/r^nte
ç^^tû^jatite,
i'és^h bords
i^.Xpene forme la
transition aux àSt^^i^s à mica et à hornblende. La pâte contient
une base vitreuse limpide, à. microlithes de bronzite, du plagioclase
et du minerai. Andésite quarizifère à bronzite, contenant «lu mica et
de la hornblende.
N". 19a. Fragment roulé de la Waï Loï, un peu en amont de Kaï-
tetou. Roche gris-clair, dont quelquÉk^.«)wMJ^e4 sont poreuses et renfer-
ment de Phydroxyde de fer. Secrétlofi^Ti^ i?renats et de cordiérites,
ainsi que des quartz; au demenraîiiM«it*ia^ï^]Miin fin. Au microscope,
c'est une andésite 7war<zt/M!*^Vt^?#?^?^iïîmune. Par le polisgage,
les grands cristaux de quartz, de cordiérite et de grenat ont disparu
de cette roche friable et tant soit peu altérée ; par suite, ils n'existent
pas dans les plaques
N«. 19b. Roche gris- verdâtr^^ Atrès/aTÎ?Bej c'est un fragment de
couches quaternaires inclinées fih^ terra?*aè^*^dé;Jt\_rive gauche de la
Loï. Roche gris-cfa
des cavités irréo:kJl||^|^ iru,WiesqU"çi(é^ s'est dcp^^^sff^AjT^croûte de
paillettes crrstalliiii^^Tyrnâtres, qui consistent, d'après l'analyse de
M. HuFFNAGEL, de nouveau en tridymite avec quelques petits cristaux
de quartz. Au microscope, andésite quartzifère à bronzite, commune.
N°. 19d. Roche gris-clair, avec des grenats et des cordiérites de la Ion-
.f^SS:2?ii>
i-^'^O
Fig. 75^7. Cristal de cordiérite, de l'andésite à bronzite N. 19^ de la rivière Loi.
LiiMiière ordinaifc.
ï^ig- 75^^' Cristal de cordiérite, de l'andésite à bronzite N. 19e de la rivière I.oï.
LiDuière f>olarisce.
221
gueur de 15 mm.; on y observe aussi quelques paillettes de mica
noir Elle affleure à la rive gauche de la Waï Loi, à 1 '/a km. environ
de Kaïtetou. C'est apparemment la même roche que celle dont pro-
vient le n». 19c; comme cette dernière, elle contient de grandes cavités
où s'est déposé de l'hydroxyde de fer. Elle n'a pas été examinée
au microscope. Andésite à bronzite biotitifère.
Nos. 19e et 19f. Roche noir foncé, à pâte dense, présentant de
grandes cavités et affleurant dans la Waï Loï, à proximité du n''. 19c?.
En sécrétions, uniquement quelques cristaux de quartz de 2 à 10 mm.
qui, dans certains échantillons (n". 19/), atteignent même 65 mm.
de longueur et 20 mm. d'épaisseur. Ces cristaux sont de nouveau
d'origine étrangère. Au microscope, le n°. 19e présente une pâte très
riche en verre, avec de nombreux microlithes de bronzite, des parti-
cules de feldspath en plus petit nombre et de petites cordiérites,
dont nous parlerons plus loin. Le verre lui même est incolore, mais
à grains bruns excessivement fins. Les bronzites brunes sont par-
fois décomposées, sur les bords et dans les cassures, en hydroxyde
de fer brun, qui s'est déposé également dans les crevasses de la
roche. En cristaux porphyriques, de la bronzite, presque pas de
plagioclase, du minerai, et de très grands cristaux de cordiérite, qui
ont jusqu'à 10 mm. de longueur et auxquels on peut voir très
distinctement que çà et là ils ont été fondus sur les bords et
mélangés à la pâte. A l'un de ces cristaux, représenté fig. 75,
on peut observer qu'en certains points la pâte est très irrégulière-
ment délimitée au contact de la substance de la cordiérite. Or, ce
qui est remarquable, c'est qu'autour de ce grand cristal la pâte
contient de petits cristaux limpides de cordiérite, en rectangles et
en sections hexagonales; ces dernières sont des mâcles répétées,
consistant en 6 secteurs, dont deux secteurs opposés s'éteignent toujours
ensemble lorsqu'on tourne la préparation entre niçois croisés, ce qui
indique qu'ils correspondent. Comme on les trouve dans le voisinage
des grandes cordiérites corrodées, il est naturel d'attribuer leur pré-
sence à une recristallisation de la matière de la cordiérite fondue
dans la pâte. Ces grandes cordiérites corrodées contiennent en in-
clusions des grenats et de la magnétite, ainsi que de nombreux grains
de quartz, disposés en cordons dans l'intérieur du cristal, et autour
â2â
desquels les petits cordons de sillimanite se recourbent régulièrement.
En la tournant entre niçois croisés, la substance de la cordiérite s'éteint
à la fois sur toute la surface ; par conséquent, lors de sa cristallisation,
elle a emprisonné les cordons déjà recourbés de quartz et de sillimanite.
D'après Rosenbusch, ces formations et d'autres analogues sont des
fragments originaires de gneiss; c'étaient primitivement des marnes,
qui sont devenues cristallines par pression ; il s'est formé de la sorte
du quartz, de la sillimanite et du grenat ; et en même temps s'opérait
la cristallisation de la cordiérite, qui enfermait les éléments de la
roche plissée, dont nous venons de parler. Une portion de la substance
de la cordiérite s'est refondue dans la masse de la roche éruptive.
et par là les cristaux ont pris une forme irrégulière. Plus tard, par
une modification dans les conditions chimiques et physiques, le
magma était sursaturé de AP 0%- alors, en présence de magnésie,
d'oxydule de fer et de beaucoup d'acide silicique, il s'est séparé de
nouveau de la cordiérite, en partie en cristaux réguliers et en mâcles
(triplets) libres dans le magma, en partie comme accroissement de
l'ancien cristal corrodé; par là, celui-ci présente sur les bords des
parties cristallographiquement bien délimitées et qui, au point de vue
optique, sont orientées de la même manière que l'ancien cristal ; de
cette manière la masse du cristal de cordiérite, qui est représenté
fig. 75, s'éteint toute entière. Seulement, la nouvelle substance est
un peu plus pure et un peu moins biréfringente que l'ancien grain
de cordiérite, et on y trouve aussi çà et là de larges stries plagio-
clastiques, des lamelles qui, lorsqu'on tourne la préparation entre
niçois croisés, deviennent visibles dans certaines positions, mais qui
s'éteignent aussi simultanément, ce qui les distingue de suite des
plagioclases. Les gros quartz, dont il a été fait mention ci-dessus, sont
aussi des inclusions étrangères, probablement issues de gneiss. Andésite
à bronzite riche en verre, avec cordiérite.
c. Andésite à hornblende.
Les roches à hornblende sont très rares à Hitou et elles peuvent
difficilement prétendre à former un groupe distinct, car on peut les
classer soit dans les andésites à bronzite communes, soit dans les
andésites à biotite avec une teneur plus ou moins forte en hornblende.
223
N'. 10. Bloc roulo de la Waï Ela, côté nord duTouna. Cette roche
a déjà été décrite plus haut; c'est une andésite quartzifère à bronzite
avec hornblende et un peu de biotite.
N°. 138. Roche affleurant dans la tranchée de la route entre Alang
et Wakasihou, à Tandjoung Tomoltetou, nommé aussi Tg. Batou
ajam, à 20 m. d'altitude; elle est fendue en parallélépipèdes. En
échantillons, elle est gris-clair, avec quelques cavités. Sécrétions de
quartz, de cordiérite et de biotite, ainsi que de feldspath blanc trouble.
Au microscope, en cristaux porphyriques, de grands plagioclases,
souvent troubles à l'intérieur par suite d'un grand nombre d'inclusions
de particules de la pâte; de la bronzite, en cristaux relativement
petits, du quartz, en grains arrondis, de grandes cordiérites avec
sillimanite, en partie troubles par décomposition. De la biotite et
quelques belles sections de hornblende, avec bordure de grains noirs ;
aux sections transversales on peut voir non seulement les faces du
prisme m, se coupant sous un angle de 124°, mais aussi les deux
pinacoïdes, de sorte que ces sections ne sont pas hexagonales, mais
octogonales. Pâte de feldspath, pyroxène, minerai et verre. Andésite
quartzifère à bronzite et à mica^ avec hornblende.
W. 167. Blocs roulés de la Waï Hou hou, originaires du monticule
Houhou, au nord du Salahoutou, à l'ouest de Liang. Roche gris-clair,
avec de nombreuses cavités allongées, dans lesquelles s'est déposée
une croûte d'hydroxyde de fer. En cristaux porph3Tiques, rien que
de petits feldspaths altérés et quelques petits prismes noirs de horn-
blende. Au microscope, de gros cristaux de plagioclase, beaucoup de
bronzite, moins de hornblende brune, mais en gros cristaux; de la
cordiérite fort corrodée, entourée de plagioclases limpides, que l'on
reconnaît aux inclusions de pléonastes verts; des grains de minerai
en petite quantité; le tout dans une pâte de feldspath, de pyroxène
et de particules de minerai, ainsi que du verre limpide. Les horn-
blendes ont des bords noirs, grenus, enserrent de la bronzite et du
minerai, et sont criblés d'apatite. Le quartz et la biotite font défaut.
Dans cotte roche aussi la teneur en hornblende n'est pas assez forte
pour la ranger dans les roches à hornblende proprement dites; c'est
plutôt une andésite à bronzite^ hornblendifère.
224
d. Andésite à mica et andésite quartzifère à mica.
Ce groupe est fort répandu, mais il n'est pas franchement séparé
des andésites à bronzite, car celles-ci renferment parfois un peu de
biotite, ainsi que nous l'avons vu aux nos. 19 et 116, et au n". 138
qui est à hornblende.
N". 162. Originaire d'une brèche dans le lit de la Waï Reuw, affluent
de droite de la Waï Routoung, à 180 m d'altitude; massif du Sala-
houtou. Roche jaune brunâtre, un peu poreuse, dans laquelle on n'ob-
serve que des grains de quartz et des lamelles noires de biotite. Au
microscope, cette roche est tW's friable et fournit de mauvaises plaques,
dans lesquelles p. ex. la plupart des quartz ont disparu par polissage.
Du quartz, du plagioclase, de la biotite et du minerai en cristaux
porphyriques dans une pâte trouble, composée de particules de feld-
spath et de quartz avec des grains bruns, et colorée en jaune par
de l'hydroxyde de fer. Andé'site quartzifère à mica. 11 n'existe pas
de bronzite dans les plaques.
N°. 163. Gros blocs au rivage, à un bon kilomètre au nord de Waë,
apportés du Salahoutou par les rivi(;res Sëlaka, Toua, et autres. Roche
gris-clair, un peu poreuse, avec un très grand nombre de cordiérites
en beaux petits prismes et des grains de quartz. Au microscope,
grands cristaux de plagioclase, une très grande quantité de quartz,
de la cordiérite en rectangles bien limités, mais aussi en grains irré-
guliers, et, dans ce cas, entourés de cristaux de plagioclase; de la
bronzite, un peu de biotite et du minerai gisent dans une masse
abondante de verre, qui est dévitrifié par des cristaux d'une finesse
extrême, principalement des particules de pyroxène et des granules
de minerai. Puis, de l'hydroxyde de fer. Les belles cordiérites bleues
renferment, en inclusions, quelques petits prismes de zircone, du
pléonaste vert foncé et un très grand nombre de petites baguettes
de sillimanite, lesquelles s'y trouvent parfois disposées en belles zones,
parallèles aux limites du cristal, tandis que l'intérieur et le bord
extérieur du cristal sont totalement dépourvus de sillimanite. Ces
cristaux de cordiérite, à limites régulières, avec la sillimanite et le
pléonaste, sont incontestablement des sécrétions du magma, qui était
sursaturé de AP 0^ à la suite de la fusion de fragments à cordiérite.
ÂncUsite quartzifère à bronzite^ avec mica. Par la faible proportion de
biotite, la roche ne fait pas partie des vraies andésites à biotite, mais
elle se rattache au numéro suivant.
N°. 172. Roche affleurant au Tandjoung Hourouman, à la côte nord
de Hitou. En échantillons, elle est tout-à-fait analogue au n°. 163,
mais elle renferme plus de biotite. Elle est également de teinte gris-
clair, et contient un très grand nombre de prismes de cordiérite, du
quartz, ainsi que des paillettes de mica noir. Au microscope, du
quartz, du plagioclase, de la bronzite, beaucoup de biotite et de la
cordiérite avec un très grand nombre d'inclusions de grains de pléo-
naste, situés en cordons les uns derrière les autres. La pâte trouble
renferme beaucoup de verre, qui est dévitrifié, principalement par
des lamelles de pyroxène. Andésite quartzifère à mica.
Nos. 173 et 214. Le premier échantillon a été recueilli par l'ingénieur
KoPERBERG, le second, par moi-même, à la masse rocheuse située à
la rive droite de la Waï Moki, côte nord de Hitou, représentée fig. 49
de l'annexe IV. Ces deux roches sont gris foncé, et renferment des
feldspaths blanc terne; le n°. 214 contient aussi quelques quartz; le
n°. 178 est séparé en bâtons. Au microscope, plagioclases abondants,
toujours à grands angles d'extinction qui prouvent que les feldspaths
sont très basiques, la plupart assurément de Vanorthite, parfois peut-
être de la bytownite ; bronzite, quartz, biotite à bords de minerai en
grains noirs et ressemblant par là fort à de la hornblende; puis du
minerai. Dans le n°. 214, la cordiérite est en cristaux très irréguliers,
corrodés, avec bordure de cristaux de plagioclase et de bronzite. La
pâte renferme un verre, qui le plus souvent est limpide et incolore,
mais qui est coloré en brun à certains endroits et rempli de micro-
lithes de pyroxène et de plagioclase, les derniers en proportion plus
faible, ainsi que de grains de minerai. Ces roches, comme l'andésite
à hornblende voisine, n^ 167, de la Waï Houhou, sont très fraîches
et donnent ainsi l'impression de roches éruptives tertiaires. Andésite
quartzifère à biotite.
N". 30. Fragment recueilli dans des brèches et conglomérats, au
pied du Gounoung Setan, à proximité de la côte nord de Hitou.
Roche gris-clair, très riche en mica, à plagioclases ternes, quartz blancs
et jaunes, avec beaucoup de biotite et quelques grenats, qui atteignent
15
226
jusqu'à 6 mm., et dont les cristaux sont nettement limités. Au
microscope, on reconnaît que la roche est tant soit peu altérée. Les
cristaux en question gisent porphyriquement dans une pâte trouble,
contenant des microlithes de plagioclase et de bronzite, ces derniers
bruns par décomposition ; des grains noirs de minerai, d'autres grains
bruns et un peu de verre. Andésite quartzifère à mica, avec grenat.
N". 215. C'est la même roche que le n". 30, un fragment arrondi
des brèches du Gounoung Setan, mais encore plus altéré. Elle est
aussi riche en mica et renferme de beaux grenats. Andésite quartzifère
à mica, avec grenat.
N". 210. Enlevé à de gros blocs, dans des brèches grossières, au
Gounoung Eri, près de Negri lama, à 178 m. d'altitude. Roche gris-
clair, à grain fin, avec beaucoup de cristaux de cordiérite, des
feldspaths, du mica et du quartz. Au microscope, les cristaux por-
phyriques que nous venons de nommer et des bronzites, dans une
pâte qui renferme du verre, des grains de minerai, du plagioclase et
des microlithes de bronzite, les derniers en proportion moindre.
Andésite quartzifère à mica.
N". 45. Fragments d'un calcaire tendre de la rivière Maspaït, sur
la route de Hitou lama à Roumah tiga. Roche gris-clair, poreuse, à
cristaux porphyriques de quartz, plagioclase, cordiérite et biotite.
Au microscope, on observe en outre quelques petites bronzites et du
minerai. La pâte de la roche consiste en un verre incolore, dévitrifié
par des particules de pyroxène. Andésite quartzifère à mica, riche
en verre.
Nos. 2 et 3. Fragments de matériaux incohérents quaternaires de
la rive droite et de la rive gauche de la Waï Ami, à Nipa, vis-à-vis
d'Ambon. Le n". 2 est de teinte blanche et renferme de nombreuses
biotites et quelques grains de quartz. Le n". 3 est moins altéré, gris-
clair, et contient également des paillettes de mica et des grains de
quartz; de plus, des plagioclases. Au microscope, on constate l'absence
de grandes bronzites, de sorte que seuls du quartz, du plagioclase,
de la biotite et du minerai y existent en cristaux porphyriques. La
pâte renferme un verre limpide, çà et là brun-clair cependant,
dans lequel gisent de nombreuses particules de plagioclase, souvent
groupées radialement, et qui présentent parfois une croix d'interférence
227
peu distincte entre niçois croisils, mais s'éteignent le plus souvent
en secteurs. Puis, de petites bronzites, en partie brunes par décom-
position, et des grains de minerai de fer. Andésites quartzif ères à mica.
N^. 107a. Gros blocs de conglomérats et brèches quaternaires de
Tandjoung Batou, dans la dousoun Sahourou. Roche gris-clair, çà et
là poreuse, avec quartz, mica, plagioclase et de grandes cordiérites
(9 mm.) en cristaux bien limités. Au microscope, elle n'offre pres-
que rien de nouveau Les minéraux que nous venons de nommer y
existent en cristaux porphyriques avec de la bronzite et du minerai ;
la pâte renferme un verre limpide, avec microlithes de bronzite,
plagioclase et minerai. Andésite quartzifère à mica.
N". 107b. Roche affleurant au pied du Gounoung Kerbau, au hameau
Batou koubour, à l'ouest de Tandjoung Batou koubour, au rivage. La
roche est gris-clair, à grain fin, et ne présente, en échantillons, que
quelques sécrétions de lamelles de mica; elle fait voir aussi, en grand,
une texture fluidale, par une alternance parallèle de couches plus ou
moins riches en verre. Au microscope, du quartz, des plagioclases
limpides et de la biotite; ce sont là les seuls cristaux porphyriques.
La bronzite manque. La pâte abondante offre un aspect particulier,
car dans une masse vitreuse, grenue, gisent un très grand nombre
de particules de feldspath, la plupart en agrégats de forme ronde,
sphéroïdale, qui présentent parfois, entre niçois croisés, une croix
d'interférence peu distincte; il y a ensuite des particules vertes de
chlorite, provenant probablement d'une décomposition de la bronzite.
Le verre proprement dit est limpide et incolore; mais il renferme
des baguettes et des fibres de pyroxène vert-clair extrêmement petits,
des grains de minerai bruns et noirs et puis un très grand nombre
de très petits corps ronds, bruns par transparence, à bords noirs, et
qui sont probablement des pores gazeux. Andésite quartzifère à mica,
riche en verre. La partie supérieure de ce banc rocheux s'est solidifiée
à l'état de verre; elle sera décrite avec les roches vitreuses.
Nos. 108a et lOSabis. Le premier a été recueilli en 1898; le second,
en 1904, au versant sud du Gounoung Kerbau, à 269 m. d'altitude;
ils sont probablement originaires de brèches grossières. Roche gris
blanchâtre à texture parallèle et à bandes vitreuses sombres ; contient
des lamelles de mica, des cristaux de quartz et quelques feldspaths.
228
En échantillons, elle est analogue au n". 1076, et elle donne aussi,
au microscope, la même image. Cristaux porphyriques de quartz, en
partie nettement limités; pour une autre partie, en formes très cor-
rodées; des plagioclases très frais, avec un angle d'extinction maximum
de 26° des deux côtés de la ligne de suture; de la biotite, en lon-
gues sections, traversées par de l'apatite. La bronzite manque; elle
est probablement transformée en chlorite et en grains bruns de
limonite qui sont disséminés partout, parfois en formes qui rappellent
l'augite. La pâte renferme un verre limpide et incolore, rempli de
sphéroïdes arrondis de particules de feldspath, qui sont parfois grou-
pés radialement d'une manière irrégulière, et des fibres de bronzite
vert clair extrêment fines, ainsi qu'un peu de grains de minerai.
Andésite quartzifère à mica, riche en verre. Se rattache au n*. 1076
déjà décrit et au n". 107c que nous allons décrire plus loin.
Quelques parties, enclavées dans le n*^. 108, consistent en une
andésite presque entièrement cristalline. Elles renferment du quartz,
du plagioclase, de la bronzite, de la biotite, de la cordiérite avec
sillimanite et beaucoup de pléonaste vert-foncé, puis du minerai. On
peut voir çà et là entre ces éléments un peu de verre avec quelques
microlithes de bronzite. C'est aussi une andésite quartzifère à mica^ avec
bronzite et très peu de pâte.
N°. 114. Récifs Batou Bëdiri, à l'est de Hatourou, à la côte, séparés
en prismes. Roche altérée, gris jaunâtre clair, avec mica, quartz,
feldspaths ternes et quelques grandes cordiérites. Au microscope, pas
de cordiérite. La pâte trouble renferme un verre incolore, rempli de
lamelles de pyroxène d'un vert très clair. Andésite quartzifère à mica.
N°. 124. Gros blocs de pierre au sommet de l'arête Hatou Lalikoul,
à 648 m. d'altitude. Roche tant soit peu altérée. Dans une pâte gris-
clair, à grain fin, du quartz, de la cordiérite, de la biotite et des feld-
spaths ternes. Au microscope, une andésite quartzifère à mica ordiiisiire.
N°. 126. Originaire également du Hatou Lalikoul, mais recueilli
un peu plus à l'est, à 629 m. d'altitude. En échantillons, gris-clair,
compacte, avec de petites biotites noires et quelques quartz. Au mi-
croscope, andésite quartzifère à mica ordinaire.
N". 140. Du Hatou Gëledihou ou Watou lajar, près de Lariké; roche
éruptive séparée en plaques, à la côte (voir fig. 45 de l'annexe IV).
229
Roche gris-jaunâtre, altérée, à feldspaths ternes, quartz et biotite. Au
microscope, beaucoup de pyrite ; les bronzites sont totalement décom-
posées. Andésite quartzifère à mica, altérée.
N". 18c. Du Gounoung Touna, côté est, dans la rivière Wanii, repo-
sant sur de la diabase. Roche gris-clair, à feldspaths ternes, biotite,
grenats, et cordiérite. Au microscope, on voit que la roche renferme
de la bronzite, mais peu ou point de quartz et un peu de biotite
seulement. Les grenats et les cordiérites n'existent pas dans les plaques.
Andésite à bronzite^ biotitifère.
N'*. 18f. Du Gounoung Touna, versant sud, dans la rivière Touna,
à la maisonnette n". 2. Roche gris-clair, avec beaucoup de feldspaths
ternes, quelques gros quartz, peu de biotite, du grenat et de la cor-
diérite. Au microscope, andésite quartzifère à mica^ mais avec peu de
mica. Dans les plaques, il n'y a encore une fois ni cordiérite ni grenat.
e. Roches vitreuses des andésites et des dacites.
Plusieurs des roches qui viennent d'être décrites sont plus ou moins
riches en une pâte à base vitreuse. Nous ne décrirons à présent que
celles qui, déjà à l'œil nu, présentent un éclat vitreux ou résineux
plus ou moins net.
N°. 160. Du versant est du Gounoung Kadera (massif du Salahoutou\
à 866 m. d'altitude, à proximité du petit lac Telaga Namang. ï]n
échantillons, c'est une roche vitreuse, altérée, gris-blanchâtre, très
poreuse, avec des morceaux de verre gris-foncé, moins altérés, dans
lesquels il y a des feldspaths ternes. Au microscope, on voit un verre
ponceux, à cristaux porphyriques de quartz et de plagioclase. Le
verre est limpide comme de l'eau; il contient d'abord des baguettes
et des filaments très nombreux, extrêmement fins et vert clair, d'un
minéral qui fait partie du groupe des pyroxènes. Ensuite, un grand
nombre de pores gazeux, la plupart allongés, aigus ou ovales, dont les
parois sont parfois enduites d'un pigment brun. Ces pores sont dis-
posés les uns derrière les autres avec leurs grands axes orientés de
la même façon ; ils donnent à cette roche une texture fluidale nette.
Ponce d^andesite quartzifère.]
W. 165. Fragment de brèches quaternaires, à la cascade Embouang,
dans la rivière Taïsoui; bloc roulé dans cette rivière. Les fragments
230
très riches en verre, de teinte gris-clair, contiennent beaucoup de
lamelles de mica et passent, par altération, à une argile sableuse,
blanc-jaunâtre. La roche n'a pas été polie. Verre d'andésite à mica.
N°. 168. Récif peu élevé «Batou Mètèng», à la côte, pied nord du
Salahoutou. Une brèche, composée de fragments d'une roche vitreuse
noir terne, dans des débris plus fins des mêmes matériaux. Non taillé
en plaque. Brèche de verre d'andésite à bronzite.
N". 169. Roche vitreuse, séparée en bâtons, du même gisement que
le n°. 168 et originaire aussi de la même brèche. Le fragment gisait
librement sur la plage. La roche a un éclat résineux et contient des
feldspaths blanc terne. Au microscope, beaucoup de plagioclase limpide,
de petites bronzites et du minerai en cristaux porphyriques dans un
verre limpide, tout-à-fait rempli d'un réseau de baguettes et de fila-
ments extrêmement fins d'un pyroxène vert-clair avec granules de
minerai adhérents. Toutefois, le verre, inclus dans les plagioclases,
est légèrement brun. Verre d'andésite à bronzite qu'il faut ranger parmi
les rétinites (pechstein), car tous les verres de Hitou contiennent de
l'eau, et de plus cette roche présente un éclat résineux.
N". 171. Bloc roulé de la Waï Tomol, au cap Tomol. Brèche avec
morceaux de verre gris foncé, comme le n". 168. N'a pas été polie.
Brèche de verre d'andésite à bronzite.
N". 216. Paroi escarpée du Gounoung Setan, au versant nord-ouest;
au-dessus de cette roche une petite rivière forme une cascade. Roche
vitreuse grisâtre sombre, à cavités où s'est déposé de l'hydroxyde de
fer. Au microscope, un verre limpide qui est jaune clair le long des
fissures, probablement par dépôt d'un peu d'hydroxyde de fer, et qui
est entièrement rempli de filaments de pyroxène excessivement fins
et de grains de minerai, forme la pâte de cette roche. Dans celle-ci
sont distribués, en petite quantité, quelques quartz, plagioclases,
bronzites, minerai et cordiérites; ces dernières en partie en cristaux
bien délimités à inclusions de pléonaste, mais en partie aussi en
grains irrégulièrement limités et fortement corrodés, riches en sillima-
nite, qui se sont fondus partiellement dans la masse vitreuse environ-
nante, laquelle est légèrement colorée en jaune dans leur voisinage.
Verre d'andésite à bronzite (rétinite). Contient, d'après l'analyse de
l'ingénieur Koperberg, 5.57 pet. H- 0.
231
N". 48. Gros blocs dans de l'argile brune, sur la route de Roumah
tiga à Hitou lama, au nord de la ligne de faîte, à 195 m. d'altitude.
Roche vitreuse tout-ù-fait compacte, de teinte gris-clair, mais rendue
brécheuse par des morceaux de verre plus foncés qui sont intimement
unis à la roche principale. Il y existe aussi des morceaux ponceux
et des fragments d'une andésite à bronzite (n'. 48*) terne, gris-clair.
La roche a un éclat vitreux et ressemble à de l'obsidienne, quand
on fait abstraction de sa structure brécheuse. Au microscope, divers
fragments de verre gisent les uns contre les autres et sont intimement
liés par de minces couches d'un minéral limpide. Parmi ces fragments,
quelques-uns sont tout-à-fait limpides, incolores et presque dépourvus
d'interpositions ; seulement, on y remarque de très grandes inclusions
liquides, qui ont jusqu'à 29 microns en diamètre, à libelle mobile,
ce qui constitue une inclusion assez rare dans une masse vitreuse. (')
D'autres fragments sont dévitrifiés par des microlithes, notamment
des filaments de pyroxène; d'autres encore renferment des pores ga-
zeux, parfois en formes allongées, et sont par là ponceux; d'autres
enfin sont troubles, par un amas de fines particules de feldspath et
de pyroxène, ces derniers parfois en agrégats floconneux, brun-clair,
excessivement ténus; ce sont les fragments n°. 48*. La plupart
renferment des cristaux porphyriques de plagioclase et de bronzite,
ainsi que des cordiérites corrodées à inclusions de sillimanite. Tous
ces morceaux de verre sont entourés d'une bordure limpide étroite,
qui polarise en fibres, et consiste en calcédoine (les fibres ont un
caractère optique négatif], un minéral qui s'est déposé aussi dans
les fissures du verre. Tuf vitreux silicifie ou sable vitreux.
Nos. 21, 21bis et 22. Mur rocheux à la rive droite de la Waï Loula,
à proximité de son embouchure. En échantillons, la même roche
vitreuse et brécheuse, gris-clair, que le n". 48; mais les morceaux
de verre sont plus petits. Au microscope aussi, elle est analogue au
n"". 48; quelques éclats de verre sont de teinte jaune-clair. Il existe
aussi dans le verre des inclusions liquides, mais plus petites que
celles du n^. 48. Dans les fissures et autour des fragments, on trouve
(1) Dans les roches de ce g-isement (nO. 48) et du „cap Hatelauwé", analog-ues à nos
numéros 21 et 22 de la Wai Loula, des inclusions liquides ont déjà été signalées antérieure-
ment par ScHROEDER v.\N DER KoLK (Mémoire 84, pp. 117 et 119),
232
de nouveau des bandes étroites de calcédoine polarisant en fibres.
Parmi les cristaux porphyriques, du plagioclase et de la bronzite
ainsi que quelques cordiérites. D'après l'analyse chimique, elle ren-
ferme 5.36 pet. H^ 0. Tuf vitreux silicifié.
N". 217. Petite colline, de 11 m. d'altitude, située à 185 m. à l'est
de la rivière Waoulou, dans le sentier qui s'étend le long de la côte
nord de Hitou. Ce mamelon consiste en un calcaire dolomitique gris-
brunâtre, qui fait avec l'acide chlorhydrique une effervescence faible
à froid mais forte à chaud. Ce calcaire contient une très forte pro-
portion de gravier fin de roches éruptives, des cordiérites libres,
ainsi que de gros morceaux d'un verre brécheux, grisâtre-clair (n°. 217),
tout-à-fait analogue au n . 21. Tuf vitreux silicifié, en fragments dans
un calcaire quaternaire.
NO. 107c. Ceci est la croûte vitreuse, de '/s °^- d'épaisseur, de
la roche n\ 1076, décrite plus haut, du hameau Batou koubour, à
l'ouest de Tandjoung Batou koubour. En échantillons, c'est un verre
à éclat résineux, gris-verdâtre clair, avec paillettes de biotite, qui
devient blanc-jaunâtre et farineux par altération. Au microscope, un
verre limpide, alternant avec des traînées de verre jaune et sombre
par des interpositions brunes et noires comme au n**. 1076. Ces
interpositions sont en partie des grains de minerai de fer ou d'un
composé de fer, en partie des espaces creux, des pores gazeux, à parois
brunes. Dans le vei^re limpide on n'observe pas ces particules brunes,
mais uniquement des microlithes de bronzite et des agrégats de
feldspath arrondis en sphéroïdes irréguliers. Les seuls cristaux por-
phyriques sont du plagioclase et de la biotite. Verre d^ andésite quartzi-
fère à mica.
W. 154. Grosses pierres «Tongkou batou ><, à 350 m. d'altitude
environ, sur la route de Hatiwi à Hila. Roche vitreuse gris foncé,
semblable au n". 21, mais non brécheuse. Au microscope, c'est un
verre décoloré par places, mais le plus souvent brun-clair, et tout-
à-fait rempli de fins microlithes de pyroxène et de quelques grains
de minerai. Cristaux porphyriques de plagioclase, de bronzite et de
minerai; hydroxyde de fer secondaire. Les plagioclases ont parfois
beaucoup d'inclusions de verre brun. Verre d"* andésite à bronzite {rctinite).
N". 113. Fragment d'une brèche, enlevé près du refuge, dans un
233
affluent de droite de la Waï Lawa, à 336 m. d'altitude. Roche
vitreuse, à éclat résineux, noir sombre, à feldspaths blancs et ternes.
En échantillons et au microscope elle ressemble parfaitement au n°. 18^
(voir plus bas). Seulement, elle est moins fraîche: dans des fissures
ont pénétré de l'hydroxyde de fer et de la calcédoine; ce dernier
minéral remplit aussi des cavités de la roche. Le verre brun, que les
feldspaths contiennent en petites particules très nombreuses, est brun
trouble et parfois fibreux par altération Le verre brun de la pâte
est rempli de baguettes étroites de bronzite, mais le tissu en est
moins serré qu'au n°. 18^. Voir plus loin la description de cette
roche. Verre d'andésite à bronzite.
N". 119. Fragment de couches inclinées (quaternaires ou pliocènes)
de grès et de brèches, nos. II7 et 118, dans la Waï Hatou. Roche
vitreuse gris-clair à feldspaths ternes et cordiérites bleues. N'a pas été
polie. Verre d'andésite à bronzite.
N°. 148. Echantillon de brèches de la Waï Ela, au sud de Lima
et au nord du Latoua, à 617 m. d'altitude. Brèche gris-clair à mor-
ceaux de verre gris foncé. Au microscope, une pâte trouble avec
quelques cristaux porphyriques de quartz et de plagioclase. Le trouble
de la pâte est produit par des fibres très fines de pyroxène et des
granules bruns; le verre lui-même est incolore. Verre d'andésite
à bronzite.
N°. 18g. Fragment d'une brèche, recueilli en 1904 au lac Telaga
Radja, à 619 m. d'altitude. Cette brèche forme le fond de l'espace
cratériforme dans lequel est situé le lac. La roche est noir foncé et
à éclat résineux. A l'œil nu on ne voit que de petits feldspaths;
dans des cavités, il s'est déposé du gypse. Au microscope, une roche
très fraîche. En cristaux porphyriques, du plagioclase, à grand angle
d'extinction et un très grand nombre d'inclusions de particules brunes
de verre; de la bronzite, avec inclusions de globules de verre et de
magnétite. La pâte abondante consiste en un verre brun clair, qui
est lui-même bourré de microlithes de bronzite et de plagioclase,
les derniers en quantité moindre ; il y a aussi un peu de minerai et
çà et là quelques granules bruns excessivement fins. Verre d'andésite
à bronzite.
234
f. Mclaphyre et verre.
Les roches de ce groupe se distinguent, déjà à l'œil nu, par leurs
teintes grisâtres foncées, des andésites à bronzite qui ont la plupart
une couleur claire. Elles contiennent des cavités qui sont la plupart
parfaitement rondes ou à peu près, contrairement aux cavités allon-
gées et irrégulières des andésites à pyroxène. Les parois de ces cavi-
tés sont parfois tapissées de calcite et de zéolithes. Ces roches n'ont
aucune ressemblance avec les basaltes tertiaires ou plus jeunes de
Java et de Sumatra; elles rappellent plutôt les anciens mélaphyres
d'Europe.
N". 218. Trouvé uniquement en blocs isolés, au même endroit que
le n". 217, la roche vitreuse qui apparaît en fragments dans le cal-
caire, sur la route de Wakal à Hila, dans la petite colline de 11 m.,
à 185 m. à l'est du passage de la rivière Waoulou. Il est probable
que le n''. 218 existe en fragments non dans du calcaire, mais dans
une brèche quaternaire; on n'en a trouvé que des blocs incohérents
sans brèche environnante, aussi au versant du mamelon jusqu'à la
mer. En échantillons, c'est une roche à grain fin, grisâtre sombre,
sans gros cristaux, mais à cavités rondes nombreuses (bulles) qui
sont ou vides, ou remplies en tout ou en partie de calcaire spathi-
que. Au microscope, beaucoup de petits cristaux d'olivine, tous trans-
formés en serpentine vert-jaunâtre terne et h3^droxyde de fer brun
foncé; il n'y existe plus de matière d'olivine inaltérée. Ce sont là les
seuls cristaux porphyriques. La pâte est un mélange microgranuleux
de plagioclases longs et étroits, de baguettes courtes, vert-clair, de
pyroxène, dont les plus grandes sont nettement pléochroïques et à
extinction droite, appartiennent à la bronzite, et sont parfois juxtaposées
à de l'augite; mais la plupart des baguettes présentent une extinction
oblique et appartiennent à l'augite; il y a encore du rainerai. Entre
ces cristaux on peut voir un verre grenu, noir ou brun foncé. Le
caractère de cette roche est tout autre que celui des andésites; elle
contient, d'après l'analyse du Professeur S. J. Vermaes à Delft,
60.32 pet. de Si 0^ seulement, tandis que les andésites ont une teneur
en acide silicique de 61 à 75 pet. Melaphyre.
N^. 108b. Du Gounoung Kërbau, à 280 m. d'altitude. En échantillons,
235
gris, à grain fki, avec des taches altérées, jaunes. Pas de sécrétions
de cribtaux, mais de nombreuses cavités qui, par altération, ont pris
une forme irrégulière. Au microscope, la roche n'est plus très fraîche ;
dans la pâte beaucoup de chlorite, à côté d'augite, de plagioclase et
de minerai, ainsi que du verre grenu, foncé, qui contient de petits
cristallites courbes (pyroxène?). Quelques gros cristaux, tranformés
en serpentine, proviennent d'olivine. Mélaphyre.
W. 1081)*. En 1904 on a recueilli encore une fois, en ce point ou peut-
être un peu plus haut, à 290 m. d'altitude, du mélaphyre dans lequel on
a trouvé un petit fragment d'une roche jaune grisâtre, arénacée et quel-
que peu schisteuse (n*^. 1086*), long de 7 cm. et de 1 cm. d'épaisseur.
Au microscope, on a reconnu que c'était une roche élastique consistant
en beaucoup de quartz, plagioclase et augite en grains cristallins
irrégulièrement délimités, avec minerai de fer titane et de la titanite
rouge clair, pléochroïque, en grains allongés et pointus. L'augite verte,
de teinte très claire, n'est pas pléochroïque et contient de petits
globules de verre et des granules de minerai de fer. On a mesuré
des angles d'extinction de 42°. Les plagioclases sont très frais;
quelques-uns ont des angles d'extinction de 29 et de 32° ; par contre,
d'autres n'ont qu'une extinction maxima de 19 et 22°. Entre ces
particules cristallines se trouve une masse jaune ou d'un brun très
léger, qui parfois ne polarise pas distinctement et pourrait être prise
alors pour du verre; en d'autres places, elle offre une polarisation
nette en grains fins ; il est probable que c'est de l'opale, un minéral
qui polarise assez souvent distinctement, ce qu'il faut attribuer à
des tensions qui se sont produites lors de la dessiccation de la gelée
d'acide silicique. L'opale enveloppe les grains cristallins comme une
bordure mince et elle comble aussi partiellement les espaces entre
les particules; aux bords de ces espaces, il y a alors de l'opale
limpide, tandis que le centre est occupé par des particules brunes,
troubles, probablement des particules d'argile ferrugineuse, et par de
petits grains noirs de minerai. La forte teneur en quartz rend
invraisemblable que ce sable soit un produit d'éruption du Kerbau
lui-même, que le mélaphyre aurait englobé dans sa masse. Je le tiens
pour un morceau de grès, qui a été transformé par métamorphisme
de contact lorsqu'il a été enclavé dans le mélaphyre, et qu'ainsi il
236
s'est formé du plagioclase et de l'augite, aussi bien que de la titanite
rouge. Bloc de grès transformé par métamorphisme de contact.
N^. 108c. Du Gounoung Kerbau, à 319 m. d'altitude. Roche gris-
bleuâtre, à grain fin, avec de grandes cavités rondes et une croûte
d'altération jaune. Au microscope, cristaux porphyriques de plagio-
clase, souvent à bords ternes, quelques olivines transformées en ser-
pentine vert-brunâtre, longues bronzites pléochroïques et quelques
cordiérites fort corrodées, irrégulièrement limitées, rendues troubles
par des amas de sillimanite et renfermant un nombre extraordinai-
rement grand de cristaux de pléonaste. Cette cordiérite a apparem-
ment été englobée dans la roche en fusion et provient d'autres roches
plus anciennes, du gneiss (qui toutefois n'apparaît nulle part à Ambon)
ou du granité, que le mélaphyre a percées. La pâte est la pâte ordi-
naire; elle renferme du plagioclase, de l'augite, un peu de bronzite,
du minerai et du verre brun ou du verre grenu foncé, ainsi que de
la chlorite. Mdaphyre à bronzite, avec inclusions de cordiérite.
N**. 108d. Gounoung Kerbau, à 327 m. d'altitude. En échantillons,
tout-à-fait analogue au n°. 108c. Au microscope, encore exactement
la même roche que la précédente; elle contient aussi de grands py-
roxènes, qui appartiennent à la bronzite, des olivines décomposées,
et des fragments, à limites irrégulières, d'agrégats cristallins de quartz
et de cordiérite enclavés par fusion dans la roche, qui ont fait monter
la teneur en silice jusqu'à 60 pet. à peu près. Mélaphyre, avec bron-
zite, quartz et cordiérite.
N^ 108. Gounoung Kerbau, à 332 m. d'altitude. En échantillons,
la même roche que les deux précédentes, aussi avec des cordiérites
bleues et des fragments de teinte gris-jaunâtre, qui sont de la cor-
diérite, avec inclusions de grains de quartz. Au microscope, les mêmes
cristaux porphyriques, olivine (décomposée), plagioclase, bronzite et
augite à la fois, minerai et grandes cordiérites corrodées, qui con-
tiennent de nombreux grains de quartz. Les deux derniers minéraux
se ressemblent fort, mais sous le rapport optique on peut aisément
les distinguer. Quelques cordiérites présentent distinctement des stries
de mâcles répétées. Dans la pâte, du plagioclase, de l'augite, du
minerai et du verre en grains bruns ou foncés. Mélaphyre à bronzite.
N°. 109. De la Waï Lawa, en amont de Tawiri, à 49 m. d'altitude.
23?
Bloc originaire d'une brèche. En échantillons, une brèche formée de
morceaux brun-foncé à éclat demi-vitreux, tant soit peu poreux, gisant
dans une pâte altérée brun-jaunâtre des mêmes matériaux, mais plus
fins. Au microscope, un verre brun de chocolat, transformé dans les
fissures en une matière brun-jaunâtre, trouble. Ce verre renferme de
très petites baguettes de pyroxène, qui se groupent parfois en étoiles,
et des granules de minerai. Grands pores gazeux. Les cristaux porphy-
riques manquent; la roche a d'ailleurs tont-à-fait le caractère d'un
verre de mHaphyre, comme on le rencontre en d'autres endroits, avec
une teneur nette en olivine et se transformant aussi en un produit
hydrofère brun-jaunâtre.
N^. 110. De la Waï Lawa, affleurant dans le lit du ruisseau ; roche
se séparant en prismes (fig. 41 de l'annexe IV). Roche grise, à grain
fin, sans gros cristaux et aussi sans cavités. Au microscope on n'ob-
serve, parmi les grands cristaux porphyriques, que quelques bronzites
et augites, assez bien d'olivines qui, 1res exceptionnellement, sont
encore inaltérées en partie, et de temps en temps un cristal de quartz
corrodé, évidemment une inclusion étrangère. Pâte de plagioclase,
pyroxène (le plus souvent de l'augite), minerai et verre grenu, foncé.
Comme produits secondaires, de la calcite, de la serpentine et de la
pyrite. Melaphyre, quartzifère.
N°. 112. Roche affleurant dans le lit de la Waï Lawa, à 143 m.
d'altitude. Gris-verdâtre, altérée, à grain fin. Dans les fissures, du
quartz; dans les cavités, du calcaire spathique et de la calcédoine.
Au microscope, roche fort altérée; à la place des olivines on trouve
de l'opale, entourée de carbonates; l'opale polarise faiblement, en
taches irrégulières, ainsi que c'est souvent le cas; pour de la calcé-
doine la polarisation est beaucoup trop faible. Les carbonates, qui
se sont déposés en formes sphériques, montrent, en sections, des an-
neaux alternativement incolores et bruns: les premiers consistent en
calcaire spathique, les autres, en dolomie, peut-être ferrugineuse, ce
que l'on constate déjà à leur difîerence de solubilité et d'efîervescence
par l'action de l'acide chlorhydrique à froid. Dans l'acide chaud, les
anneaux bruns aussi se dissolvent rapidement. Les petites augites
de la pâte sont en grande partie transformées en calcite et en chlo-
rite. Les rectangles et les baguettes de plagioclase sont encore
238
limpides. Il y a encore du verre brun clair, mais en petite quantité.
MHaphyre, altéré.
N°. 125. Du Gounonng Latoua, cime avancée méridionale, à 809 m.
d'altitude. Roche gris foncé, à grain fin, avec grandes cavités rondes,
dans lesquelles s'est déposée une croûte d'une matière blanche, kaoli-
neuse. Ressemble complètement aux roches du Kerbau. Au micros-
cope, de l'olivine, encore une fois transformée entièrement en calcaire
spathique, coloré en brun par de l'hydroxyde de fer ; du plagioclase;
à la fois de la bronzite et de l'augite, parfois juxtaposées; tous ces
éléments forment des cristaux porphyriques dans une pâte sombre,
dans laquelle il y a des lamelles allongées et étroites de plagioclase
limpide, et un verre brun clair, entièrement rempli de petites
baguettes d'augite avec granules de minerai adhérents. Selon le
Dr. P. H. VAN DER Meulen, assistant à Delft, la teneur de cette
roche en acide silicique est de 50.31 pet. Mélaphyre.
W. 150. Du Gounoung Latoua, pied nord, 660 m. d'altitude. Roche
gris-clair, altérée, à cavités, analogue à la précédente. Au microscope,
la même roche, avec beaucoup de chlorite dans la pâte et une masse
de verre dévitrifiée par des cristallites, avec des baguettes et des fila-
ments vert clair, auxquels sont suspendus des grains et des baguettes
de minerai. Parmi les pyroxènes porphyriques, il y a plus d'augite
que de bronzite, ces deux éléments sont parfois juxtaposés. M<?kp/i7/re.
N". 149. Roche affleurant dans le lit de la Waï Ela, au confluent
d'un petit cours d'eau, la Hatou Koï, à515m. d'altitude. Roche grise,
à grain fin, avec cavités rondes où se sont déposés du calcaire spathi-
que et de l'hydroxyde de fer. Au microscope, elle ressemble un peu
à certaines diabases, mais le feldspath est beaucoup plus frais que
dans ces roches anciennes, le n''. 147 p. ex. Quelques formes ap-
partenant nettement à de l'olivine, remplies de spath calcaire et de
chlorite; de l'augite, sans bronzite. Pas de gros plagioclases. Les
cavités sont comblées par de beaux anneaux de spath calcaire alter-
nativement bruns et ferrugineux ou blancs et purs. Par l'action de
l'acide chlorhydrique froid, les derniers seuls font effervescense et se
dissolvent rapidement; les autres ne se dissolvent que dans l'acide
chaud. Outre l'hydroxyde de fer, ils renferment peut-être aussi de la
magnésie, de sorte que ce seraient des anneaux de dolomie ferru-
239
gineuse alternant avec des anneaux de calcaire spathique. Il n'a pas
été fait d'analyse spéciale des anneaux bruns. La pâte contient des
baguettes de plagioclase très limpides, de l'augite, des grains de
minerai, de la chlorite et du verre grenu, foncé. Mélaphyre.
N''. 146. Paroi rocheuse à la rive droite de la Waï Ela, à 2 km.
de Lima; à ce qu'il paraît, elle est recouverte de conglomérats et de
br«>ches d'une andésite à biotite. En échantillons, cette roche est
tout-à-fait analogue au n". 149; elle contient des cavités rondes,
remplies sur les bords de minerai de fer brun ; au centre, des fibres
de calcaire spathique, groupées en rayons, qui donnent une croix
noire entre niçois croisés. Au microscope, elle contient uniquement
quelques gros plagioclases, dans une pâte de baguettes de plagioclase,
d'augite, de minerai et de verre sombre, grenu. Comme produits
secondaires, du calcaire spathique, de la calcédoine et beaucoup
d'hydroxyde de fer. Mélaphyre.
W. 12 (recueilli en 1898) et n°. 12bis (recueilli en 1899). Roche
de Tandjoung Tapi, décrite en détail plus haut (voir aussi fig. 63).
En échantillons, roche de teinte grise ou gris-verdâtre ; à proximité
de la croûte, elle est cependant plus foncée, par suite de la présence
de particules riches en verre. Les parties inférieures de la croûte
(c et b, fig. 63) sont ternes, noir foncé, et renferment déjà beaucoup
de particules de verre; par suite d'une solidification brusque, la
portion extérieure a s'est solidifiée comme du verre; cette couche
extérieure, qui d'ordinaire n'a pas plus d'épaisseur que 2 mm., est
d'un noir brillant et a l'éclat résineux.
N°. 12, partie a de la fig. 63. Croûte de verre extérieure. Au mi-
croscope, un verre pur, couleur chocolat, avec cristaux porphyriques
d'olivine et des toufi*es brunes de criytallites. Les olivines, à peu près
incolores, sont d'une fraîcheur idéale; dans les fissures seules il y a
un commencement de décomposition en une matière brune; elles
renferment en inclusions de petits octaèdres bruns, transparents, de
picotite et des globules de verre brun-clair avec bulle d'air adhérente.
Ces olivines se présentent non seulement en cristaux bien développés,
limités par des faces places, mais encore en microlithes incomplets,
très élégants, dont l'un d'eux est représenté dans la fig. 64. Le
plagioclase et le pyroxène font complètement défaut. Les touffes
240
brunes consistent en filaments excessivement fins, qui sont entremêlés
et superposés dans tous les sens et qui, à un fort grossissement,
deviennent verdâtres et transparents II est probable qu'ils se com-
posent de substance pyroxénique (augite) et que la couleur franche-
ment brune des touffes doit être attribuée en partie au verre brun
dans lequel elles gisent, et qui est vraisemblablement interposé aussi
entre les cristallites les plus fins. Il se peut encore, que la teinte
des filaments même soit d'un vert-brunâtre très léger, ce qu'on ne
peut pas constater avec certitude au microscope. Le verre brun pur
n'est altéré que très localement en une matière jaune terne qui,
comme nous le verrons lorsque nous parlerons de la composition
chimique, contient beaucoup d'eau et se comporte vis à vis du
verre comme la palagonite par rapport à la tachylyte. Verre de
meiaphyre.
No. 12. Parties h et c de lafig. 63. Dans une section transversale, faite
radialement à travers les sphères de mélaphyre, et par laquelle on
coupe successivement a, h^ c Qi d dans la même plaque, on remar-
que que de a vers h les touffes de cristallites augmentent en nombre,
se rapprochent les unes des autres et finissent par être si serrées, que
toute la pâte en devient trouble et qu'on ne voit plus nulle part de
verre pur. Une section longitudinale par cette roche (h et c donnent
la même image microscopique) fait voir seulement des olivines por-
phyriques dans le verre dévitrifié ; elles sont en grande partie encore
fraîches, mais une partie cependant en est déjà transformée et devenue
jaune et brune. Les cristallites se sont disposés en forme de peigne
ou de brosse autour de microlithes limpides, en forme d'aiguilles,
qui paraissent appartenir à l'augite; car l'extinction en est parfois
droite, mais le plus souvent oblique, et elles ont une teinte verte
très claire, ainsi qu'on le verra mieux dans la roche suivante. Croûte
de mélaphyre.
N®. 12. Partie d de la fig. 63. Ceci est la roche principale, car la
croûte, a, 6 et c ensemble, a à peine 3 cm. d'épaisseur; c'est seule-
ment dans la croûte que l'on trouve l'olivine à l'état inaltéré; dans
la roche principale toute l'olivine est complètement décomposée. Ici
encore la pâte est un verre dévitrifié par des cristallites, qui contient
de petits pyroxènes, en baguettes, filaments et grains, des grains de
241
rainerai et de longs microlithes de feldspath, en forme d'aiguilles,
auxquels se sont fixés, à la façon d'une brosse, des microlithes encore
plus petits. Ces longs microlithes de plagioclase sont limpides et in-
colores, à extinction oblique, et ils ont une disposition radiale irré-
gulière; entre ces rayons se sont déposés les cristaux de pyroxène
et les cristallites. Quelques pyroxènes sont un peu plus grands, vert
clair, renferment du minerai de fer et appartiennent à l'augite. En
cristaux porphyriques rien que de l'olivine, totalement transformée
en un hydroxyde de fer brun foncé, et qui paraît donc appartenir
à une variété très riche en fer (hyalosidérite). Cette roche a tout-â-
fait le caractère des roches du Kerbau et du Latoua, qui, elles aussi,
ne contiennent plus d'olivine inaltérée. Mélaphyre.
JVo. i2bis de la collection de 1899. La roche n°. 12bis^ recueillie en
1899 à Tandjoung Tapi, est tout-à-fait analogue au n". 12 de 1898.
Les plaques préparées de la croûte vitreuse du n". 12'jis sont iden-
tiques à celles du n". 12, partie a. Elles contiennent, à côté de grands
cristaux d'olivine, de nombreux microlithes incomplets d'olivine, dont
on a représenté deux spécimens dans la fig. 65. En outre, cette roche
renferme quelques plagioclases et augites porphyriques. Les cristalli-
tes s'y sont réunis en partie sous forme de masses sphériques ou
spheroïdales, dans lesquelles les filaments sont groupés plus ou moins
radialement; quelques-uns de ces sphéroïdes contiennent au centre
un cristal de feldspath.
Composition chimique des Amboiiites.
Les analyses chimiques suivantes de diverses Ambonites de Leitimor
et de Hitou, j'en suis redevable à la bienveillance toute spéciale du
Prof. Dr. Cl. Winkler (actuellement décédé), du Prof. Dr. 0. Brunck
à Freiberg en Saxe, et de mon ancien collègue S. J. Vermaes, à
présent professeur à Delft, lesquels ont fait en partie ces analyses
eux-mêmes et ont fait exécuter les autres, sous leur direction, dans
les laboratoires de chimie de l'Académie des mines à Freiberg en Saxe
et de l'Ecole Polytechnique à Delft.
En ce qui concerne la composition des andésites, il importe de
faire observer que certains éléments, notamment le quartz, la cordié-
rite et le grenat, qui sont en partie d'origine étrangère, sont distribués
16
242
dans ces roches d'une manière tellement irrégulière, que non seule-
ment des échantillons différents d'un même gisement, mais parfois
même des parties différentes d'un seul et même échantillon contien-
nent des quantités variables de ces minéraux, et doivent donc néces-
sairement présenter une composition différente. C'est pourquoi, on a
toujours réduit en poudre fine des morceaux volumineux et aussi
frais que possible, et de cette poudre on a pris un échantillon pour
le soumettre à l'analyse.
Quant aux mélaphyres, il faut faire une distinction entre deux
groupes: d'abord ceux de Tandjoung Nousaniwi, Tandjoung Tapi, du
Gounoung Latoua et de la Waï Ela, qui ne renferment ni quartz ni
cordiérite; en second lieu, ceux de la Waï Leleri, à Leitimor, du
Gounoung Kerbau et de la Waï Lawa à Hitou, qui contiennent ces
minéraux en formes très corrodées, lesquelles doivent être considérées
comme des inclusions étrangères, enlevées à du gneiss ou à du granité,
lorsque ces roches ont été percées par le mélaphyre. Ce dernier groupe
est naturellement beaucoup plus acide que les mélaphyres sans quartz,
de sorte que leur teneur en acide silicique peut se rapprocher de
celle de certaines andésites à bronzite. Toutefois, ce mélaphyre se
distingue nettement, dans ce cas, de l'andésite à bronzite, par la
teneur beaucoup plus faible en alumine et la proportion plus forte
de chaux et de magnésie.
La sécrétion de cordiérites dans les andésites à bronzite, qui sans
doute avait lieu partiellement dans le magma lui-même, est une
conséquence d'une sursaturation de ce magma par de l'alumine,
probablement à la suite de la fusion de schiste argileux ou de frag-
ments à cordiérite provenant de roches anciennes (granité ou gneiss),
suivie d'une recristallisation dans le magma de cordiérite avec silli-
manite et pléonaste, par suite d'une modification dans les conditions
chimiques et physiques. Il me semble aussi qu'une partie du grenat,
savoir les cristaux qui ont une forme cristalline franche et qui ne
présentent pas de bord trouble de kélyphite, s'est cristallisée dans
l'intérieur du magma.
24È
N'
\ 164.
N". 191 (a).
N". 191(6)
SiO'
r=
75.62
76.51
78.01
APO^
—
11.50
12.37
12.10
Fe^O^
=r
—
0.48
0.77
FeO
=
1.39
1.58
0.93
MgO
=
0.39
traces
0.20
CaO
=
1.95
0.95
0.70
K^O
—
4.68
4.96
3.66
Na'-O
:=:
3.17
4.21
2.82
H^O
:z^
1.65
1.43
0.65
TiO^ = 0.03
Ti02 = traces
Total
100.35
102.52
99.84
Le n». 164 est la liparite de la cascade Embouang, dans la rivière
Taïsoui, à Hitou ; elle a été analysée par M. D. Funk, premier assis-
tant au laboratoire de l'Académie des mines à Freiberg, en Saxe.
Le n\ 191 est la liparite de la Waï Polang, à Leitimor; (a) a été
analysée par le Prof. S. J. Vermaes, à Delft, et (b) par M. D. Funk
à Freiberg en Saxe.
La composition de ces deux roches est à peu près la même. La
forte teneur en potasse montre qu'on a affaire à des liparites et non
à des dacites, bien que le plagioclase prédomine parmi les cristaux
porphyriques. La comparaison de ces analyses avec celles des anciens
porphyres quartzifères nos. i et 64, données plus haut, fait voir que
les premières roches présentent non seulement une teneur plus forte
en alumine et en chaux, mais surtout en soude; pour le reste, elles
correspondent assez bien. Le morceau du n°. 191 analysé à Delft,
provenant d'une roche très pauvre en biotite, paraît ne pas avoir
contenu de biotite du tout, car on n'y a trouvé que des traces de
magnésie.
N". 16. Andésite à bronzite^ du flanc ouest du mont Touna, à Hitou ;
enlevée à de gros blocs dans la petite rivière Tamboro, à 369 m.
d'altitude. Renferme de la cordiérite avec inclusions de sillimanite
et de pléonaste, du grenat, ainsi qu'un peu de quartz. Quelques
244
échantillons contiennent de gros cristaux de quartz, longs de 20 mm,
mais ces morceaux là n'ont pas été choisis pour l'analyse.
Poids spécifique = 2.524.
SiO^ = 60.94.
APO^ = 17.80.
FeO = 5.20 (et Fe^O^).
MgO = 2.33.
CaO = 3.35.
K^O = 4.88 (2.46).
Na'-O = 1.29 (2.77).
H^O = 3.21.
Total . . . = 99.00.
Analysée par M. Ernst Curt Sieber de Schneeberg, en Saxe.
La teneur en potasse (4.88) m'a paru trop élevée, car, d'après l'ana-
lyse microscopique, il n'existait pas de sanidine dans la roche, ou
du moins il n'y en avait que fort peu. Aussi, une nouvelle analyse,
faite par M. F. A. Unger, caiididat-ingénieur des mines à Delft, a-t-
elle donné K' O = 2.46, Na^ O = 2.77, chiffres dont on a fait usage
dans le calcul ci-dessous.
Il importe d'examiner si nous avons encore affaire ici à un magma
sursaturé d'alumine, ainsi qu'on l'a déjà fait voir pour diverses an-
désites contenant de la cordiérite.
Dans le mémoire trrs remartiuable de Jozef Morozewicz, Experi-
mentelle Untersuchungen uher die Bildung der Minérale im Magma
(Tschermak's Mineralogische und Petrographische Mittheilungen, XVIII
1899, S. 1—90 und 105—240) l'auteur donne, à la page 69, trois
analyses de roches à cordiérite qui sont en même temps riches en
acide silicique et qui, d'après les rapports moléculaires de K' -f-
Na'0-i-CaO, MgO, AP-O-^ et Si O^, sont toutes les trois sursaturées
d'alumine relativement aux bases de silicate d'alumine. Un calcul
analogue, fait pour notre roche n". 16, fait voir qu'elle fait tout-à-fait
partie du même groupe. Je réunis ici les quatre analyses.
245
Fe'0=
I
II
III
IV
SiO^
1= 60.14
64.54
63.75
60.94
TiO^
:=
0.79
—
—
Al'O^
= 18.10
19.16
17.62
17.80
FeO
= 6.80
7.28
6.26
5.20
CaO
— 5.80
2.47
2.50
3.35
MgO
= 5.15
3.89
3.41
2.33
K^O
= 1.18
1.13
2.40
2.46
Na^O
= 2.89
0.57
1.75
2.77
H^O
:= —
2.25
2.77
3.21
Total. . 99.56 101.53 100.46 98.06
I est un produit artificiel de fusion, où .s'est séparé delacordié-
rite (MoRozEWicz).
II est une vitrophyrite à cordierite de l'Afrique du Sud, d'après
MoLENGRAAFF (Neues Jahrb. f. Min. 1894 1, p. 79).
m est une andésite à mica, à cordierite et riche en verre, de la
colline Hoyazo (Cabo de Gâta), d'après Osann. (Zeitschr. d. d.
geol. Gesellschaft XIv, 1888, S. 701).
IV est notre andésite à bronzite n°. 16 du mont Touna à Ambon,
renfermant de la cordierite et du grenat (les alcalis, d'après
M. Unger).
Les rapports moléculaires de ces roches sont:
KK) H- Na'O 4- CaO : MgO
I . . . . 0.87 : 0.72
II ... . 0.35 : 0.45
m . , . . 0.57 : 0.49
IV ... . 0.75 (^) : 0.33
On voit donc, que dans ces quatre roches le magma était
sursaturé d'alumine par rapport aux bases de silicate d'alumine. Dans
un tel magma il se peut que, dans diverses circonstances, dépendant
APO^rSiO
1 :5.62(')
1 : 5.70(0
1 :6.12('^
1 : 5,80
(1) Les chiffres trouvés pour I, II et 111 présentent de légers écarts avec ceux donnés
par MoROZEAvicz, probablement parce que, en reprenant les calculs, j'aurai fait usage de
poids atomiques un peu différents. Je me suis servi de ceux admis par F. W. Clarke
(The constants of nature, Part V, 1897).
(2) Quand on se sert des quantités d'alcali trouvées par M. Sieber, ce chifïre se
change en 0.76.
246
principalement des proportions relatives de MgO et de SiO- données
par MoRozEWicz, il cristallise un ou plusieurs des minéraux : spinelle
(pléonaste) ( j ^Iq, APO^) , sillimanite (APO^ SiO^), et, en présence
de MgO, FeO et beaucoup d'acide silicique, aussi de la cordiérite
(2R0, Si02-}-2R20^ 3 SiO^ où R = Mg, avec plus ou moins de Fe).
No. 21. Roche vitreuse et brecheuse, ressemblant à de l'obsidienne;
tuf vitreux silicifié ou sable vitreux d'andésites, de la Waï Loula,
côte nord de Hitou. Poids spéc. z^ 2.296.
Acide silicique . . . . z= 75.84
Oxyde d'aluminium . . := 9.96
Oxyde de fer = 0.49
Oxydule de fer . . . . = 1.71
Oxyde de calcium . . := 1.11
Oxyde de magnésium . . = 0.18
Oxyde de potassium . . =r 2.26
Oxyde de sodium . . . =: 1.82
Eau = 5.36
Total . ,
été faite par le Prof
= 98.73
Dr. Otto Brunck, à Freiberg
L'analyse
en Saxe.
N". 101. Melaphyre de la côte de Leitimor, au nord-est du cap
Nousaniwi. Séparée en formes sphériques et présentant des croûtes de
verre, que l'on enleva avec soin avant de pulvériser l'échantillon.
Poids spécif. =: 2.404.
Acide silicique .... = 47.03
Oxyde d'aluminium . . := 16.10
Oxyde de fer = 5.55
Oxydule de fer . . . . = 3.03
Oxyde de calcium . . . =z 9.60
Oxyde de magnésium . = 7.08
Oxyde de potassium . . = 0.98
Oxyde de sodium . . . = 3.79
Eau = 7.16
Total . . . — 100.32
Analysé par M. Franz Jaronski, de Kielce en Russie. La teneur en
eau doit être mise sur le compte de la serpentine et de la chlorite
de cette roche.
247
N**. 102. Croûte vitreuse foncée du melaphyre
n". 101.
Poids spécif. =
2.642
Acide silicique . . .
. =
50.18
Acide titanique . . .
:=
1.53
Oxyde d'aluminium .
=
16.19
Oxydule de fer . . .
. =
8.47
Oxyde de calcium . .
zn
10.56
Oxyde de magnésium
=:
7.41
Oxyde de potassium .
. =
0.59
Oxyde de sodium . .
. =
2.43
Chlorure de sodium .
. =:
0.08
Acide sulfurique. . .
=
0.17
Eau .
Total . .
. —
2.60
—
100.21
Analysée par M. Theodor Doring, Assistent-Hûtteningenieur à
Freiberg.
Cette croûte vitreuse a donc, en général, la même composition que le
melaphyre n**. 101 ; elle est seulement un peu phis acide et contient
beaucoup moins d'eau, parce que les minéraux du verre sont encore
très frais.
N°. 102*. Produit de décomposition jaune du verre n". 102.
Poids spécif. = 2.258.
Acide silicique . . . . = 40.00
Acide titanique . . . . = 1.65
Oxyde d'aluminium . z=z 15.53
Oxyde de fer ^= 3.54
Oxydule de fer .... = 1.27
Oxyde de calcium . . . — 7.76
Oxyde de magnésium. . = 0.58
Oxyde de potassium . . = 3.39
Oxyde de sodium . . . = 3.97
Acide carbonique . . = 3.37
Eau = 19.44
Total
= 100.50
tie par l'acide chlorhydrique.
Analysé par M. Theodor Doring, Assistent-Hûtteningenieur à Freiberg.
La matière se décompose en grande par
248
N*^. 103. Melaphyre de Tandjoung Nousaniwi, couche supérieure,
ns croûtes vitreuses.
Poids spécif. = 2.576
Acide silicique . . .
z=:
48.48
Oxyde d'aluminium
—
15.68
Oxyde de fer . . . .
=
4.13
Oxydule de fer . . .
z^.
3.29
Oxyde de calcium . . .
zzz
11.00
Oxyde de magnésium.
:=
7.17
Oxyde de potassium .
. =1
0.63
Oxyde de sodium . .
ZZIZ.
3.55
Eau .
=
6.05
Total . .
—
99.98
Analysé par M. Johann Sigismund von Winarski, à Jekaterinoslaw,
en Russie.
La composition ne diffère que fort peu de celle du melaphyre n*^ 101.
Ici encore la teneur en eau doit être attribuée en grande partie aux
produits de décomposition de l'olivine et du pyroxène.
N°. 108d. Melaphyre du Gounoung Kërbau, à Hitou, avec quartz et
cordiérite fondus dans la roche et provenant de roches plus anciennes.
Poids spécif. =
- 2.596
Acide silicique . . .
. =
59.01 (')
Oxyde d'aluminium
zzz
12.93
Oxyde de fer . . .
=:
■ 2.77
Oxydule de fer . .
. =
6.36
Oxyde de calcium .
=^
6.32
Oxyde de magnésium
=::
4.78
Oxyde de potassium
. . =
2.50
Oxyde de sodium .
. ~
0.92
Acide phosphorique
=
traces
Eau
. . =
4.48
Total . . . = 100.07
Analysé par M. Iwan Balbareff de Tatar-Baurtschi, en Bessarabie.
Bien que par suite de la fusion de fragments acides dans la
masse, la teneur de la roche en acide silicique soit à peu près
(1) Dans un autre échantillon, la teneur en acide silicique était de 59.88 pet., d'après
la détermination du Dr. P. H. van der Meulen, assistant à l'Ecole polytechnique de Delft.
249
aussi forte que celle de l'andésite k bronzite n". 16 du Touna, nous
avons néanmoins affaire à une tout autre roche. C'est ce que montre
la proportion bien plus faible d'alumine et la teneur beaucoup plus
forte en chaux et en magnésie; ce qui a pour conséquence que les
rapports moléculaires K^O + Na^O + CaO: MgO : AP O' : SiO^ sont
tout à fait différents de ceux de la roche n°, 16. En effet, nous trouvons
ici 1.22 : 0.94 : 1 : 7.73, de sorte que le magma n'est pas sursaturé
d'alumine par rapport aux bases de silicate d'alumine. Il ne pouvait
donc cristalliser, dans ce magm.a, ni cordiérite, ni sillimanite, ni spi-
nelle (pléonaste). La cordiérite, qui existe dans la roche, appartient
exclusivement à des fragments plus anciens, d'origine étrangère; et
il en est de même du quartz.
N°. 125. Mélaphyre du contrefort méridional du Gounoung Latoua,
à 809 m. d'altitude.
Si 0^:= 50.81 pet.
Détermination du Dr. P. H. van der Meulen, assistant à l'Ecole
polytechnique de Delft.
N°. 218. Mélaphyre en gros blocs à la côte nord de Hitou, à 185 m.
à l'est de la petite rivic're Waoulou.
Si 02 — 50.32 pet.
Détermination du Prof. S, J. Vermaes, à Delft.
N'*. 69. Liparite de la rivière Taïsoui, sur la route de Waë au
Salahoutou. Deux échantillons de cette roche ont été analysés au
point de vue de leur teneur en acide silicique.
Si 0^=74.15 pet. d'après le Prof. S. J. Vermaes à Delft.
Si 0^ = 73.58 pet., après dessiccation à 110° C, d'après le Dr. F.
Beijerinck à la. Haye.
IV. Dépôts tertiaires supérieurs et quaternaires.
Sur la carte n". I, on peut voir la répartition des jeunes sédiments
à Hitou. Ils forment une grande partie de la surface de l'île, et recou-
vrent et environnent toutes les autres formations, à l'exception de
l'alluvium. La limite avec les Invches et conglomérats éruptifs, qui
par altération ressemblent souvent fort à de jeunes sédiments, n'a
pu être indiquée qu'imparfaitement à cause de la végétation épaisse
250
et des dénudations rares ; elle ne pourrait être déterminée exactement
que par une exploration détaillée, faite avec beaucoup de soin.
La hauteur à laquelle arrivent ces sédiments est très considérable
à Hitou, et peut être évaluée à plus de 500 m.; en quelques points
elle est plus grande, en d'autres moins grande, car le soulèvement
s'est produit d'une manière irrégulière. Les parties supérieures du Touna
(875 m.), du Walawaà (815 m.) et du Loumou loumou (748 à 782 m.),
nous ne les rangeons plus parmi les sédiments, mais nous les consi-
dérons comme des projections incohérentes, altérées, d'un ancien point
d'éruption. A Hitou, le calcaire corallien n'atteint pas l'altitude de
500 m., mais il s'en rapproche cependant; dans la partie occidentale,
le calcaire jeune arrive jusqu'à 423 m., dans la partie orientale,
jusqu'à 465 m. d'altitude. Le long de la côte, entre Asiloulou et Saïd,
on trouve du calcaire jusqu'à 10 m. d'altitude; entre Saïd et Hila,
à 90 m.; à Alang, dans la rivière Alang lama, à 42 m. et au-dessus
de Hatou, en deux couches, respectivement de 180 à 135 et de 202
à 225 m. Dans la couche supérieure existe la grotte oLiang liawat».
Dans le sentier qui conduit à la roche -Batou douwa", la couche
inférieure n'atteint qu'une altitude de 89 m., ce qui indique un
écart de la position horizontale.
Toute la partie centrale de Hitou consiste en matériaux incohérents
et en calcaire corallien, entre lesquels la roche éruptive n'apparaît
que dans le lit des rivières et en quelques autres points encore. Le
mélaphyre du Kerbau se recouvre aussi de matériaux meubles jusqu'à
414 m. du côté nord-nord-ouest ; une partie de ces matériaux a glissé
jusqu'en bas lors du tremblement de terre de 1898.
Le plus haut point de cette portion moyenne est le Gounoung
Damar, à 469 m. d'altitude, sur la route de Hatiwi besar à Hila.
A proximité de ce point, le calcaire corallien forme deux couches,
entre 410 et 423 m. d'altitude, séparées par des brèches d'une roche
vitreuse ; une troisième couche est située dans le même sentier, mais
plus au sud, à l'altitude de 176 à 180 m., tandis que près de la côte
du nord le calcaire corallien ne se rencontre pas à plus de 90 m.
au-dessus du niveau de la mer.
La position des couches sur la route de Roumah tiga à Hitou lama
mérite une description spéciale. Cette route est représentée dans la
251
tig. 8 A, annexe II, à l'échelle 1 : 20000, d'après notre nouveau relève-
ment. La fig. 8 B donne un profil de cette route suivant la ligne
nord-sud; les distances et les altitudes sont à la même échelle
1 : 20000, tandis que dans le profil fig. 8 C les hauteurs ont été
agrandies 4 fois relativement aux longueurs, afin de mieux faire
ressortir les difi'érences d'altitude. Enfin, la fig. 8 D donne une section
transversale des couches à proximité de la rivière Maspaït, dans la
petite cime située au sud du passage de ce cours d'eau, que quelques-
uns nomment G. Maspaït et qui atteint 217 m. d'altitude.
En arrière de la plaine alluviale de Roumah tiga, large de 1200 m.,
la route monte immédiatement, en pente raide, sur des brèches in-
cohérentes, du sable avec enclaves de fragments d'andésite; cette
montée a lieu en terrasses, mais celles-ci ne sont ni aussi belles
ni aussi bien limitées qu'en arrière d'Ambon. La première couche
de calcaire corallien atteint l'altitude de 56 à 60 m.; à 85 m. on
rencontre des blocs d'une brèche compacte de roche vitreuse; de
119 à 136 m. vient une deuxième couche de calcaire, épaisse;
de 156 à 168 m. la troisième couche calcaire. La route monte à
présent très légèrement, sur du gravier de matériaux éruptifs, et
arrive à une terrasse faiblement inclinée jusqu'à 180 m. d'altitude.
En cet endroit commence une marne calcaire, tendre, argileuse,
blanche par altération, qui continue jusqu'à l'altitude de 207 m. et
se recouvre ensuite, jusqu'à la cime du monticule Maspaït (217 m.),
de calcaire corallien ordinaire, compacte et dur.
En descendant vers la rivière Maspaït, on reste sur ce calcaire
corallien jusqu'à 187 m.; plus bas, il fait place au calcaire marneux
tendre, qui affleure aussi dans le lit de la rivière Maspaït, à 158 m.
d'altitude. La roche s'est déposée en couches peu distinctes, dont
Dr=355°, 1 = 9 à 12° vers l'ouest; elle contient beaucoup de gravier
ainsi que des fragments d'une andésite riche en verre (n". 45), que
nous avons décrite plus haut, et on peut la suivre, tant en aval
qu'en amont du pont jeté sur la rivière, dans le lit de celle-ci A la
montée sur la rive droite, on reste sur le calcaire tendre jusqu'à
189 m. d'altitude; au-delà, il ne se recouvre pas de calcaire corallien,
mais d'argile rouge avec de petits fragments de roche éruptive; et
c'est seulement à l'altitude de 227 à 233 m. qu'on observe de nouveau
252
du calcaire corallien rcpudant sur Targile brune; c'est en même temps
le dernier calcaire situé de ce côté de la ligne de faîte. C'est pro-
bablement la même couche que celle du mamelon Maspaït, qui a
été enlevée partiellement par la rivière Maspaït; cette couche aurait
ainsi une inclinaison très faible de 0° 50' vers le sud (voir fig. 8 C).
Jusqu'à la ligne de faîte, qui se trouve à 283 m. d'altitude, et qui
se nomme G. Tanah Tjoupak ou Pohon pisang, on ne voit sur la
route que de l'argile brun rouge, parfois avec un petit morceau
de roche vitreuse. A la descente vers la côte nord, on passe par la
petite cime Helat (264 m); puis on descend rapidement jusqu'à
230 m. et l'on arrive à une terrasse, qui a une pente légère vers le
nord et se prolonge jusqu'à 210 m. A 195 m., on rencontre de
nouveau des blocs de la roche vitreuse et brécheuse (n^'. 48), décrite
plus haut, à laquelle succède la couche de calcaire corallien la plus
haute, de 169 à 142 m., divisée en 5 parties, entre lesquelles apparaît
de l'argile brune, par suite de l'altération et de l'affouillement du
calcaire, qui peut d'ailleurs s'être déposé sur une surface inégale.
L'inclinaison de cette couche est de 2° 86' au nord; elle est exacte-
ment de même grandeur que la pente de la terrasse, de 230 à 210 m.,
dont il vient d'être question (voir fig. 8 C'), ce qui indique bien un
soulèvement du terrain. En dessous de cette première couche calcaire,
depuis 141 jusqu'à 54 m., vient une couche très épaisse, ou plutôt une
série de couches calcaires, alternant avec des débris de coraux en branches
et de coquilles, et un peu de sable de roches éruptives ; puis vient la 3e,
de 42 à 38 m. ; la 4e, depuis 31 jusqu'à 26 m. et enfin la 5^ couche de cal-
caire corallien, depuis 17 jusqu'à 9 m. Ces couches sont séparées par de
l'argile brune et du gravier quaternaires, auxquels on ne peut reconnaître
aucune inclinaison. Là commence la plaine alluviale de Hitou lama.
On peut donc constater ici, du côté nord de la ligne de faîte, une
inclinaison des couches supérieures de 2V2° environ dans une direc-
tion sud-nord; du côté sud, le redressement est plus faible, et n'atteint
pas même 1°.
Comme le calcaire corallien du monticule Maspaït occupe ainsi
une position sensiblement horizontale, et que par contre le calcaire
marneux, tendre, sous jacent présente une inclinaison de 9 à 12° vers
l'ouest, la première roche repose en stratification discordante sur la
253
seconde; nous avons peut-être affaire ici de nouveau à du calcaire
pliocène recouvert de calcaire quaternaire, distinction que nous avons
pu faire aussi à I^eitimor. S'il en était ainsi, le calcaire quaternaire
s'élèverait, à ïiitou, jusqu'à 233 m.; les terrasses quaternaires, du
côté du nord, aussi jusqu'à 230 m., tandis qu'à Leitinior l'altitude
de ces dernières ne dépasse pas le plus souvent 170 m. ; cependant,
en arrière de Jjata, elles montent jusqu'à 211 m. Ces dififérences sont
si faibles qu'on peut les expliquer aisément par une diâérence dans
le degré de soulèvement et une différence d'inclinaison des dépôts,
qui ne sont pas parfaitement horizontaux.
Lors du tremblement de terre de janvier 1898, il s'était produit,
dans la paroi abrupte quaternaire au sud-est de Wakal, un grand
éboulement qui permit de bien observer la composition de ce mur.
La fig. 37 de l'annexe IV donne une représentation de cet éboule-
ment. La partie supérieure k h consistait, pour les 10 à 15 m. les
plus élevés, en une couche massive de calcaire corallien, correspon-
dant à la couche supérieure au-dessus de Hitou lama, sur la route
de Roumah tiga (de 169 jusqu'à 142 m.); la partie supérieure de
l'éboulement est à 166 m. d'altitude. Sous cette couche calcaire
viennent des couches alternatives de gravier, principalement des débris
de branches de corail et de coquilles, entremêlées d'un peu de sable
et de gravier plus grossier de roches éruptives; ces couches doivent
correspondre à celles qui existent au-dessus de Hitou depuis 141
jusqu'à 54 m. d'altitude, que nous avons décrites ci-dessus, et qui se
composent aussi de couches alternatives de calcaire et de débris de
calcaire. Le mur escarpé, haut de 46.5 m., s'est éboulé et a recou-
vert d'une avalanche de pierres le versant de la montagne, de h en
(X, depuis 119 5 jusqu'à 63.7 m. De gros blocs calcaires forment, avec
des fragments d'une brèche de coraux en branches et de coquilles,
la masse principale des décombres. Entre cet éboulis et la côte, il
y a de nouveau des brèches de coraux et aussi des couches com-
pactes de calcaire; le long de la côte existe une bande étroite d'alluvium.
Nous continuons maintenant notre route vers l'est, et nous ren-
controns le premier calcaire corallien des hauteurs sur le sommet
du G. Eri, à l'altitude de 438 à 465 m. ; ce sont peut-être deux
couches calcaires voisines, séparées par des brèches, ce dont on ne
254
pouvait s'assurer à cause d'un éboulis de blocs de calcaire et par
la végétation. Une deuxième couche se trouve plus bas, de 218 à
222 m. d'altitude. Il est tout naturel d'admettre que ces deux couches
sont les mêmes que les 2 couches de calcaire du sentier de Batou
loubang à Hila, qui se trouvent respectivement aux altitudes de
176 à 180 m. et de 410 à 423 m. Si l'on considère les dernières
comme le versant gauche, et les premières comme le versant droit
d'un pli synclinal (fig. 62), il suffit d'une inclinaison très faible
pour mettre les deux couches calcaires supérieures en rapport
avec la couche la plus haute, qui affleure à 233 m. (au nord de la
Waï Maspaït), sur la route de Roumah tiga à Hitou lama. J'ai
calculé qu'une inclinaison de 1° 53' du G. Damar au calcaire de
233 m., et de 2° 7' depuis ce calcaire jusqu'au G. Eri, est suffisante.
Ces valeurs sont si faibles, et une légère inflexion des dépôts, en
forme de bassin, est, d'après la configuration du terrain, si vraisem-
blable, que je n'hésite pas à considérer ces divers calcaires comme
appartenant à une seule et même couche. Une grande partie de
cette couche a été enlevée dans la suite des siècles; on en trouvera
peut-être encore d'autres parties que celles qui sont indiquées sur
notre carte, quand le terrain sera relevé et exploré géologiquement
dans tous ses détails. La couche calcaire située plus bas, de 176 à
180 m., au-dessus de Batou loubang et de 218 à 222 m., adossée au
G. Eri, peut correspondre à l'une des trois couches plus basses situées
au-dessus de Roumah tiga; on ne sait pas au juste avec laquelle,
car les deux autres manquent aux versants droit et gauche. Si l'on
admet qu'elle correspond à la couche calcaire la plus basse, qui,
au nord de Roumah tiga, se trouve à 60 m. d'altitude, la pente devient
1° 7' au versant ouest et 1'' 12' au versant est, valeurs moindres,
comme on voit, pour cette jeune couche que pour la couche plus
âgée située plus haut. Nous avons observé la même chose à Leitimor,
et il en doit-être ainsi, si notre théorie des soulèvements périodiques
est exacte. Les chiffi-es donnés pour les inclinaisons des couches sont
naturellement approximatifs, puisqu'il a été admis que l'érosion a
été également active en divers points de la même couche; une
hypothèse qui ne peut pas s'écarter beaucoup de la réalité, mais
qui toutefois peut ne pas être tout-à-fait exacte. On doit se rappeler
255
aussi que dans la partie la plus basse du pli, qui coïncide sen-
siblement avec la route de Roumah tiga à Hitou lama, les couches
ne sont pas complètement horizontales, mais qu'elles forment un
pli anticlinal fort peu prononcé, ainsi qu'on l'a vu plus haut.
Le long de la côte du nord -est il n'apparaît que fort peu de cal-
caire corallien; à Tandjoung Morela, il y a une couche calcaire
reposant sur des brèches, à peu près de 90 à 100 ra. d'altitude; à
la côte même on trouve çà et là un peu de calcaire, entre autres à
Tandjoung Hatou memanou et à Tandjoung Moki.
A partir de Roumah tiga, en allant vers l'est, on rencontre, en
arrière de la plaine alluviale, le plus souvent immédiatement du
calcaire corallien, qui parfois arrive jusqu'à la mer, p. ex. entre les
petites rivières Gourou gourou këtjil et Gourou gourou besar, où le
sentier fort inégal monte jusqu'à l'altitude de 35 m. sur du calcaire ;
plus loin, à Dourian patah (13 à 17 m. d'altitude); à l'ouest de
Souli, où la route s'étend sur une le terrasse, formée par la surface
de la couche calcaire la plus basse (23 m. d'altitude); enfin, à
l'ouest de Tial, où la route monte sur du calcaire jusqu'à 30 m., et
à Tandjoung Tial, où le calcaire corallien descend dans la mer par
un mur escarpé, de 5 m. de hauteur.
A Tëngah tëngah, on trouve des parois abruptes de conglomérats
d'andébite à bronzite, et là-dessus diverses bordures de calcaire qui,
plus au nord, arrivent à la côte. Le rocher «Batou anjout>', où jaillit
une source thermale, consiste aussi en conglomérats et non en calcaire.
Les deux pointes, dans lesquelles Hitou se termine à l'est, se com-
posent tout-à-fait de jeunes sédiments, conglomérats et brèches, ainsi
qu'un gravier fin d'andésites avec de nombreuses bordures de corail,
dont quelques-unes, vues de la mer, se reconnaissent distinctement
comme des terrasses; elles ont d'ailleurs été observées déjà par diffé-
rents voyageurs, entre autres par Forbes et Semon.
Dans le monticule situé au sud-est de Liang, à proximité du cap
Batou item, on peut reconnaître 5 bordures différentes de corail,
depuis l'altitude de 50 m. jusqu'au sommet, qui s'élève jusqu'à 213 m.;
et au-dessous de 50 m. on peut en observer encore quelques-unes,
mais le nombre en est variable, car elles sont séparées par des cou-
ches de brèches et de conglomérats d'épaisseur inégale et se réunissent
256
de temps en temps. Les contreforts du Gounoung Lapiarouma (511 m.)
présentent aussi des bordures de corail jusqu'à 160 m. d'altitude
environ et des brèches incohérentes à peu près jusqu'à 250 m. Si
l'on observe de la mer cet angle nord-est de Hitou, c.-à-d. du nord-
ouest, la structure en forme de terrasses saute immédiatement aux
yeux, ainsi qu'on peut le voir à la fig. 51 de l'annexe IV, où 4 degrés
sont nettement reconnaissables.
A l'angle sud est de Hitou sont situées les deux montagnes cal-
caires Eri wakang (263 m.) et Houwé (348 m.), avec la cime avancée
Paoung au sud-est. Elles sont représentées dans la fig. 52 de l'an-
nexe IV. Entre l'Eri wakang et le Houwé passe le sentier qui con-
duit de Souli à Toulehou, et qui, au point le plus haut, n'atteint
que 77 m. d'altitude. On peut distinguer ici 7 couches calcaires, al-
ternant avec des conglomérats de blocs éruptifs; les sommets des
deux montagnes se composent entièrement de calcaire.
En ce qui concerne la position de ces couches, je n'ai pu obtenir
des données suffisantes; le tout paraît être horizontal. Néanmoins,
je considère comme probable que les couches de l'Eri wakang et du
Houwé, ainsi que celles du Lapiaroiuna et du cap Batou item forment
de faibles plis synclinaux; qu'elles tournent donc leurs têtes vers la
mer; et, qu'à la côte est de Hitou il existe une faille, tout comme à la
côte orientale de Leitimor, à Touwi sapo. Cependant il faudrait des
mesures et des explorations faites avec beaucoup de soin pour l'éta-
blir avec certitude.
Les îles près d'Asiloulou, Ela, Hatala et Laïn, consistent en pro-
duits quaternaires, principalement en calcaire corallien; néanmoins,
du côté de l'est, il y a aussi çà et là des conglomérats et des brèches
de roches éruptives. Poulou Pombo, à hi côte orientale, est un banc
de sable qui s'élève peu au-dessus de la mer; mais au-dessous de
lui il y a probablement du calcaire corallien ou de la brèche, à une
faible profondeur.
La composition des dépôts pliocènes et quaternaires à Hitou est
tout-à-fait la même qu'à Leitimor; la roche prédominante est formée
par des conglomérats, des brèches et du gravier incohérent d'andé-
sites et de mélaphyres, renfermant aussi çà et là des fragments de
granité, de diabase et de péridotite, là où ces roches existent à proxi-
û6i
mité. Il vient s'y joindre des calcaires, en partie tendres, marneux:,
avec fragments d'andésite, en partie des calcaires durs, parfois du
vrai calcaire corallien, et d'autres fois, plutôt du calcaire à fora-
minifères ; ces calcaires renferment aussi des fragments et du gravier
de roches éruptives.
Nous avons déjà traité plus haut de la direction et de Vinclinaison
des couches; bien que les brèches et les calcaires ne se soient jamais
nettement déposés en couches, et donnent d'ordinaire l'impression
d'être en position horizontale, il faut cependant considérer comme
probable qu'ils présentent ici aussi une inclinaison de quelques degrés.
Ce n'est que localement, et sur une étendue fort restreinte, que l'in-
génieur KoPERBERG a pu obscrvcr une stratification évidente et une
inclinaison relativement forte, notamment dans des grès tendres très
fissiles (n". 117) de la Waï Hatou, où D = 43° et 1 = 37° au sud-
est; ces grès alternent avec des couches de brèches (n". 118), ren-
fermant des fragments de verre andésitique (n". 119) ; viennent ensuite,
en stratification concordante, des couches brécheuses plus dures à
ciment arénacé. Ces couches n'apparaissent que sur une distance de
3 m.; la forte inclinaison pourrait bien être ici la conséquence d'un
affaissement ou d'un glissement local.
J'ai constaté moi-même, en 1899, une inclinaison dans les conglo-
mérats quaternaires de la Waï Loï. A ^/^ km. de Kaïtetou la vallée,
large de 200 m., se rétrécit et des deux côtés apparaissent des terrasses
qui, bien que coupées à peu près horizontalement vers le haut, se
composent cependant de couches inclinées de cailloux roulés, alter-
nant avec du gravier fin. Elles ont une inclinaison de 23° vers le
nord; et plus au nord, il vient s'y rattacher des dépôts de cailloux
roulés plus jeunes et sensiblement horizontaux. Les terrasses incli-
nées, qui contiennent des fragments roulés des andésites nos. 195 et
19c, décrites plus haut, sont évidemment des dépôts de l'ancien delta
de la Waï Loï, qui ne doivent pas leur inclinaison à un soulèvement
ultérieur, mais qui ont été formés là à proximité de l'embouchure
de la rivière. D'après le levé, la hauteur de la terrasse à la rive
gauche de la Waï Loï est de 12.86 m.; cette terrasse est représentée
fig. 39 de l'annexe IV.
A 3^4 kna. de Kaïtetou, là où apparaît le porphyre quartzifère
17
2Ô8
n". 19/i, on peut voir à la position de petits bancs de cailloux roulés,
aux troncs d'arbres et aux branches des bords escarpés de la rivière,
que ce cours d'eau, large à peu près de 10 m., monte encore à présent,
à l'époque des pluies, de 5 à 6 m. au-dessus du niveau ordinaire
(voir fig. 40 de l'annexe IV). Mais, dans la période actuelle, l'eau
ne s'élève plus jusqu'à la face supérieure des terrasses quater-
naires (13 m.).
Uépaisseur de la formation est partout dififérente et il est difficile
de l'indiquer exactement, car le noyau des montagnes se compose
d'autres roches, autour desquelles s'est déposée une croûte de
matériaux incohérents, non en une seule fois, mais successivement,
en même temps que le fond de la mer se soulevait lentement et
périodiquement. Au centre de Hitou, p. ex., on trouve des matériaux
meubles depuis la côte jusqu'au point le plus élevé (283 m.). Mais
en deux points apparaît, sous l'argile rouge, une roche de verre
brécheuse, et il est fort bien possible que cette roche existe, à une
faible profondeur, à l'état de roche massive, en quel cas l'épaisseur
des dépôts meubles serait naturellement bien inférieure à 283 m.
Au G. Touna, on trouve des brèches jusqu'à plus de 400 m. d'altitude;
et au G. Eri, des brèches et du calcaire corallien jusqu'à 465 m.
Mais ici encore on est dans l'incertitude, si on doit considérer ces
brèches entièrement comme sédimentaires ou bien en partie comme
éruptives. Toutefois, les brèches de la pointe sud-est, à Tengah
tëngah, semblent appartenir en majeure partie aux dépôts sédimen-
taires, et l'épaisseur des dépôts du G. Houwé paraît donc atteindre
au moins 350 m. Une épaisseur de 400 m., en quelques endroits,
me paraît être le maximum pour ce terraifi.
Description de quelques roches.
Les nos. 217 et 218 ont déjà été décrits plus haut. Le premier est
un calcaire dolomitique avec fragments et gravier fin d'une roche
vitreuse à cordiérite ; le second est un mélaphyre, probablement enlevé
par les eaux à des brèches; les deux roches proviennent du même
gisement, à proximité de la côte du nord, à 185 m. à l'est de la
rivière Waoulou.
N*'. 13. Fragment d'une brèche, du pied septentrional du Touna,
259
à 24 m. d'altitude et à 1 km. environ de Saïd. Roche gris-brunâtré,
à éclat vitreux faible, avec des fragments de cordiérite. A la loupe,
on voit que la roche est brécheuse, car il y a des particules diverse-
ment colorées, et que çà et là elle présente des cavités irrégulières
qui la rendent poreuse. Au microscope, on reconnaît en effet une
brèche fine, consistant essentiellement en petits morceaux de verre
andésitique, clairs ou troubles, avec ou sans microlithes, en éclats
de quartz, cordiérite, grenat, biotite, minerai et pyrite. Il s'y trouve
aussi des fragments d'andésite, avec bronzite, plagioclase et une base
vitreuse avec microlithes. Entre ces morceaux de verre, on observe
non seulement une masse limpide de calcédoine, mais encore des
particules calcaires troubles, gris-brunâtre, qui présentent des sections
de globigérines et de radiolaires. Quelques globigérines atteignent
un diamètre de 0.7 mm. Les fragments de calcaire font voir qu'on
a affaire à une brèche sédimentaire ordinaire, qui contient beaucoup
de matériaux riches en verre, un sable vitreux Brèche de roche
vitreuse et de calcaire.
W. 139. Fragment de la brèche qui forme les bords verticaux de
la rivière Lariké. Les fragments sont grisâtre clair, vitreux et gisent
dans une pâte fine, non altérée, des mêmes matériaux. N'a pas été
poli. Brèche d^ andésites riches en verre.
Nos. 117, 118 et 119. Ce sont là les couches inclinées de grès gris-
jaunâtre tendre, tuffeux (n°. 117) et de brèche fine (n^. 118) de la
Waï Hatou, près de Hatou, dont il a déjà été question plusieurs fois. Les
gros fragments (n». 119) consistent en une roche vitreuse à cordiérite
et ont déjà été décrits ci-dessus. Les nos. 117 et 118 sont trop friables
pour en faire des préparations; ils consistent en un sable fin du
n°. 119 et ne font pas effervescence avec les acides. Grès et brèches
de matériaux de verre andésitique.
N". 111. Argile ou argilolite tendre, gris-clair, du lit de la Waï
Lawa, à 4 km. environ de Tawiri et originaire probablement d'une
diabase altérée qui affleure plus haut dans la vallée, fort décomposée
et pyritifère. L'épaisseur de cette argile non stratifiée est insignifiante.
Argilolite.
Nos. 46 et 47. Calcaire de teintes gris-clair, du lit de la rivière
Maspaït, enlevé à deux couches différentes en amont du pont, sur
260
la route de Roumah tiga à Hitou lama, à 158 m. d'altitude. Appa-
raît en couches inclinées qui ont une inclinaison vers l'ouest. Ces
couches enclavent des fragments de la roche n". 45, que nous avons
décrite plus haut comme une andésite quartzifère à mica, riche en
verre et avec cordiérite. Le n". 46 est plus tendre et plus argileux
que le n". 47 ; tous les deux d'ailleurs se transforment, par altération,
en une argile blanche, gluante. Au microscope, le n*. 46 offre une
pâte trouble, consistant essentiellement en particules fines de calcite
et qui renferme des foraminifères, principalement des globigérines ;
puis, des radiolaires et des spicules d'épongés. Le n\ 47 renferme les
mêmes fossiles et quelques morceaux de verre, des lamelles de mica,
ainsi que de petits fragments de feldspath, de quartz et de pyroxène.
Calcaire, avec débris de roches éruptives.
W, 212. De la couche calcaire supérieure du Gounoung Eri (depuis
438 m. jusqu'à 465 m. au sommet), détaché à 455 m. d'altitude.
Calcaire dur, compacte, blanc brunâtre, à cavités nombreuses où se
sont déposés de petits cristaux de calcaire spathique. Au microscope,
une masse microcristalline de calcite, avec restes de coraux, fora-
minifères, radiolaires et lithothamnium. Calcaire corallien.
N^. 211. De la couche inférieure de calcaire du Gounoung Eri, à
222 m. d'altitude. Calcaire fin, blanc-grisâtre, avec quelques cavités.
Au microscope, un calcaire à foraminifères, avec un très grand nombre
de globigérines, moins de rotalinides, des miliolites, des amphistégi-
nes et du lithothamnium. Particules de chlorite et quelques petits
fragments de feldspath et de quartz. Calcaire à foraminifères.
N°. 175. Fragments roulés de la rivière Tonahitou, à Negri lama,
en aval de son confluent avec la Lingouaboukou, affluent de gauche.
Calcaire blanc, poreux, avec restes de coraux et empreintes de quel-
ques coquilles. Provient probablement du Gounoung Eri. Au micros-
cope, foraminifères, coraux, radiolaires et lithothamnium dans une
masse microcristalline de calcaire spathique. Ressemble au n°. 212.
Calcaire corallien.
N°. 176. Couches horizontales dans la Waï Selamou, petit affluent
de gauche de la Waï Tonahitou, à Negri lama. Calcaire arénacé, blanc-
grisâtre. Au microscope, tout-à-fait rempli de globigérines et quelques
autres foraminifères, et contenant en outre des particules de chlorite.
261
Appartient aux calcairevS très jeunes, car les couches s'élèvent tout
au plus de 25 à 30 m. au-dessus de la mer. Calcaire à globigérines.
N». 209. Calcaire de la couche située dans le cours inférieur de la
Tonahitou, à l'endroit appelé «Batou sousou». Faute de temps, nous
n'avons pu visiter ce gisement. C'est probablement la même couche
qui est à nu en aval dans la Selamou (n^. 176). Un échantillon du
«Batou sousou', qui me fut remis par les indigènes, fut reconnu,
non pour un calcaire, mais pour un tuf calcaire blanc, poreux, pro-
bablement récent (n '. 209) ; c'est peut-être du calcaire que la rivière
elle-même a enlevé, par dissolution, à la couche et qui s'est déposé
de nouveau plus en aval. Ce tuf ne renferme pas de coquilles récentes
d'eau douce. Tuf calcaire.
N°. 32. Calcaire corallien de Tandjoung Tial, à 6 m. d'altitude.
Roche jaune-clair, poreuse, avec fragments de coraux. Au microscope,
il renferme des restes de coraux, des globigérines et autres foramini-
fères, ainsi que quelques radiolaires. Calcaire corallien.
N°. 4. Calcaire blanc, poreux, à moules de gastéropodes; on y a
encore trouvé une petite tridacne. Détaché de la cime de 179 m.
d'altitude, au-dessus de l'éboulement blanc, à la rive droite de la
Waï Ami, à Nipa, marquée n^. 2 sur notre carte n°. IV et fig. 34 de
l'annexe IV. Au microscope, on voit des restes de coraux, des fora-
minifères et du lithothamnium. Calcaire corallien.
N". 135. Récif sur la plage, tout près de Hatou nousa, au sud-
ouest d'Alang, et à l'ouest de là Waï Holou (ou HoUoh?). Calcaire
grenu, blanc-jaunâtre, avec moules de petites coquilles et grains
de quartz. Au microscope, pâte microcristalline de calcaire spathique
avec globigérines, amphistégines et beaucoup de lithothamnium. Puis,
beaucoup de débris de toutes sortes de roches éruptives, du quartz
à bulles liquides, provenant de granité, des fibres vert-jaunâtre de
serpentine, originaires de péridotite, des particules de pâte d'an-
désites avec verre brun, parfois grenu, et des microlithes de feld-
spath ; ensuite, des morceaux libres d'augite, de biotite et de plagio-
clase; du minerai de fer et de la limonite. La nature arénacée de
ce calcaire doit être attribuée aux particules de quartz. Calcaire.
N°. 137. Gros blocs à Tandjoung Titiroa, au nord-est de Tandjoung
Tapi. Roche calcaire raicrocristalline, gris-clair, à veines de calcite;
262
à la loupe, on peut voir de nombreux petits grains de quartz. Au
microscope, une pâte cristalline de spath calcaire, avec quelques fora-
minifères peu nets, qui sont très apparents par leur teinte foncée.
Puis, un très grand nombre de grains de quartz avec bulles liquides,
originaires très probablement de granité. La roche donne l'impression
d'une roche plus ancienne; mais néanmoins c'est probablement un
calcaire quaternaire à grains de quartz. La teneur en quartz est si
grande qu'on pourrait tout aussi bien appeler la roche un grès calcarifère.
N°. 141. Blocs de la Waï Soulah, au-dessus d'Asiloulou. Roche
gris-clair, dure, compacte, à grain fin et gréseuse, avec de petits
quartz et de petites lamelles de mica blanc. Ressemble au n". 137
et produit aussi une forte effervescence avec les acides. Au microscope,
une pâte calcaire, trouble, gris-brunâtre, avec petits fragments de
quartz à bulles liquides, feldspath trouble, muscovite blanche ou
vert-clair, minerai de fer avec leucoxène et pyrite. C'est donc encore
un calcaire avec gravier de granité ou, si l'on veut, un grès calcarifère.
Cette roche aussi pourrait être parfaitement une roche plus ancienne.
N". 20. Plateau situé entre la Waï Loula et la Waï Maloua ('),
sur la route de Wakal à Hila; affleure à l'altitude de 6 m. environ.
Calcaire gris-clair, tendre, sans fossiles. Au microscope, il consiste en
un agrégat de petits cristaux de calcaire spathique avec quelques
petits morceaux de quartz, sans traces de fossiles, sauf quelques
spicules d'épongés. Calcaire.
TH. Dépôts novaires.
A Hitou, les formations alluviales sont d'une faible étendue, parce
que les collines quaternaires et le calcaire corallien s'étendent le plus
souvent jusque près de la côte.
Les principales plaines sont celles de Waë, de Paso, de Roumah
tiga et de Laha. La plaine de Waë commence au cap Batou douwa,
atteint une largeur de 1500 m. à la hauteur de la Waï Routoung,
se rétrécit ensuite vers Toulehou pour se terminer au cap Batou
lompat. Au sud de ce cap, les brèches et le calcaire corallien arrivent
immédiatement à la côte jusqu'au cap Tial. A Tial et à Souli, il y
(1) Ne pas confondre avec la Waï Mamoua, qui coule h Touest de la Waï Maloua, à
une distance de 1000 m., mesurée le long de la route.
263
a des plaines plus petites; celle qui existe à l'embouchure de la
Jari bësar est un delta de cette rivière. Nous avons déjà pris con-
naissance de la plaine de Paso à propos de Leitimor; au nord de
Paso, elle a une largeur de 1500 m.; elle contient de nombreux
fragments roulés d'andésites, et se rétrécit vers l'est en passant par
Negri lama, Nania et Waï Hérou, pour finir à Dourian patah. La
plaine de Roumah tiga commence déjà au nord de Poka, où elle a
une largeur de 1200 m. et elle se raccorde à l'ouest, par une bande
étroite le long de la côte, avec la plaine qui commence à Tawiri et
qui, par Laha, s'étend jusqu'à Hatourou; elle a une largeur moyenne
de 1000 m. et est bornée par les collines quaternaires, hautes de
67 m., situées en arrière de Laha. Plus à l'ouest encore, il n'y a plus
qu'une bande étroite d'alluvium le long de la côte jusqu'à Liliboï,
interrompue seulement au -«Hatou Poroh» par des conglomérats qui
émergent de la mer à la hauteur de 42 m. L'alluvium qui s'étend
tout, le long de la côte ouest, depuis le cap Alang jusqu'au cap
Tapi, est de peu d'importance. A Asiloulou commence une bande
étroite d'alluvium qui, avec quelques interruptions par des conglo-
mérats et du calcaire corallien, peut se suivre jusque derrière Morela;
cette bande ne s'élargit qu'à Lima, par le delta de la Waï Ela, à
Kaïtetou et à Hila, par les atterrissements de la Waï Loï, et au
nord de Hitou lama, où l'élargissement doit-être attribué aux dépôts
d'une rivière, qui se nomme également Waï Ela. Entre le cap Morela
et le cap Tomol, les murs de conglomérat et de brèche se dressent,
presque partout, à pic dans la mer, de sorte que les relèvements
n'ont pas pu s'efifectuer à l'aide de la chaîne d'arpenteur, et que
d'un cap à l'autre on a pu uniquement faire usage de l'appareil
pour la mesure des distances. Au Batou mètèng commence de
nouveau une bande étroite de sable marin, que l'on peut suivre, par
Liang, jusqu'au cap Batou item.
Sources thermales.
En divers points de Hitou apparaissent des sources, chaudes ou
froides, avec ou sans dégagement de gaz hydrogène sulfuré. Si avec
ce gaz il se dégage aussi de la vapeur d'eau, il en résulte des décom-
positions et des dépôts de croûtes de soufre, ainsi que la formation
264
de pyrite, que l'on rencontre surtout dans les diabases et tufs diabasi-
ques altérés, et aussi dans certaines Ambonites.
La source d'' hydrogène sulfuré au versant ouest du Touna a déjà
été mentionnée plus haut; il s'y échappe aussi de la vapeur d'eau, ce qui
fait que les objets voisins, notamment les rameaux et les feuilles qui
couvrent le sol, sont revêtus d'une mince croûte de soufre jaune
grisâtre (n^. 17), résultant de la décomposition de l'hydrogène sulfuré
Le gaz se dégage entre des fragments d'andésite blancs, incohérents,
et fort altérés.
Nous avons aussi fait mention déjà de la source d^eau froide
qui vient au jour à un bon kilomètre et demi au nord de Lariké, à
proximité de la rive gauche de la rivière Bouaja. Autour de l'ouver-
ture s'est déposée de l'ocre ferrugineuse, de sorte que cette eau paraît
être fortement chargée de fer, mais on n'y reconnaît aucune odeur
d'hydrogène sulfuré.
Une autre source existe dans la négorie Lariké même, tout près du
pont en pierres sur la rivière Lila, à la rive droite. Il jaillit ici, par
une petite ouverture, de l'eau chaude, qui a une forte odeur d'hy-
drogène sulfuré.
Dans la rivière Waloh ou Alang lama, au-dessus du calcaire coral-
lien qui affleure à l'altitude de 42 m., il suinte à la rive gauche,
sous un amas de pierres, de l'eau froide qui présente distinctement
l'odeur et la réaction de l'hydrogène sulfuré. Au jugé, cet endroit se
trouve 2 à 2V2 km. de la plage ; la rivière Alang lama n'a pas été levée.
A Tawiri et à Lata, d'après une communication des indigènes,
on doit observer parfois une odeur d'hydrogène sulfuré en divers
points de la plage ; toutefois, nous ne l'avons pas constaté nous-mêmes.
Aux environs de Toulehou existent trois sources : la première apparaît
comme source thermale aux récifs de conglomérat Batou anjout ; la
seconde jaillit du sable de la plage, à 1200 m. à l'est de Toulehou;
elle est encore thermale et a une odeur d'hydrogène sulfuré. La
troisième se trouve à l'ouest de Toulehou, à l'embouchure de la Waï
Touni; elle donne aussi de l'eau chaude; à marée haute, cette source
est submergée.
Dans le Natuurkundig Tijdschrift voor Nederlandsch Indië, Deel
XXVIII, 1865, pp. 215 à 223, le Prof. S. A. Bleekrode Jr. donne les
265
analyses de l'eau de deux sources thermales, Batou anjout et Aman-
tawari, près de Toulehou, à Ambon; la dernière se trouve «tout près
de Toulehou», de sorte qu'il peut avoir eu en vue la source à 1200 m.
à l'est de cette localité; mais il se peut aussi que ce soit celle qui
est située à l'embouchure de la Waï Touni, car toutes deux sont à peu
près à la même distance de Toulehou. Le nom de la première source
correspond à celui qui m'a été donné pour le récif de conglomérat.
L'analyse chimique a donné:
Batou anjout (sur 1000 grammes d'eau)
Chlorure de sodium . . .
Chlorure de potassium . .
Chlorure de magnésium .
Chlorure de calcium . . .
Sulfate de chaux ....
Carbonate de soude (anhydre'
Carbonate de chaux . .
Carbonate de magnésie
Acide silicique ....
Matières fixes = 29.70064
=z 23.74160
= 1.37073
= 0.44520
= 1.63213
1= 1.08460
1.14760
0.12666
0.05546
0.09666
150 grammes d'eau ont donné 4.457 gr. de matières fixes, ce qui
fait 29.71 gr. pour 1000 gr. d'eau.
Amantawari (sur 1000 grammes d'eau)
Chlorure de sodium . .
Chlorure de potassium .
Chlorure de magnésium
Chlorure de calcium. .
Sulfate de chaux . . .
Carbonate de soude (anhydre
Carbonate de chaux . .
Carbonate de magnésie
Acide silicique ....
Matières fixes =: 1.30944
0.56880
0.07113
0.01680
0.01106
0.01346
0.08120
0.42666
0.04033
0.08000
150 gr. d'eau ont donné 0.2040 gr. de matières fixes, ce qui fait
1.36 gr. pour 1000 gr. d'eau.
266
La composition de ces deux eaux est très surprenante; car celle
de l'eau du Batou anjout correspond assez bien à la composition de
l'eau des sources qui, à Java, apparaissent dans les marnes miocènes,
mais nullement à celle de l'eau qui jaillit des roches volcaniques.
Cette dernière ne renferme que de 1 à 5 pet. de matières fixes, ce
qui concorde avec la teneur de l'eau de la seconde source. Cependant,
je ne puis m'expliquer la grande différence de composition de l'eau
de deux sources aussi rapprochées.
Les petits lacs et les sources de Souli sont connus depuis longtemps ;
ils se trouvent dans le terrain plat, quaternaire, au nord-nord-ouest
de cette localité, de 80 à 90 m. d'altitude. On y trouve d'abord le
«Tëlaga Tihou», grande flaque d'eau, peu profonde, de 300 m.
de diamètre environ, qui contient de l'eau froide. Au bord sud
apparaît un peu de calcaire corallien ; aucun phénomène n'y indique
une origine volcanique. Le fond est formé probablement d'argile,
gisant dans un de ces enfoncements peu prononcés qu'offrent si
souvent les couches de calcaire corallien. Le lac est situé au pied
sud-ouest du mont Eri wakang. Plus au nord se trouve le «Telaga
birou», lac beaucoup plus petit, à proprement parler une petite mare,
qui a à peine 60 m. de diamètre, avec une bordure de blocs blancs,
poreux, consistant en tuf siliceux (nos. 155^ 156) et qui dégagent
une odeur d'hydrogène sulfuré.
A l'ouest-sud-ouest de ce lac, dans un petit ravin peu profond,
on voit un autre amas de tufs siliceux, formant en partie la croûte
d'une liparite altérée (nos. 158 et 213), ainsi que des rameaux et des
feuilles sur lesquels il s'est déposé du soufre jaune grisâtre (n". 157),
précisément comme au Touna (n". 17). Un peu plus en aval, ce petit
ruisseau, qu'on nomme Mëlirang et qui est un affluent de la Waï
Wasia, s'élargit en forme de bassin allongé, à fond plat, sablonneux
et peu profond, dans lequel bouillonne en divers points de l'eau
chaude qui dégage une forte odeur d'hydrogène sulfuré.
En d'autres points encore, des blocs de tuf siliceux sont disséminés
dans la plaine, de sorte qu'il est probable qu'autrefois de l'eau ther-
male à hydrogène sulfuré apparaissait encore en divers autres endroits.
Il n'est pas impossible que ce fait soit en rapport avec des failles
qui, à partir d'Ambon, se prolongent jusqu'en ces lieux, et par les-
267
quelles l'eau chaude et le gaz trouvent une issue facile. Tja ligne, le
long de laquelle existent la plupart des sources, coïncide sensiblement
avec le prolongement de la côte nord de Leitimor ; celles de Toulehou
et de Lariké peuvent se trouver dans des fissures parallèles aux côtes
est et ouest de Hitou, tandis que l'apparition de sources thermales
au Touna est tout-à-fait isolée.
Nos. 155^ 156 et 213. Roche de la source «Tëlagabirou». En échan-
tillons, le n". 155 est blanc-grisâtre, terne, et porte à la surface quel-
ques cristaux de gypse. Le n^'. 156 est blanc et très poreux. Le n*^. 213
ressemble au n'* 155 et porte aussi, à la surface, quelques cristaux
de gypse Mais son noyau est une liparite très altérée, à cristaux de
quartz, entourée d'une croûte de tuf siliceux.
Le n°. 165 montre, au microscope, une pâte incolore, un peu trouble ;
c'est une opale qui devient sombre entre niçois croisés, mais dans
laquelle se montrent de nombreux petits points et aussi de grandes
particules limpides, qui consistent en quartz. A un fort grossissement,
on voit que le trouble de l'opale est produit par de petits grains
bruns, les uns de vrais corps à couleur brune, les autres des pores
gazeux. La roche contient aussi de l'hydroxyde de fer, qui est cause
de la teinte jaune ou brune de certaines de ses parties. Tuf siliceux.
G. LA BAIE D'AMBON.
(Carte n». IV et profils figg. 9 à 11 de l'annexe III).
Afin de compléter l'image géologique d'Ambon, nous devons, pour
finir, jeter encore un coup d'œil sur la baie d'Ambon, cette anse
profonde qui sépare les deux presqu'îles Hitou et Leitimor.
L'anse fait partie de la mer de Banda, particulièrement profonde,
qui entoure Ambon au sud. En avant de l'entrée de la baie, au sud-
sud-ouest de Tandjoung Alang, et à une distance de 7 km. (3.8 milles
marins) seulement de ce cap, la mer a encore une profondeur de
1782 m. (990 brasses de 1.8 m.); un peu plus loin de la côte, 11
minutes plus à l'ouest, la carte marine donne une profondeur de
1905 brasses ou 3429 m ; et la Siboga a observé par des sondages,
à 11 minutes de la côte près Kilang (15 minutes au sud de Tandjoung
Tial), une profondeur qui n'était rien moins que de 4489 mètres.
A l'ouest d'Ambon, on connaît également une grande profondeur,
à une distance de 23 minutes; elle est de 1802 brasses ou 3244 m.
La baie de Pirou, qui borne Ambon vers le nord et la sépare de
l'île de Céram, offre probablement aussi des profondeurs considéra-
bles, bien que moins fortes que les précédentes; mais je ne connais
pas de sondages effectués au milieu de la baie, et il est probable
qu'ils n'ont pas encore été exécutés.
Les anciennes déterminations de profondeur dans la baie d'Ambon,
entre Ambon et Alang, se sont bornées à quelques sondages le long
des côtes; on a constaté ainsi que des profondeurs de 60 brasses
et au-delà existent déjà près de la côte; la partie de la baie au
nord d'Ambon jusqu'au rétrécissement au cap Martafons, et toute
la baie Intérieure ont été complètement explorées à la sonde; la
plus grande profondeur rencontrée au nord d'Ambon est de 70 brasses
(126 m.); à partir de là elle diminue jusqu'à 9 m., en un point situé
269
entre Koumah tiga et Hatiwi ketjil; elle remonte ensuite à 46 m.
à l'est du cap Martafons, pour redescendre dans la baie Intérieure
jusqu'à des valeurs comprises entre 25 et 36 m. La profondeur moy-
enne n'est pas supérieure à 25 m.
Avant 1898, on ne savait rien encore des plus grandes profondeurs
du milieu de la baie, entre Ambon et Alang. A ma demande, l'état-
major de l''<Arend», un bateau à vapeur du gouvernement, comman-
dant N. M. VAN dp:r Ham, a effectué de nombreux sondages entre
Ambon, Tandjoung Benteng, Batou loubang et Nipa, aussi dans le
but de s'assurer si l'on pourrait constater une difîérence de profondeur
des deux côtés de la faille, qui doit probablement exister entre
Ambon et Wakal, d'après l'étendue de la commotion produite par
le tremblement de terre de janvier 1898. Comme on pouvait s'y
attendre, pareille difiérence ne put être signalée, ainsi qu'on peut le
voir sur la carte n". IV, où tous les sondages récents ont été con-
signés et où les profondeurs depuis Roumah tiga jusqu'à Paso ont
été empruntées à la carte marine n°. 151: .«Kaart van de baai van
Amboina door H. A. Meyer, 1840», à l'échelle de 1:30.000 (réim-
primée en 1895 à l'échelle de 1 : 40.000).
Entre Ambon et Sahourou, la plus grande profondeur atteint 240 m. ;
entre Tandjoung Benteng et Batou loubang, elle est de 325 m. Suivant
les deux lignes, j'ai construit une section transversale de la baie, à
l'échelle 1 : 20.000 pour les longueurs, alors que les profondeurs ont été
indiquées aussi bien à la même échelle qu'à une échelle 4 fois plus
grande ; les profils sont dessinés dans les figg. 9 et 10 de l'annexe III.
Plus à l'ouest, on n'a pu déterminer la profondeur qu'en 3 points
seulement, car nous n'avons eu ni le temps ni l'occasion de faire
une série complète de sondages entre Ambon et Alang. Le premier
point est ai tué sur la ligne qui relie Hatou avec le cap Batou anjout,
à 3 km. de ce dernier; le second se trouve à 2400 m. à l'ouest
d'Eri; le troisième point est sur la ligne qui joint Hatou au cap
Nousaniv^i, à 3100 m. de Hatou. En ces trois points, qui sont indiqués
sur la carte n". IV, on a sondé des profondeurs respectives de 460,
500 et 575 m. Ensuite, la Siboga a trouvé en 1898, entre Alang et
Tandjoung Nousaniwi, une profondeur de 634 m. Bien que ces points
ne se trouvent pas dans la partie la plus profonde de la baie, ils
indiquent cependant que vers l'ouest les profondeurs augmentent
très régulièrement jusqu'à la ligne de jonction du cap Alang avec
le cap Nousaniwi; au-delà de cette ligne il en est tout autrement,
car déjà au sud-sud-ouest de Tandjoung Alang se trouve le point
dont il vient d'être question, où les cartes marines accusent une
profondeur de 990 brasses ou 1782 m., très probablement la consé-
quence d'une faille considérable. Au moyen de nos nouveaux sondages,
j'ai tracé pour la baie, de 50 en 50 m., des lignes de niveau qui
sont représentées sur la carte n". IV ; elles ne peuvent être considérées
comme exactes que pour la partie comprise entre Batou loubang et
Ambon, car dans la partie occidentale les sondages ont été trop peu
nombreux. Mais, des profondeurs que nous connaissons, il ressort
avec une certitude suffisante, que le fond de la baie d'Ambon ne
descend pas en pente régulière vers la mer de Banda; au contraire,
à l'extrémité elle présente un seuil ou degré, où le fond de la baie
descend brusquement, en pente très raide, de 1000 m. environ vers
le fond de la mer de Banda. Ce seuil ou ce degré est produit par
une grande faille, qui s'étend au sud de Leitimor et se prolonge pro-
bablement le long de la côte sud de l'île de Nousa laut. C'est une
des fissures concentriques qui entourent la mer de Banda, et au sujet
desquelles j'ai déjà fait quelques remarques dans mon «Voorloopig
Verslag over eene geologische reis door het Oostelijk gedeelte van
den Indischen Archipel» (mémoire n^. -44).
En ce qui concerne maintenant les bords de la baie d'Ambon, ils
doivent aussi être considérés comme des lignes de fracture, suivant
lesquelles s'est affaissée la partie intermédiaire, pour former ainsi la
baie d'Ambon. Nous nous rappellerons ici ce qui a été dit dans la
description géologique, qu'en divers points d'Ambon les couches
tertiaires récentes et les quaternaires présentent, le long de la côte
nord de Leitimor, une faible inclinaison au sud-est, par exemple au
nord de Tandjoung Batou merah et en arrière de Halong, et que
par suite cette côte du nord est un bord de fracture. Ensuite, qu'à
Tandjoung Nousaniwi la position du mélaphyre indique un point
d'éruption, qui se trouvait quelque part dans la baie, au nord-ouest
du cap Nousaniwi, et qui doit avoir disparu par effondrement. Le
long de la côte du sud, la pente des flancs des montagnes est si
271
grande, p. ex. au nord de Tandjoung Hati ari et entre Seri et le
mont Siwang, qu'il est impossible que la péridotite, dont se composent
ces montagnes, ait pu se constituer sous cette forme; celle-ci ne
peut résulter que d'un détachement du terrain situé plus au sud,
qui est maintenant enseveli sous la mer Le long de la côte orientale,
à Touwi Sapo, il existe probablement aussi une faille, car, ainsi
que nous l'avons montré plus haut, les couches calcaires y ont une
légère inclinaison vers le sud- ouest. Il n'est donc pas douteux que
Leitimor tout entière ne soit bornée, de tous les côtés, par des failles.
La ligne qui s'étend le long de la côte nord passe par les sources
d'hydrogène sulfuré Tëlaga Birou et Touni ; et il n'est pas impossible
que ces gaz se dégagent précisément en ces endroits-là, parce qu'ils ont
pu se frayer le plus facilement une issue par la crevasse.
A Hitou, les fissures le long de la côte sont moins distinctes qu'à
Leitimor. Toutefois, les parois nombreuses, escarpées, parfois presque
verticales, qui se montrent à la côte ou très près de celle-ci, rendent
très vraisemblable que Hitou est également limitée de toutes parts
par des failles; je nommerai seulement les parois abruptes de con-
glomérats à Lariké, où il y a même une source d'hydrogène sulfuré;
le mélaphyre de Tandjoung Tapi qui finit brusquement à la mer;
le granité et la péridotite interrompus à Alang; le mur abrupt de
calcaire et de gravier en arrière de Wakal; les parois de brèche et
de conglomérat entre Tandjoung Setan et Tandjoung Tomol, qui par-
fois descendent d'aplomb dans la mer; les couches calcaires de Tand-
joung Batou item, les sources d'hydrogène sulfuré le long de la côte,
à Toulehou ; les monts très escarpés de brèche et de calcaire à Tengah
tëngah, Tandjoung Tial et Souli; les pieds abrupts des couches de
brèche en arrière de Roumah tiga et de Kemeri. Tous indiquent des
soulèvements le long de crevasses qui sont très rapprochées de la
côte actuelle.
Quant à Vâge de ces failles, il importe d'abord de faire remarquer
que, d'après les observations faites à l'île de Saleyer, résumées dans
mon mémoire n". 44 et aussi au n°. 43, la formation de la mer
profonde de Banda remonte tout au plus au début de IVpoque miocène
supérieure (notre étage m^ de Java.); elle doit peut-être dater de plus tard,
notamment, du début de V époque pliocène. L'âge de la baie d'Ambon,
272
qui fait partie intégrante de la mer de Banda, doit donc être pro-
bablement le même II est vrai que nous avons mentionné plus haut,
que même les couches quaternaires les plus récentes ont été soulevées
à la côte du nord ; mais cela ne prouve naturellement pas que les
failles elles-mêmes soient plus jeunes que le quaternaire ; cela signifie
seulement que le long des mêmes fissures se sont produits des mouve-
ments réitérés, qui ont continué jusque dans la période quaternaire,
un phénomène qui a été observé en un très grand nombre d'endroits
(notamment dans les bassins houillers de l'Europe).
Il est d'ailleurs probable que toutes les failles d'Ambon ne sont
pas également anciennes; ainsi par exemple nous avons déjà parlé ci-
dessus de la faille au sud d'Ambon. Celle-ci a atteint le granité et
les grès et se recouvre de matériaux quaternaires; sa formation peut
donc remonter à toute période comprise entre les périodes permienne
et quaternaire; et il n'est pas impossible qu'elle se soit produite
relativement vite après la formation du grès. Nous verrons plus loin,
en décrivant le tremblement de terre de 1898, que même à l'époque
actuelle il se produit encore des mouvements le long de cette faille.
Afin de donner un aperçu des variations de la profondeur de la
baie d'Ambon, entre Alang et Paso, nous avons tracé encore, dans
la fig. 11 de l'annexe III, un profil longitudinal de cette baie, non
pas suivant une ligne droite, mais suivant une ligne brisée qui suit
les plus grands fonds, dont la situation, dans la partie occidentale
de la baie, n'est pas très certaine, pour les raisons données plus haut.
L'échelle des longueurs est de 1:100000; les profondeurs sont indi-
quées de deux façons: d'abord à la même échelle, et puis on les a
prises 4 fois plus fortes.
La baie de Bagouala, qui commence à Paso, est très peu profonde
et est remplie de récifs coralliens. On n'y a pas encore pratiqué de
sondages. Les grands fonds ne commencen4; que hors de la ligne qui
réunit les caps Houtoumouri et Tial.
H. GÉOLOGIE TECTONIQUE.
RÉSUMÉ DES RÉSULTATS.
Dans mon mémoire nO. 44 («Voorloopig verslag«), j'ai déjà donné
un aperçu succinct de la situation et de la constitution des îles qui
entourent la grande mer de Banda; je traiterai cette matière d'une
façon plus étendue lors de la description de la partie orientale de
l'Archipel.
J'ai déjà fait voir que la région, où se trouve actuellement la mer
de Banda, était occupée jadis, en tout ou en partie, par la terre ferme,
et que la mer doit son existence à un effondrement, ou plus proba-
blement à plusieurs. Le bord du terrain effondré s'observe encore
dans un grand nombre d'îles, dont les plus grandes sont Jamdena,
Wetar, Bourou et Céram. La ligne de cassure passe très près des îles
Kour, Téor, Manawoko, puis par toute la côte sud-est de Céram,
coupe plus à l'ouest quelques parties de Céram et s'étend probable-
ment le long de la côte sud-est de Bourou. Sur cette première cre-
vasse, extérieure ou périphérique^ s'est produit le 30 septembre 1899
un violent tremblement de terre, accompagné d'une commotion de
la mer, un ras de marée, produit par l'effondrement de parties de la
côte à Paulohi et à Tëhoro, qui a englouti totalement ces deux
localités, en même temps qu'Hatousoua fut complètement inondée
et Amahei en grande partie. (')
A une très courte distance de la série des îles, dont font partie
Bourou, Manipa, Kelang, Boano et Céram, il y en a une seconde,
comprenant Amblau, Ambon, Haroukou, Saparoua et Nousa laut,
dont les deux dernières ne sont distantes de Céram que de 5 km..
(1) R. D. M. Verbeek. Kort verslag- over de aard- eu zBebeving op SOsten September
1899. Annexe au Javasche Courant du 13 mai 1900, nO. 21.
18
274
et qui consistent en partie en roches éruptives jeunes (crétacées?),
notamment en andésites, liparites et mélaphyres. Ambon possède
en outre des granités et des péridotites, qui apparaissent aussi à
Céram, tandis que les roches qui correspondent le mieux à nos andé-
sites à bronzite (elles ne contiennent cependant pas de pyroxène
rhombique et Schroeder van der Kolk les appelle des andésites à
augite) ne paraissent exister, d'après Martin (mémoire n°. 4:9) que
dans la partie méridionale de Houamoual, la presqu'île occidentale
de Céram. Il est fort probable que ces îles étaient jadis liées plus
étroitement les unes avec les autres et avec Bourou et Céram, et
même qu'elles constituaient un ensemble ininterrompu; elles furent
détachées de Céram par des effondrements, qui formèrent en même
temps les baies de Pirou et d'Elpapouti. Il n'est pas douteux que
ces îles ne soient comprises entre des failles, dont les deux principales
ont été dessinées sur les cartes qui sont annexées à mon «Voorloopig
Verslag» (n°. 4=4) et à mon «Kort verslag over de aard- en zeebeving
op Ceram»; cela ressort d'ailleurs entre autres de l'allure de la côte
sud de Céram, entre les baies de Pirou et d'Elpapouti. On a reconnu
en outre l'existence d'une faille à la côte sud d' Ambon, à la forte
profondeur de 1782 m. qui s'y manifeste brusquement. Ce sont encore
là des crevasses périphériques, dont les nos. 2 et 3 sont en grande
traits concentriques à la le cassure dont il a été question plus haut.
Quant à la configuration du fond de la mer de Banda plus au sud,
ce n'est que dans ces derniers temps que nous avons appris à la
connaître, par les belles recherches de l'expédition de la Siboga. (i)
On a constaté qu'en allant des bords vers le milieu de la baie les
profondeurs n'augmentent pas graduellement, mais que les plus grands
fonds, jusque près de 5700 m., se trouvent à l'est de Banda, bien
qu'on connaisse aussi de très grandes profondeurs, de près de 5000 m.,
plus à l'ouest, p. ex. au sud-est des îles Lucipara. Ensuite, une arête
relativement peu profonde (2000 à 2600 m.) s'étend des îles Lucipara
jusqu'à proximité des îles Banda, de sorte que le fond de la mer de
Banda doit être bien plus irrégulier qu'on ne le soupçonnait auparavant.
(1) Bulletins de l'Expédition de la Sibog-a no^ 1 à 12, 1899 et 1900. M. Webrr. Die
Niederlàndische Sibog-a-Expedition etc. Petermanns Geogr. Mitteilung-en 1900, Heft VIII.
G. F. Tydeman. Hydrographie Results of the Siboga-Expedition. Leiden 1903.
Après l'effondrement, divers volcans se sont formés au milieu de
la baie, depuis Gounoung Api, au nord de Wetar, jusqu'à Banda;
ils sont situés sur une ellipse, que j'ai indiquée dans mon «Voor-
loopig Verslag» et dont le contour est de nouveau parallèle aux
crevasses concentriques mentionnées ci-dessus. Les volcans se trouvent
dans la partie sud-est de cette ellipse; dans la partie du nord-ouest
il semble qu'il n'y en a pas; pourtant ils y existent peut-être, mais
cachés sous la surface. Malheureusement, on n'y a pas encore effectué
de sondages en mer profonde.
Ambon est donc séparée de Céram par une faille ; et, comme nous
l'avons vu plus haut, cette île est probablement limitée de toutes
parts par des failles existant à proximité de la côte. De plus, l'île
est traversée par une cassure qui, elle aussi, a déjà été signalée plus
haut et qui a été reconnue comme une faille à la position du granité
et du grès au sud d' Ambon. Plus au sud, cette crevasse ne peut
plus se reconnaître, à défaut de couches sédimentaires ; mais il est
très probable qu'elle se dirige vers la Labouhan Roupang, par
dessus ou le long des montagnes de péridotite Loring ouwang et
Eri samau, pour déboucher ensuite dans les profondeurs de la mer
de Banda. Du côté du nord, sous Hitou, l'allure de cette crevasse
ne peut plus être constatée à la surface, par suite de la couverture
de matériaux très récents. Mais ici le tremblement de terre de jan-
vier 1898 nous est venu en aide ; il est plus que probable que le
prolongement septentrional de notre ligne s'étend par Nipa vers.
Wakal ; d'abord, les plus grands éboulements des massifs montagneux
se trouvent dans cette direction; et puis, de toutes les négories de
la côte nord de Hitou, la localité Wakal a été le plus fortement
éprouvée par la commotion. On est donc en droit d'admettre que
notre faille suit cette direction; et si nous jetons encore un coup
d'oeil un peu plus au nord, vers la baie de Pirou et l'arête de com-
munication, étrange et étroite, qui relie Klein-Ceram (la petite-
Céram ou Houamoual) à Groot-Ceram (la grande Céram), il est
naturel d'admettre que la faille se prolonge jusqu'à cet isthme et
constitue, avec les effondrements, une des causes du rétrécissement
particulier de cette langue de terre. Les roches que j'y ai trouvées
consistent toutes en schistes argileux fort disloqués (n". 23), à filons
276
de quartz (n°. 24), où l'on a mesuré toutes sortes de directions
(20°, 65°, 70°, 75° jusqu'à 80°, 88° et même 110°); D = 88°, I = 90°
sont bien les chiffres les plus admissibles ; mais on n'a pu y découvrir
aucune faille, du moins aux points que j'ai visités.
La faille d'Ambon susnommée, ainsi que celles de la côte occiden-
tale de Hitou, à Lariké, de la côte orientale de Leitimor, à Touwi
sapo et d'autres encore, sont à peu près perpendiculaires aux cassures
périphériques de tantôt, et elles doivent être considérées comme des
crevasses radiales par rapport à l'effondrement.
Ambon n'est donc pas une île qui s'est formée isolément; c'est le
restant d'un terrain beaucoup plus étendu, dont la plus grande partie
a été engloutie par un affaissement de terrain et qui, très probable-
ment, communiquait jadis avec Céram. Une comparaison des roches
qui apparaissent dans les deux îles n'est pas encore possible, parce
que nous savons encore trop peu de chose de la constitution géologi-
que de Céram, et que même l'âge des sédiments de cette île nous
est totalement inconnu. Les schistes argileux qui afl&eurent à Klein-
Ceram ont un tout autre aspect que ceux qui, à Ambon, alternent
avec les grès ; d'ailleurs, d'après Martin, les premiers communiquent
avec les schistes micacés. Il est probable que ces schistes appartien-
nent à une formation paléozoïque ou azoïque très ancienne, qui
n'existe pas à Ambon. Par contre, les granités et les péridotites
apparaissent dans les deux îles; la diabase, de nouveau à Ambon
seule, ainsi que le terrain gréseux qui, d'après les recherches du
Professeur G. Boehm, est probablement d'âge paléozoïque supérieur;
un terrain calcaire ancien de Céram, que Martin a placé provisoire-
ment dans la période jurassique, fait aussi défaut à Ambon. Le
grand groupe des andésites n'est connu, à son tour, qu'à Ambon
seule et à l'extrémité méridionale de Klein-Ceram. Il semble donc
que seules les deux roches éruptives, péridotite et granité, existent
à la fois dans les deux îles et que les andésites ont apparu exclu-
sivement entre nos 1^ et 3e failles, nommées plus haut. Il est donc
probable que ces crevasses, et les afifaissements qui les ont accom-
pagnés, se sont formés après le grès et avant les andésites, donc, pas
plus tard que dans la période crétacée, mais peut-être plus tôt; et
comme la position des couches dans l'île de Saleyer, au sud de
277
Célèbes, indique que l'effondrement à la partie orientale de cette île
ne peut être plus ancien que le tertiaire supérieur, il s'ensuit que
la mer de Banda et les mers voisines ne se sont pas formées en une fois,
mais à des périodes géologiques différentes^ par des effond.rements réitérés.
C'est probablement là la cause des profondeurs si variables de la
mer de Banda dans ses diverses parties.
• A ces effondrements ont succédé les éruptions des mélaphyres,
des li parités et des andésites; à en juger d'après le nombre des roches
vitreuses qui accompagnent ces premières, les éruptions doivent avoir
eu lieu en grande partie sous la mer. Il est probable que les andésites
sont un peu plus jeunes que les liparites et les mélaphyres, mais on
n'a pu l'établir partout avec certitude. Des soulèvements doivent
avoir élevé ces roches au-dessus des eaux, avec les brèches, les
conglomérats et les tufs qui les accompagnent; ces soulèvements ont
continué jusque dans la période quaternaire et ils s'y sont produits
périodiquement, ainsi qu'il ressort de la structure en terrasses des
couches de gravier et de calcaire corallien du tertiaire supérieur et
du quaternaire. La disposition de quelques-uns de ces calcaires, en
couches superposées et non les uns à côté des autres en forme de
terrasses, prouve enfin que ces soulèvements ont parfois alterné avec
des affaissements du sol.
Les jeunes couches de calcaire et de gravier ne sont pas parfaite-
ment horizontales; ces roches se présentent à Ambon en couches très
faiblement inclinées, qui forment des plis synclinaux et anticlinaux ;
leur mise à sec ne doit donc pas être attribuée à un abaissement
du niveau de la mer, mais à un exhaussement et à un plissement
faible de la croûte terrestre.
K. TREMBLEMENTS DE TERRE
À AMBON.
(Figures 53 de l'annexe III et 64 à 56 de l'annexe IV. Figures
67 à 72 d'après des photographies, dans le texte.)
Carte n\ IV.
On ne connaît que peu de chose des nombreux tremblements de
terre qui ont eu lieu à Ambon à des époques reculées; ce n'est que
sur les violentes commotions, qui ont été accompagnées de la dévas-
tation des localités habitées par les Européens, que l'on possède des
rapports quelque peu détaillés, qui permettent de déduire la direction
de ces secousses.
Ces rapports m'ont appris qu'il faut distinguer à Ambon deux
espèces de tremblements de terre; dans la première, les secousses
sont dirigées sensiblement du nord-est au sud-ouest, dans la seconde,
les commotions ont une direction à peu près perpendiculaire à la
première.
Les premières secousses ne sont généralement pas très fortes à
Ambon; elles ont leur origine à Haroukou, Saparoua ou Céram, et ne se
manifestent à Ambon que par des ondulations faibles ; on ne mentionne
des dégâts importants au chef-lieu que pour une seule de ces com-
motions. Au contraire, les secondes sont beaucoup plus énergiques;
le centre des mouvements paraît se trouver tout près de l'île, et la
propagation des oscillations a lieu suivant un plan, transversal à la
direction longitudinale d'Arabon.
Qu'il me soit permis de présenter tout d'abord quelques considé-
rations générales sur les méthodes employées pour déterminer la
direction des tremblements de terre et sur les différentes observations
que l'on peut faire lors de ces commotions. Je m'occuperai ici ex-
clusivement des Indes Néerlandaises où, sauf à Batavia, il n'existe
nulle part des instruments pour observer les ébranlements sismiques.
279
Si l'on place sur une tg,ble, reposant sur un seul pied, quelques
objets longs et étroits, p. ex. des flacons à eau de Cologne oblongs
ou d'autres objets pareils, et que l'on donne un grand coup au pied
de cette table, la plupart de ces corps tombent en sens inverse du choc ;
d'autres, plus pesants, se mettent à vaciller et, à une nouvelle secousse,
ils tombent soit en sens inverse du choc^ soit dans le sens même ; mais,
dans les deux cas, dans le plan vertical où ce choc s'est produit. Si
donc plusieurs objets sont tombés p. ex. vers l'ouest, on sait que le
choc ne venait ni du nord 7ii du sud, mais que la direction de
l'ébranlement se trouvait dans un plan dirigé ouest-est; souvent il
est impossible de constater si le choc était dirigé de l'ouest à l'est,
ou bien de l'est à l'ouest. Mais, après un violent tremblement de terre,
la plupart des objets sont certainement tombés à P encontre du choc;
et de plus, ces commotions sont presque toujours accompagnées de
bruits, qui précèdent immédiatement la secousse et qui renseignent
sur la direction. où se trouve le foyer. D'autre part, la direction de
la secousse peut-être bien constatée quand on peut déterminer le
sens des oscillations d'objets librement suspendus, tels que des lampes
à suspension, ce qui cependant n'est possible qu'exceptionnellement
après cessation du phénomène.
Dans les tremblements de terre volcaniques, l'ébranlement part
d'ordinaire d'un seul point, et les points situés dans le voisinage
sont, en règle générale, atteints plus tôt ou plus tard par la com-
motion, suivant qu'ils sont plus ou moins rapprochés de ce centre.
Au contraire, dans les tremblements de terre tectoniques — et ce
sont les seuls auxquels nous ayons affaire à Ambon, eu égard à l'ab-
sence de volcans — les mouvements émanent le plus souvent de
plusieurs points, ou d'un plan, car ils sont la conséquence d'affaisse-
ments et de dislocations le long de failles. Dans ce cas, des points
différents de la surface, qui se trouvent dans le plan du choc, peu-
vent être atteints simultanément, soit verticalement, soit sous un
certain angle, selon qu'ils sont situés verticalement au-dessus des
centres du mouvement ou bien à côté. D'après la direction et la
violence de l'ébranlement, le mouvement sera perçu à la surface,
dans ce dernier cas, comme un choc vertical ou horizontal. Pour des
chocs à peu près verticaux, le mouvement sera essentiellement vertical ;
280
s'ils ont une faible inclinaison, le mouvement sera surtout horizon-
tal; mais, comme dans les deux cas la force dirigée obliquement
peut être décomposée en une composante verticale et une autre hori-
zontale, dans les violents tremblements de terre tectoniques, les deux
mouvements se manifesteront généralement ensemble, et tel a été
nettement le cas à Ambon, dans la commotion de janvier 1898.
Dans divers tremblement de terre on a observé dans les monuments
des mouvements rotatoires, ou des déplacements de la partie supérieure
relativement au pied; ce que quelques auteurs ont attribué à des
mouvements excentriques. Sans vouloir contredire en général cette
opinion, je dois déjà faire observer qu'en 1898 on a constaté à Ambon
aussi un pareil déplacement rotatoire, que l'on doit cependant interpréter
tout autrement, notamment par la forme même de la tête du monument,
qui tend à prendre une position d'équilibre par rapport au plan dans
lequel le mouvement a lieu. Nous revenons plus loin sur ce fait.
Au sujet de la vitesse de propagation des secousses, on ne doit
guère s'attendre, en général, à trouver des données pour les tremble-
ments de terre de l'Inde, parce que ces déterminations exigent des obser-
vations de temps très précises, et que dans l'Inde les horloges diffèrent
assez souvent de plusieurs minutes, surtout dans les îles, telles qu' Am-
bon, qui ne sont pas encore reliées télégraphiquement avec Batavia.
Dans la liste suivante, j'ai réuni tous les tremblements de terre
qui me sont connus par la bibliographie. Les sources sont les mêmes
que celles que j'ai mentionnées dans ma liste des tremblements et
éruptions à Banda, dans le «Jaarboek van het Mijnwezen in Neder-
landsch Oost-Indië 1900, p. 17», ce sont: Valentijn. Beschrijving
van Oud- en Nieuw Oost-Indiën, deel II en III; le Maandelijksche
Nederlandsche Mercurius, 1764, 1766, 1774 et 1778; les Nederlandsche
Jaarboeken 1755; les Nieuwe Nederlandsche Jaarboeken 1766 et 1767;
JuNGHUHN. Chronologisch Overzicht der Aardbevingen en uitbarstingen
van vulkanen in Nederlandsch Indië. Tijdschrift voor Nederlandsch
Indië, Vllde Jaargang, Iste deel 1845, blz. 30—68; le Natuurkundig
Tijdschrift voor Nederlandsch Indié, depuis la l^e année 1850 (imprimée
en 1851) jusqu'à ce jour; et quelques données dissémim es dans divers
autres écrits.
281
Liste des tremblements de terre et de mer observés à Ambon.
1629. Un tremblement de terre et de mer qui a eu lieu à Banda,
et qui, d'après Valentijn II, 2, p. 80, s'est fait sentir aussi,
mais faiblement, à Ambon.
1644. Commotion assez forte, le 12 mai, depuis le matin jusqu'à 8
heures du soir, «la plus violente que, de mémoire d'homme,
on eût observée dans cette province; elle était accompagnée
de pluie, de tonnerre et d'éclairs; elle dura toute la nuit. Des
murs se sont lézardés dans la maison du gouverneur». Valentijn
II, 2, p. 145.
id. 17 mai. Encore un tremblement de terre, dans lequel «les
deux façades de la maison du gouverneur se sont écroulés.
De 8 à 10 jours, le sol ne fut pas en repos." Il n'y eut pas
mort d'homme, mais le 17 «beaucoup de constructions s'effon-
drèrent, un soldat périt et un enfant d'esclave eut la jambe
cassée." Cette commotion fut ressentie aussi à Houamoual
(Valentijn écrit Hoewamohel), mais plus faiblement. Valentijn
II, 2, p. 146.
1648. 29 février. Violente commotion «qui ne causa toutefois aucun
dégât, bien qu'elle arrivât avec grand bruit». Valentijn II, 2,
p. 155.
1671. Entre le 17 et le 18 octobre. Principalement à Saparoua. Légère-
ment à Ambon.
1673. 12 juin.(')
1674. 17 février. Commotion très forte. Pour celle-ci et les deux
précédentes, voir Valentijn II, 2, pp. 230 à 237.
1683? Junghuhn (Java, édition allemande, II pp. 838 et 920) signale
dans cette année un tremblement de terre à Ambon. D'après
Valentijn (Banda, III, II, 2, p. 17) il y a bien eu un tremble-
ment de terre à Banda, mais pas à Ambon.
1687. 19 février. Violente commotion. Valentijn II, 2, p. 248. Les
secousses ont duré jusqu'au 4 avril 1687.
(1) WiCHMANN (39, p. 2 et p. 2 note 3) donne par erreur le 12 juillet.
282
1689? JuNGHUHN, dans Overzicht p. 36, rapporte cette année et la
date du 19 janvier d'après Valentijn; ce sera sans doute une
faute d'impression, au lieu de 1687, car pour 1689 Valentijn
ne fait mention d'aucun tremblement de terre à Ambon; et il
ne parle pas de février, mais dit seulement «le 19 du mois
suivant»» (c'est-à-dire le mois qui a suivi le violent incendie
à Ambon du 11 janvier 1687).
1705. En octobre «il y eut ici aussi divers tremblements de terre,
les plus violents qu'on eût observés de longtemps, et ressentis
principalement à Houwamohel et à Hitou». Valentijn II, 2,
p. 261. W. FuNNELL aussi rapporte un tremblement de terre
à Ambon, qui a duré deux jours, dans la description de son
voyage avec Dampier, à la mer du Sud, en 1705 (Wallace,
The Malay Archipelago, 1869, I, p. 460).
1708. 28 novembre, le soir entre 10 et 11 heures, crue des eaux à
Ambon, mais sans tremblement de terre. Valentijn II, 2, p. 271.
1710. 15 au 17 février. «Le 15 février 1710, au matin, il s'est pro-
duit ici un violent tremblement de terre, consistant en 3 se-
cousses; de même le 16, encore le matin, à 4 heures, ainsi
que le 17, où il y en eut deux, à midi, suivis encore de deux
autres. Le 16, le sol n'est pas demeuré en repos àHaroukou».
Valentijn II, 2, p. 275. Il paraît donc que ce fut un tremble-
ment de terre venant du côté de Haroukou.
1711. «Le 5 septembre, la nuit, entre 10 et 11 heures, il y a eu un
soulèvement de la mer comme il y en a eu encore un de mon
temps; mais cette fois il a duré jusqu'à huit heures et demie
du matin. En une demi heure, les eaux se sont trois fois
soulevées et abaissées très rapidement de 4 pieds; deux mai-
sons ont été emportées à Hâtive et 2 enfants ont été noyés.
Tous les puits de Mardheika étaient à sec. La hauteur était
la plus plus forte au côté sud de l'anse; les effets se sont
pourtant fait sentir aussi aux trois maisons (Roumah tiga,
Verb.), mais non à Poka.>'
«On apprit encore que le même jour il y eut un violent
tremblement de terre à Oma (Haroukou, Verb.), et au même
moment où les eaux ont commencé à monter ici. U y eut
aussi un tremblement de terre à Honimoa (Saparoua, Verb.) et
à Noussalaout, et les eaux s'élevèrent aussi autour de ces deux
îles, ainsi qu'à Oma (13 à 14 fois) et à l'isthme de Baguwala. »
«Peu après, on apprit encore qu'à la même heure il y avait
eu un violent tremblement de terre à Banda, qui avait été
indubitablement la cause principale de cette crue des eaux.»
Valentijn II, 2, p. 280. Ce fut donc là encore un mouvement
sismique venant de l'est, de Haroukou ou de Banda. Il ne paraît
pas y avoir eu un tremblement de terre effectif à Ambon.
1754. 18 août. Violent tremblement de terre, fort surtout à Haroukou.
De nombreuses secousses, moins fortes, se sont fait ressentir
durant tout le mois d'août et même jusqu'au 10 septembre.
Le mouvement venait encore de l'est, ainsi que nous le verrons
plus en détail ci-après. Nederlandsche Jaerboeken. Negende
Deels, Tweede Stuk. Te Amsteldam, 1755, pp. 814 à 831. Pour
cette commotion Junghuhn, dans son Chronologisch Overzicht
(Tijdschr. v. Nederlandsch Indië VII, I, p. 36), cite Valentijn
comme source, ce qui n'est évidemment pas exact, car Valentijn
a quitté Ambon en 1712, et son grand ouvrage, Beschrijving
van Oud- en Nieuw Oost-Indiën, a paru de 1724 à 1726 (').
1777. Dimanche 30 mars (1er jour de Pâques), à 9 '/a b. du matin, diffé-
rentes secousses assez vives, accompagnées de bruits venant
du nord-ouest. Pas de victimes. Des ébranlements plus faibles
ont suivi jusqu'au 9 juin. Maandelijksche Nederlandsche Mercu-
rius XLIV, 1778, p. 205. A proximité de Liliboï il s'est formé
dans le sol, à la suite d'une des commotions, une crevasse de 12
pieds de long et tellement profonde qu'on n'en put trouver
le fond(?). A Alang, un quartier de roc de 4 toises de long
et 2 toises de large tomba à la mer; et de la montagne de
grandes masses de pierres sont tombées dans la vallée.
1781. Mentionné par Junghuhn, qui cite de nouveau à tort Valentijn
comme source; mentionné aussi incidemment dans une lettre
(1) Valentijn est parti d'Ambon, en mai 1713, par le navire Ouwerkerk; le 8 juin il
arrivait à Batavia ,,où il ne débarqua que le 13 de ce mois, un dimanche, parce que les
363.000 livres de girofles, que le navire contenait, devaient être d'abord décharg-ées" !
Valentijn II, 3, p. 381.
284
officielle du gouverneur des îles Moluques A. A. Elltnghuysen,
du 4 novembre 1885, par laquelle il fait savoir que, d'après les
rapports des plus anciens habitants d'Ambon. le tremblement
de terre de 1835 était beaucoup plus violent que ceux de 1781
et de 1830.
C'est peut-être le même tremblement de terre que celui
dont parle Labillardière, quand il communique que, 12 ans
avant son arrivée à Ambon, en 1792, il s'était produit dans
cette île un tremblement de terre. Mais, comme je ne trouve
nulle part mention d'un tel phénomène en 1780, je suppose
qu'on devra lire 11 ans au lieu de 12. M. Labillardière.
Relation du voyage à la recherche de la Pérouse, Tome I,
Paris, An VIII, édition in 4°, p. 324.
1815. JuNGHUHN (Java, édition allemande II, pp. 826, 839 et 923)
parle d'un tremblement de terre à Ambon, dans lequel le sol
s'ouvrit en divers endroits et vomit de l'eau, et qui accom-
pagna la violente éruption du Tamboro à Soumbawa; il cite
comme source: Raffles. History of Java I, p. 25. Toutefois,
dans la description que cet auteur donne de l'éruption du
Tamboro, il n'est question nulle part d'Ambon.
D'après Wichmann (Tijdschrift van het Koninklijk Neder-
landsch Aardrijkskundig Genootschap, XV, 1898, p. 18) la
source est : G. A. Stewart. Description of a volcanic éruption
in the Island of Sumbawa. The Edinburg Philos. Journ. 1820,
III, p. 392; il y est fait mention d'un violent tremblement de
terre à Ambon le 11 ou le 12 avril 1815, pendant lequel de
l'eau jaillit d'une crevasse dans le sol.
1823. 19 octobre. Lesson. Voyage autour du monde sur la corvette
la Coquille. (Trésor historique et littéraire) Bruxelles 1839,
m, p. 164.
Les rapports qui suivent sont empruntés pour la plupart au
Natuurk. Tijdschrift voor Ned. Indië.
1830. 28 mars, 10 heures du matin; mouvement horizontal de l'est
à l'ouest, assez violent; quelques maisons se sont écroulées.
De petits mouvements ont continué jusqu'au 7 avril 1830.
1835. 1 novembre, à 3 h. du matin. Violent tremblement de terre.
^85
dont il est question dans deux lettres du gouverneur Elling-
HUYSEN, que nous citerons plus loin, et dans un rapport du
1er lieutenant Janssen dans «de OosterlingD, Illde jaarg., le stuk,
p. 135. Les mouvements ont duré jusqu'à la fin de l'année.
1836. Dans cette année on a ressenti des secousses à diverses reprises,
principalement du 22 au 25 février, le 3 septembre, et violentes
le 16 septembre. «De Oosterling » , IlIde jaarg., le stuk, p. 139.
Communication de Janssen.
1837. Le 21 janvier, à 9 h. du soir. Violent à Haroukou, Saparoua
et Nousa laut. Ressenti aussi dans toute l'île d'Ambon, «Konst-
en Letterbode» 1837, II, p. 207.
1841. 16 décembre, à 2 h. du matin. Faible commotion; 1/4 d'heure
plus tard tremblement de mer; l'eau monta de 4 à 5 pieds
au-dessus de son niveau le plus élevé. A Bourou, entre 1 et 2 h.
du matin, tremblement de terre plus violent qu'à Ambon;
et à Amblau forte commotion de la mer. Il n'est pas impossible
que pour Ambon le mouvement fût venu de l'ouest.
1843. 18 janvier, 18 février, 15 mars, 14 avril, 15 mai, 3 et 8 août,
16 septembre.
1845. 20 juillet, dans l'après-midi, entre 1\'^ et 2 h. et le 21 juillet,
de 6V2 à 7 h. du soir. Secousses venant de l'est.
1849. 28 mai, le soir. Ce fut un tremblement de terre à Saparoua,
qui s'est propagé faiblement jusqu'à Ambon.
1850. 18 et 20 mars. (Junghuhn, Java II, p. 839, édition allemande),
7/8 (la nuit du 7 au 8) octobre. Et le 8 octobre, à 11 Vj h.
du matin, une secousse violente.
1851. 4 février, 7 et 24 juillet, 18 octobre, 20 novembre à 11 h. 55 m.
du soir.
1852. 26 novembre. Rien qu'un faible mouvement ondulatoire, mais
de longue durée, à 7 h. du matin. Il a duré 3V2 minutes et
fut suivi, à 8 h. 35 m. d'une commotion très sensible de la
mer. Les tremblements sur terre et sur mer furent très violents
à Banda, ainsi qu'à Céram et à Saparoua, et se sont même
fait sentir à Bourou, Batjan et Ternate. Dr. J. Hartzfeld.
Militair suramier ziekenrapport van Amboina over de jaren
1851 CD 1852. Geneeskundig Tijdschrift voor Nederlandsch-
2^6
Indië III, 1854, p. 249. On a probablement affaire ici à un
tremblement de terre tectonique, venant de Céram.
1853. 12 avril, à 4 h. 10 m. du matin, direction est-ouest; 13 et
16 avril; 30/31 décembre.
1854. 18 et 24 novembre.
1855. 12 mai, 5 octobre, 4 décembre.
1856. 10 mai.
1857. 8 février, 13 mai (tremblement de mer).
1858. 23 octobre, 9 novembre.
1859. Pas de tremblements de terre.
1860. 27 mai.
1861. 29 décembre. Léger tremblement de terre? Probablement des
vibrations aériennes dues à l'éruption qui eut lieu à Makian,
car à cette date, et aussi le 30 décembre, on a entendu des
bruits violents, comme des coups de canon, venant du nord-
nord-ouest (Verb.).
1862. 17 octobre, 17 et 25 novembre.
1863. Aucun tremblement de terre.
1864. 22/23 mai, 26 mai; 6, 7 et 18 septembre, 2 octobre.
1865. 1 et 28 janvier; 23 et 30 juillet; 29 août; 13, 22 et 23 décembre.
1866. 5 janvier.
1867. 21 mai, 20 décembre.
1868. 13 janvier.
1869. Pas de tremblements de terre.
1870. 13 février, 30 décembre. La dernière commotion s'est fait
sentir aussi à Hila, Saparoua, Amahei et Bourou.
1871. Aucune commotion.
1872. 11 avril.
1873. 2 mars, 4 novembre.
1874. 25 mars.
1875. Pas de tremblement de terre; le 13 août, à Hila.
1876. 11 avril; 28 mai (aussi à Hila), et à Bourou violentes com-
motions sur terre et sur mer; 27 et 28 juillet; 13 octobre.
1877. 6 juin (dans la nuit du 5 au 6 juin, à 12 h. 15 m.). De Banda on
rapporte une secousse dans la nuit du 6 au 7 juin, à 12 h. 20 m.
Ces heures sensiblement concordantes font pressentir qu'il s'agit
ici de la même secousse, et que la date 6/7 est fautive (voir
Javasche Courant 1877, nos. 56 et 78).
1878. 9 et 16 juin; 5 juillet; 17 et 18 octobre; 9 décembre.
1879. 22 mars; 2, 10 et 11 décembre.
1880. Pas de commotions.
1881. 13 janvier.
1882. 21 septembre, 10 octobre. L'un et l'autre aussi à Banda.
1883. 15 août, 26 novembre.
1884. 12 et 24 mars, 10 décembre.
1885. 30 mars, 2 avril et 30 avril; le dernier a été ressenti aussi à
Banda et à Ternate ; 1, 17, 22 et 29 mai (secousses presque
quotidiennes du 15 au 31 mai); 11 juin, 15 octobre, 9 décembre.
1886. 29 et 30 juillet, 4 août, 18 septembre et 12 décembre.
1887. 7 février, 18 juin, 8 et 15 juillet.
1888. Pas de commotions.
1889. 17 novembre.
1890. 24 décembre.
1891. 22 février et 10 août.
1892. 12 avril, 4 juin, 30 et 31 octobre. Ce dernier à midi; n'est
donc pas celui qui eut lieu à Banda, le 31 octobre à 9 h. 30 m.
du matin. 18 novembre et 24 décembre.
1893. 20 avril, 27 août.
1894. 9 et 12 juin, 4 septembre.
1895. Pas de tremblements de terre.
1896. 2 janvier, 12 avril, 10 novembre et 17 décembre.
1897. 28 octobre.
1898. 6 janvier, à 1'//, h. de l'après midi. Tremblement de terre très
violent. Dans ce mois, du 6 au 31, il y eut des secousses
presque quotidiennes, qui, en comparaison du choc principal,
étaient toutes très faibles et n'ont pas causé de dégâts. Le.
choc du 22 janvier, à 7 h. 15 m. du soir, a seul fait tomber
quelques pierres des murs déjà lézardés de l'hôpital. D'après
les observations qui ont été faites, du 22 janvier à fin mai,
par le personnel de l'hôpital et qui m'ont été communiquées
par le lieutenant-colonel J. A. B. Masthoff, on a ressenti des
secousses aux dates qui suivent. Je n'ai pas regardé comme
288
tremblements de terre ce qui figure dans le rapport sous le
nom de «gerommel en dreuningen» (bruits sourds et trépida-
tions), mais je l'ai considéré comme des ébranlements de l'air
dus à un tonnerre éloigné; il est possible cependant qu'il y
ait eu aussi de légers tremblements du sol.
Janvier. Du 6 au 21, tous les jours, d'après les habitants d'Ambon.
Janvier. Du 22 au 31 ; journellement, à l'exception des 23, 24 et
29 janvier, dates auxquelles on n'a pas ressenti de secousses
sensibles; des roulements souterrains sont signalés le 24. H
y a donc eu des commotions dans 23 jours, en janvier.
Février. Du 1 au 28. Pas de tremblement de terre les 2, 6, 9, 10,
13, 15, 21, 23, 25 et 26 de ce mois; le restant du mois, jour-
nellement. Donc 18 jours de commotions.
Mars. Du 1 au 31. Tremblements les 5, 6, 7, 8, 14, 16, 17, 18, 19,
24, 25, 26 et 30; donc dans 13 jours.
Avril. Du 1 au 30. Seulement le 4 et le 5 {le matin à 5 h. 25 m.,
la seule commotion que j'aie observée moi-même au chef-lieu
entre le 14 mars et le 28 mai, et qui fut très faible), les 10,
12, 13, 19, 20, 24, 27 avril; donc dans 9 jours.
Mai. Du ] au 31. Du 1 au 29 mai, rien. Le matin du 30 mai, à
12 h. 25 m. (nait du 29 au 30) 3 secousses; les deux premières
étaient faibles et de courte durée; la troisième, encore plus
faible.
Juin. Du 1 au 30. Rien.
Juillet. Du 1 au 22. Rien.
Juillet. 23. A 11 h. 14 m. du matin une secousse sensible, mais
faible. Cette commotion n'appartient plus au tremblement de
terre de janvier; les mouvements qui étaient la conséquence
de la forte commotion du 6 janvier ont pris fin le 27 avril,
donc environ 4 mois après le choc principal.
Après le 23 juillet, on ne mentionne plus qu'une seule
secousse à Ambon pour le reste de l'année 1898, notamment
le 21 novembre; elle a été ressentie aussi à Saparoua, et elle
y a produit quelques dégâts en crevassant les murs de la prison.
1899. 11 et 13 février; 16 mars; 21 et 22 avril; 14 et 15 juillet;
9 août; 30 septembre (c'est là le grand tremblement de terre
289
et de mer de Céram, qui s'est fait sentir aussi à Ternate et à
Banda); 7 et 24 octobre (le dernier aussi à Banda); 5 novem-
bre; 5 décembre.
1900. 24 octobre et 10 novembre.
1901. 11 février, 20 mars.
1902. 24 février.
1903. 13 octobre.
Parmi les secousses que nous venons d'énumérer, il y en a quelques-
unes qui ont été ressenties simultanément à Ambon et à Banda. Ce
sont les suivantes :
Août 1629 (violente à Banda, faible à Ambon).
17 février 1674 (violente à Ambon, très faible à Banda).
*26 novembre 1852 (violente à Banda, faible à Ambon).
(?) 6 juin 1877 (pas trop certain, car les dates ne correspon-
dent pas).
21 septembre 1882.
10 octobre 1882.
*30 avril 1885.
*30 septembre 1899.
24 octobre 1899.
Ensemble 9 tremblements de terre, dont 3, marqués d'un *, ont
été ressentis en même temps à Ternate, et dont le foyer était pro-
bablement à Céram. En laissant de côté la secousse un peu douteuse
du 6 juin 1877, il n'y a, parmi les 250 secousses ressenties à Ambon
et dans plus de 350 pour Banda, pas plus de 5 commotions com-
munes aux deux îles, cbiffre qui certes est d'une insignifiance
imprévue. L'indépendance des secousses dans ces deux îles se manifeste
encore plus clairement quand on considère les violents tremblements
de terre qui suivent, lesquels n'ont été ressentis que dans l'une des
îles ou qui ne l'ont été que faiblement dans l'autre:
12 et 17 mai 1644. Violent à Ambon, non ressenti à Banda.
17 février 1674. Violent à Ambon, faible à Banda.
18 août 1754. Violent à Ambon, nul à Banda.
1 novembre 1835. Violent à Ambon, très faible à Banda.
19
290
23 novembre 1890. Violent à Banda, nul à Ambon.
6 janvier 1898. Très violent à Ambon, non ressenti ou ressenti à
peine à Banda.
Les années qui suivent se caractérisent par des secousses parti-
culièrement nombreuses dans l'une des îles, mais qui n'ont presque
jamais été ressenties dans les deux à la fois.
Ambon. Banda.
25 secousses.
13
17
14
12
12
17
45
1
3
23
42
Cela montre une fois de plus que, pour Ambon et pour Banda,
nous avons afîaire à deux centres d'activité tout-à-fait distincts.
En laissant de côté les secousses tectoniques venues d'ailleurs, qui
se sont propagées jusqu'à Banda, les commotions dans cette île sont
produites par l'activité du volcan Gounoung Api, tandis qu'à Ambon
les tremblements de terre sont de nature exclusivement tectonique.
Sur les 5 tremblements de terre les plus violents, ceux des années
1644, 1674, 1687, 1754 et 1835, nous possédons des notions quelque
peu étendues, dont nous donnerons ici un extrait avant de passer
à la description de la commotion de 1898, la plus violente de toutes.
1853
4
1857
2
1859
—
1860
1
1861
—
1863
—
1867
2
1877
1
1885
10
1898
48
1899
13
1901
. 2
montre une fois
de
P
lus
, qu(
Tremblement de terre des 12 et 17 mai 1644.
Nous avons sur ce phénomène un rapport de Valextijn, dans Oud-
en Nieuw Oost-Indiën II, 2, pp. 145 et 146; nous l'avons déjà com-
muniqué en partie plus haut. Par la première secousse du 12 mai, les
murs furent lézardés et ils s'écroulèrent au second choc, celui du 17 mai,
291
probablement plus fort. La montagne en arrière d'Ambon était cre-
vassée en divers points, et les redoutes de Bagouala (c'est-à-dire Paso
Verb.), Hila et Oma (Haroukou) avaient beaucoup souffert. La com-
motion fut ressentie aussi à Houamoual (Klein-Ceram), bien (qu'elle
y fût moins violente qu'à Ambon. Il n'y est pas fait mention de la
direction des secousses; mais, comme Haroukou aussi avait été fort
éprouvée, ce qui me paraît le plus vraisemblable, c'est que cette
direction était de l'est à l'ouest. Il y eut un mort et un blessé.
Tremblement de terre du 17 au 18 octobre 1671.
Ce fut une violente commotion à Saparoua, qui fut ressentie aussi
à Haroukou, à Paso et au chef-lieu Ambon. Valentijn II, 2, p. 230,
a fait à ce sujet la communication suivante: "Entre le 17 et le 18
octobre un fort tremblement de terre à Honimoa (Saparoua Verb ).
Non seulement la redoute Velzen, à Hatouwana, fut renversée et la
forteresse Hollandia à Sirisorri démantelée, mais même le terrain et
les montagnes éprouvèrent en général de grands dégâts parl'éboule-
ment de divers fragments d'un poids incroyable, par les crevasses
qui se sont formées dans le sol, etc. . . . La plage de Hatouwana
s'était par suite affaissée de plus d'un pied; le récif qui se trouve
en avant de la négorie de Papero, encore bien davantage .... Et
cependant (bien (ju'on eût ressenti des secousses effroyables] il ne
périt que peu de personnes (leur nombre n'a pas été relevé, soit par
négligence, soit par ignorance). Depuis ce jour et cette heure, cette
commotion a bien duré encore un mois à Honimoa; la terre n'était
absolument pas en repos; puis elle a continué par intervalles toute
l'année, et à la même heure que les fortes secousses avaient lieu,
elles furent ressenties aussi à l'île d'Oma i Haroukou Verb.), à l'isthme de
Bagouala (Paso Verb.) et au fort Victoria (bien que moins violentes).
La seule secousse importante au fort a eu lieu le 12 juin 1673, le
soir vers 6 heures». Dans le tremblement de terre de 1671, l'ébranle-
ment est donc venu de Saparoua et s'est dirigé par Haroukou vers
Ambon; par conséquent, sa direction doit avoir été, pour Ambon, de
l'est à l'ouest, bien que cette circonstance ne soit pas mentionnée
d'une manière formelle.
292
Tremblement de terre du 12 juin 1673.
Celui-ci se rattache probablement aux précédents, car, après le mois
d'octobre 1671, des secousses se sont fait sentir «pendant plus d'une
année", mais par intervalles. D'après Valentijn II, 2, p. 230, il a
eu lieu le soir à 6 heures environ; «alors on a observé diverses
secousses violentes qui ont disloqué quelques-uns des murs intérieurs
du fort et quelques autres bâtiments en pierre.»
Grand tremblement de terre du 17 février 1674 (•).
Le récit de cette commotion vient, dans le travail de Valentijn,
immédiatement après celui des deux précédentes, 1. c. II, 2, pp. 230
à 237 (d'après Leupe, ce récit proviendrait de Rumphius, bien que
Valentijn n'en fasse pas mention. Voir P. A. Leupe, dans les Ver-
handelingen der Kon. Akademie van Wetenschappen, Afd. Natuur^
kunde, XII (^), 1871, pp. 17 et 61. Néanmoins, dans aucun des
documents anciens je n'ai pu trouver le nom de Rumphius comme
auteur de ce récit). J'en fais suivre ici les parties les plus importantes
«Le samedi soir, entre huit heures et demie et huit heures, par
un beau clair de lune et un temps calme, sans aucun bruit avant-
(1) Il est fait pour la première fois brièvement mention de ce tremblement de terre dans
une lettre adressée le 14 avril 1674 par le g-ouverneur d'Amboine, Antom Hurdt, au
gouverneur général à Batavia. Un deuxième rapport, plus étendu, figure dans une lettre
du même au même, en date du 17 juin 1674. Ces deux rapports ont été cités dans le
„Dagh Eegister gehouden int Casteel Batavia" Anno 1674, pp. 121 et 122 et pp. 173 à
175" édité en 1902. Le deuxième rapport est assez étendu; et il est probablement déjà un
extrait du „Cort Verhaal etc.", bien détaillé cependant; ce dernier n'existe pas dans les
Archives de l'Etat à la Haye, comme annexe à la lettre du 17 juin 1674. Il a été trans-
mis d'Amboine à Batavia, par lettre du 18 septembre 1674, et il en existe une copie aux
Archives de l'Etat. Le titre de cette pièce est: „Cor^ Verhaal van de schrickelijcke aart-
bevingen eenigen tijdt kerwaarts en toornaementUjk op den Yl fehmary dezes jaars 1674
met d' ongehoorde watervloedt mitsgaders droete ongelncken ende icondei'lijcke bgsonderheden
ontrent deselve ten dien dagen in d'eglanden van Amboina voorgetallen^ 9^^!l<^^< sulcx in het
dagregister neerstig en omstandig aangeteeckent eu daaruit getrocken is'\ Ce rapport a été
imprimé aussi sous un titre un peu modifié: ,,Waerachtig Verhael etc.". Gedruckt naer
de Copye van Batavia, In 't Jaer onses Heeren 1765.
Aux Archives de l'Etat il existe aussi une copie du Dagregister van Amboina over 1674.
On trouve toutes ces pièces dans Batavias Inkomend Briefboek 1675, NO. 3 (s'occupant
de 1674; et non dans le Briefboek de 1674, ainsi que le mentionne Wichmann, 39 p. 3,
note 2).
Le récit de Valentijn II, 2, pp. 230 à 237, est presque identique au „Cort Verhaal".
(2) Et non XIII, ainsi qu'il est imprimé par erreur sur le travail.
293
coureur, toute la province, savoir les régions de Leytimor, Hitou, Nous-
satelo, Cérain, Bourou, Manipa, Amblauw, Kelang, Bonoa, Honimoa,
Noussalaout, Orna et autres localités voisines (principalement les deux
premières) ont été éprouvées par des secousses et un tremblement
de terre si violents, que beaucoup de personnes croyaient que le grand
jour du Seigneur était arrivé .... 75 des «petakken» ou habitations
des Chinois, ainsi qu'une grande maison, se sont écroulées dès la
première secousse, qui était excessivement violente; sous les décom-
bres furent ensevelies 79 personnes, parmi lesquelles la femme du
Koopman (marchand-administrateur) Georgius Everhardus Rumphius,
avec la plus jeune de ses filles et encore deux personnes de sa mai-
son; puis, la veuve du secrétaire Johannes Ba.sting(1) et 4 autres
Européens; en outre, 35 personnes furent grièvement blessées à la
tête, aux bras et aux jambes on entendait continuellement
un vacarme, analogue à des coups de canon, qui venait de loin, le
plus souvent du nord et du nord-ouest (donc, un mouvement venant
du nord Verb.) ; d'où l'on pouvait conclure suffisamment que quelques
montagnes se déchiraient ou que des fragments s'en détachaient,
ainsi qu'on a pu le constater au point du jour sur le terrain de Hitou,
principalement aux montagnes de Wawani et de Ceyt. Le violent
ébranlement a duré toute la nuit, de sorte qu'on n'avait pas une
demi-heure de repos. Toutefois, les chocs les plus forts venaient d'en
bas, comme si l'on heurtait nos pieds avec de grosses poutres. On
pouvait aussi, en écoutant bien, entendre faiblement un clapotement
des eaux souterraines (!) L'église malaise fut tout- à-fait dis-
loquée; le pilier du sud avait dévié en dehors (ceci indique aussi
un choc venant du nord Verb.) La maçonnerie neuve non
encore parfaitement sèche du fort, était renversée depuis l'entrée
principale jusqu'à la cambuse de l'administrateur en chef ; les chemi-
nées avaient percé le toit; quelques-unes avaient culbuté par dessus
le toit .... La maison en pierre à l'« Eléphant » (Batougadjah Verb.),
servant de buanderie, s'est aussi totalement écroulée; elle est devenue
un amas de décombres; mais (grâce à Dieu', dans toutes ces ruines
on n'a trouvé qu'une victime, une femme mise en prison pour adul-
(1) Au Dagreg-ister van het Kasteel Victoria il y a „la veuve de l'ancien Secrétaire du
Conseil de Justice, Joannes Bastinck."
294
tère ; et même, personne n'a été blessé, sauf la petite fille du seigneur
Gouverneur, qui, en s'enfuyant du fort, reçut une blessure latérale
au front (le crâne était percé). «
«Dans les montagnes de Leytimor, ainsi qu'on Fa appris quelque
temps après l'événement, le tremblement de terre a été aussi ressenti
très fortement. A Nakou, 7 maisons étaient démolies, et plusieurs
grosses pierres, détachées de la montagne, ont passé en roulant à
côté de quelques personnes, mais sans produire de dégâts .... La
route entre Oma (faute d'impression: il faut Ema, car Orna est l'île
d'Haroukou, et ici il est question du village d'Ema Verb.) et Soya
(Soja di atas Verb.) était crevassée sur une étendue d'au moins
2S toises; en certains endroits cette crevasse avait 2 à 3 pieds de
largeur, en d'autres elle était comme entaillée».
Vient ensuite le récit des événements à la côte nord de Hitou,
où des courants de boue et une commotion de la mer ont occasionné
beaucoup de désastres.
Au même moment que le tremblement de terre fut ressenti au
fort, on le constata depuis Louhou jusqu'à Ceyt, c.-à-d. s' étendant
du sud au nord: il fut suivi bientôt d'une épouvantable «montagne
de mer» (comme on l'a appris plus tard de personnes dignes de foi)
aux environs de oud- (vieux) Lebelehou (au-dessus de Saïd Verb.).
Surgissant du sol elle s'éleva brusquement à pic, se porta un peu
du côté de la mer, puis se sépara en 3 parties, dont 2 se sont
dirigées vers l'intérieur de l'île et la 3e vers la mer, enlevant sur
leur passage, arbres, maisons, hommes, en un mot tout ce qu'elles
rencontraient. Les dégâts causés à cette côte seront mentionnés plus
loin; certainement 2243 personnes périrent, dont 31 Européens, ce
qui fait avec les 79 qui précèdent un total de 2322 victimes».
La suite du récit fait voir qu'il y a eu non seulement des torrents
de boue, mais un véritable tremblement de mer, par lequel le fond
de la mer devint visible entre Noussatelo (les trois îles pi'ès d'Asi-
loulou) et Ourien (Ouring).
•<A Noussatelo, l'eau s'était en un instant écoulée si loin du côté
d'Ourien, qu'on ne voyait plus que le fond, sur lequel on reconnais-
sait à peine encore un peu d'eau; puis, elle est revenue, et 3 fois de
suite elle coula ainsi d'un côté à l'autre de la partie la plus basse de
295
l'île, au centre de laquelle les vagues venaient s'entrechoquer avec
violence .... A Hitoulama, on estime que l'eau a monté de 10 pieds
plus haut que d'habitude .... A Mamalo, environ 40 maisons de
la négorie ont été emportées, mais aucun homme n'a péri .... Il
est à présumer, que la montagne liquide dont nous venons de parler
est sortie de dessous la localité mentionnée, oud-Lebelehou, ou du
moins que l'eau est venue de la terre ferme même de Hitou, parce
que plusieurs personnes qui se trouvaient dans des bateaux, à peu
de distance du rivage, n'ont observé d'autre mouvement qu'une
légère agitation. Cette colonne liquide, après s'être dirigée un instant
vers la mer, s'est divisée en 3 parties; l'une est allée à l'est, vers
Ceyt, une autre à l'ouest, vers Negri Lama et Ourien; la troisième
a pris son cours directement vers la côte de Céram, ou du côté du
cap «drooge rijst-hoek». Cette eau avait une si mauvaise odeur, que
les gens qui se trouvaient dans des bateaux, à une faible distance
de la côte, se sentaient mal à l'aise ou tombaient faibles; elle était
si sale, que ceux qui y étaient tombés paraissaient sortir de la
boue .... Les deux hautes montagnes de Wawani et de Manisau,
en arrière de Ceyt, ont jeté dans les vallées voisines des fragments
de roche tels, que le cours de la rivière qui coule entre les deux en
a été bouché; il s'est formé ainsi en haut un lac intérieur qui, non
sans danger, menace de se déchaîner un jour ou l'autre. La vague qui
traversa le «drooge rijst-hoek», ou passa à côté de lui, causa aussi
des dégâts à Klein-Ceram ou pays d'Houwamohel. La plage, à l'ouest
du récif, fut changée en sable et un grand fragment du cap Way,
du côté de l'est, fut englouti. La négorie près de la forteresse Over-
burg, à Louhou, fut totalement emportée avec tous ses canots, car
l'eau s'y éleva à un niveau qui dépassa de 3 brasses le niveau
ordinaire».
11 est impossible d'attribuer cette dernière catastrophe au torrent de
boue venant de la rive opposée ; elle doit avoir été produite par une
commotion de la mer qui, ainsi que nous l'avons vu, a été ressentie
aussi beaucoup plus à l'est, à Hitou larna et à Mamala, donc bien
loin des torrents de boue de Saïd, et qui y a fait monter le niveau
de la mer de 10 pieds.
«On a aussi ressenti les secousses à Bourou, à Amblauw et à Manipa,
296
à Kelang et à Bonoa ; et à Manipa on a observé aussi le soulèvement
des eaux .... Le tremblement de terre a été également violent à
Oma, à Honimoa et à Noussalaout .... De Banda on reçut la
nouvelle, que le même jour et à la même heure, aussi par un clair
de lune et un temps calme, il y a eu quelques légères secousses et
une faible crue des eaux; mais il n'y a pas eu de dégâts .... Le
dimanche six mai, lorsque le phénomène avait déjà diminué pendant
une quinzaine de jours, on a de nouveau ressenti 2 fortes commotions-'.
Telles sont les parties les plus importantes de ce rapport relative-
ment détaillé. On y a quelque peu entremêlé les effets des torrents
de boue et des commotions de la mer; mais il montre clairement
qu'on avait affaire à un tremblement de terre et de mer, et que le
dernier s'est fait ressentir principalement à la côte du nord de Hitou ;
mais il n'y est pas question d'un mouvement quelque peu important
des eaux de la baie d'Ambon. Puis, on y voit encore que l'ébranle-
ment venait du nord, et que les torrents de boue étaient produits
par les eaux des rivières, qui, mélangées au sable et à l'argile pro-
venant de l'éboulement des montagnes, sont descendues du flanc
nord du Touna ; l'une de ces rivières paraît même avoir été endiguée
totalement pendant quelque temps, de manière à former un petit
lac ou une mare bourbeuse. Mais à aucun endroit ce rapport ne
donne lieu de croire à une éruption du Wawani ou d'une autre
montagne d'Ambon, pendant la grande catastrophe de 1674.
Les dernières secousses dont il soit fait mention, ce sont celles du
6 mai 1674; elles sont donc arrivées 2 '/a mois après le choc principal.
Tremblement de terre du 19 février 1687.
Il a été décrit par Valentijn, qui était venu à Ambon à peu près '/^
d'année auparavant (^) et qui, en qualité de témoin oculaire, rapporte
ce qui suit (Le. II, 2, p. 248): «Le 19 du mois suivant on a eu ici un
tremblement de terre si violent qu'on n'en avait pas ressenti de pareil
depuis l'année 1674. Il commença un certain soir à peu près
(1) Valentijn est arrivé à Ambon le 30 avril 16S6, avec la flûte Voorschoten (van
Troostenburg de Bruijn. Biog-raphisch Woordenboek van Oostindische Predikanten,
pp. 436 et 437).
297
à six heures et -demie De toute la journée on n'avait rien
ressenti qui pût faire croire à un tremblement de terre; mais
j'avais à peine reconduit sa Seigneurie et Madame son épouse (le
gouverneur Padbrugge et sa femme Verb.) qu'il arriva une forte
secousse, et puis un mouvement si violent de la terre que je ne
savais ce qu'il m'arrivait; car j'avais vraiment des nausées, comme
une personne atteinte du mal de mer; je voyais et je sentais au-
dessous de moi le sol s'élever et s'abaisser comme les vagues de la
mer; et le mouvement était si violent, que les branches des arbres
de la route, près de notre habitation, se recourbaient jusqu'à terre.
C'était effrayant à voir, et personne ne pouvait se tenir sur ses jam-
bes; tout le monde était obligé de s'asseoir par terre pour ne pas
tomber .... Le premier choc et les secousses suivantes ont bien
duré un quart d'heure; mais vers huit heures et demie, il survint
un nouveau choc si violent, suivi de mouvements si intenses, que
nous n'avons pas osé nous aventurer dans la maison de toute la
nuit Après cette date, nous avions tous les jours un léger
bercement, ou bien une faible commotion, qui ont continué jusqu'à
l'arrivée de Monsieur Dirk de Haas (lequel parut ici le 4 avril avec
le vaisseau Sumatra); de sorte que ce jour même il y eut encore un
tremblement de terre bien que je n'aie pas appris qu'il eût
causé d'autres dégâts que la chute de 4 ou 5 maisons dans la mon-
tagne et de nouvelles crevasses qui se sont produites dans les murs
du fort.»
Tremblement de terre du 18 août 1754.
On trouve un rapport sur ce tremblement de terre dans le Dag-
verhaal van Amboina ten Kasteele Victoria, Anno 1754, reproduit
dans les Nederlandsche Jaarboeken, Negende Deels Tweede Stuk,
bdz. 814—831 Amsteldam 1755.
Ce rapport débute ainsi «Le dimanche 18 août il a plu à Jéhovah
d'envoyer dans ce pays, l'après-midi un peu avant quatre heures,
par un temps calme et un ciel serein, un tremblement de terre si
violent, venant de Vest^ que de mémoire de personnes vieilles, et même
d'un âge très avancé, on n'en avait jamais ressenti de pareil ; l'ébran-
lement fut si fort qu'il semblait que la terre allait être mise en
298
pièces avec tout ce qu'elle portait ; ce qui fait que les personnes qui
se trouvaient à l'église ou dans les maisons, ainsi que les militaires
qui étaient au fort, devaient en toute hâte s'enfuir pour éviter le
danger imminent de l'effondrement de ces lourds bâtiments.»
On a reconnu bientôt que ce mouvement venait en réalité de l'est,
par les rapports reçus de l'île d'Haroukou, située à l'est d'Ambon,
où la commotion a été la plus forte; le choc principal j a eu lieu
à 3 '/a h.; il fut suivi bientôt d'une crue des eaux de la mer; et entre
le 18 et le 20 août on a ressenti 64 secousses, 38 du 21 au 23 août et 20
du 24 au 31 août; ce qui fait ensemble 122 secousses; le 7 septembre, de
grand matin, il survint encore une secousse, presqu'aussi violente que le
choc principal du 18 août, accompagnée aussi d'une élévation des eaux.
Les piliers du hangar du marché, à Ambon, n'étaient pas couchés
vers le nord ou le sud, mais vers l'ouest. Le rapport dit à ce sujet:
«On a eu dans cette épreuve un témoignage manifeste de la miséri-
corde divine, car elle est arrivée précisément un dimanche, avant la
troisième sonnerie des cloches; si elle s'était produite un autre jour
de la semaine, des centaines de personnes y auraient perdu la vie;
un jour de marché p ex., où trois à quatre cents personnes viennent
ici pour leur commerce; et si la catastrophe avait eu lieu juste avant
ou après l'heure du service divin, il y aurait eu aussi plus de victi-
mes, car le «passer» (hangar du marché), qui reposait sur soixante
quatre piliers en maçonnerie et était recouvert d^une toiture en tuiles,
était tellement ravagé que la vue en faisait frémir; tous les piliers
étaient par terre, tournés vers Vouest^ et démolis jusqu'à la base»-.
De plus, l'hôpital et l'hôtel de ville s'effondrèrent en partie; et le
fort, le quartier, le chantier, les églises hollandaises, le moulin à
poudre et l'église malaise furent endommagés. Par l'eftbndrement du
hangar du marché et la chute des murs, 6 personnes furent tuées,
savoir 5 femmes esclaves et 1 enfant. Le rapport dit encore: «Au
chantier de l'Equipage de la Compagnie, au -Roodenburg», et en
d'autres endroits encore, l'eau a jailli du sol comme d'une fontaine,
mêlée à une espèce de sable bleuâtre, comme si c'était de la boue,
avec dégagement d'une vilaine odeur de soufre; de plus, en beaucoup
d'endroits, il s'est produit dans le sol des déchirures larges de deux
doigts et plus".
299
A Ambon il y a en le 18 août 14 secousses; le 19, 21; le 20, 9;
le 21, 8; le 22, 7; le 28, 3; le 24, 1; le 25, 2; le 27, 1; le 28, 1;
le 30, 2 et le 31 août 1 secousse; ensemble donc 65 commotions.
Puis il y a eu encore une secousse le 6 septembre, 2 le 8 septembre
et 1 commotion faible le 10 septembre.
Le tremblement de terre à été également violent à Saparoua; les
secousses y ont duré du 18 août au 3 septembre; mais elles n'ont
occasionné aucun dégât. Après le choc principal du 18 août, il y a
eu ici également une crue de la mer.
A la redoute, au corps de garde et à l'habitation du sergent, à
l'isthme de Bagouala, il y a eu des dégâts considérables; à Hitou
lama, à Hila et à Lariké on a ressenti aussi de nombreuses secousses.
Enfin, le phénomène a été ressenti fortement à l'île de Manipa.
Il n'existe pas de rapports en ce qui concerne les îles Kelang et Amblau.
Le foyer de cet ébranlement paraît s'être trouvé près d'Haroukou ;
et le mouvement s'est propagé de cet endroit vers l'ouest et vers l'est.
Tremblement de terre du V novembre 1835.
Il est fait mention de cette commotion dans deux lettres officielles,
du 4 novembre 1835 et du 2 mars 1836, adressées par le gouverneur
des îles Moluques A. A. Ellinghuysen au gouverneur général, et
qui reposent dans les archives du bureau de la résidence à Ambon.
11 y est rapporté, que le phénomène eut lieu de bonne heure, dans
la matinée du 1 novembre, à 3 heures. Une caserne bâtie en pierres,
à deux (!) étages, s'est efîondrée, tuant 21 soldats et 9 femmes et
enfants. D'autre part, par l'efiondrement de maisons et de murs,
12 hommes et 17 femmes et enfants périrent encore ailleurs, ce qui
fait en tout 59 victimes. 66 personnes furent blessées. La direction
des premières secousses, les plus violentes, était incertaine; mais les
commotions suivantes, qui ont continué encore pendant Vj^ mois
après le Ir novembre, venaient la plupart du nord et du nord-ouest,
exactement comme pour le tremblement de terre de 1674. Les mon-
tagnes de Hitou, vis-à-vis d'Ambon, du côté de l'isthme de Bagouala
(Paso), étaient crevassées çà et là, et les terres meubles s'étaient éboulées
en divers points. Les dégâts se sont élevés à 300 000 fl. environ. Quant
aux effets de ce tremblement de terre à la côte nord de Hitou, ces
800
missives ne fournissent pas de données à cet égard, et il n'y est pas
davantage question d'un mouvement des eaux.
Dans la publication «De Oosterling», 3« deel, Iste stuk, 1837, on
trouve aux pages 137 à 139 quelques communications sur cette com-
motion, données par le 1"^ lieutenant H. H. C. A. Janssen, en 1835
commandant civil et militaire de Saparoua. D'après lui, le choc a
eu lieu la nuit, à 2^j^ h. Le nombre des morts, comm. unique par
lui, s'élevait à 149; et le 16 novembre il y en avait encore 6; ces
chiffres ne concordent donc pas avec ceux du rapport officiel du
gouverneur Ellinghuysen, probablement parce que Janssen ne se
trouvait pas à Ambon durant la catastrophe, et qu'il a reçu ces
chiffres d'autres personnes.
Tremblement de terre du 6 janvier 1898.
Cette commotion très violente a eu lieu l'après-midi, à une heure
et quart. Aux jours qui précédaient le 6 janvier, il n'y avait pas eu
de secousses à Ambon; mais ce jour même, à midi et demi, on
ressentit quelques secousses verticales, d'après les uns 4, d'après
d'autres 6 ou 7; elles n'ont pas donné beaucoup d'inquiétude, car
de pareilles secousses faibles se produisent très souvent à Ambon.
Toutefois, elles étaient pour les instituteurs une raison de fermer les
écoles un peu plus tôt que d'habitude. Le choc principal survint
brusquement, sans avoir été annoncé par un roulement souterrain;
il y avait cependant des personnes qui croyaient avoir entendu cer-
tainement de pareils bruits, mais non séparément, car ils coïncidaient
entièrement ou presque entièrement avec le vacarme des maisons
qui s'effondraient, des meubles qui se renversaient et des verreries
qui se brisaient. D'autres au contraire prétendent avoir entendu des
bruits sourds venant du nord (probablement dans une direction nord
un peu ouest).
Les renseignements que l'ingénieur Koperberg, qui m'a été adjoint
pour l'exploration, et moi-même nous avons reçus après le 14 mars,
donc plus de deux mois après le cataclysme, de la part de témoins
oculaires, laissent beaucoup à désirer au point de vue de la précision
et des détails, comme c'est le cas d'ordinaire dans de pareilles cata-
strophes. Cependant, en les combinant avec nos observations locales,
SOI
nous avons pu nous former de ce phénomène imposant une idée
assez exacte, que nous allons exposer dans les pages suivantes.
Les effets du tremblement de terre furent très différents dans les
diverses parties de l'île d'Àmbon ; on peut y distinguer trois terrains ;
un premier terrain, où les dévastations étaient fortes ; un second, où
elles étaient faibles et un troisième, où il n'y a eu pour ainsi dire
aucun dégât.
I. Le premier terrain est naturellement le plus important; il a la
forme d'une bande relativement étroite, qui s'étend au travers d'Am-
bon. Les localités Wakal, à la côte nord de Hitou, et Ambon. à la
côte nord de Leitimor, ont le plus souffert; et la ligne qui joint
ces deux points est celle où l'action a été la plus violente. Plus on
s'éloigne de cette ligne, vers l'ouest ou vers l'est, plus la secousse
était faible. Toute cette bande n'a pas plus de 4 à 472 ^^^- ^^ ^^^"
geur, car la négorie Hitou lama p. ex., à l'est de Wakal, n'a été
que fort peu éprouvée.
Cette zone contient, outre Wakal, tout le terrain à la côte sud de
Hitou, entre Sahourou, Nipa et Roumah tiga. Ensuite, toute la partie
de Hitou comprise entre ces localités et Wakal, une contrée totale-
ment inhabitée, mais où se sont produits de grands éboulements de
terrain. De l'autre côté de la baie vient le chef-lieu Ambon; puis,
le terrain qui s'étend jusqu'à la baie Roupang, à la côte du sud. Ici
encore de grandes portions du terrain quaternaire et du granité forte-
ment désagrégé se sont éboulées, de sorte que les routes étaient devenues
impraticables en partie. Toutefois, la dévastation était ici beaucoup
plus faible que plus au nord, ce que l'on doit attribuer sans doute
à la nature du sous-sol, qui se compose d'un massif granitique.
Causes du tremblement de terre. Le terrain le plus fortement éprouvé,
ce qu'on appelle <de domaine 'pleistoseiste>>, n'a donc pas ici la forme
d'un cercle où d'une ellipse, comme pour tant d'autres tremblements
de terre, mais celle d'une longue bande, relativement étroite, ce qui
montre clairement qu'on a affaire ici à un tremblement tectonique;
or, comme nous avons constaté plus haut, lors de la description
géologique, l'existence, au sud d'Ambon, d'une faille qui se prolonge
au nord par Ambon et au sud, probablement par les monts de
péridotite Loring ouwang et Eri samau, vers la Labouhan Roupang,
â02
à la côte du sud, il est tout naturel d'attribuer le tremblement de
terre à une nouvelle dislocation le long de cette crevasse ou faille
dans la croûte terrestre. Depuis la formation de cette crevasse, qui
est au moins d'âge pré-crétacé, il s'est produit sans doute très souvent
des mouvements, qui se continuent encore de nos jours et se mani-
festent par des vibrations de la surface, occasionnées par des secousses
plus ou moins obliques, qui peuvent produire des ondulations horizon-
tales aussi bien que des secousses verticales. Comme le nombre des
maisons écroulées verticalement est relativement plus élevé à Wakal
qu'à Ambon, le choc parait s'être produit plus d'aplomb à Wakal
qu'à Ambon, c'est à dire dans une direction se rapprochant davantage
de la verticale.
Comme Hitou se compose, dans sa partie centrale, de gravier
meuble et de calcaire corallien, la faille n'a pu y être constatée;
mais l'effet du tremblement de terre vient nous éclairer sur ce point
et nous montre que la crevasse s'étend, depuis Ambon, dans la
direction de Wakal et probablement plus loin encore, par la baie
de Pirou vers l'étroite langue de terre qui relie Céram à Houamoual
(Klein-Ceram).
Je parlais tantôt d'une dislocation et non d'un déplacement ou
d'un glissement le long de cette faille, parce qu'un tel déplacement,
si tant est qu'il ait eu lieu, doit avoir été de peu d'importance,
car nulle part on n'a pu constater à la surface un changement de
niveau qui se serait produit pendant le tremblement de terre.
Le foyer des mouvements souterrains, que nous devons nous
représenter ici non comme un point, mais plutôt comme une ligne
ou même comme un plan sensiblement vertical, d'une notable étendue,
doit avoir été situé en-dessous de Wakal, ou un peu au nord de
cette localité, puisque cette négorie a eu tant à souffrir de secousses
verticales. Il parait que lors des tremblements de terre antérieurs tel ne
fut pas toujours le cas; il en fut bien ainsi en 1835, mais non en
1674, car alors il y eut en même temps un tremblement de mer, de
sorte que le fond de la baie de Pirou a dû être atteint plus fortement
à cette époque qu'en 1835 et en 1898. A propos de la violente com-
motion de 1898, on fait à peine mention d'un mouvement sismique
de la mer à la côte nord de Hitou; et dans la baie d'Ambon, les
303
mouvements de la mer n'étaient pas non plus très violents; on
rapporte seulement que les navires amarrés dans la rade ont éprouvé
une forte houle, et qu'un bateau à vapeur amarré près du hangar
au charbon a buté contre le quai. Mais dans ce tremblement de
terre, on n'a pas eu affaire à un tremblement de mer proprement
dit, c'est à dire à une suite d'oscillations ; ce qui prouve que le fond
de la baie d'Ambon n'a pas pu être ébranlé tout entier et que les
mouvements ne se sont pas propagés de l'ouest ou de l'est vers
Ambon, car dans ce dernier cas on a toujours constaté des mouve-
ments de la mer tout autour de cette île. C'est uniquement grâce à
l'absence d'un mouvement considérable des eaux que le nombre de
victimes a été beaucoup plus petit en 1898 qu'en 1674, bien que la
commotion la plus récente ait été incontestablement la plus violente
qu'on ait jamais éprouvée à Ambon.
C'est par Ambon que nous commencerons la description des localités
dévastées, parce que c'est pour cet endroit que nous avons pu ras-
sembler le plus grand nombre de données. En effet, non seulement
la plupart des personnes qui pouvaient nous renseigner demeurent
à Ambon, mais d'autre part il y avait là, malheureusement, de
nombreux édifices en pierre, dont la chute dans une direction
déterminée indiquait la direction du choc. Mais, en «'écroulant, ces
bâtiments ont fait de nombreuses victimes; les murs en pierre se
rompent à la base et, le plus souvent, se renversent immédiatement
en écrasant les habitants. Les lourds toits couverts de tuiles en pierre
doivent également être condamnés. Si dans ce terrain, exposé aux
ébranlements sismiques, on n'avait, comme de raison, construit que
des bâtiments en matériaux légers, en planches ou en gaba-gaba
(pétioles des feuilles du palmier sagou), avec une toiture légère en
atap, alors, même dans un tremblement de terre aussi violent que
celui de 1898, le nombre des victimes aurait été peu élevé.
1. Ambon.
Un plan d'Ambon, à l'échelle 1 : 5000, est représenté fig. 54 de
l'annexe V ('). On y a indiqué les maisons qui se sont effondrées
(1) Lors de ma visite à Ambon, en 1904-, je me suis aperçu que les noms de certaines
ues avaient été changés depuis 189S. La Doodenstraat et la Groeneg-euzenstraat s'appellent
à présent toutes deux Groeneg-euzenstraat. Seblah graaf est devenu Ellinkhuizenstraat
m
complètement, celles qui n'ont été démolies qu'en partie, les bâtiments
dont les murs sont seulement lézardés, les habitations légèrement
endommagées et enfin celles qui n'ont rien souffert. Les flèches
indiquent dans quel sens les murs se sont renversés.
Un coup d'œil sur ce plan fait voir, que la très grande majorité
des flèches sont dirigées sensiblement au nord-ouest ou au sud-est,
et que par conséquent la direction de la commotion doit se trouver
dans un plan orienté du nord-ouest au sud-est. Toutefois, cette déter-
mination ne peut être très précise, car les murs tombent toujours
perpendiculairement à leur orientation; et comme le front des mai-
sons n'est pas toujours en ^parallélisme, la direction dans laquelle
les murs du nord se sont renversés ne peut pas être constamment
la même. D'autre part, comme les murs orientés dans le sens du
choc ne peuvent pas se renverser dans cotte direction, ils auront
pris une position tout-à-fait différente. Effectivement, on a rencontré
différents murs de bâtiments, ou de petites clôtures de propriétés,
qui étaient couchés vers le sud-ouest, entre autres dans la Paradijs-
straat. Et même on a constaté que pour une seule et même maison
le mur du nord était tombé au nord-ouest et celui de l'est au sud-ouest.
Dans la partie occidentale d'Ambon, nombre de murs se sont ren-
versés non seulement dans la direction normale ± nord-ouest, mais
encore dans une direction perpendiculaire à celle-là, savoir à peu
près vers le nord-est; tel est le cas pour les entrepôts (plan n°. 38)
à l'embouchure de la rivière Titar; par contre, dans la partie orien-
tale, p. ex. à la maison de M. Moorrees (plan n". 8), beaucoup de
murs sont tombés vers le sud-ouest. Je crois ne pas devoir attribuer
cette circonstance à la cause que je viens de citer, mais à un second
mouvement, sensiblement perpendiculaire à la secousse principale,
et qu'on a constaté aussi ailleurs. La faille dont nous avons parlé
plus d'une fois, où le choc était le plus violent, longe à peu près
la Prinsenstraat ; elle s'étend sous la prison (no. 48), qui s'est écroulée
et Moordenaarsstraat est devenu Pretoriastraat. La partie nord de la Prinsenstraat s'appelle
maintenant Kleine Olifantsstraat. Le chemin qui conduit de la maison de la résidence
à Batou merah, en longeant le côté est d'Ambon, se nomme à présent Batou g-adjah-laan.
depuis la maison de la résidence jusqu'à la Prinsenstraat; il porte le nom de Batou medja-
straat jusqu'à la Hospitaalstraat, et plus loin, jusqu'au pont sur la rivière Batou merah,
celui de Bëlakang- Soja-straat.
305
d'aplomb, et sous l'école moyenne (burgerschool) (n°. 45) en se diri-
geant vers la mer. Tout ce (^ui se trouve à gauche de cette faille
semble avoir éprouve, outre le choc principal, une secousse vers le
sud-ouest; ce qui se trouve à sa droite, une commotion vers le nord-
est; de sorte que dans ces parties de la ville beaucoup de murs se
sont renversés perpendiculairement au choc principal, et la plupart
même à V encontre de la secousse secondaire, c.-à-d. au nord-est pour
la partie occidentale d'Ambon et au sud-ouest pour la partie orientale.
A la grande église protestante (n'\ 35), il a été possible de déter-
miner d'une manière précise la direction suivant laquelle le choc
s'est produit. Les 8 lampes à vernis noir, suspendues dans ce temple,
se sont mises à osciller sous la secousse ; par le mouvement régulier
des poutres auxquelles les lampes étaient fixées, ces oscillations ont
constamment augmenté d'amplitude, jusqu'à ce que finalement, par
un écart de 45^, les lampes ont frappé contre les murs de l'église et
y ont laissé des taches ou marques noires, qui ont permis de déter-
miner très exactement pour chacune d'elles le point de rencontre
avec le mur. En joignant ce point au point de la lampe à 3 branches
qui a frappé le mur, on a naturellement obtenu avec précision la
direction de la secousse; on a trouvé ainsi, tant pour les 4 lampes
du sud que pour les 4 lampes du nord, 310° vers 180°, donc une
différence de 5° seulement avec la direction du nord-ouest au sudr
est. En d'autres points d'Ambon la direction paraît avoir été de
315° et même de 320° ; des crevasses dans les carrelages des maisons
du fort sont e. a. perpendiculaires à la direction de 320°.
Il est donc clair que nous avons affaire ici principalement à un mou-
vement ondulatoire ; et ce mouvement a même été vu et senti distincte-
ment par certaines personnes qui se trouvaient dehors, à tel point
qu'elles étaient obligées de s'asseoir au plus vite pour ne pas tomber.
Nous citerons plus loin des faits qui prouvent qu'il s'est produit
également des chocs suivant la verticale.
La maison de la résidence, construite en planches (plan n°. 1), a
peu souffert. Toutefois, les murs d'une nouvelle bâtisse, accollée à
la galerie de derrière, étaient crevassés; et, des annexes en pierre
(no. 2) , l'une était totalement effondrée et l'autre partiellement.
La maisonnette de bains (avec une tête d'éléphant en pierre, d'où
20
806
le nom «batou gadjah») était aussi fort endommagée. Ainsi qu'on
peut le voir au plan, ces bains recevaient l'eau par une conduite
qui communique avec la rivière Batou gadjah; l'eau s'écoule dans
un étang du jardin du résident, et de là, sous le nom de Waï
Titar, vers la mer en passant par le quartier des Chinois.
Le n". 4 est ce qu'on nomme la «maison pour tremblements de
terre» du résident; c'est la maison la plus grande et la mieux bâtie
de cette) espèce dans tout Ambon; elle est construite en planches
avec une toiture en atap très légère. Les mouvements y ont été aussi
violents que partout ailleurs à Ambon ; les occupants ont été jetés
sur le sol, et cependant la maison n'a pas du tout souffert par la
commotion.
Les piliers en pierre placés devant le cimetière européen (no. 5)
se sont tous- renversés, mais il n'a pas été possible de constater dans
quelle direction ils étaient tombés, car, à mon arrivée, ils avaient
déjà été enlevés. Divers édifices en pierre étaient plus ou moins
endommagés et l'un d'entre eux mérite une mention spéciale. C'est
le monumemt du tombeau de G. C. Ch. Kohler, «résident nommé
de Banda», érigé en 1838. Il est bâti en briques et les faces étaient
enduites de plâtre. Ce monument est représenté fig. 53 de l'annexe
IV ; la base est en forme de prisme carré ; en haut il se termine par
une petite pyramide quadrangulaire. Lors du tremblement de terre,
la colonne s'est rompue suivant un plan de jonction horizontal, et
il ne resta plus aucune liaison entre les deux parties. Or ce qui est
remarquable, c'est que la portion supérieure libre a tourné de 20° sur
la partie inférieure du monument, dans la direction indiquée par la
flèche dans la fig. 53, de sorte que l'azimuth de l'une des faces laté-
rales, qui était auparavant de 20°, est réduit maintenant à 0° ; cette
face s'est donc orientée exactement vers le nord. En projection hori-
zontale, ce fragment supérieur du monument se présente comme un
carré avec deux diagonales, et on reconnaît que ce fragment s'est
déplacé d'une telle façon, que la direction du choc, qui était de 315°
environ, coïncide avec Vune de ces diagonales. Après la rupture, les
faces du prisme ainsi que les faces inclinées de la pyramide furent
atteintes différemment par la commotion, ou plutôt par le mouvement
ondulatoire du sol; la pyramide supérieure chancela quelque temps
307
de côté et d'autre jusqu'à ce que, par la coïncidence de la direction
du choc avec l'une des diagonales, il se fût établi une sorte d'état
d'équilibre, la partie supérieure s'étant placée symétriquement par
rapport au plan vertical passant par la direction de la secousse. Je
pense que cette explication est applicable à d'autres cas encore, ob-
servés dans les tremblements de terre antérieurs, où l'on a cru devoir
invoquer un mouvement excentrique autour d'un certain point qui
n'était pas situé dans l'axe du monument. Dans un mouvement pa-
reil, il faut qu'au point de rotation il reste au moins encore quelque
liaison entre les parties supérieure et inférieure, ce qui certes n'était
pas le cas pour le monument dont nous parlons.
Dans la partie septentrionale d'Ambon, où sont situés les quartiers
Halong, Mardika et Soja di bawah, les murs sont tombés en partie
dans la direction normale, p. ex. à l'ancienne villa Rodenberg (n". 7),
à la maisonnette n«. 10 et autres ; tandis que pour la maisonnette
n°. 8 de M. Moorrees, et celle n". 9 de M. Tuinenburg, occupée
alors par le capitaine intendant Kloppel, les murs et les armoires
se sont renversés, partie au nord-ouest, partie au sud- ouest, soit
qu'ils ne pouvaient se déplacer dans la direction de la mer, soit par
l'effet du mouvement secondaire déjà cité plus haut, perpendiculaire
au premier, et dirigé par conséquent du sud-ouest au nord-est. Les
objets renversés par cette commotion sont presque tous tombés à
rencontre du choc, c'est à-dire vers le sud-ouest.
Dans l'atelier du « Waterstaat » (administration des ponts et chaus-
sées) (n". 11) tout était tombé du coté de la mer, donc dans la direc-
tion normale; il en était de même à la cantine militaire (n°. 12).
Les deux murs, à la face du nord-ouest et à celle du sud-est,
s'étaient écroulés en entier, comme s'ils avaient été emportés par
un gros boulet de canon ; à la face du nord-est et à celle du sud-
ouest, les murs étaient encore en partie debout, mais ils étaient forte-
ment lézardés. Les figg. 67 et 68 donnent une représentation de cette
ruine ; la première figure a été prise de l'intérieur de l'île ; la fig. 68,
du côté de la mer. Ce sont des reproductions d'après des photogra-
phies, que le lieutenant-colonel J. A. B. Masthoff , chef du ser-
vice de santé à Ambon, a eu la bienveillance de prendre pour
moi. Ici donc, ce sont les murs perpendiculaires à la direction
m
du choc qui se sont renversés totalement; ils ont toujours eu plus
à souffrir que ceux qui sont parallèles à cette direction, ainsi qu'on
l'a pu observer à différentes autres maisons.
Rendons-nous à présent au fort Nieuw-Victoria; nous y voyons
que presque tous les bâtiments ont été endommagés. Seuls les deux
magasins à poudre (n°. 19), le grand et le petit, sont restés tout-à-
fait indemnes, et les trois habitations des lieutenants (n*'. 27) n'ont
éprouvé que peu de dégâts; ce qu'il faut attribuer, pour ces der-
nières, à cette circonstance qu'elles étaient encore neuves et solides,
et pour les magasins, à la très forte épaisseur des murs.
La porte principale, celle du sud, bâtie en 1757 du côté de l'inté-
rieur de l'île, a été rompue à 2 m. au-dessus du sol; la voûte aussi
est crevassée, bien que les murs soient très épais.
Le n^ 13, un hangar du génie pour la peinture et la scierie, (jui
a été construit en matériaux légers, s'est effondré sans causer d'autres
dégâts. Mais l'écroulement de la caserne d'artillerie n". 14, bâtie en
pierres, qui se trouve à côté, a causé la mort d'un caporal et de trois
canonniers qui ont été ensevelis sous les ruines, tandis qu'un autre
artilleur fut blessé si grièvement qu'il est mort pendant son transport
à Makasser. On peut voir par là, que le violent choc principal s'est
produit si inopinément et si brusquement que personne n'a eu le
temps de s'enfuir de ce bâtiment relativement petit. Un peu plus
au nord se trouve le logis des adjudants sous-officiers, auquel confine
l'habitation d'un capitaine et d'un lieutenant (no. 15); de l'autre côté
de la route est situé un bloc de deux habitations de capitaines
(n". 16); et, plus au nord-est encore, on arrive à l'habitation du
commandant d'artillerie (n**. 17). Dans le pavage en ciment de ces
maisons, on pouvait voir deux crevasses sensiblement parallèles; la
crevasse principale avait, à l'extrémité ouest, une direction de 30°;
elle se recourbait en forme de crochet vers le sud; puis, dans une
direction de 45'' et de 50°, elle traversait ces bâtiments pour atteindre
l'arrière de l'habitation n". 17, où la pendopo (galerie ouverte) s'est
écroulée brusquement. La deuxième déchirure, un peu plus au nord,
ne pouvait s'observer sur une aussi grande étendue; à mon arrivée,
on ne pouvait la voir que dans les maisons nos. 15 et 16. La distance
de ces deux crevasses, qui étaient perpendiculaires à la direction du
309
choc, était en moyenne de 75 m. environ, ce qui peut correspondre
à la longueur d'onde du sol Cependant, cette distance ne sera pas
la longueur d'onde elle-même, mais son quadruple, car ailleurs on
a observé, entre des crevasses parallèles, une distance de 18 '/a m.
(IS'/a X 4=r 74 m.). Dans la galerie de derrière de l'habitation n". 17,
une armoire s'était déplacée de plus de 1 m., contrairement au sens
du choc (à peu près vers 322°). Les deux pieds de devant avaient
sauté hors des baquets d'eau qui se trouvaient au-dessous; les deux
autres baquets avaient suivi le mouvement de l'armoire.
Un peu plus loin, on arrive à un point (n^. 18), où l'on a pu
observer un phénomène qui donne une bonne idée de l'énorme
énergie de cette commotion. L'artillerie y avait disposé, en série
régulière, quelques vieux canons hors d'usage, ainsi que le représente
la partie supérieure de la fig. 56 de l'annexe V. Les 12 premiers
reposaient librement sur des rails en fer, qui avaient une direction
de 10°; les axes des canons étaient donc dirigés de 280° vers 100°.
Les canons nos. 1 à 10 ne pesaient pas moins de 3000 kilogrammes
chacun; les nos. H et 12, 1500 kg. Venaient ensuite encore trois
canons, nos. 13 à 15, de 1500 kg. chacun, placés sur des traverses
en bois; et puis, encore un 16e, aussi de 1500 kg., couché sur 2 blocs
en bois. Après le tremblement de terre, les canons avaient pris la
position indiquée à la partie inférieure de la fig. 56 ; les axes avaient
pris toutes espèces de directions, représentées dans la figure. De
plus, le n**. 5 s'était fortement déplacé vers l'est; le n". 6 se trouvait
avec la bouche sur le n°. 7 ; le n". 8 était lancé sur le n". 9. Des
trois canons 13 à 15, le n^. 15 était jeté en bas des traverses; le
n". 14 s'était déplacé exactement dans la direction du choc; et le
n". 13 à peu près dans cette direction. Le n'\ 16 aussi avait été jeté
à bas de ses supports; mais, à mon arrivée, on l'avait déjà remis en
place, de sorte que ce canon doit être mis hors de cause. Ce déplace-
ment de corps pesant 3000 kilogrammes, projetés non seulement les
uns à côté des autres, mais même les uns sur les autres, fait voir
l'énergie violente avec laquelle les forces ont agi dans cette commotion.
La question, s'il y a eu ici, outre le mouvement ondulatoire, encore
un mouvement vertical, ne peut pas être résolue avec certitude; car
un soulèvement rapide du sol, suivi d'un affaissement brusque de
310
celui-ci, avec les rails qu'il portait, par suite d'un mouvement
ondulatoire, est peut-être suffisant pour donner aux canons les positions
que nous venons d'indiquer. Cependant, une ou plusieurs secousses
verticales, avant ou après le mouvement ondulatoire, peuvent avoir
augmenté l'effet; d'autres phénomènes, dont nous nous occuperons
tantôt, me font présumer d'ailleurs, qu'à Ambon il y a eu enjeu non
seulement une force horizontale, mais encore une force verticale.
Dans la fig. 69, on a représenté les canons nos. l à 16, et dans la
fig. 70, les nos. 1 à 12, d'après des photographies dont je suis de
nouveau redevable au lieutenant-colonel Masthoff. Des circonstances
locales, notamment le voisinage d'un bâtiment servant de magasins
et d'ateliers pour l'artillerie, qui était éloigné des canons de moins
de 8 m., nous ont forcé de placer l'appareil de photographie plus
près des canons qu'il ne convenait; c'est par là que dans la fig. 69
les dimensions des canons nos. 13 et 14 sont démesurément grandes,
relativement à celles des canons situés plus loin vers la gauche.
Un peu plus loin, nous arrivons au magasin à poudre n". 19, dont
nous avons déjà parlé; à cause de l'énorme épaisseur de ses murs,
il n'a pas souffert; puis, nous venons au n". 20, le magasin d'habille-
ments, dont le toit s'est effondré et dont les murs étaient fortement
crevassés ; le n''. 21 était une baraque, servant de salle de gymnasti-
que, située en dehors des murs du fort; elle reposait sur des poteaux
en bois, fixés par des goupilles en fer dans les assises en pierre.
Tous ces poteaux avaient sauté hors de leurs appuis, et ils s'étaient
placés à côté des tenons, ce qui, d'après moi, ne peut avoir été
produit par un mouvement ondulatoire, mais seulement par une
secousse verticale. Le toit était complètement distordu.
La porte extérieure, près de ce hangar, était lézardée dans sa voûte.
La longue bâtisse n". 22, la chambrée de la le et de la 3e compagnie,
était heureusement une construction en bambou, à piliers en bois
avec toiture en atap. Elle s'est totalement effondrée, mais on n'a pas
eu à déplorer mort d'homme.
Aux cuisines des soldats, n". 23, les murs s'étaient effondrés avec
le toit. Le logis que l'on appelle le hangar des femmes, n". 24, situé
en dehors du fort, avait, par malheur, une toiture en tuiles; par
l'effondrement de cette toiture plusieurs femmes indigènes, femmes
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Phototypie Mouton «Sr* Cie„ La Haye.
Fig. 71. La „Waterpoort" du fort Nieuw-Victoria à Ambon.
311
de soldats, ainsi que des enfants ont trouvé la mort. L'atelier de
Parmurier, n**. 25, était une construction en bois, bâtie en planches,
avec une toiture de «sirappen» (tuiles en bois). Le seul objet en pierre
dans cette maisonnette, c'était un petit mur de la forge. D'après le
récit de l'armurier, qui se trouvait dans le bâtiment au moment de
la commotion, l'atelier a été secoué de côté et d'autre à plusieurs
reprises; il s'est produit de forts craquements; mais en somme il
est resté debout sans dommage. Le petit mur en pierre seul a été
rompu et renversé. C'est bien là une des preuves les plus convain-
cantes de la préférence absolue qu'il faut accorder aux constructions
en bois sur tout ce qui est bâti en pierre, dans les lieux sujets aux
tremblements de terre. A l'ouest de cet atelier était le cachot, dont
les murs fort épais ont été seulement lézardés. L'unique détenu a
passé ici quelques moments d'angoisse durant le cataclysme; mais
heureusement, il ne lui est pas arrivé d'accident.
La -Waterpoort- n". 26, surmontée de la hampe du pavillon (voir
notre fig. 71), a été érigée en 1775 et porte l'inscription : «Ita relinquenda
ut accepta» ('), maxime bien vaine depuis la commotion de 1898!
Les murs épais de cette porte ont été disloqués et rompus par le
tremblement de terre.
De part et d'autre de cette porte, il y avait sur le mur deux
canons, marqués sur le plan par les lettres a et 6 ; ils étaient montés
sur leurs affûts, a à peu près dans la direction du choc et h dans
une direction perpendiculaire. Par la secousse, a s'est déplacé dans
le sens de la flèche, mais b est demeuré en place.
Le mur extérieur, voisin de la côte, construit en 1770, qui portait
déjà des traces de commotions antérieures, a reçu encore quelques
crevasses en 1898. Les 3 habitations des lieutenants n°. 27, dont
nous avons déjà parlé, ont peu souffert; les bâtisses adjacentes seules
étaient fortement lézardées.
Aux bureaux de la résidence et des postes (n" 28), datant de 1785,
les murs étaient si fortement lézardés qu'on a dû abandonner le
bâtiment immédiatement après le cataclysme.
(^) „A. laisser telle qu'elle a été reçue". (.,Ilendez moi telle que vous m'avez
trouvée").
312
Les autres bâtiments situés à l'intérieur du fort, et qui n'ont pas
été metionnés spécialement, étaient tous plus ou moins endommagés
et devenus inhabitables à cause du mauvais état des murs.
Le môle, en dehors du fort, s'était abaissé et les pilotis à vis s'étaient
recourbés en partie. On n'a pas pu constater que la mer y fût plus
profonde qu'auparavant, et il en était de même à une plus grande
distance de la plage.
Le grand et magnifique hôpital militaire (n". 29), à la rive droite
de la rivière Tomo, a aussi beaucoup souffert. Quelques-uns des bâti-
ments se sont effondrés totalement; d'autres, en partie. La cuisine k
s'est renversée à l'encontre du choc; le mur du sud, dans le sens
du choc; le mur de l'ouest, formant la façade antérieure qui longe
la « Hospitaalstraat >' , s'est rompu à la base et s'est aflaissé un peu
vers le nord-est, car il ne pouvait se renverser contrairement à
la direction du choc. Seul le corps de garde a, ainsi que le bureau
et l'infirmerie des officiers /, avaient peu soufiert. Dans le carrelage
de la galerie de devant de la grande infirmerie g, on pouvait voir
diverses crevasses parallèles, nombreuses surtout à des distances de
18.5 m. Ce chifîre donne peut-être la longueur des ondes du sol; et
dans ce cas, la distance de 75 m. entre les deux grandes crevasses
du fort, qui est sensiblement le quadruple de ce chiffre, représente-
rait la distance de 4 ondulations successives.
Les murs des édifices de la Olifantenstraat, tels que le n". 30,
l'école normale pour institeurs indigènes, le n". 31, l'école des ex-
ternes et salle de gymnastique, le n\ 47, les locaux des élèves-insti-
tuteurs indigènes, le n". 32, la première école, le n'. 46, l'école pri-
maire publique (celle-ci peu endommagée), et les bâtiments qui suivent
jusqu'à l'Esplanade, se sont presque tous renversés dans la direction
normale du nord-ouest; quelques-uns, vers le sud-est. Les bâtiments
qui longent l'Esplanade, depuis la rue de traverse Tanah Tinggi
jusqu'au club n". 34, sont tous fortement lézardés, l'ancien bâtiment
du .«Landraad» n". 33 p. ex.; quelques-uns, tels que l'entrepôt du
«Waterstaat», se sont entièrement effondrés.
Dans le bâtiment du club n®. 34, un mur plâtré avec ses solives
transversales a été jeté contre un pilier en bois; et, comme celui-ci ne
pouvait pas se déplacer, le mur est revenu avec de fortes lézardes,
313
et une colonne en maçonnerie s'est rompue h la base, ainsi que le
représente, à l'échelle de 1 : 20, la fig. 55 de l'annexe V.
Du côté est de l'Esplanade, les murs de la plupart des maisons
étaient fortement fissurés; quelques bâtiments s'étaient écroulés, les
uns en partie, d'autres même complètement.
La grande église n". 35 s'était effondrée en partie; dans le pavage
il y avait un trou, que l'on reconnut pour un ancien tombeau. Nous
avons déjà parlé des lampes de cette église et de la direction de
leurs oscillations. L'école Frôbel n^ 37, située à côté, était très en-
dommagée; mais un monument à la mémoire de Tilenius Kruythoff,
érigé tout près de ces bâtiments, le n". 36, est resté tout-à-fait intact ;
même les fondaments ne se sont pas crevassés, ce qui doit être
attribué entièrement à la solidité de cette construction.
Dans le quartier des Chinois, la dévastation fut à son comble,
parce que tous les bâtiments y étaient construits en pierre et rap-
prochés les uns des autres. Il y a eu de nombreuses victimes ici,
de même que sous les hangars du marché, n''. 40, qui reposaient sur
d'épais piliers en pierre. Les murs se sont renversés, les uns dans
la direction normale, les autres dans une direction perpendiculaire,
comme aux entrepôts n". 38, l'annexe de l'habitation du capitaine
des Chinois, n°. 39, où deux de ses filles ont trouvé la mort, un
mur à l'est du marché et d'autres encore. Il semble qu'il ait agi ici
un mouvement secondaire, sensiblement perpendiculaire au choc
principal.
Les murs épais de plus d'un mètre de l'ancienne «Burgerwacht-»
(garde civique) (n*^. 41) étaient crevassés en divers points; mais,
informations prises, ces déchirures dateraient, en grande partie, de
commotions antérieures.
Les hangars en pierre de la Société royale des paquebots (K. P. M.
sur le plan) étaient très fortement lézardés ; les quais de chargement
et de déchargement s'étaient affaissés.
Dans la rue Ouri raèsèng, la plupart des murs sont tombés dans
la direction normale, vers la mer; tels sont ceux des annexes de la
maison n". 42, occupée alors par M. van Eupen. L'habitation même,
de construction spéciale en bois dite «regelbouw»», n'avait que peu
souffert, et elle a été aménagée provisoirement comme école des
314
filles, après la catastrophe. Puis encore, la partie de derrière de
l'habitation de M. Kësouli, le n°. 49, une maison occupée par un
Pangeran (prince) Javanais banni, qui s'est effondrée totalement. Le
tombeau de l'empereur de Solo, qui jadis a vécu là, aussi en bannisse-
ment, était seulement crevassé.
Dans la Paradijsstraat, on a pu observer encore les deux mouve-
ments: les murs de l'école des filles, n". 43, sont tombés vers le
sud-ouest; ceux qui entourent la propriété de M. Roskott, n'^. 44,
sont tombés les uns au nord-ouest, les autres au sud-ouest. A une
seule et même maison, située un peu plus à l'est, on a pu observer
les deux directions dans les murs renversés; mais, à la maison qui
forme le coin de la Paradijsstraat et de la Prinsenstraat, le n". 45,
les murs étaient couchés dans la direction normale seulement.
Nous avons déjà parlé des nos. 46 et 47 de la Olifantenstraat.
Enfin, d'après des témoins oculaires, la grande prison en pierre
n". 48 a été démolie soudain verticalement, d'un seul coup; on a
même prétendu avoir ressenti une secousse verticale venant d'en bas.
Un nombre de prisonniers (douze) relativement considérable y ont
perdu la vie.
Les murs de l'église des indigènes à Batou gantoung, n**. 50, étaient
fort lézardés, et le mur de front (dirigé de 80° vers 260°) s'était
rompu horizontalement.
Nous terminons par là la description des dévastations à Ambon;
et il ne nous reste pi us qu'à faire connaître le nombre des victimes.
D'après les rapports officiels, on a eu à déplorer la mort de 141
personnes, parmi lesquelles 9 Européens. Ce sont:
1. Madame Vve A. G. F. Harmsen, née Bernard.
2. Madame M. H. de Haas, née Pietersz.
3. H. VAN DER Aa, caporal d'artillerie, registre matricule
^ 1 n". 44292.
o ] 4. F. C. H. RoMANG, artilleur de le classe, rég. matr. n". 37468.
CD
5. D. Janse, artilleur 2© classe, rég. matr. n". 38141.
6. R. KoK, artilleur 2© classe, rég. matr. n**. 40407.
7. C. DE RooY, artilleur 2e classe, rég. matr. n**. 26669.
8. M. EiNOGG, fusilier, rég. matr. n". 46255.
9. EcHTER (enfant du fusilier Echter, rég. matr. n°. 26703.)
315
10. Amatkaryo, fusilier indigène, rég. matr. n". 42903.
6 Orientaux étrangers, dont deux enfants (filles) du capi-
taine des Chinois.
41 Ambonais.
65 ( *) autres indigènes (Binoungkounais, etc.).
12 prisonniers.
7 femmes de soldats et enfants.
Ensemble 141 personnes.
Les personnes mentionnées sous les nos. 3 à 6 ont péri par l'effondre-
ment de la caserne d'artillerie n°. 14, bâtie en pierres, et qui avait
de plus une toiture en tuiles. De Rooy y fut blessé si grièvement
qu'il est mort à bord de l'oArend", un bateau à vapeur de l'Etat,
en route pour Makasser. Le fusilier Einogg est mort de saisissement.
Les orientaux étrangers ont été ensevelis sous les murs en pierre du
quartier des Chinois ; la plupart des indigènes, sous les lourds piliers
en pierre des hangars du marché n°. 40; les femmes et les enfants
de soldats ont trouvé la mort par l'effondrement du hangar des
femmes nO. 24, qui avait une toiture de tuiles en pierre; et les pri-
sonniers, par la démolition de la prison, bâtie aussi en pierres. Les
bâtiments en bois, et ceux qui avaient été construits en matériaux
légers, suivant la construction dite «regelbouw», sont restés la plupart
en bon état; et même, lorsqu'ils se sont renversés, ils n'ont pas
causé mort d'homme.
Heureusement, le nombre des victimes de ce tremblement déterre
très violent était relativement minime; à cause des nombreux édifi-
ces en pierres qui existent à Ambon, il aurait certainement été bien
plus grand si la commotion ne s'était pas produite à une heure aussi
favorable de la journée. Comme nous l'avons dit, les écoles étaient
vides; le dîner n'avait pas encore été pris, de sorte que personne
ne s'était encore couché pour la sieste. Si la catastrophe avait eu lieu
pendant la nuit, le nombre des personnes qui y auraient perdu la
vie aurait été peut-être vingt fois plus grand.
On ne connaît pas exactement le nombre des blessés, il est évalué
à 300.
(1) 11 y a une présomption fondée que ce chiffre est trop élevé. Quelques Binoungkounais,
signalés comme „disparus", paraissent avoir quitté l'île déjà avant le tremblement de terre.
316
Les dégâts aux propriétés particulihes sont estimés à 800 000 fl. ; ceux
qu'ont subis les édifices du gouvernement sont bien plus considérables.
Lors de mon enquête au sujet des causes et des conséquences de
ce tremblement de terre, on m'a posé la question s'il ne serait pas
prudent d'abandonner Ambon comme siège de l'administration. Après
mûre réflexion, j'ai dû répondre négativement, et cette réponse était
basée sur les considérations suivantes.
D'abord, bien qu'elle soit sujette aux tremblements de terre, la
ville d'Ambon offre de très grands avantages. C'est une localité parti-
culièrement salubre; elle possède une eau potable excellente, prove-
nant du granité ou du gravier granitique quaternaire, et elle ofîre un
assez bon mouillage pour les bateaux. Le danger de victimes humaines
à la suite des grands tremblements de terre futurs peut-être réduit
à un minimum, si on renonce aux bâtiments et aux murs en pierre.
Si j'ai donc conseillé de conserver Ambon comme chef-lieu de la
province, c'est sous la réserve expresse que tous les édifices du gou-
vernement, même les casernes, fussent reconstruits en matériaux
légers, suivant le mode dont nous avons déjà parlé plus d'une fois;
et que l'administration locale insistât auprès des Européens et des
Chinois de ne plus construire dorénavant de maisons en pierre et
de les recouvrir autant que possible d'une toiture légère en atap ou
en plaques minces de fer galvanisé (voir mémoire n^ 41, pp. 26 à 28).
Lors de mon voyage à Ambon en 1904, j'ai constaté que, dans la
reconstruction des bâtiments, on a effectivement tenu compte de
mes recommandations. Des habitations fortement lézardées, un petit
nombre seulement étaient encore debout ; la plupart étaient abandon-
nées, une seule était encore habitée. Il est à espérer que ces édifices
dangereux seront aussi bientôt démolis.
D'ailleurs, le déplacement du siège de l'administration aurait eu de
graves inconvénients; car d'abord, il n'existe pas dans toute l'île
un terrain convenable pour une localité aussi grande. Banda ne
pouvait venir en ligne de compte, car elle a également à souffrir de
commotions terrestres et marines. On avait recommandé la localité
Amahei, à Céram, située à la baie d'Elpapouti, comme un endroit
particulièrement favorable; mais on a dû y renoncer complètement,
surtout à cause de l'absence d'eaux courantes sufîisantes, de l'état
31V
sanitaire peu avantageux, et de la constitution du sol d'Amahei,
formé de matériaux meubles qui s'élèvent à peine de quelques
mètres au-dessus du niveau de la mer; par suite d'un mouvement
sismique de la mer, la langue de terre à l'ouest de la plaine
d'Amahei «pourrait donc bien être un jour submergée, et alors le
terrain plus large, situé à l'est, éprouverait indubitablement aussi de
très grands dégâts >• (voir mémoire n". 41, p. 35).
Voilà ce que j'ai écrit le 4 mai 1898; 17 mois plus tard, le 30 sep-
tembre 1899, une grande partie d'Amahei a été inondée par une
onde sismique venant de Céram, et 350 personnes ont été noyées!
2. Zone au sud d'Amhon^ jusqu'à la cote du Sud.
Cette bande est indiquée sur la carte n". IV. Immédiatement en
arrière d'Ambon, près de la petite cime de 80 m. d'altitude (feuille 5
de la carte n". II), il s'était produit dans la route une grande crevasse ,
et les terres meubles s'étaient affaissées aux deux bords du chemin,
de sorte que la largeur restante était à peine de \\ m.
Sur la route au nord de Hatalaï et entre cette localité et Nakou,
on a constaté aussi de pareilles fissures; et de grandes masses du
terrain granitique, désagrégé en une matière sableuse, avaient glissé,
entraînant des troncs d'arbres et des arbustes, et obstruant la route
en divers endroits. Il y avait eu aussi un grand éboulement au flanc
nord de la montagne de péridotite Loring ouwang, marquée / sur
la carte nO. IV ; on pouvait même le voir d'Ambon. Comme il n'y a
pas de villages tout près de la faille, telle qu'elle a été représentée
sur la carte n''. IV, les maisons de ce terrain ont subi relativement
peu de dégâts; cela peut tenir aussi en partie à la dureté du sous-
sol, du granité qui n'est fort altéré qu'à proximité de la surface.
Près d'une cime granitique au nord de Soja di aUis, le sol était
fortement crevassé parallèlement à la mer ; une maisonnette avait
dévié de la verticale et penchait aussi vers la côte du côté d'Ambon.
Au kampong Soja di atas même, l'éboulement du terrain granitique
altéré a endommagé des maisons et les a fait pencher. L'église était
fort maltraitée; le mur de derrière s'était renversé dans la direction
de 240°, donc dans une direction qui s'écarte fort de la normale, ce
qui doit sans doute être attribué à l'état de délabrement de ce mur.
m
A Hatalai l'église a reçu un choc de 320° et était assez endommagée ;
au demeurant, les dégâts ont été peu importants. A l'église de Nakou,
le mur de derrière avait dévié dans une direction de 82° vers 212°,
donc encore dans une direction qui ne correspondait pas à la direc-
tion normale et qui est sensiblement celle de la cime du Horiel
vers Nakou. A Kilang, l'habitation du régent, qui était très vieille,
a été fort éprouvée; le choc venait à peu près de 320''. L'église et
l'école avaient été atteintes également, mais à un degré moindre;
à l'église, le choc paraît être venu, non seulement de cette direction,
mais aussi dans un sens perpendiculaire, à en juger d'après l'incli-
naison des piliers extérieurs, qui ont été poussés vers le sud-ouest.
A Emo,, il y avait seulement 6 maisons qui penchaient; kHoukourila
l'église est un peu abimée; dans ces deux localités, le choc venait
d'Ambon, ou sensiblement dans la direction normale (320° environ).
A Mahija, 6 maisons se sont écroulées.
3. Côte sud de Hitou, entre Kemiri^ Nipa, Roumah tiga et Poka.
Pour autant qu'on ait pu l'observer au petit nombre de maisons
et de piliers en pierre, à Kemiri et à Nipa, ces constructions sont
tombées pour la plupart à la suite d'un choc qui venait de la direc-
tion de 55° ou 60^ ; quelques-unes étaient couchées du côté de la mer,
donc sensiblement vers le sud ou le sud-est. A Roumah tiga, divers
petits poteaux s'étaient renversés dans une direction de 267° environ.
A la maison de Madame Roskott, le choc principal avait été parallèle
à la mer, de 252" vers 72°, donc à peu près vers l'est; la maison
penchait vers l'ouest; mais de plus, il paraît qu'il y a eu aussi un
choc perpendiculaire à cette direction, parce que dans le plafond de
la pëndopo les piliers en gaba-gaba s'étaient déplacés dans une
direction sud. Nous sommes ici dans le domaine sismique III, où
a agi non seulement l'ébranlement principal, mais encore un autre
mouvement, perpendiculaire au premier, suivant la faille qui longe
la côte sud de Hitou. A Poka, le choc secondaire a agi également;
les murs latéraux de l'église, dans la direction de 67°, sont restés debout,
les deux autres ont été renversés, mais tous deux vers l'extérieur,
donc, l'un vers la mer, l'autre du côté opposé; quatre piliers de
l'église sont également tombés du côté de la mer.
819
4. Intérieur de Hitou, entre Nipa et Wakal.
L'intérieur de Hitou est totalement inhabité, de sorte qu'on n'a
rien pu observer à des bâtiments. Toutefois, au nord de Sahourou,
de Këmiri, de Nipa et de Roumah tiga, de grosses masses de maté-
riaux meubles, brèches tendres et calcaire corallien, dont se
composent les collines, se sont éboulées en un grand nombre
d'endroits, ce que l'on a pu reconnaître à des taches blanches
dans la verdure des arbres, que l'on pouvait même voir d'Ambon.
Sur les deux rives de la Waï Ami se trouvent les éboulements mar-
qués 1, 2, 2a, 3, 4, sur la carte n°. IV (ils sont représentés aussi
fig. 34 de l'annexe IV); trois autres, marqués a, b, c, se trouvent à
proximité de la Waï Leia; ils fournissent la preuve que ce terrain
a été fortement ébranlé. Près de la côte du nord il y a aussi deux
éboulements pareils, marqués d, e; le dernier a été décrit en détail
ci-dessus, et il est représenté dans la fig. 37 de Tannexe IV.
5. Côte du nord de Hitou^ à Wakal.
La plus grande partie de la négorie Wakal sl été dévastée par le
tremblement de terre; la plupart des maisons, de construction légère,
se sont écroulées verticalement. Une des maisons en planches, à la-
quelle des piliers solides en bois avaient donné plus de résistance,
n'a pas été renversée, mais elle a pris une position oblique et penche
vers la mer, donc au nord (à peu près 358°), à l 'encontre du choc.
Elle est représentée dans la fig. 72, faite d'après une photographie
prise par l'ingénieur Koperberg. Ici aussi le choc venait donc du
nord, bien que sa direction se rapprochât de la verticale, car la grande
majorité des habitations se sont abattues verticalement.
IL Le second terrain a beaucoup moins soufiert que le premier de
ce tremblement de terre.
6. Côte nord de Hitou.
Dans la négorie Bitou lama, qui n'est qu'à 1 km. à l'est de Wakal,
la dévastation était bien plus faible; on y pouvait observer deux
directions de secousses, l'une qui venait sensiblement du nord, l'autre
à peu près parallèle à la mer et presque perpendiculaire à la première.
A l'oratoire (roumah sembajang) à côté de l'habitation du régent,
È2Ô
un pilier d'angle avait dévié vers le nord; par contre, au cabinet,
l'un des piliers s'était déplacé vers 55°, donc à peu près vers le nord-
est, tandis que l'arrière mur de la cuisine était renversé du côté du
sud-ouest.
Dans une autre maison, celle du pateh, un des murs intérieurs
était tombé dans la direction de 72°, et plusieurs poutres s'étaient
détachées dans cette direction. C'ctaient-là les plus grandes maisons,
construites en calcaire corallien et en maçonnerie ; aux autres maisons
endommagées il était moins aisé de reconnaître la direction du mouve-
ment. Nous nous trouvons ici à l'extrémité de la bande I (carte
n". IV), et déjà dans le domaine de la bande II, où le choc parallèle
à la mer, le long d'une faille qui existe à cet endroit, se faisait sentir
plus fortement que le choc principal.
Les kampongs Mamala et Morela, situés plus loin au nord-est, n'ont
presque pas eu à souffrir du tremblement de terre, probablement
parce qu'ils se trouvent bien loin au nord de la faille II.
Plus à l'ouest, à Kditetou et à Hila^ les maisons ont peu souffert,
seule l'église de Hila était endommagée et le pilier nord-ouest était
déplacé vers le nord-est. A Sdid^ le mur d'un bâtiment penchait vers
285°; les dégâts étaient également minimes.
7. Côte sud de Hitou.
A Alang la secousse était nettement perceptible, mais il n'}^ eût
que peu de dégâts; les murs de l'église présentaient des crevasses
horizontales; dans le presbytère les lampes suspendues oscillaient,
au dire des habitants, dans une direction sensiblement nord-sud,
mais le toit était déplacé quelque peu vers l'est, donc en sens con-
traire du mouvement dans la zone sismique III (carte n°. IV).
A Lahcij Tawiri et Hatiwi besar (Batou loubang) quelques maisons
seulement étaient renversées ; la plupart 23encb aient, notamment vers
l'est ou le nord-est, donc à l'encontre des secousses dans la zone III.
Ainsi que je l'ai déjà mentionné ci-dessus (sous 3), tel était aussi
le cas plus loin à l'est, à Sahourou, Kemiri et Nipa; ici des poteaux
étaient tombés du côté du nord-est environ, et les maisons penchaient
aussi vers le nord-est.
Par contre, à Roumah tiga, déjà située à l'est de la faille principale,
321
les maisons étaient inclinées du coté du sud-ouest, c.-à-d. encore une
fois en sens contraire du mouvement dans la zone III, mouvement
qui paraît avoir pris naissance sur la faille principale I, de sorte que
tous les points situés à l'ouest de cette ligne ont subi un choc + nord-
est, et ceux situés à l'est un choc + sud-ouest. Dans le terrain sis
entre Sahourou et Roumah tiga, on a ressenti en outre une secousse
venant du nord ou du nord-nord-ouest, et qui doit être attribuée au
mouvement principal I.
A Foka le choc venait aussi à peu près du sud-ouest, ainsi que
je l'ai déjà dit tantôt (sous 3). Deux murs se sont renversés vers
67° et 247°, non évidemment dans un sens exactement perpendicu-
laire à la direction de l'impulsion, mais perpendiculairement à leur
propre direction, comme cela arrive toujours.
Plus loin, le long de la côte nord de la baie Intérieure, la secousse
n'a pas produit beaucoup de dégâts; seule la maison de M. Mulder,
située au sud du gué de la rivière Gourou gourou këtjil, s'écroula,
probablement parce qu'elle menaçait déjà ruine.
Si nous prolongeons la faille III vers le nord-est, nous arrivons à
la côte est de Hitou, près de la négorie Waë. Dans cette localité des
morceaux s'étaient détachés des murs d'une vieille bâtisse. Dans la
maison du pasteur adjoint les piliers en bois manifestaient un faible
écart dans la direction de 30° vers 210°, donc contre le choc.
8. Côte nord de Leitimor.
A Silali et à Eri la secousse ne produisit pas de dégâts. A Ama-
housou les deux murs de l'église placés dans une direction de 60° vers
240° n'eurent pas beaucoup à souffrir; les deux autres, perpendicu-
laires aux premiers, beaucoup au contraire, mais ils restèrent néan-
moins debout. Cela indique que la secousse est venue du nord-est
dans la zone sismique IV, le long de la faille qui longe la côte nord
de Leitimor. Dans la montagne en arrière d'Amahousou, à peu près
sur la limite de la péridotite et du terrain quaternaire, il s'était
formé une crevasse dans la direction de 128°, donc à peu près per-
pendiculairement au choc.
Plus loin nous arrivons à l'église indigène à Batou gantoung (n". 50
du plan), et puis à Amhon, dont nous avons déjà parlé plus haut.
21
322
De l'autre côté de la rivière Batou merah se trouve la negorie de
ce nom (feuille 2 de la carte n''. II). Là les murs de la mesigit, diri-
gés du nord au sud, se sont renversés dans une direction de 270^, et
la porte en pierre du tombeau d'un certain Diepo NËgoro (un neveu,
si je ne me trompe, du Diepo Nëgoro, bien connu, qui est enterré
à Makasser) est tombée vers 280°, également dans un sens perpen-
diculaire à sa propre direction. La secousse principale, provenant
sensiblement de 315°, a fait sentir ici son influence ; les murs ne se
sont pas renversés toutefois perpendiculairement à la direction du
choc, mais perpendiculairement à leur propre direction, comme cela
se passe toujours. A Gélala diverses maisons indigènes se sont
renversées, mais, comme on en avait déjà enlevé les décombres
à mon arrivée, je n'ai plus pu déterminer la direction de la
secousse.
A Halong quatre maisons tombèrent; la maison du régent, très
vieille et caduque, fut fortement endommagée, les piliers présentant
un écart vers 84°; l'impulsion dans la zone IV était donc ici à peu
près parallèle à la côte.
Plus à l'est, à Lata^ Lateri, Nontetou^ Paso et Toulehou, la secousse
ne produisit aucun dégât.
III. Le troisième terrain, comprenant la portion de l'île située en
dehors des domaines sismiques I, II, III et IV, eût fort peu à souffrir
du tremblement du terre, mais on y a ressenti partout le mouvement.
A Latou halat l'église était lézardée, surtout aux murailles placées
dans une direction de 330° vers 150°.
A Lea hari, Routoung et Houtoumouri le choc venait, suivant le
témoignage unanime de toutes les personnes qui assistèrent au
tremblement de terre, à peu près d'une direction de 310° à 320°,
soit en moyenne 315^, ce qui correspond à la secousse principale.
Les observations n'étaient pas en désaccord avec cette assertion. A
Lea hari les effets étaient peu marqués, aucune maison n'était sérieuse*
ment endommagée, l'église pas davantage. A Routoung une maison
s'était renversée vers 35°, une autre vers 45°. A Houtoumouri le mur
de l'église présentait des fissures.
Il ne semble donc pas qu'il y ait eu une impulsion le long de la-
faille qui borne Ambon au sud.
323
IV. Localités en dehors de Vîle d^Ambon^ oà Von a ressenti le tremble-
ment de terre.
En dehors d'Ambon, la secousse du 6 janvier 1898 a été sentie à
Haroukou, Saparoua et Nousa laout, dans les baies de Pirou et
d'Elpapouti à Céram méridionale, et à Wahaai à la côte nord de
Céram. A Banda on s'est aperçu à peine du tremblement de terre
et à Labouha, dans Batjan, on ne l'observa pas du tout.
Résultats.
Le tremblement de terre, excessivement violent, de janvier 1898
était d'origine tectonique et doit être attribué à une dislocation le
long d'une ancienne faille en travers de l'île d'Ambon. Les obser-
vations ont appris, qu'au chef-lieu Ambon la secousse principale était
dirigée du nord-ouest au sud-est; le mouvement était essentiellement
ondulatoire, horizontal, mais il vint s'y ajouter un mouvement ver-
tical, plus fort à Wakal qu'à Ambon, ce qui fait que l'inclinaison
des chocs se rapprochait plus de la verticale au premier endroit
qu'au second.
Outre ce mouvement primaire on a constaté aussi des chocs secon-
daires, plus ou moins perpendiculaires aux premiers, probablement
le long de plans de rupture voisins des côtes de l'île.
A la côte nord de Hitou et à la côte sud de Leitimor il ne se
produisit pas de mouvement de la mer pendant ce tremblement de
terre ; dans la baie d'Ambon un pareil mouvement se produisit, mais
faiblement.
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301
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Verbeek, Rogier Diederik
Description gêo\oglqae
de 1» fie d'Ambon
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Geology
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UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY
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